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Festival d'Avignon

27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 14:06
CLASSIQUE PERFORMANCE

Colección y acumulación. Dissección y quemadura : Collection et accumulation. Dissection et brûlure, voici la traduction du titre de la performance à l'affiche d'El Canto de la Cabra à Madrid, qui elle-même accumule dans une succession codifiée et classique des scènes critiques de la société actuelle.

Depuis des jours et des semaines, la scène madrilène est triste. Rien de nouveau. Collection et accumulation... de spectacles sans originalité, de soirées sans intérêt. Dissection et brûlure... du programme hebdomadaire, sans presque exagérer. Et El Canto de la Cabra a beau abriter ceux qui le dénoncent et inviter ceux qui le déplorent, il n'y échappe pas.


Le petit théâtre. L'étroite scène. Trois acteurs. Pas de dialogues. Et le langage classique de la performance engagée comme dénonciation qui ne se décide pas à jouer la provocation. Alors, ça commence, et le premier personnage, une jeune femme portant un casque de moto, crache un flot continu de bave effervescente après s'être mis dans la bouche deux pastilles d'aspirine et un peu d'eau. L'abject, la maladie, la consommation et le dégoût. Ensuite, une ambiance de discothèque, ce lieu de consommation des corps sans lendemain, paradis des désirs exacerbés et mensongers, et des rencontres fictives. Un pneu symbolise l'obstacle qui rend impossible le rapprochement sincère des corps. Plaisir artificiel, désir, et amours insatisfaits, désespoir et solitude. Suit une lutte. Une lutte régulée, civilisée, entre les deux femmes qui s'affrontent à tour de rôle, mais une lutte qui ne s'arrêtera qu'avec l'échec total, la négation de l'autre, sa destruction totale, sans mort, qui met en évidence l'incapacité d'une des deux à se défendre, à s'adapter dans cette société. Le combat est d'une terrible brutalité, amplifiée par les bruits effrayants des lances de bois qui s'entrechoquent, et celui insupportable du bois lancé contre une armature de plastique. Il se conclut évidemment par la victoire de la rudesse, de la force et de l'impassibilité, clé de la réussite dans notre société, sur la douceur, la persévérance vaine et la fragilité, qui sont incapables d'y trouver une place.

Des formes à rénover


Quelques petites pointes comiques, la projection d'une vidéo dans lesquelles les acteurs se font bronzer dans des bennes à ordures proches du théâtre, viennent sortir de la monotonie la classique performance qui utilise la répétition pour aplatir les actes et dénoncer ainsi l'état dépressif, inintéressant, apathique et artificiel de la société. En bref, tout se tient, mais tout a été déjà vu et déjà dit. Et même si cela ne fait jamais de mal de voir une fois de plus la laideur partielle bien réelle de la vie contemporaine dans la société qui seulement consomme, cette oeuvre, sous-tendue par un discours peu compréhensible, genre amalgame énervé poétiquement mauvais, qu'on peut lire à la fin du spectacle, est scéniquement et conceptuellement trop timide, et trop inoffensive. Mais enfin, il n'y a plus qu'une semaine à attendre, et dans la même salle et sur la même scène, les mêmes mots, consommation, désespoir, cruauté, solitude, vide, prendront un tout autre air avec l'oeuvre de Rodrigo García, Agamemnon (je rentrai du supermarché et j'ai donné une rouste à mon fils). A suivre donc, la semaine prochaine.

Frédérique MUSCINESI (Madrid)

Colección y acumulación. Disección y quemadura.
Compagnie Lengua Blanca
Création et mise en scène : Ana María García et Juan José de Jara
Acteurs : Nines Martín, Manuel Morales, Sara Martín
Projection audiovisuelle : Lengua blanca Lumières : Almudena Sancho
Production : Lengua Blanca

Au Théâtre El canto de la Cabra jusqu?au 20 mai 2007, du jeudi au dimanche à 21 heures C/ San Gregorio, 8 + 34 91 310 42 22

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