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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 00:08
Quand Maurice Maeterlinck écrit "La Princesse Maleine", il n'a que 27 ans et c'est sa première pièce. Mais c'était en 1889. En ce temps-là, les échos des romantiques (Hugo, Dumas, Musset) se percevaient encore, c'était le début de la carrière triomphale du vaudeville (Feydeau, Labiche, Courteline) et le théâtre symboliste dont c'était la première manifestation, a fait figure provocatrice de révolutionnaire.

En 2006, que les jeunes comédiens de la Compagnie Entre Chiens et Loups* s'en emparent ne peut que susciter la curiosité, l'envie de ne pas rater cette reprise ! Sans aucun doute, une compagnie jeune, actuelle, ne peut que donner un autre regard sur cette "œuvre de jeunesse" mais déjà œuvre accomplie. Pari gagné. Si… on peut retrouver sa petite âme d'enfant. Si… on lâche ses habitudes pour aller s'asseoir sur un tronc d'arbre dans une forêt - la salle des voûtes avec ses colonnes ingénieusement exploitée - éclairée de ci de là de lueurs changeantes (des feux follets ?) et attendre, sans savoir où va bien pouvoir se passer l'action.
  Crédit photo © Cassandre Sturbois

Les actions, plutôt. D'une traite, dans un tempo bien différent de la façon languissante souvent employée pour aborder l'œuvre de Maeterlinck, et partout, autour de nous, nous aurons, ressentirons, l'essentiel de la pièce : toute son "étrangeté". Les fameux silences, la lenteur du débit, les hésitations voulues par le texte, ne sont plus nécessaires. Dans cette forêt "réelle", et dans la forêt des symboles, nous serons entourés des personnages-type des contes, cette richesse de l'humanité (attention V.O., pas version Disney), sur laquelle s'est construit tout l'univers maeterlinckien : princesse et sa nourrice, princes, rois, reines, manants, simple d'esprit visionnaire, enfant et animal innocents, tour, clé, miroir, hiboux, lune, fontaine, béguines… et surtout, les présages (les "signes" à la Paulo Coelho ?) et l'anxiété latente, permanente. Comme l'orage que l'on pressent, le drame, la folie et la mort rôdent. Et c'est là où l'argument, digne d'un opéra ou d'un conte enfantin, est transcendé par Maeterlinck qui a fait de sa vie et de tous ses écrits une recherche métaphysique, humble devant les grandes interrogations spirituelles, de l'inconscient, devant "l'Invisible".

En 2007, le fond a pris le pas sur la forme "poétique" (importante au siècle dernier parce qu'elle tranchait avec le réalisme ambiant). Cette quête de sens est du reste, au 21e siècle, plus que jamais présente, active, alors qu'on aurait pu la voir écartée par la recherche scientifique, technologique. A la fois beau et inquiétant comme "le Mystère de la Vie"… Dans cette optique - partagée par l'inventive metteure en scène Jasmina Douieb - où chaque créature est importante dans une Nature à décrypter et un Cosmos à interroger, aucun personnage ne peut prendre le pas sur un autre. De même que la sagesse vient le plus souvent des "humbles" et non de ceux qui les commandent. Il fallait donc une équipe soudée et complice de comédiens et comédiennes, habiles à se transformer… jusqu'à jouer les bruiteurs et les chanteurs aussi (des extraits des "Serres Chaudes" poèmes de la même année, 1889 !). Il faut les citer tous, ces guides de l'imaginaire, tous également : Philippe Allard, Sandrine Bonjean, Anne-Pascale Clairembourg, Perrine Delers, Itsik Elbaz, Stéphane Fenocchi, Fanny Roy, Sebastien Kempenaers, Jean-François Rossion, Cécile Vangrieken. Tous jouent excellemment le jeu, avec légèreté, laissant à chacun sa - recherche de - vérité…

Suzane VANINA (Bruxelles)

Création de la "Cie Entre Chiens et Loups" au "Z.U.T" (Zone Urbaine Théâtre) reprise jusqu'au 30 juin 2007 au Théâtre Le Public : 0800/944.44

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