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Festival d'Avignon

1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 23:31
DANS LA PEAU DE FRIDA KAHLO

Lupe Velez honore Frida Kahlo dont elle incarne la figure passionnée dans une interprétation poignante. Il faut un sacré tempérament pour ranimer le personnage complexe de cette femme torturée. On ne sait plus si par son talent Lupe Velez convoque le corps abîmé de Frida ou si c’est cette dernière qui visite la comédienne dans sa chair.

Photo © Bérénice Fantini

La ressemblance est troublante au point que Frida ressuscite au cours de ce long dialogue avec elle-même, c’est elle qui se tient là, bouleversante, vibrante. Débarquée en France à la demande d’André Breton pour exposer ses toiles, c’est elle-même qui s’expose avant le vernissage. Se dire ou se peindre est tout un pour cette femme authentique qui n’a livré qu’une expression franche et brute d’elle-même. Elle ne s’embarrasse pas de symboles et de révérences convenues et fustige, pleine d’humour, ce Breton qui d’autorité la « range » avec les surréalistes. Impitoyable pour l’art intellectuel, bourgeois, que les concepts dévitalisent, elle ne vibre que par sa vérité et pour la liberté de ce Mexique qu’elle chérit. Révolutionnaire convaincue, c’est au Parti Communiste Mexicain qu’elle rencontre l’amour de sa vie, le célèbre peintre Diego Rivera. Frida se remémore, ravive, au gré de toiles qui volent dans la pénombre de la scène, les couleurs de ses souvenirs.

Exaltée dans l’amour comme dans la souffrance, elle renaît dans le jeu frénétique de Lupe Velez. Celle-ci se donne intensément à son personnage, plus que d’en narrer l’histoire, elle lui insuffle une âme. Défiante, le regard brillant, les yeux exorbités, les veines gonflées, elle n’est plus que tension sur scène et joue toute la palette des émotions à un rythme effréné. Insolente, amoureuse, mélancolique, fébrile, désespérée, ivre d’allègresse, possédée jusqu’à l’hystérie, elle convoque son enfance, sa passion, la déchirure de l’avortement, de la fausse couche, la maladie. Autoportrait morcelé à l’instar d’un décor qui s’évanouit d’un claquement de doigt ou d’un mouvement de robe (saluons à ce titre les créations chatoyantes de Mathieu Hennion). Autant de tableaux, que de mouvements d’âme dits avec les mots aussi bien qu’avec la danse de deux ombres furtives qui traversent la scène. Les deux monolithes qui rythment l’espace mouvant où se dessine le tumulte d’une vie finissent par se dresser et matérialiser le corps meurtri d’une artiste, d’une femme rare qui paraît à nos yeux dans toute la fulgurance de son intégrité.

Bérénice FANTINI
www.ruedutheatre.info

Spectacle chroniqué à Avignon Off 2006

Attention, peinture fraîche
Cie Entrée des artistes
Une pièce de et avec Lupe VELEZ
Mise en scène de TATEM Assisté de Diego AYALA Chorégraphie de Judith CHANCEL Interprétation danse Emilie VERBEQUE, Iris MIRNEZAMI, Marine ORPHELIN Création costumes Mathieu HENNION Durée : 1h20 www.fridakahlo.tv cie.entree-des-artistes@wanadoo.fr

Festival Off Avignon – Théâtre le Funambule – 16/18 rue Joseph Vernet
Réservation : 04 90 14 69 29
Du 6 au 28 juillet à 22h. Durée 1h20.

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Published by Bérénice Fantini - dans Festival Off 2007
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