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Festival d'Avignon

2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 10:00
PARLER, DIT-IL...

Ecrivain et dramaturge autrichien, Thomas Bernhard s'est imposé comme le contemporain en esprit entre autres d'un Samuel Beckett. Ses rapports avec le théâtre d'un siècle tourmenté par des événements historiques radicaux sont eux-mêmes exemplaires de par leur radicalité même.

Seul dans son appartement, un vieil acteur de théâtre se parle. Il se remémore sa vie d'avant la mort de son épouse. Dans ce soliloque, il est question, entre autres sujets, çà et là, de Richard III, que dans le ventre de sa mère il rêvait déjà d'interpréter, et donc du théâtre, de la vie quotidienne, de la solitude ; à travers une sorte d'autodialogue – autre forme d'autofiction – un échange permanent et illusoire avec soi-même, coupé de temps en temps par la visite de sa petite-fille qui, chaque mardi et chaque vendredi, lui apporte du lait.
 Photo © DR

Dans En attendant Godot, Wladimir dit que « ce qui est terrible, c'est d'avoir pensé ». Le titre en forme d'oxymore de la pièce de Thomas Bernhard contient déjà toute la dimension paradoxale de cette activité fondamentale de la conscience humaine en pleine activité : mettre en mots et en paroles, une pensée ici solitaire, sans portée communiquante avec autrui, suites de coq-à-l'âne pouvant aller jusqu'à un pur et simple chaos, aux portes de la démence ou, à l'inverse, d'une hyperlucidité. La seule communication, mais peut-être illusoire, est celle du personnage – qui semble focaliser en lui l'essence théâtrale de la vie, des relations avec soi-même, les autres et la réalité dans son ensemble - avec le spectateur par l'entremise du comédien et de la représentation.

Pour donner toute son importance à une parole maîtresse des lieux, Alain Simon, Directeur du Théâtre des Ateliers d'Aix-en-Provence, en collaboration avec Christian Carrignon pour la dramaturgie et le théâtre d'objet et Jacques Brossier pour le décor, a élaboré une mise en scène précise et méticuleuse, qui s'appuie sur un minimalisme délibéré dans le choix d'éléments de décor-objets, qui confèrent au texte, à la parole du personnage et à l'acteur (Alain Simon lui-même, dont la faconde et les intonations m'ont semblé évoquer parfois le Jean Renoir-Octave de « La Règle du Jeu » tentant vainement de se débarrasser de sa peau d'ours) une très forte présence.

Henri LÉPINE (Avignon)

Simplement compliqué, de Thomas Bernhard par le Théâtre des Ateliers d'Aix-en-Provence.
Théâtre des Halles (Avignon), les 16 et 17 mars 2007.

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