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Festival d'Avignon

2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 00:13
COMMENT SURVIVRE DANS LA JUNGLE EUROPÉNNE

Réfugié congolais, Pie Tshibanda raconte avec humour son acculturation à l’Europe. Seul sur scène, il profite de l’autobiographie pour tracer une peinture acide de nos habitudes, de notre administration, de notre méfiance vis-à-vis de l’autre. Il poursuit inlassablement sa croisade après plus de mille représentations.

Des pièces sur l’immigration, la Belgique, terre prétendue d’accueil, en a produit beaucoup. De « L’Invisible » de Blasband au « Bureau national des allogènes » de Cotton, via « Quartier refuge » de la Cie du Brocoli ou « Flash Black » du Musical Possible voire de « Un jour il faudra que je leur dise » d’Yves Vasseur ou « Le Prince de la pluie » de René Bizac.

Seul sur scène, Thsibanda joue à la fois le conteur, le comédien, l’humoriste, le moraliste. Avec une bonhomie ironique, il trace l'autoportrait de celui qui débarque. Les souvenirs des menaces par les gens du pouvoir en place, des violations des droits des gens, des massacres et des tortu-res, des décès en série par maladie ou malnutrition ne s'effacent jamais. Les obstacles administratifs sont à franchir souvent avec difficulté. Les mentalités xénophobes sont à supporter et à réformer, ce qui n'est pas simple non plus.

Photo © P. Thsibanda

Ce que Tshibanda s'efforce de montrer, avec une pointe de didactisme et beaucoup de simplicité, c'est qu'il est difficile d'accepter l'autre et d'être accepté par lui. Les différences de cultures, d'habitudes sont autant de facteurs d'incompréhension, voire de rejet. Aller au-delà suppose une grande humilité, une capacité de relativiser des certitudes qui paraissaient immuables, des vérités qui ne sont adaptées qu'à certaines situations. Comme un professeur, il reprend l'histoire du « Congo belge» en insistant sur les bons et les mauvais côtés de la colonisation. Mais essentiellement en soulignant, souvent par un absurde souriant, combien nous sommes peu solidaires et bien guère responsabilisés à propos de ce qui se passe dans le monde. Il exprime sa quête d’identité. « Tenez-vous bien, enfants d’Afrique, une des façons de vous intégrer à l’Europe, c’est d’apprendre à vous taire », dit-il. Il ajoute que les blancs « sont comme nous, mais c’est nous qui, à leurs yeux, ne sommes pas des gens comme eux ».

On rit avec une allégresse d'autant plus grande que le rire nous libère de nos contradictions. On réfléchit, mine de rien, d’anecdote en anecdote, sur l'avenir des hommes et de la planète. « Il n'y a pas de joie à être heureux tout seul», prétend cet optimiste qui a l'ambition de parler pour ceux qui ne peuvent parler. Son spectacle réjouit. Son message devrait nous inciter à devenir conscients et responsables : « Nous sommes les habitants de la terre, c’est la porte de notre cœur qu’il faut ouvrir ». Avignon est propice à l'ouvrir... dans tous les sens du terme.

Michel VOITURIER (Lille)

Spectacle vu par notre chroniqueur au Théâtre de la Vie, à Bruxelles, en novembre 2001

Un Fou noir au pays des blancs
Texte : Pie Tshibanda (éd. Le Grand Miroir)
Mise en scène et distribution : Pie Tshibanda
Production : La Galafronie / Théâtre de Poche / Ligue des Droits de l’Homme

Du 5 au 25 juillet 2007 à 19h à La Manufacture, 2 Rue des Ecoles à Avignon
Réservations : 0033 (0)4 90 85 12 71 

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Published by Michel Voiturier - dans Festival Off 2007
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commentaires

bryan 07/10/2008 21:35

je voulais vous dire que vous ete le plus grand que j'ai connu car d'autre n'aurais jamais ause de raquonter son histoire j'aipaire bien que vou allez continuer des histoire

Chronique Fraîche