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Festival d'Avignon

1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 10:00
ROI SANS DIVERTISSEMENT ?

Prototype de l'anti-héros, Argan est un hypocondriaque au dernier degré. Son état de santé qui, à chaque instant, lui semble fort précaire est le fondement même de sa vie. Aussi, autour de lui et en permanence, tout et tous se doivent de lui prodiguer tous les soins et l'attention qu'à ses yeux son état et sa situation méritent... La maladie qu'il s'attribue, les soins que sans cesse elle appelle pour conjurer la mort, tout cela justifie que l'entourage d'Argan ne vive que pour soulager son existence et ses soucis de santé. Au surplus, n'envisage-t-il pas de marier sa fille Angélique à un docteur. Mais Angélique, qui aime Cléante, refuse. Son père veut alors la déshériter. En outre, Béline, sa seconde épouse, ne pense qu'à toucher l'héritage. Ce sera la servante Toinette qui, par son intelligente impertinence et un judicieux double jeu, provoquera l'abolition de ce désordre établi.

Un grand lit – le lit d'Argan - à l'inclinaison variable occupe la plus grande partie du plateau scénique. C'est tout autour de ce lit qu'évoluent les différents personnages, la plupart masqués et même, pour certains, épisodiquement juchés sur des échasses : nous sommes en effet devant l'un de ces magnifiques spectacles jubilatoires de théâtre total – mêlant la commedia dell'arte et ses masques, la musique, la danse, le cirque même – comme a su nous en concocter maintes fois déjà le Théâtre du Kronope. Cela commence par une sorte de ballet macabre. La mort sera d'ailleurs toujours présente dans la durée du spectacle... mais plutôt sous l'aspect drôlatique qu'on lui voit revêtir parfois dans les fêtes mexicaines. La modernité est là aussi : le costume de Louison, la plus jeune fille d'Argan, lui confère l'apparence de personnages de cartoons : Calimero ou Kiki le canari, tandis que les masques pustuleux de Diafoirus et son père semblent les faire surgir tout droit d'un film « gore »... les ballets font appel à l'op'art, au pop'art.

Combler le vide

L'ensemble – entre la farce et la comédie musicale - scotche le spectateur par sa virtuosité, le rythme soutenu et la rigueur des enchaînements. Et Molière, dans tout çà ?.... Il est toujours présent. En effet, si les intermèdes musicaux ont été revus selon une optique très actuelle, le spectacle respecte le texte original.
Guy Simon, le metteur en scène, semble avoir quelque peu subordonné la critique sans appel de la médecine au temps de Molière à la description du personnage principal Argan – qu'il interprète fort bien – présenté ici dans sa dimension existentielle d'individu totalement égotiste et égoïste. Pas foncièrement méchant cependant... Il semble nous renvoyer plutôt, à chaque instant, l'image de l'homme nietzchéen, celui que son bas ventre empêchait de se prendre pour le Dieu qu'il aspirait pourtant à être... Un « roi sans divertissement » qui éprouve le besoin irrésistible et permanent de combler le vide fondamental d'une existence qui n'est tournée que vers lui-même...
Guy Simon, le comédien, sait avec talent nous rendre pathétique cette représentation théâtrale emblématique, métaphorique même, de l'être humain, non seulement contemporaine de Molière mais de tous les temps et donc étrangement semblable à chacun de nous.

Henri LÉPINE (Avignon)

Le Malade imaginaire, de Molière par le Théâtre du Kronope.
Mise en scène de Guy Simon.
Avec Martine Baudry, Joëlle Richetta, Anaïs Richetta, Guy Simon, Jérome Simon.

Vu en mars 2007 à Avignon. Ce spectacle sera au programme du Festival Off 2007.

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