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Festival d'Avignon

5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 00:51
PUZZLE THÉÂTRAL POUR COUPLES EN DÉROUTE

L'écriture théâtrale ou romanesque nous a donné très souvent à voir la vie du couple sous ses différents aspects et dans toutes ses dimensions : vie privée, intime, vie sociale, et dans toutes ses tonalités, comique, dramatique, voire tragique... Jardins intérieurs renouvelle le genre.

Avec l'évolution des moeurs, si rapide de nos jours, le sujet semble être devenu inépuisable, à l'instar des différents points de vue choisis par les auteurs. Avec ces Jardins intérieurs, tragi-comédie en treize tableaux que présente la Cie des 100 Têtes, Grégoire Aubert a donné à Lucia Pozzi l'occasion d'effectuer un brillant travail de mise en scène dynamique et un puzzle théâtral de la vie intime d'un couple en détresse.
 Photo © DR

Malgré la réussite formelle indiscutable de ce bel exercice de style, l'ensemble, pourtant, nous laisse en fin de compte un peu sur notre faim. Au bout de dix ans de vie commune, Marie et Harry semblent avoir épuisé la plupart des potentialités d'union conjugale qui rendent celle-ci supportable. Cette lassitude irrépressible des corps et des coeurs atteint surtout Marie. Depuis la naissance de leur enfant, elle ne supporte plus le contact physique avec son mari. De son côté, Harry vit mal, et on le comprend, cette situation très inconfortable. Or, voici qu'une voix intérieure – la sienne, bien sûr - vient faire prendre encore davantage conscience à Marie de la profondeur de l'échec de sa vie amoureuse et conjugale. Au point qu'elle se décide, un jour, à tuer Harry... Sera-ce un crime passionnel ? Non, certainement, lui dit Harry qui tente de l'en dissuader, puisqu'il semble n'y avoir plus d'amour entre eux... Mais entre les deux personnages débute alors une sorte de jeu de la vérité tragi-comique, comme une mise en abyme de tous les griefs potentiels pouvant apparaître çà et là dans une vie de couple pour mieux la déconstruire....

Mais qui veut tuer Harry ?

Le ton adopté est celui d'un humour qui, souvent, fait plus que frôler la dérision... Alors que la situation présentée est, en elle-même, souvent dramatique, la mise en scène – le décor, le dispositif scénique, les accessoires évoquent eux aussi une sorte de puzzle, de patchwork – vient avec bonheur nous faire prendre nos distances avec le tragique virtuel des situations. Il y a, au centre du plateau, une grande malle pleine d'objets fétiches pour chacun des deux protagonistes et qui jouent chacun un rôle dans le déroulement de l'action. Chaque tableau est annoncé par un titre de film des années cinquante et un pianiste, Frédéric Monzo, témoin plus ou moins goguenard de la dispute conjugale, joue sur son instrument des thèmes évocateurs de cette époque qui vit l'apogée des films noirs...

Les treize tableaux de la pièce s'enchaînent selon une rythmique proprement cinématographique, avec flash-backs, montage de plans souvent courts et fondus au noir rapides... Les éclairages aux noir et blanc contrastés accentuent encore cette impression.
Les deux comédiens : Gaëlle Veillon (Marie) et l'auteur, Grégoire Aubert (Harry) forment un duo réussi. Chacun dans son registre, distinction gouailleuse pour Marie, un certain humour british pour Harry, contribue avec bonheur à atténuer la relative minceur de l'intrigue.

Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info

Avignon Festival Off 2007 – Théâtre du Bourg-Neuf, 5 bis, rue du Bourg-Neuf.
Tous les jours à 19h30 du 6 au 28 juillet 2007.
Réservation : 0490851790.

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Published by Henri Lépine - dans Festival Off 2007
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