Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 10:53
UNE TRAVERSÉE D’EROS

Il fallait oser le faire ! Transposer Shakespeare, sa rêverie champêtre et ses amoureux naïfs dans une ambiance électro aux allures de rave-party. Jean-Michel Rabeux s’y est risqué, et pas qu’un peu ! Mêlant un brin d’autodérision à son adaptation libertaire, il réussit un spectacle explosif, qui modèle et ajuste la veine shakespearienne, pour en révéler l’extravagance sous-jacente.

Avec Le Songe d’une nuit d’été, Shakespeare quitte pour un temps le registre de la tragédie. Incluant le théâtre dans son propre théâtre, il aborde ici le thème de l’amour par le biais du jeu, du rêve et de l’enchantement et fait primer l’univers fantasmatique sur la réalité. L’essentiel de l’action se déroule au cœur de la forêt, qui devient alors le lieu de rencontres improbables. Ainsi assistons- nous de concert à la querelle du roi des elfes et de la reine des fées, aux chassés-croisés amoureux de quatre jeunes en cavale, et à la répétition incongrue d’une troupe de comédiens.
 Photo © M.Gantner

De ces destins qui se croisent le temps d’une nuit, naît une véritable fantaisie nocturne où les désirs et les pulsions se dévoilent et varient au gré des sortilèges du roi Obéron et de son elfe Puck. Mais au lever du jour, cruauté, érotisme, visions délirantes et sentiments ambivalents, ne laisseront place dans les esprits qu’à l’impression d’un rêve étrange. Un joyeux charivari dont le réveil ouvre sur une réalité nouvelle où tout est rentré dans l’ordre.

Une adaptation délurée et cocasse


Pour rendre cette magnifique orchestration shakespearienne du désir amoureux, du jeu tragi-comique des sentiments, Jean-Michel Rabeux dénature les visions conformistes et ose exposer les jouissances et les travers qui auraient fait scandale à l’époque de l’auteur. Du décor aux costumes, en passant par le maquillage et le jeu, tout participe au travestissement des situations, identités et comportements. Les personnages shakespeariens perdent leur consistance valeureuse, leur jeunesse innocente pour devenir des êtres convulsifs, poussés par des pulsions inavouables : ambiance strass et paillettes, grandes folles et jeunes éphèbes pour un songe où Eros règne, impérieux.
Les acteurs délurés, pleinement investis dans leur rôle, donnent à la pièce un rythme trépidant dans un jeu physique très sensuel où les corps se parlent et s’apprivoisent, où les sexes se mélangent dans une étrange indistinction, où les symboles phalliques s’exhibent de manière cocasse.

Mais gardons nous bien de crier au scandale ! La mise en valeur de l’impudeur du texte, servie par une union de la rime shakespearienne avec le langage et la diction d’aujourd’hui, le tout relevé par des personnages pathétiquement clownesques, offre une représentation déjantée, drôle et surprenante. Une vision inédite et décapante qui fait ressortir avec talent l’humour, l’érotisme et la modernité du texte shakespearien.

Anne CARRON (Lyon)

Le Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare
Adaptation et mise en scène de Jean-Michel Rabeux
Avec Claude Degliame, Frédéric Giroutru, Kate France, Céline Millat-Baumgartner, Marie Vialle, Hugo Dillon, Thomas Durand, Corinne Cicolari, Georges Edmont, Marc Mérigot, Gilles Ostrowsky, Christophe Sauger

Du 24 au 27 avril 2007 au Théâtre de la Renaissance, 7 rue Orsel 69600 Oullins
Tél : 04 72 39 74 91.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Chronique Fraîche