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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 20:34
FLAUBERT ET LES VANITEUX DE LA CONNAISSANCE

Bouvard et Pécuchet est le dernier roman, inachevé, de Flaubert. Tanner l’a adapté pour deux comédiens d’exception : Guy Pion et Jean-Marie Pétiniot.

Flaubert aurait aimé sous-titrer son livre « encyclopédie de la bêtise humaine ». Telle que Michel l’a adaptée et mise en scène, il s’agirait plutôt d’une œuvre sur la vanité des savoirs et sur les vaniteux de la connaissance. Les deux personnages, les seuls conservés du livre originel, sont deux petits fonctionnaires affectés à la copie de documents. Leur rencontre et un petit héritage vont transformer la morne existence de chacun. Bouvard (Guy Pion) et Pécuchet (Jean-Marie Pétiniot) s’installent à la campagne, se mettent à une sorte d’agriculture biologique. Ils ratent lamentablement leur projet. Ils se mettent alors en quête de l’ensemble des sciences possibles afin de comprendre le monde. Ils tâtent d’un peu tout, de l’anatomie au spiritisme, de la physique aux religions, de la philosophie à la gymnastique et à la littérature, de la sexualité au jardinage. Le tout dans un brassage méli-mélo qui les dépasse complètement.
  Photo © Richard Strappazon

C’est là, sans doute, qu’apparaît l’ambiguïté du propos. La farce voulue par l’auteur de Madame Bovary ne transparaît pas vraiment. Les discussions entre les deux protagonistes ont le plus souvent l’allure d’échanges très sérieux, intellectuels. L’ironie légère qui les baigne permet rarement de percevoir la caricature du discours. Seuls les gestes accomplis par les comédiens, les accessoires utilisés par eux frisent le parodique. Le rire n’arrive pas à s’installer. Et le spectateur finit par se poser la question de l’utilité de la culture, d’autant que la fin voit les amis reprendre leur fonction de copistes mécaniques. À l’évidence, l’esprit médiocre du duo assoiffé de nourritures théoriques n’assimile guère ce qu’il découvre. Il incarne un irrémédiable hiatus entre l’abstraction de l’écrit et le concret de l’action. Ce qui s’avère davantage affligeant que cocasse.

Entre sourire et réflexion


L’humour s’affirme néanmoins dans une série de séquences, ponctuées des allègres musiques d’Eloi Baudimont. Lorsque les héros se mettent à déclamer des alexandrins de tragédie classique ou une scène du Tartuffe de Molière. Lors des incantations ésotériques et spirites, ou encore au moment des exercices corporels en vue de conserver la forme malgré le vieillissement. L’emballage est plaisant. Le décor de Vincent Lemaire et les éclairages de Guy Simard créent une atmosphère complice. La porte alternativement tournante et à battants amène des surprises. Le fond noir permet l’accrochage aimanté de photos et de crucifix avant de devenir tableau d’école. La descente pentue qui mène au plateau a un rôle de coffre à trésors, de malle oubliée dans un grenier: bibliothèque, casier d’archives, cellier à boisson, tiroirs à vaisselle et à documents…

Quant à l’ombre projetée des fenêtres, elle donne réalité à une présence potentielle. Pétiniot et Pion ont une complicité de longue date. Et ils s’amusent manifestement à jouer. Ils sont à l’aise dans ce texte qui ne cesse de montrer à quel point Flaubert avait une vision lucide de l’humanité car nombre d’allusions couchées sur le papier en 1872 restent d’actualité en 2007.

Michel VOITURIER (Lille et Belgique)

Bouvard et Pécuchet
Texte : Gustave Flaubert (adaptation Michel Tanner)
Mise en scène : Michel Tanner et Beatrix Ferauge
Distribution : Jean-Marie Pétiniot, Guy Pion
Costumes : Isabelle Chevalier - Décor : Vincent Lemaire - Éclairage : Guy Simard - Musique : Eloi Baudimont Production : Théâtre de l’Éveil – le Manège Mons – Atelier Théâtre Jean Vilar – Fabrique de Théâtre de La Bouverie

En tournée : au Foyer culturel de Péruwelz les 27 et 28 février (069 45 42 48) ; à la Fabrique de Théâtre de La Bouverie le 1er mars à 20h (065 61 34 60) ; au Théâtre de La Louvière le 15 mars à 20h (064 21 51 21) ; en la salle Culturelle de Thuin-Thuillies le 17 mars à 20h (071 59 60 35) ; à la MJC de Comines, le 20 mars à 20h (056 56 15 15) ; à la Maison de la Culture de Tournai, les 17 et 19 avril à 13h30 et les 18 et 20 avril ; à 20h30 (069 22 89 60), au Foyer culturel de Sivry le 21 avril à 20h (060 45 57 93) ; à la salle Baudouin IV le 26 avril à 20h (067 55 69 10) ; au Foyer culturel de Chapelle-lez-Herlaimont le 27 avril à 20h (064 43 13 35) .

Durée : 1h30.

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