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Festival d'Avignon

18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 23:23
Entre le 17 et le 27 Mai 2007 a eu lieu dans le quartier de la Garbatella, en partenariat avec le Théâtre Palladium, un festival de théâtre indépendant, qui a réuni 45 artistes et compagnies de la région de Rome.

L’occasion pour nous de rencontrer Roberta Nicolai, directrice de la compagnie Triangolo Scaleno Teatro, et organisatrice de cette rencontre, pour évoquer librement le théâtre indépendant à Rome et en Italie.



Pourquoi avoir appelé votre festival : « théâtres de verre, marché du théâtre indépendant » ?

Le mot marché est une provocation. Le point de départ est un manque économique : il s’agit de donner un espace et des ressources à un certain nombre de compagnies et de propositions qui existent, mais ne sont jamais visibles, faute de lieux pour les accueillir, et de moyens pour les produire. C’est pour nous une manière ironique de dire qu’on va remettre le théâtre indépendant sur les rails de la diffusion et du circuit commercial. Les théâtres de verre, c’est toutes ces propositions, ces désirs théâtraux fragiles, économiquement, artistiquement…

Comment avez-vous sélectionné les projets et les artistes ?

Nous avons cherché à faire une photographie du territoire. On a fait circuler notre proposition en ligne, on a reçu 200 réponses, quelques 160 compagnies de la région de Rome ont envoyé un ou plusieurs projets. On a finalement sélectionné pour ces 11 jours de théâtre : 45 artistes et compagnies, 12 performances, 9 études, 7 lieux différents (rue, jardin, théâtre, école…), 4 colloques (Grands festivals, petits festivals / Espaces de recherche à Rome / Institutions et territoires, quelles politiques culturels pour la scène contemporaine ? / Penser en réseaux).
Pour cette première édition, on a voulu donner leur chance au plus grand nombre de compagnies. L’idée était de faire un panorama du théâtre de recherche dans la région de Rome : théâtre, danse, performance, Buto, vidéo, marionnettes, théâtre de narration, nouvelles technologies, installations…

Dans cette diversité, comment définir un théâtre de recherche ? Qu’est-ce qui réunit la pluralité de ces gestes ?

C’est certes subjectif, instinctif. C’est une définition par défaut, c’est tout ce qui n’a pas accès aux espaces d’expression et de diffusion, c’est-à-dire le théâtre qui n’est pas visible. Il faut bien comprendre que souvent les politiques culturelles à Rome ne jouent pas en faveur de la pluralité, et c’est cette pluralité qu’on a voulu présenter de manière un peu fragmentée dans notre marché du théâtre indépendant. Ce qui les réunit, c’est finalement le manque économique. Il y a en effet un problème très important d’espace à Rome et en Italie. Les « Centri Sociali » (les centres sociaux sont des squats institutionnalisés) sont l’unique possibilité pour faire du théâtre. On occupe un lieu et ensuite on négocie avec la mairie, en attendant que soit rendue légale l’occupation. L’idée du festival est de soutenir les artistes et de leur donner une visibilité dans un vrai théâtre, ou de nouer un dialogue entre les artistes et les espaces urbains de ce quartier populaire de la Garbatella, en tout cas de nourrir un échange et non une compétition.


Pour réunir ceux qui manquent de moyens, de quels moyens avez-vous disposé ?

Le budget est de 100.000 euros. Il vient de la province de Rome, puisque le territoire de notre carte du théâtre indépendant est la Province (ndlr, la Province est une sorte d’équivalent de notre département, terrotoire entre la commune et la région). Nous avons organisé ce festival avec la collaboration du Théâtre Palladium, qui est dirigé par la fondation Roma Europa festival. Ce fut donc un dialogue entre la Province, le théâtre Palladium et notre Compagie, Triangolo Scaleno Teatro. Nous étions six de la compagnie à travailler à plein temps. On a mis notre travail artistique entre parenthèses pendant 6 mois, même si la réflexion sur les politiques culturelles a toujours fait partie de notre travail artistique.

Quel bilan tirer de cette première édition ? Quels rêves nourrir pour la deuxième ?

On est très heureux d’avoir pu donner vie au théâtre de recherche, d’avoir accueilli entre 200 et 300 personnes par jour, d’avoir créé une occasion de voir le théâtre tel que nous voudrions qu’il soit toujours, à savoir, un échange, entre les habitants et les artistes, entre les spectateurs et les artistes, entre les artistes eux-mêmes. Ce qui a été beau, c’est de réunir tous ces gens. Pour ce qui concerne la deuxième édition, on a commencé à en parler, ça m’intéresse surtout si nos partenaires nous aident à faire évoluer le projet. Cela me plairait que ce ne soit pas seulement une vitrine mais aussi une possibilité de produire les projets, et pourquoi pas l’occasion de nouer des ponts à l’échelle de l’Europe.

Propos recueillis par Matthieu MÉVEL (Rome)

Alessandra Cristiani / Il castello,
Mise en scène : Roberta Nicolai

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Published by Matthieu Mével - dans En bonne compagnie
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