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Festival d'Avignon

11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 12:15
QUAND PARLER EST UNE QUESTION DE SURVIE

Quelle plus mauvaise destination que les camps de la mort ? Quelles pires lois que celles des ghettos, des mensonges, des coups, de la violence et des vindictes en tout genre. C’est cet univers morbide qui nous est raconté si talentueusement dans La Boue.

Lutter contre l’oubli et raconter Auschwitz, Manuel Pratt s’était déjà montré capable de le faire lorsqu’il interprèta « Évadé d’Auschwitz », son premier spectacle documentaire écrit en 1998. Ce besoin de témoigner s’est confirmé deux ans plus tard dans « Limite » où il dénonce la relation perverse d’un bourreau nazi et d’une détenue juive. Un sujet qui rappelle à nos mémoires, pour qui est un peu cinéphile, ce film de Liliana Cavani tourné en 1973 et intitulé Portier de nuit.
 
Et voilà que le troisième volet du triptyque est actuellement joué à Avignon à l’occasion du Festival. « La Boue », interprétée par la très authentique comédienne Corinne Casabo, raconte la lutte journalière des prisonnières dans les camps. L’actrice reçoit elle-même son public dans l’arrière cours du Théâtre de l’Albatros. En toute simplicité, elle offre le thé à ses convives. Puis, c’est dans l’obscurité du plateau que les spectateurs sont accueillis. Le décor est vieillot. Au fond à gauche, une théière et deux tasses sont posées sur une petite table de nuit des années 50 et plus à droite de la scène, proche du public : deux chaises et une table. Tout commence par des pas de bottes, des paroles prononcées par une voix off qui rejoint celles de la comédienne. Enfin cet accompagnement cesse et une seule voix prend la parole. Le récit capture l’espace. Et pour qui veut savoir ce que représente la mémoire, le texte en donne ici une définition simple : « Autant de tiroirs fermés dans la tête. »

L’histoire est racontée de but en blanc, de l’occupation jusqu’après la libération. C’est le cheminement d’une vie. Un vrai témoignage. Celui d’une femme d’abord victime, puis bourreau par instinct de survie. Elle a côtoyé la mort quotidiennement, connu les coups, la haine et l’humiliation.


Don de soi

Au premier abord, le public n’est pas vraiment emballé par ce monologue. Tout ce récit est bien trop troublant. Il le dérange. Lui fait mal aux tripes. Lui fiche les larmes aux yeux. Car sur scène, Corinne Casabo EST réellement cette déportée. Et, le propos qui consiste à faire témoigner une femme, comédienne de surcroît, concernée par ce passé montre ici toute son intelligence. Le sujet, abordé frontalement, place le spectateur dans une situation d’inquiétude compassionnelle. L’actrice y fait un incontestable don de soi.

Quant le récit touche à sa fin et que les lumières s’éteignent, la présence du public est presque impudique et les applaudissements offensants. Ce documentaire ne peut pas non plus être traité par le spectateur comme un spectacle comme les autres. Et il aura peut-être du mal à s’intégrer dans le joyeux dédale du Festival d’Avignon. On aimerait voir ce propos démenti. Ce récit a visée pédagogique saura certainement s’imposer, en revanche, dans les classes des lycées et se veut clairement tourné vers les jeunes générations. Un beau travail vers la connaissance de l'horreur et pour la reconnaissance d'autres horreurs des temps modernes.

Christelle ZAMORA
www.ruedutheatre.info

Théâtre documentaire
La survie d’une femme dans un camp d’extermination nazi
Compagnie aaat : www.aaathatre.net
D’après les écrits de Manuel Pratt
Comédienne : Corinne Casabo

Albatros Théâtre 29 rue des teinturiers
Du 06 au 28 juillet 2007 à 16h45
Tél : 04 90 86 11 33

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Published by Christelle Zamora - dans Festival Off 2007
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commentaires

passante 16/07/2007 22:19

très beau specatcle

Chronique Fraîche