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Festival d'Avignon

29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 10:55
EXILS

Un tréma c’est deux points : aller d’un point à un autre, d’un pays à un autre, par désir ou nécessité. Parce qu’il est difficile de savoir ce que l’on gagne ou l’on perd à traverser une frontière. Retirada signifie retraite en espagnol. Ce mot parle de l’exil des républicains espagnols en France. Il parle de la douleur des 500 000 espagnols qui ont traversé la frontière au cours de l’hiver 39 pour finir dans un camp de concentration.

Blaï Mateu Trias explique ce parcours dans un solo acrobatique et clownesque rempli de questionnement à travers la voix, le mime, l’écriture picturale, le déplacement de gros sac en toile, une vidéo de personnages marchant avec détermination dans la neige ou débarquant sur les plages d’Argelès ou de Cerbère. Des images qui laissent deviner le sort de ceux qui après la dureté de la guerre ont connu l’insécurité de l’exil. Sur le chemin des républicains espagnols, l’artiste se livre à des postures acrobatiques et s’oriente vers un parcours drôlatique comme pour décrire gestuellement l’instinct de survie qui a certainement animé la plupart de ces exilés. Il dit osciller entre les souvenirs, la mémoire, les fantasmes et ce qui a été la réalité de chacun et de tous à la fois.

L’artiste seul sur scène est vêtu d’une vieille chemise de grand père en lin, un bandage enroulé autour de la tête. Il ne sait plus s’il doit parler français, catalan, ou espagnol. Il parle des idées qu’il a abandonnées, des idées qu’ils ont tous laissé derrière eux. Plutôt, il ne parle pas, il s’écrie comme on questionne, comme on s’entend dire : pourquoi ?

Un combat pour la vie


Sur scène, ce combat, l’artiste le mène seul : il peint sur un drap blanc ses dernières idées, ses revendications, puis commence la traversée, les sacs, les premiers questionnements. Les acrobaties rythment le déroulement du spectacle et semblent représenter le chamboulement des idées, des incompréhensions, une sorte de déambulation dans une Espagne démolie, des hommes, des femmes et des enfants isolés, séparés, humiliés. Une fois la frontière passée, il lui reste trois langues, trois langages, et il cherche ses mots. Au fond, aucun d’eux ne savait vraiment ce qu’il allait trouver en France. Dans le froid, la neige, il fallait passer la frontière et résister.

Parmi les matériaux utilisés dans la mise en scène, le ventilateur, l’image projetée donnent au récit une cohérence inattendue. Blaï Mateu Trias n’a pas trente ans et il est issu de la 12è Promotion du Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne. Il raconte dans cette création l’histoire des républicains espagnols après la victoire de Franco ou la survie d’un homme qui doit se reconstruire tout au long du cheminement de l’exil. Une excellente prestation qui place le mouvement, la chute et l’émotion au premier plan.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

Ï
Conception interprétation : Blaï Mateu Trias.
Mise en scène : Michel Cerda.
Direction Vidéo : Florent Tillon.
Scénographie et costumes : Marion Legrand.
Régie générale : Marc Boudier.
Réalisation du court métrage : Sébastien Lalanne.
Travail acrobatique sur le mouvement : Dimitri Jourde et travail acrobatique sur la chute : Julien Cassier.

Vu au Théâtre de La Grande Ourse à Villeneuve Lès Maguelone le 10 mars et à voir et à revoir au Pôle Cirque le 24 mars à La Genette Verte à Florac puis au Festival d’Avignon.

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