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Festival d'Avignon

7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 19:58
VIEILLESSE ENNEMIE ET "SEXE À PILES"

Deux comédiennes rodées, Hélène Theunissen et Jacqueline Bollen, ont voulu travailler ensemble sous la plume de l’écrivain belge Paul Pourveur. Il leur propose donc une pièce sur la ménopause ! Qu’à cela ne tienne. Janine Godinas, une autre grande comédienne, leur a taillé une mise en scène sans mélo. Le pari est réussi : enveloppe poétique et ironie mordante, le spectacle est jouissif.

Le théâtre existe aussi pour bousculer et questionner notre intimité. Après le spectaculaire Monologues du vagin puis un éphémère Monologues du pénis, voici, dans un genre plus subtil, Marrakech. Des cauchemars aux fantasmes, on y parle sans tabou de ménopause et de la vieillesse, du désir qui fout le camp au rythme des regards masculins qui fuient, du corps féminin qui vieillit et qu’on finit par monnayer, dans une ville lointaine, sur la route du tourisme sexuel.
 Photo © Sara Tant

Paul Pourveur, qui a mené une enquête sérieuse auprès des femmes, avant d’écrire, se joue du réalisme, effleure le fantastique et maquille le chaos. Ici, une femme - par une nuit d’angoisse - prend l’avion au hasard d’une destination inconnue. Celui-ci crache dans une ville au milieu du désert. Rêve ou réalité, se demande-t-elle jusqu’à ce qu’une femme l’accoste à coup de… « vibromasseur ? Gel lubrifiant ? Boules de geishas ? ».

Sans fard et sans pitié


Le spectacle ne fait que commencer. Celle qui vend le kit du sexe solitaire, réceptionne « les naufragés du temps qui s’arrête, les victimes des rides, de la peau sèche, les sinistrées des atrophies vaginales, les détraqués hormonales,…» … Stop ! Ange ou démon, au paradis ou en enfer, cette étrange réceptionniste distille ses clés de bonheur. Entre les deux comparses de fait - la paniquée et la cynique - les scènes les plus folles se succèdent, tragiques, émouvantes et drôles à la fois. Les descriptions du calvaire sont sans fard et sans pitié, malgré quelques minces clichés et beaucoup d'ironie. Elles racontent la déchéance physique et ses conséquences, des fesses qui se ramollissent au mari qui se casse pour de la chair fraîche, la féminité qui se cherche et le désespoir qui pousse la femme à rêver d’un homme pour qui « un trou est un trou ».

Réalisme poétique


Impossible de pleurer de Marrakech, tant l’humour féroce est étincelant, renforcé dans une scénographie quasi irréelle. Sabine Theunissen, habituée au décor d’opéra, a construit un espace sobre, d’une blancheur paradisiaque, couplé aux lumières ocres, taché du rose, du jaune et du vert de Marc Fannes ; une ambiance picturale comme une installation d'art contemporain. C'est la première bonne surprise, efficace, qui tient en laisse le jeu réaliste de comédiennes passionnées et qui empêche le texte de sombrer dans le noir. Ce jeu de lumières mordorées termine d'ailleurs le spectacle sur une note optimiste, sensuelle et délirante, où la femme retrouve la sérénité et jouit d’un flamboyant « je vous quitte mon mari ».

Dans un brillant jeu de contrastes, Hélène Theunissen et Jacqueline Bollen donnent une chair savoureuse à ce ping-pong intellectuel. Jeudi, à la première, hommes et femmes communiaient dans la bonne humeur, y compris l’auteur, Paul Pourveur, qui découvrait la mise en scène de son œuvre. Après chaque représentation, le mardi et le vendredi, des rencontres et échanges de vues en compagnie de personnalités féminines…

Nurten AKA (Bruxelles)

Marrakech, de Paul Pourveur
Jusqu’au 1er avril 2007 au Théâtre des Martyrs, petite salle, 22 Place des Martyrs, 1000 Bruxelles. 0032/2/223.32.08.  et blog.

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