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Festival d'Avignon

22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 09:21
UN ANTI-HÉROS ATTACHANT

Ruzante, personnage créé et incarné à l’origine par Angelo Beolco, reste aujourd’hui encore peu connu du grand public. L’auteur a pourtant marqué le théâtre italien de la Renaissance par l’introduction sur la scène de cette figure paysanne et avec elle des rapports entre la classe populaire et la bourgeoisie. Un théâtre nouveau, à la plume audacieuse, mais controversé, qui aurait marqué les prémices de la Commedia dell’arte et de son célèbre Arlequin.

De retour de guerre, usé et sans le sou, Ruzante apprend que sa femme lui a préféré un vieux bourgeois, lequel lui apporte confort et assurance de bien vivre. Avec une farouche détermination, Ruzante décide de récupérer coûte que coûte son épouse et requiert l’aide de son fidèle compère Menato pour mener à bien cette entreprise. Discourant sans mesure sur sa veine guerrière à coup de « si tu étais passé par où je suis passé », mais se défilant quand l’offensive se présente, Ruzante cumule gaucherie et mauvaise foi dans un sursaut de dignité. Rustre, fier et maladroit, il nous offre pourtant un visage attendrissant, nous fait rire et nous émeut au rythme de ses déboires et facéties. On le croit valeureux quand il n’est que fantoche, on le pense vaincu quand il devient assassin malgré lui. Une figure aux facettes insaisissables, qui surprend toujours là où on ne l’attend pas.

Photo © Régis Nardoux

Primauté du jeu corporel


Ce n’est certes pas l’histoire de cocufiage, ni un quelconque éloge du misérabilisme qui portent la pièce, mais bien davantage les caractères qui la composent. D’une part, les entités de Beolco sont entières, marquées du sceau de leur condition, dotées d’un parlé franc, grossier et incisif, résultat de l’usage inédit du dialecte padouan, dont on se délecte étonnamment.
D’autre part, les comédiens de Jean-Claude Berutti s’emparent de leurs comparses respectifs avec une assurance qui laisse admiratif.
Première révérence faite à Bruno Putzulu dont la bonhommie naturelle sied à ravir au protagoniste de Beolco. Un jeu pétulant qui ne tarit pas, ni ne s’essouffle durant tout le spectacle.
Les répliques de François Font, en Menato naïf et complaisant, y trouvent leur place pour rebondir et maintiennent brillamment la cadence.
Un duo de choc relevé enfin par une Bétia (Angélique Clairand) exaltée.

Entre ruades, enlacements, crocs-en-jambe et évictions savamment maîtrisés, les acteurs habitent l’espace scénique ; dernier clin d’œil donc au travail corporel de Karim Troussi qui s’ajoute à la précision et à la qualité qui émanent de la mise en scène de Jean-Claude Berutti. Un moment de théâtre agréable et sans coquetterie.

Anne CARRON (Lyon)

Ruzante
D’après La Parlerie de Ruzante qui de guerre revient et Bilora, de Angelo Beolco
Traduction de Claude Perrus
Mise en scène de Jean-Claude Berutti
Avec Louis Bonnet, Angélique Clairand, François Font, Olivier Parenty, Bruno Putzulu

Du 15 au 26 mai 2007 au Théâtre de la Croix-Rousse,
place Joannès Ambre 69317 Lyon Cedex 04
Loc : 04 72 07 49 49

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