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Festival d'Avignon

12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 23:41
L'ARTISTE ET LE PRINCE

Du 6 novembre au 2 décembre 1717, Jean-Sébastien Bach fut emprisonné sur ordre du Duc de Weimar à qui il avait demandé son congé pour rejoindre la Cour de Köthen, où il pensait trouver de meilleures conditions de travail pour composer de la musique de concert plutôt que des oeuvres religieuses, la cour de Köthen étant d'obédience calviniste.

Le Duc de Weimar lui avait passé commande d'une cantate pour la période de l'Avent. Enfermé entre les murs d'un cachot, Bach refusa de travailler dans des conditions qu'il jugeait inacceptables pour lui. A la fin, feignant de céder, il livra subrepticement une oeuvre qu'il estimait injouable sur les instruments détenus à la cour de Weimar. Disgrâcié et condamné à l'exil, il put dès lors rejoindre la cour de Köthen avec sa famille.

Les relations souvent difficiles de l'artiste avec le pouvoir, qu'il soit politique ou financier, constituent un sujet de réflexion courant pour les véritables artistes. De nos jours, hormis dans les dictatures, les rapports de la création et du pouvoir se heurtent plutôt aux objectifs financiers à court terme d'hommes d'affaires pas toujours scrupuleux quant à l'indépendance des créateurs. L'artiste comme substitut de Dieu ? Dans sa prison, J.S Bach reçoit les visites de Borman, l'Intendant du prince de Weimar qui vient le voir régulièrement - mais vainement - pour lui recommander d'obtempérer aux désirs du potentat. Il est surtout en relation permanente avec un jeune geôlier, Lucas, avec qui il instaure un certain climat de complicité mesurée, non sans danger pour le garçon. Il est aussi, ce geôlier, bâtard de naissance, le porte-parole de la vie extérieure et le représentant de l'homme de la rue, du « monsieur tout-le-monde » de l'époque.

Indépendance

La situation claustrale du musicien et ses relations avec l'intendant et le geôlier sont l'occasion de divers échanges sur la nature de la création artistique, sa nécessaire parce que vitale indépendance par rapport aux puissants, le statut de l'artiste enfin. Si le monarque l'est de droit divin, l'artiste n'est-il pas lui-même un substitut du créateur face à sa propre oeuvre ? Les conflits de pouvoirs de cette nature sont à l'origine de débats philosophiques dans lesquels on se dispute cette « monnaie de l'absolu » dont parlait Malraux.

Sophie Deschamps, actrice et scénariste, a co-adapté pour le théâtre le roman de JeanFrançois Robin, peut-être plus connu en tant que directeur de la photographie (il a travaillé avec Claude Sautet, Coline Serreau, Philippe de Broca, Jean-Jacques Beinex, Alain Cavalier) que comme auteur de romans. Cette « Disgrâce de JS Bach » qui a obtenu le Prix de l'Académie Française, ainsi transposée sur le plateau d'un théâtre, fût-ce pour une seule lecture, est riche de signification. Serge Barbuscia restitue un JS Bach truculent, voire rabelaisien et sans concession quant à son statut de grand musicien.
Fabrice Lebert est excellent dans le personnage de Lucas, Alain Cesco-Resia est un Borman à la fois docte et inquiétant.
Une jeune soprano, Estelle Payan, qui interprète Maria Barbara, l'épouse de Bach, apporte à bon escient la nécessaire touche musicale à cette lecture.

Henri LÉPINE (Avignon)

La Disgrâce, de Jean Sébastien Bach
De Sophie Deschamps et Jean-François Robin, Théâtre du Balcon, (Avignon) le 27 mars 2007.

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commentaires

Mauricio ROMERO 05/05/2007 11:21

Bonjour
Les invite a decouvrir ma transcription de la Toccata et fugue en ré mineur de J.S. BACH pour contrebasse solo
Demo sur mon site
Musicalement

Mauricio ROMERO
(Paris)

Chronique Fraîche