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Festival d'Avignon

25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:41
ALLÉGORIE DE LA SCENE

Dernière création du Fatras Théâtre, Palindrome, ou les poissons détestent le vendredi  montre les méandres de la création théâtrale. Et joue, avec brio, la carte de l’absurde et de l’audace.

Un décor qui hésite entre scène et coulisses. Dans un fatras de répétitions, entre malles, écran, micro et lumières fragiles. Et au centre, un aquarium aux poissons géants. Un aquarium, tel un microcosme humain, duquel vont surgir clown de carton pâte, metteur en scène, idées, musiques et rêves.

Photo © Jean-Baptiste RENGEVAL

Palindrome ou les poissons détestent les vendredi est un spectacle qui s’inscrit dès les premières minutes de jeu dans un genre relativement nouveau. A la fois ludique et prégnant, esthétique et dérangeant, drôle et émouvant. L’absurde flirte avec un souffle surréaliste, la scène avec la vidéo. En dehors des conventions, sans pourtant jamais en être très loin. Comme pour mieux nous faire sentir les chemins de traverse que nous pourrions tous prendre…

Sur le fil du rasoir

Car si le propos avoué est de mettre en lumière la complexité des relations entre un comédien et son metteur en scène, la portée de la pièce est sans nul doute bien plus vaste. Franck Mouget et Michaël Bernard nous entraînent dans un spectacle accidenté, sans linéarité aucune, dans lequel les histoires se succèdent sans évidente logique. Si ce n’est celle d’un rythme, saccadé et irrégulier. L’improbable duo comédien / metteur en scène nous entraîne au fil de la création, d’un clown musicien à un intermittent désabusé, d’un marivaudage en répétition à une attachante histoire de valise, vision naïve et décalée de l’Histoire. Et, étonnamment, la machinerie fonctionne. Etonnamment, car rien n’est fait en matière de concession. Ni le texte, ni la mise en scène. Ni même les costumes ou les créations lumières. Tout est fait ici sur le fil du rasoir. Et une telle prise de risque est étonnante de la part d’une si jeune compagnie. Surtout en ces temps de facilités « culturo-staracadémiesques ».

Le Fatras Théâtre signe donc ici une création résolument contemporaine, où l’humour le dispute à l’autodérision. D’une manière peut être parfois un peu forcée, parfois inégale. Mais en offrant au public une brassée d’émotions, tel un bouquet de fleurs sauvages dont la beauté résulte de la diversité, de l’éphémère, du fragile, de l’instant. On ne nous raconte pas une histoire, on nous invite à en voir partout autour de nous. On ne nous donne pas du prêt-à-penser, on nous ouvre la porte sur du rêve (pas toujours rose) et des possibles. Le théâtre retrouve ici son rôle de trublion intellectuel. Et ça fait du bien !

Karine PROST (Tours)

Palindrome, ou les poissons détestent le vendredi
Texte : Michaël BERNARD Interprétation : Franck MOUGET ; Michaël BERNARD Lumière : Jean-Philippe Filleul. Réalisations vidéos : Jean-Baptiste Rengeval. http://fatrastheatre.neuf.fr
Au Bateau Ivre, le 24 mars 2007

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