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Festival d'Avignon

10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 17:11
Odile Darbelley et Michel Jaquelin se sont une fois de plus unis pour offrir à leur public un « dispositif pour une télévision d’art et essai ». On se souvient de ce couple pour la réalisation de l’affiche du Festival d’Avignon 2003 ou pour la performance « Go Between » en 2005. Ils reviennent pour tenter une expérience unique dans un théâtre contemporain transformé en scène télévisée où le public est divisé en deux…

Côté cour, un studio télé où un artiste anonyme, masqué d’un sac en plastique, s’évertue à réaliser une émission comme une œuvre d’art. Côté jardin, son spectateur « pilote » en la personne de Marcel, un artiste tout aussi déjanté qui peint tour à tour avec de l’Email Diamant, des spaghettis ou du calamar fumé…

Le public peut ainsi observer à tour de rôle la fabrication de l’émission et sa diffusion, ne pouvant jouir que séparément de ces deux contrastes. Aux côtés des artistes, un ethnologue filmant et observant les réactions de Marcel, une universitaire participant activement à la création de l’émission, et une critique d’art passionnée par l’art tangent, sans oublier le boxeur et le technicien, seul personnage visible de tous.

Et le public dans tout ça ? Il observe à la fois en tant que spectateur de théâtre, de télévision, et d’œuvre d’art. La télévision devient un personnage à part entière, un acteur qu’on écoute, un instrument et un partenaire pour le comédien seul sur scène… Plus qu’un simple objet, les acteurs manient subtilement les caméras, oubliant presque le public dans les gradins.

Une place sur scène pour la télé ?

Des documentaires, émissions culinaires, effets spéciaux et autres niaiseries, on retrouve tout ce qui fait la télévision, mais sur des planches de théâtre. Comme le dit lui-même Michel Jaquelin, « la télévion sert à donner matière à discussion ». L’objectif est atteint, le public une fois réuni à la fin de la pièce peut partager sa perception du spectacle, en fonction de l’endroit où il était placé. Côté studio, on peut apprécier les différents mécanismes, les astuces dont se servent les acteurs pour donner le résultat final visible côté grand public. On ne peut passer à côté du sentiment frustrant d’avoir loupé une partie importante du spectacle lorsque surgissent des éclats de rires de l’autre côté du mur. Qu’à cela ne tienne, l’expérience à laquelle se sont livrés les acteurs est une originalité qui mérite d’être observée. L’ambiance sonore étant partagée par toute la salle, on peut tenter de deviner ce qui se passe dans la partie invisible de la scène.

La télévision devient alors plus qu’une fenêtre sur le monde : un œil indiscret scrutant ce qu’il y a au-delà de la frontière de notre champ de vision.

Jennifer MAYEUR (Paris)

Tout le Bonheur est à l’intérieur – Dispositif pour une télévision d’art et essai
Réalisation : Odile Darbelley, Michel Jaquelin
Interprétation : Pierre Clarard, Odile Darbelley, Chicco Gramaglia, Michel Jaquelin, Delphine Jonas, Dany Kanashiro
Musique : Cyril Hernandez
Régie Lumière : Jacques-Benoît Dardan

Au Théâtre de la Cité Internationale jusqu’au 30 juin 2007

Crédit photo : DR

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Published by Jennifer Mayeur - dans À Paris 2006-07
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