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Festival d'Avignon

24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 11:52
LE MAUSOLÉE DU THÉÂTRE FRANCAIS

Inutile de fréquenter beaucoup les scènes de théâtre allemandes pour s’en rendre compte : les textes français sont peu représentés, voire quasiment absents des répertoires allemands. Parmi les auteurs contemporains français, seul Koltès bénéficie d’un certain succès. Les Allemands se désintéresseraient-ils du théâtre français ?


Récemment, Patrice Chéreau investissait la Schaubühne avec Le Mausolée des amants. Une ouverture prestigieuse du Festival France-en-scène à Berlin. L’occasion de cibler l’actualité du spectacle vivant en France. Tout le petit monde du théâtre attendait l’événement avec impatience : la présence exceptionnelle d’un vieux maître du cinéma français à Berlin, sur scène cette fois-ci avec Philippe Calvario, pour une lecture d’un texte d’Hervé Guibert.
 Photo Patrice Chéreau © DR

Un théâtre français trop académique ?


Dans la salle de nombreuses voix françaises (peut-être plus que de voix allemandes !) et une atmosphère guindée, étrangère au public habituel de la scène la plus alternative de Berlin. Une scène mise à nue, un décor en noir et blanc sans artifice, austère. Une mise en scène dont la sobriété détone avec l’esthétique avant-gardiste de la Schaubühne. De contemporain il n’y a que le texte percutant, exposé à l’état brut. Le jeu d’acteur n’améliore pas toujours le côté vieillot de la performance : Chéreau tend à la surthéâtralisation. Calvario sauve la mise avec un jeu plus crédible, frais, parfois pinçant.

Bilan : un coup d’envoi plutôt paradoxal du festival du nouveau spectacle français, donné par une pièce brillante d’académisme. Le snobisme français dans toute sa splendeur. A croire que le théâtre français aurait besoin d’un coup de jeune...et de quelques leçons de son homologue allemand !

Deux écoles deux esthétiques


Incontestablement deux écoles esthétiques se distinguent. Côté allemand, un théâtre concret, charnel, engagé, tantôt politique, tantôt trash. Côté français, un théâtre à texte, rhétorique, réaliste, parfois élitiste. Aucun paysage théâtral ne se cantonne à ses traditions pourtant les clichés subsistent.... si bien que le théâtre français souffre de son image : création française rime bien souvent avec performance « intellectualisante » et ennuyeuse. Pour balayer les préjugés, il faudra plutôt compter sur les nouvelles formes scéniques, que sur une lecture un brin poussiéreuse de Chéreau... Les quatorze compagnies françaises invitées sur les planches berlinoises devraient tout de même changer la donne. Au programme : théâtre contemporain, nouveaux langages scéniques et nouveau cirque. Un vent de nouveauté dans le paysage du spectacle qui devrait chasser le conservatisme et l’élitisme, encore trop ancrés dans la culture française.

Elsa ASSOUN (Berlin)

Le Mausolée des amants
Festival France-en-scène. Du 10.3 au 1.04.07
Vu le 10 mars à 20h à la Schaubühne.

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