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Festival d'Avignon

8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 13:32
UN KALÉIDOSCOPE DE LA FÉMINITUDE

Le collectif des doctorants chercheurs « Attends ! Je cueille des fleurs... » attachés au Laboratoire d'Etudes et de Recherches Théâtrales (LERTA) de l'Université d'Avignon a présenté un spectacle autour du thème : Femme, Féminisme, Féminité, centré en particulier sur la violence faite aux femmes aujourd'hui encore dans toutes les sociétés.

Ce spectacle résulte d'un projet mis en oeuvre en 2005, toujours en cours d'amélioration. Au stade actuel, sa quatrième étape, il est déjà très riche de signification, à partir d'images fortes, de textes choisis pour leur potentiel d'expression par rapport au support thématique. Au demeurant, la mise en espace, les interventions récurrentes de la musique, de la danse, comme d'autres éléments scéniques (décors, objets) riches de sens eux aussi viennent étoffer la dimension proprement théâtrale de ce que l'on peut définir comme un kaléidoscope de la féminitude en forme de collage, au sens surréaliste du terme : à savoir le rapprochement d'éléments différents qui pouvaient sembler composites, contradictoires, voire incongrus, d'une réalité complexe qu'il faut donner à voir pour en révéler le sens profond et l'inquiétante étrangeté.

Photo © DR

Sur le plateau, quatre personnages, quatre femmes, se croisent, se rencontrent pour évoquer différents parcours féminins en leurs différents âges... Autant d'images de la femme confrontée au sort que lui imposent différentes formes de sociétés, moeurs, carcans culturels, religions... La dimension théâtrale de ce spectacle-événement abolit le temps et l'espace. Elle le fait entrer de facto dans une sorte de jeu de reflets - le thème du miroir est toujours présent – mais un jeu destructeur des reflets trompeurs qu'il contient. Destructeur aussi de cette image de la femme-poupée, sorte de momie miniature, image en réduction d'une féminité typée et figée et comme définitivement mise en abyme.

L'ensemble du spectacle ainsi conçu et interprété constitue une sorte de sculpture en mouvement – un mobile à la Calder - tragique et drôle, oscillant sans cesse de la gravité à la dérision, inscrite dans un espace-temps virtuel qui serait celui d'un théâtre-langage, non aristotélicien, fortement chargé de poésie, à la fois représentatif et iconoclaste d'une féminité encore à la recherche d'elle même et de sa délivrance, mais sans laisser la place à une hypothétique catharsis qui n'aurait ici aucun sens.
Les quatre interprètes, Liliane Bouriche, Aurélie Gambus, Marie Strano et Nelly Tessier, ont effectué un travail très intéressant, voire passionnant, sur un thème toujours à la source d'une inépuisable réflexion sur l'une des deux composantes essentielles de la nature humaine.

Henri LÉPINE (Avignon)

La Femme mosaïque
Théâtre Golovine (Avignon), vendredi 2 mars 2007 à 15 heures.

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