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Festival d'Avignon

23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 22:36
UNE RECETTE ÉPICÉE

Depuis peu à Bruxelles, une tendance se fait jour en fin de saison : la reprise de créations particulièrement originales et de qualité, par de jeunes compagnies ou/et des théâtres moins connus, dans des théâtres ayant pignon sur rue depuis plus longtemps. C'est le cas pour "La Cuisine d'Elvis", un huis clos familial de l'Anglais Lee Hall, auteur par ailleurs de "Face de cuillère" (proposé au Nouveau Théâtre du Méridien). Georges Lini a été primé pour sa mise en scène.

D'abord créée, la saison dernière, au Z.U.T.* (par la Compagnie "Belle de Nuit") et remarquée (Prix du "Meilleur Metteur en scène" 2006) par l'utilisation ingénieuse du petit lieu - la scénographie d'Anne Guilleray - soutenant une mise en scène pleine de punch, la pièce avait été également appréciée pour le talent des interprètes, très proches du public. La distribution au Poche ne différant que peu de celle du Zut, on attendait avec curiosité le transfert sur une scène plus vaste et à l'italienne. Et bien, à l'instar du presbytère de Maurice Leblanc, "la cuisine n'a rien perdu de sa force ni l'interprétation de sa couleur" !

Photo © Stéphanie Jassogne

C'est que Georges Lini tient la gageure de jouer du mauvais goût sans vulgarité… grâce à sa cuisson à feu vif de la pièce, au rythme soutenu qu'il impose à des interprètes qui s'y collent parfaitement, dans des échanges qui relèvent le plus souvent du match de boxe et des scènes annoncées comme autant de rounds.

Tendresse non complaisante

L'action démarre tout de suite sur l'irruption dans le quotidien d'une famille petite-bourgeoise - père handicapé par accident, mère qui s'évade dans le sexe et l'alcool, leur fille ado qui se cherche - d'un "superviseur de gâteaux" qui sera l'élément déclencheur d'une bonne grosse crise.
Pour le père qui fut géomètre mais surtout imitateur d'Elvis Presley : John Dobrynine, pour la mère frustrée : Isabelle Defossé, soit deux comédiens bien connus des planches belges tandis que pour Stuart, on retrouve, avec Vincent Lécuyer, le pince-sans-rire (taximan) d'une certaine émission télé et qu'on découvre pour Jill, Laure Voglaire (succédant à Cathy Grosjean).

Faite de "mauvais goût" ou plutôt d'humour brûlant jusqu'au noir, cette cuisine tache et laisse des traces. Car, alors qu'on ne s'y attendait pas, on se surprend, après le rire que déclenche cette drôle de famille, à la voir… plus banale qu'il n'y paraissait. On se dit qu'il y a du réalisme, du vécu, là-dessous, et on se met à réfléchir à la condition, dans la société actuelle, de la femme qui se voit vieillir et à celle de l'ado qui essaie de grandir, toutes deux sous le regard des autres, à la condition d'un humain accidenté (rangé dans le casier "légume") et à sa possible faculté d'encore rêver (ici de se retrouver en "king") et à celle du "louloup" piégé dans la bergerie ou plutôt du gigolo-malgré-lui.

C'est que tout ce petit monde, en quête maladroite de reconnaissance et d'amour, est dépeint sans complaisance mais avec une certaine tendresse par le scénariste de… "Billy Elliot" : Lee Hall, un auteur qui peut offrir plusieurs regards et plusieurs façons d'aborder des situations et des personnages contemporains.

Suzane VANINA (Bruxelles)

Lire aussi la chronique de notre correspondant à Bruxelles : Gabriel HAHN.

Au Théâtre de Poche - du 16 au 22 mai + du 26 mai au 2 juin 2007, ensuite très probablement au Théâtre des Doms et… à Avignon 2008.

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