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Festival d'Avignon

27 juillet 2005 3 27 /07 /juillet /2005 00:00

"FILLES DE JOIE", AVEZ-VOUS DIT ?

Elles sont là toutes deux chaque soir à 21h30, en tenue adéquate, assises jambes croisées à bas résille sur de hauts tabourets devant le zinc des Trois Pilats, dans la pénombre et l’attente du micheton. Lorsque les projos s’allument sur elles, elles aussi sont là pour nous allumer. Avec tout d’abord, « C’est à Hambourg… », l’un des plus gros tubes de la môme Piaf. Suivront d’autres classiques de la chanson bitumeuse, mais aussi des inédits dont je vous laisse la surprise.
Ce spectacle de cabaret théâtral sur la vie mouvementée des fleurs de trottoirs vue à travers le théâtre, le cinéma et la chanson réunit deux chanteuses comédiennes mais aussi danseuses. Claire Faurot, piquante brunette aux yeux et au sourire ravageurs, a conçu et réalisé le spectacle. Et sa copine de turbin, Stéphanie Mathieu, une belle blonde quelque peu évanescente. Toutes deux forment un duo chantant et dansant parfaitement rodé. Sur des arrangements musicaux de Ronan Maillard, une création lumière de Jeff Havart, qui met en valeur les costumes très réussis de Corinne Granjean, elles nous tiennent en haleine, allant jusqu’à racoler gentiment des spectateurs du premier rang : l’intimité du lieu, la grande promiscuité du public avec le spectacle autorisent sans ambages d’aussi affriolantes propositions.
Entre deux chansons, elles nous servent des textes d’auteurs sur le sujet à l’ordre du jour : Obaldia, Aristide Bruant, Jean-Paul Sartre, Henri Jeanson… C’est souvent très drôle, mais cela peut être aussi parfois très triste et même révoltant à la fin. Qu’y a-t-il, en effet, au départ de telles vies trop souvent prétextes à la gaudriole ? Excès de confiance et de sentimentalité jusqu’à la naïveté. Soumission aux chantages. Menaces des mâles exploiteurs de chair humaine – c’est le plus vieux métier du monde, mais surtout la première forme d’exploitation de l’être humain par son semblable - qui ne sortent assurément pas grandis d’un tel étalage de turpitudes de leur part.
Le caractère paradoxal de ce spectacle, par ailleurs tout à fait divertissant, c’est de déboulonner tous les clichés archiconnus sur les prétendues « filles de joie », ainsi désignées par « ces vaches de bourgeois » dont parle Georges Brassens. À ne pas manquer donc, mais vu l’exiguïté du lieu et le succès actuel, il est prudent de réserver.


Les Filles de Joie
Cabaret Théâtral de la Cie Vénus Cargo
Jusqu’au 30 juillet à 21h30 – Aux Trois Pilats, 18, place des Trois-Pilats.
Réservations : 04 90 85 67 74.

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Published by Henri Lépine - dans Festival d'Avignon 2005
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