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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 19:45
TERRAIN DE JEU POUR ESPRITS LUDIQUES

C’était à Paris, au Théâtre de la Ville. Des mains sont sorties du sol, des têtes glissantes ont précédé des jambes longues, longues… D’emblée, c’est une subtile mise en jeu du corps disloqué qui est annoncée. La Compagnie 111 a présenté le troisième volet de la trilogie 111 : Plus ou moins l’infini. Après le volume dans IJK, puis le plan dans Plan B, Aurélien Bory, co-fondateur de la Compagnie 111, s’est associé au metteur en scène américain Phil Soltanoff pour mieux s’attaquer à la ligne.

La ligne. Ce trait continu allongé, visible ou virtuel, figure du temps, symbole d’une fuite plus ou moins puissante, plus ou moins fragile, est posé autant en sujet de recherche qu’en décor. Régissant le déplacement des acteurs dans l’espace, la ligne s’affiche tantôt rigoureuse, telle une règle (architecturale ?), tantôt évanescente telle une direction « plus ou moins » mystérieuse, hors champ.
 
Au cœur d’un ensemble de références artistiques exigeantes, l’écriture scénique se met au service d’un instant poétique. Les compositions graphiques strictement agencées envahissent la scène dès les premiers instants et se frayent un chemin jusqu’aux œuvres constructivistes et abstraites vasaréliennes. A l’instar de la ligne, la recherche picturale s’y déploie autour des formes fondamentales infiniment variables. Doit-on entrevoir au travers de cette excitation visuelle la pensée sous jacente des membres du « Op Art » selon laquelle une œuvre d’art doit pouvoir être reproduite aussi souvent qu’on le souhaite et réalisable le plus largement possible afin d’être diffusée massivement et faire éclater le cadre des élites ?

Quand le théâtre fait son cirque

Le cinétisme apparaissant comme un procédé sériel est de rigueur. Les lignes prennent la fuite et les corps se meuvent dans un espace tridimensionnel aux allures de terrain de jeu. Au gré des recoupements de lignes en parallèle ou en biseau, les êtres toujours « plus ou moins » en suspens, se jouent d’un décor minimaliste aux confins de la magie. Les lignes tiennent lieu de cadre à un théâtre qui « trace » à vive allure à la rencontre des arts visuels et du mouvement chorégraphique, loin de la parole. Acrobatie, musique, danse sont au croisement d’un désir de s’approprier l’espace dans sa forme ludique et perméable. Les tiges de bois auxquelles s’agrippent ces acrobates décrocheurs d’étoiles créées un mouvement linéaire léger, constant, parfois sinueux, ou encore en pointillé.

Toujours dans un esprit « Op », la compagnie affirme son refus d’une composition unitaire et son attachement à la création d’un évènement visuel mobile. On s’émerveille de ne pouvoir, « plus ou moins » sur-le-champ, décrypter les dessous de ce jeu et d’être dans l’incapacité de le ramener platement à sa rationalité (la nôtre ?). Partie de tennis ? Bataille d’étoiles ? Partie de squash ? Folles rencontres amoureuses ? Nouvelle définition du temps? Lignes de nos vies ? Peu importe. Cet univers se montre soucieux de l’imaginaire des spectateurs.

Un sentiment de légèreté s’est infiltré dans nos corps le temps de cette soirée. Qu’attendre de plus d’une représentation que l’actualité nous fait avaler uniquement dans sa forme duelle et frontale ?

Pauline BARASCOU (Paris)

Plus ou moins l’infini

Scénographie et écriture
La scénographie et la recherche de l’écriture scénique sont le résultat d’une collaboration de tous les membres de l’équipe.
Conception Aurélien Bory
Mise en scène Phil Soltanoff
Création lumière et régie générale Arno Veyrat
Musique Olivier Alenda, Julien Cassier, Phil Soltanoff
Site : www.cie111.com

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