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Festival d'Avignon

28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 22:56
TERRES BRÛLÉES

Incendies, du Libanais Wajdi Mouawad brûle comme une tragédie grecque. Terres brûlées, blessées, vies volées, vers la quête de soi... Voici une épopée libanaise écrite en 2003, qui possède le choc des grands récits, de ces tragédies qui brassent le temps et l’espace, là où les destins des individus s’imbriquent dans l‘Histoire pour y questionner l’humanité.

C'est au ZUT, un théâtre en survie, qui impressionne encore une fois par son talent. Georges Lini, directeur de ce jeune lieu a la passion de la découverte théâtrale « chevillée au corps ». Son théâtre n'est que plaies ouvertes, à travers des spectacles, à chaque fois, à petits moyens et grands effets. Dans cette veine, il propose Incendies, dont l'auteur, Wajdi Mouawad, né au Liban, mais vivant au Québec, avait déjà impressionné le public du Théâtre de Poche, notamment par la mise en scène, en 1998, du premier volet de son épopée libanaise Littoral.
 Photo © Pierre Bodson

Lettres de feu


Ici, c’est une mère, Nawal, qui boute le feu. Enfermée pendant cinq ans dans un silence inexpliqué elle laisse, à sa mort, un testament « tordu » à ses jumeaux en colère. Jeanne doit remettre une lettre à leur père qu’ils croyaient mort et Simon une lettre à un frère, dont ils ignoraient l’existence. Ces deux lettres allument les incendies intérieurs. Car il est difficile de vivre avec une identité coincée dans l'inconnu. Alors, les jumeaux, à leur rythme, flanqués d’un notaire bouffon, vont prendre la route du passé, découvrir leurs racines, sur les traces de la mère, au Liban, sur fond de guerre civile, entre frères ennemis, jusqu’à l’horreur, jusqu’à l’amour, par tous deux insoupçonné.

Avec des résonances oedipiennes, Incendies questionne l’innommable et la réconciliation, quand les bourreaux et les victimes se confondent. Comme toutes les vraies tragédies épiques, le spectacle nécessite une durée, trois heures d’intensité croissante, qui nous laissent éprouvés, ébranlés, troublés, émus, certains, essuyant des larmes… Dans un final où, comme chez Tchékhov, il faudra, ici aussi, « enterrer les morts, réparer les vivants ».

Construction virtuose


Vaste champ de bataille, la pièce fait défiler les scènes et les lieux, ils se chevauchent, s’entrecroisent, se frôlent. Le temps bondit constamment entre le présent, et le passé, par flash back. Il déroule le parcours de la mère, Nawal, à des âges différents, pris dans les affres de la guerre. Par glissements rapides, nous passons parfois, en un quart de seconde, du présent-Occident au passé-Orient, de la quête des jumeaux, à celle de la mère.

Georges Lini relève avec brio le défi de cette construction virtuose, grâce notamment à un travail collectif, accordé et investi. Il y a d’abord un décor, comme un espace mental pour le public, signé Anne Guilleray, l'une de nos jeunes scénographes les plus imaginatives. Dans ce voyage épique, le spectateur s’installe dans des fauteuils pivotant à 360°, incrustés dans des rails de chemins de fer qui traversent la salle. De gauche à droite et sous nos pieds, du sable à perte de vue et neuf comédiens lancés à vive allure, de part et d'autre, dans des coins et recoins, multipliant les points de vue sur cette quête d’identité tragique….

Nurten AKA (Bruxelles)

Incendies
Zone Urbaine Théâtre (ZUT), jusqu’au 31 mars, 0032/2/410.23.20.  

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Atelier 210 30/10/2008 15:25

Venez découvrir la nouvelle mise en scène de Georges Lini, MARCIA HESSE, une pièce de Fabrice Melquiot, toujours avec le Zone Urbaine Théâtre:"Sur une presqu’île secouée par la tempête, Georgia Hesse rassemble son clan pour fêter la Saint-Sylvestre. Mère, frères et soeurs, conjoints, neveux et nièces se télescopent dans une réunion en apparence anodine. L’ordinaire semble suivre son cours ; on parle de la moustache de Staline, du pain d’épice de Baudelaire, des poivrons frits de Rimbaud. Un ton se détache pourtant dans cette polyphonie. Marcia Hesse, la fille de Georgia, va et vient en silence ; personne ne semble la voir. Elle est le trou noir de la pièce : un vide tangible qui attise les souvenirs et réveille les blessures assoupies."Avec beaucoup de pudeur et de tendresse, Fabrice Melquiot nous parle du voile fragile que chacun laisse flotter entre sa douleur et celle des autres. Entre réel et fantastique, Marcia Hesse se place au cœur de la tourmente des émotions violemment libérées. Du 6 au 22 novembre à 20h30 à l'Atelier 210, relâches les dimanches et lundis.Atelier 210 - Chaussée St Pierre, 210, 1040 Etterbeek02/732 25 98  -  info@atelier210.be 

Chronique Fraîche