Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 11:00
COUP (FRANC) DE THÉÂTRE

Emmanuel Bourdieu, Frédéric Bélier-Garcia et Denis Podalydès, voient dans les sportifs les derniers des héros. Pour révéler le potentiel théâtral de l’univers du football. A la clé, une comédie parodique qui déjoue un peu, mais qui finit par l’emporter.


Plus que deux minutes avant le coup de sifflet final. Bréville est mené 1 à 0 contre Jelan. Les rouges vont se faire sortir de la coupe. En championnat, ils sont promis à la relégation. Sur une dernière attaque, Monod, un de leur milieux, est taclé jusqu’aux oreilles. Coup franc ! Autrement dit, coup de théâtre ! Tous les commentateurs professionnels usent et abusent de ce registre. A les entendre, une partie de foot regorge d’instants DRA-MA-TI-QUES ! Toutes syllabes détachées et appuyées.
 Photo © Philippe Delacroix

C’est précisément l'un des partis de cette pièce co-signée par Emmanuel Bourdieu et Frédéric Bélier-Garcia. Le second à la mise en scène avec Denis Podalydès. Dramatiser encore ce qui sur le terrain l’est déjà. Qui d’autre que le sportif, de nos jours, pour figurer l’exaltation du héros guerrier ? C’est à propos de matchs que l’on parle sans frémir d’esprit de conquête, de combat. Avec ses péripéties. Ainsi évolue la ligne d’arrière des bleus. De la joie, au doute, puis l’abattement. Plongée dans la brume qui recouvre le terrain. Comme sur une lande shakespearienne.

En défense il y a Vautier, frêle latéral timide, écharpe autour du cou. Le Hongrois Mazryk, vraie brute épaisse. Fortin, le capitaine qui gouverne et re-motive ses troupes. Devant le goal, Lazare, en proie au doute existentiel. C’est plutôt le football d’il y a déjà quelques décennies. Celui d’avant les monstres de puissance sous stéroïdes. Où il fallait mouiller le maillot à la force du mental. Revenons au coup franc. Monod a été victime d’un geste assassin de Mazryk. Alors qu’il pressentait qu’il jouait là le dernier match de sa carrière. Lui, l’ancien espoir du club. Un temps transférable à l’Inter, il est considéré maintenant comme un joueur fini. « La boucle est bouclée » reconnaît il. Avant un ultime sursaut d’orgueil.

Rires et confusion

Le cœur de la pièce est donc cet instant dilaté où les rouges s’apprêtent à tirer. Où Monod ne peut se résoudre à laisser sa place. Comme le lui ordonne le coach. C’était sans compter Janin, le gourou sophrologue qui accompagne l’équipe pour qu’elle pense « positif ». Grâce à sa science, fumeuse, on pénètre l’espace mental du joueur. S’y mêlent, entre autre, ses rêves d’enfants. Ses angoisses de voir sa femme dans les bras d’un bellâtre à crampons italien. Le tout rendu possible par une scénographie très judicieuse. La pelouse, au sol, n’est jamais qu’une portion du rectangle vert. Le reste du terrain est constamment hors champ. Ce qui fonctionne très bien. On se déplace en variant les angles. Devant le but, près du banc de touche. Comme le font les caméras de la télé. Deux commentateurs à la mode Canal Plus sont d’ailleurs à l’oeuvre tout du long. Bémol, les changements d’espaces sont parfois trop rapides pour les laisser se concrétiser. C’est par moments un peu confus.

L’observation et la parodie du milieu du football, théâtralisé, se révèlent très amusantes. Notamment grâce à des comédiens qui ont la part belle. Avec une mention pour les seconds rôles, croqués à plus gros traits.
Micha Lescot, désopilant en goal qui se demande ce qui arriverait si le ballon qu’il vient de dégager ne redescendait jamais.
Manuel Le Lièvre, Volodia Serre et Alexandre Steiger en pieds nickelés de la défense.
Ou Daniel Martin, entraîneur plus vrai que nature, vociférant ses consignes depuis la ligne de touche.

Dommage dès lors que la pièce quitte ce terrain pour explorer la psychologie d’un joueur. Ce qu’on y découvre sous la plume des auteurs ne casse pas des briques. Imparti à cet examen, le temps dilaté du coup franc est un peu long. Faux rythme. Plus qu’au mental, c’est à l’humour que l’équipe l’emporte.

Hugo LATTARD (Paris)

Le Mental de l’équipe
De Emmanuel Bourdieu et Frédéric Bélier-Garcia
Mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia et Denis Podalydès.
Avec Eric Berger, Jacques Bonnaffé, Cécile Bouillot, Arthur Igual, Jérôme Kircher, Manuel Le Lièvre, Francis Leplay, Micha Lescot, Patrick Ligardes, Daniel Martin, Marie Nicolle, Volodia Serre, Alexandre Steigger, Samuel Vittoz

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
Réservations 01 44 95 98 21 ou 08 92 70 16 03
Jusqu’au 14 avril 2007.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Chronique Fraîche