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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 18:50
ODE A PASOLINI

Créée en 1995 et jouée encore de temps en temps, comme une denrée rare qu’on distille à toute petite dose, « La Rabbia » (la rage) a été conçue comme un hommage à Pier Paolo Pasolini. Un hommage comme un feu d’artifice, dans lequel la beauté du geste est au service de l’émotion.

Une scène nue. Mais non vide. Une scène nue qui s’habille de sciure de bois, comme des milliers de souvenirs épars dans un univers immense et feutré. Et des traces, qui s’entrecroisent, comme des rails qui entraîneraient le spectateur, encore et encore, dans la douloureuse arène de la vie. Et de la mort. Celle de Pasolini, bien sûr. Etendu, sans vie, sur une plage. Mais la mort aussi d’un temps de joie, de danses, d’insouciance. Des traces qui semblent parler de haine, de violence, de mensonge, de la quête éternelle de la reconnaissance et de l’amour. De la récolte du sang, de la torture et de « l’entertainment » pour occuper les foules pendant ce temps.
 Photo © Compagnia Pippo Delbono

Pippo Delbono est debout. Face au public. Sous son chapeau sans forme, sa chemise froissée et sa cravate de travers, Pippo Delbono attaque de front. « Au temps de Pasolini, j’étais très petit. C’était les années soixante… ». Des années fastes et des années noires. Des années de silence forcé que les mots de Pasolini, de Genet, de Chaplin et de Rimbault viennent, à travers la bouche et Delbono, emplir à travers le temps et à travers l’espace. Comme un témoin, une veilleuse, un cri qui empêche l’oubli. L’oubli de Pasolini. Ce poète si cher au peuple italien, et dont on sous-estime souvent (en France) l’attachement. Mais dont on perçoit toute la puissance à travers ce spectacle.

Un message d’espoir

Un spectacle conçu comme une succession de sentiments, forts, dérangeants, parfois suscités par un mot, un son, une image. Un bruit de vague, un cri de mouette au dessus de corps étendus. Une chemise mise ou ôtée, une cravate, un chapeau… un détail change et c’est un nouvel univers qui surgit. Et pourtant, l’unité du spectacle n’en est pas affectée. Qu’ils soient tristes ou gais, sobres ou tapageurs, les tableaux se retrouvent sur la force des émotions qu’ils dégagent. Grâce au travail de mise en scène, clé incontestable de la qualité de la prestation. Du choix et du montage des textes jusqu’aux évocations gestuelles des comédiens, tout repose sur elle. Et elle unit l’ensemble avec une finesse impressionnante. Comme si le mouvement naissait du mot ou de l’instant. Avec une rare évidence.

Et le succès est à la mesure de la qualité. Et si celle-ci est le fruit de toute une compagnie, elle procède pour beaucoup de la personnalité de Pippo Delbono. Pippo et ses mots, Pippo et ses petits papiers, Pippo et ses danses, Pippo et sa colère, sa désespérance, son humour. Pippo et son incroyable talent. Pour un message d’espoir. Si l’homme s’en donne la peine.

Karine PROST (Tours)

La Rabbia
Centre Régional Dramatique de Tours – Nouvel Olympia
Avec : Lucia della Ferrera ; Simone Goggiano ; Bobo ; Piero Corso ; Pippo Delbono ; Gustavo Giacosa ; Mario Intruglio ; Pepe Robledo
Production : Compagnia Pippo Delbono 
Collaboration : Émilia Romagna - Tetrao Fondazione 

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