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Festival d'Avignon

4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 19:52
UNE VIE À LA DÉRIVE

La vie d’un jeune Irlandais des années 60, selon Patrick Mc Cab, avec un cheminement erratique en équilibre entre tragédie et comédie. Une production belgo-québécoise en miroir au mal être de nos sociétés privées de repères.

Frank est un gamin un peu différent de ses condisciples. C’est un solitaire dont la mère affiche des tendances suicidaires et dont le père baigne dans l’alcool sa vocation ratée de trompettiste. Le gosse a des comportements imprévisibles. Il n’aime pas cet ordre social sous lequel se camouflent des tares et des malaises engendrés par les carences sociétales, les insuffisances affectives, les rêves avortés. Il chaparde. Il joue au racketteur. Il provoque et vandalise. Il navigue entre un unique meilleur ami et un souffre-douleur vulnérable. Il construit un monde chimérique où l'on gagne des millions aux jeux de hasard, où la liberté n’est pas bridée par des lois, où les adultes ne sont pas des pantins. Il est tout entier dans cette formule de Gaëlle Obiégly : Dans le mot « avenir » il y a « vain » et il y a « rien ». Il dérive vers une violence de plus en plus assassine. Il connaît les internats religieux. Il fait escale dans une institution psychiatrique. Il cherche à être sans se départir du paraître. Il s’enlise dans la solitude la plus totale suite à la mort de ses proches ou à la désertion de l’amitié. Il affirme un besoin d’enfance vraie, manque absolu de sa vie adulte.

Photo © Alessia Contu

La pudeur de suggérer


La mise en scène de Delaunoy a choisi de ne jamais tomber dans le dramatique, de ne pas davantage accentuer les effets comiques. Du coup, il subsiste des ambiguïtés liées au parti pris de flou volontaire, par exemple dans la brève allusion à des rapports homosexuels avec un curé. Du coup, en dépit de son inventivité perpétuelle, le travail du metteur en scène laisse une impression de neutralité objective au point que le spectateur se situe en témoin quasi indifférent d’un parcours nourri de rebondissements.
Le jeu se sert de la double présence de Frank Brady (Jean-Jacqui Boutet narrateur âgé et Alain Eloy jeune individu en action) pour alterner récit, dialogues, passage de parole en écho. Il permet aux acteurs de changer de rôles en les typant d’accessoires personnalisés. Il se sert de la musique interprétée par Patrick Ouellet comme décor sonore, soutien rythmique, accompagnement de chants et de danses.
L’espace est modulé par deux immenses cadres qui voyagent, se couchent ou se verticalisent, avancent ou reculent, lieux diversifiés que déterminent les allées et venues des protagonistes selon qu’ils s’y asseyent, y grimpent, les traversent, s’y couchent, s’y cachent, s’y retrouvent enfermés derrière des barreaux de chaises.
L’ensemble donne sens aux fragments d’existence assemblés. Il possède une cohérence esthétique irréprochable. Peut-être y manque-t-il un soupçon d’émotion susceptible de placer le public en situation de compassion ou de révolte.

Michel VOITURIER (Lille et Belgique)

Frank, le garçon boucher (The Butcher Boy)
Texte : Patrick Mc Cab (traduction : Séverine Magois) (éd. 10/18)
Mise en scène : Michael Delaunoy (Belgique)

Distribution : Anne-Claire (B), Jean-Jacqui Boutet (Québec), Audrey D’Hulstère (B), Alain Eloy (B), Denis Lamontagne (Q), Patrick Ouellet (Q)
Scénographie : Jean Hazel (Q) - Amélie Trépanier (Q) Costumes : Erica Schmitz (Q), Laurence Goeminne (B) Lumière : Laurent Kaye (B), Gauthier Minne (B)

Musique : Patrick Ouellet (Q)
Décor sonore : Lorenzo Chiandotto (B)
Chorégraphie : Edith Depaule (B)
Coiffures, maquillage : Serge Bellot (B)
Patines : Marianne De Wil (B)
Captation vidéo : Fred Vaillant

Production : Théâtre Blanc (Québec) - L’envers du théâtre/Cie Michael Delaunoy (Bruxelles) - Théâtre de la Place des Martyrs (Bruxelles) - Le Manège.mons/Centre dramatique (Mons) - Théâtre de l’Ancre (Charleroi)

En tournée : au Manège à Mons du 24 au 29 avril (32-(0)65/395 939) ; au Théâtre de l’Ancre à Charleroi du 3 au 19 mai 07 (32-(0)71/31 40 79) ; au Théâtre Périscope à Québec du 11 septembre au 6 octobre 2007 (1-(418)648-9989) ; au Théâtre Populaire d’Acadie à Caraquet, le 17 octobre 07 (1-(506)727 09 20) ; au Théâtre de l’Escaouette à Moncton les 18 et 19 octobre 07 (1-(506)855 00 01) ; à la Maison de la Culture de Tournai du 23 au 25 octobre 07 (32-(0)69/25 30 80) ; au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles du 8 novembre au 8 décembre 07 (32-(0)2/223 32 08).

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