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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 23:24
JE M’AIME, MOI NON PLUS

La compagnie Projectyl propose au Chapiteau d’Adrienne une reprise de leur pièce Ma Cage, récit en mouvements d’une femme scindée en deux, entre désespoir et rage de vivre.

Le spectacle commence par le battement sourd d’un cœur, promesse d’une exploration des abîmes de l’être humain. L’être humain s’appelle ici Amandine, une petite femme brune visiblement complexée, repliée à l’intérieur d’elle-même. Car c’est à l’intérieur d’Amandine que tout se joue : on y trouve une autre femme, grande, élancée, les cheveux rouges, aussi sensuelle et aérienne qu’Amandine est coincée et maladroite. Cette femme est la voix intérieure d’Amandine. Plus qu’une deuxième personnalité, elle représente une possibilité, elle est la femme qu’Amandine pourrait être. Mais lasse sans doute de se retrouver face à une image d’elle-même qu’elle ne reconnaît pas et qu’elle craint, Amandine décide de se mettre en cage, de se séparer d’elle-même.
 Photo © DR

La thématique de la transparence traverse l’ensemble de la pièce. D’abord parce que le spectateur se trouve face à une femme et à ce qui la nourrit de l’intérieur. Ensuite parce que le mal-être de cette femme mal-aimée trouve peut-être son explication dans sa transparence au monde. Transparence enfin des objets du décor, table, lit, paravent, qui ne sont composés que d’une armature en bois, comme si non seulement Amandine mais aussi les objets de son quotidien étaient à la recherche d’une substance capable de les rendre tridimensionnels.

Langueur et sensualité

La pièce repose sur l’opposition constante entre les deux personnages : l’une est gracile et gaie lorsque l’autre est pesante et fêlée, Amandine ne s’aime pas alors que sa petite voix l’aime intensément. Cette opposition rend les moments de symbiose d’autant plus fondamentaux, ceux où Amandine, enfin, accepte la part lumineuse de sa personnalité.

Ma Cage
aurait pu sombrer dans la théorie s’il n’y avait eu ces deux actrices, Caroline Arragain et Delphine Baril. Excellentes interprètes, elles ancrent leurs corps dans l’espace du Chapiteau d’Adrienne et rendent le tout concret. A partir d’un thème à la fois rebattu et difficile à manier, le dédoublement de la personnalité et le conflit intérieur, la compagnie Projectyl créé une pièce surprenante, non pas pour sa nouveauté, mais pour sa langueur extatique, sa sensualité aussi et sa sensibilité. Tout passe ici par les gestes, les attitudes, les expressions et l’accompagnement sonore. Le texte se fait rare et se révèle finalement inutile tant la pièce repose sur l’immédiateté et la puissance d’évocation du corps – et de l’esprit – en mouvement.

Morgan LE MOULLAC (Paris)

Ma Cage
Conception et interprétation : Caroline Arragain et Delphine Baril
Décors : Nicolas Darmon
Vidéos : Franck Esposito
Costumes : Christèle Fontenoy
Lumières : Marc Prévôt
Musique : Olivier Villaudy

Au Chapiteau d’Adrienne, 62, rue René Binet 75018 Paris. Jusqu'au 8 juin 2007.
Voir le site de la compagnie pour de prochaines dates : www.projectyl.net

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Published by Morgan Le Moullac - dans À Paris 2006-07
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commentaires

Amélie 22/06/2007 23:59

J'ai aussi beaucoup aimé ces deux jolies comédiennes très expressives et à la tonalité et la diction parfaites. C'est très agréable de voir des spectacles atypiques dans lesquels on ne s'ennuie pas. Le chapiteau est aussi un lieu très chouette pour se dépayer et sortir des cercles élitistes du théâtre parisien. Même si c'est pas super bien situé dans cet endroit du 18e. Mais je ne regrette pas d'avoir pris le risque d'aller voir ce spectacle sur lequel je n'avais pas du tout d'idée au départ. C'est aussi cela le théâtre. Merci mesdemoiselles !

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