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Festival d'Avignon

30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 12:02
FRICTIONS MATRIMONIALES

Un homme, une femme. Un mari, son épouse. Duo classique susceptible d’engendrer des dialogues de sourds puisque personne ne comprend personne. Sur cette trame banale, Philippe Madral a brodé cinq motifs.

La lecture du texte est divertissante. Celle des intentions du metteur en scène, alias l’auteur, donne des pistes alléchantes menant vers un théâtre de l’absurde : « Les cinq séquences discontinues de la pièce doivent engendrer par leur succession une impression d’abstraction confortée par l’idée qu’il est toujours la même heure à tout moment ». Et d’ajouter que sa comédie ne veut rien dire. Le décor imaginé par Rémi Nicolas se révèle une trouvaille. Il l’a composé de cloisons mobiles qui ne cessent de fonder et de déconstruire l’espace. Il lui permet d’agencer du vide et du plein au gré des atmosphères que ses éclairages rendent subtilement palpables.
 Photo © François Mellet

La musique de Philippe Chatel possède ce côté plaisant et obsessionnel des musiques répétitives capables de miser sur la légèreté. Tous les ingrédients sont donc présents pour aboutir à un spectacle plus qu’agréable. Et pourtant, la connivence ne surgit guère. Les interprètes, Jenny Arasse et Jean-Marc Chotteau, font ce qu’ils peuvent. Mais l’impression s’impose assez vite que l’on n’est pas loin de ces saynètes de ménage chères à Courteline et à Feydeau et que cela ne va pas beaucoup plus loin.

L’ennui d’être deux


En dépit du désir de l’auteur-metteur en scène, signalé déjà par l’identité nominative des deux interlocuteurs (Lorraine et Laurent), de faire de l’une le clone féminin ou le miroir de l’autre et vice-versa, chacun conserve sa personnalité. En dépit de ses desseins, le psychologique resurgit. C’est l’agacement provoqué par les petites manies. C’est la jalousie qui pointe. C’est la lassitude des cœurs et des corps dont la présence se dilue au fil des ans. Ce sont les insomnies venues de l’ennui et des soucis. Ce sont les fantasmes sexuels qui émergent insidieusement. C’est la nostalgie d’un certain passé. Ce sont les incompatibilités d’humeur et les difficultés à communiquer.

Si les personnages frôlent parfois l’imaginaire, cela demeure plutôt réaliste pour le spectateur. Il a l’impression de se retrouver au milieu d’une représentation boulevardière qui s’étire dans une lenteur pesante, sous des allures de fable qui décrirait une succession d’étapes de vie, de la jeunesse jusqu’à la vieillesse.

Michel VOITURIER (Lille)

Effets de nuit
Texte : Phlippe Madral (éd. Actes Sud, 2007)
Mise en scène : Philippe Madral
Distribution : Jenny Arasse, Jean-Marc Chotteau
Scénographie et éclairages : Rémi Nicolas
Musique : Philippe Chatel
Costumes : Michel Malard
Production : Cie Théâtre du Dedans (Paris), La Virgule (Tourcoing), Théâtre Toursky (Marseille) Au Salon de Théâtre à Tourcoing, du 14 au 31 mar 2007

En tournée à Marseille en octobre 2007.

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