Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 17:50
LA PAROLE EST À L'AVENIR

Pour Edward Bond, l’enfant est le scripteur sacrificiel de la stèle de l’histoire, comme témoin à charge et métaphore de prédilection de l’examen de l’humanité menacée de destruction.

Thème fondateur et parabole de l’universel, l’enfant, fil rouge du dramaturge, traverse toute l’œuvre de Bond et signe la trame de son projet. En montrant l’analogie entre la figure singulière de l’enfant et sa « représentance » de l’humanité depuis son origine, il devient le laboratoire de l’expérience théâtrale. Mettre sur la scène la réalité de nos sociétés, promouvoir un théâtre « qui donne du corps aux idées » pour conduire par l'imagination, le spectateur à transformer sa vision du monde et à agir sur lui, telle est la vision bondienne dont le théâtre à valeur préventive a choisi de s’incarner dans la figure de l’enfant.


L’affrontement de l’implacable auquel sont soumis les enfants, préfigure la menace du phénomène de rétrogénèse et de pétrification de la vie. Scripteur du récit et de l’Histoire, l‘Enfant dramatique porte le masque d’un tragique réidentifié. Il représente à la fois la vie hypothéquée, la menace mais aussi la possibilité d’un futur à élire puisque les allers retours entre passé, présent et futur en déplaçant le curseur montrent, par la métaphore de l’avenir en gestation, la mise au monde d’une autre humanité, la préparation d’un monde nouveau à créer selon le plaidoyer humaniste prôné par le discours du dramaturge.

Prévenir

Car Edward Bond n’a de cesse de promouvoir une dramaturgie à vocation préventive. La finalité de la création chez Bond repose sur un théâtre du questionnement politique et social mettant en cause l’absence de but des sociétés « technologiques » occidentales, travaillant à leur propre destruction en renonçant à la source de renouvellement culturel que représente l’enfant dont elles n’ont plus besoin.

C’est dans cette optique que le metteur en scène Gilles Martin s’est investi au plus près de la philosophie du dramaturge anglais, dans cette pièce écrite spécialement en direction des enfants comme vecteurs prioritaires de la fable. En effet, autour de deux comédiens professionnels une quinzaine d’adolescents d’Ile de France entre 12 et 18 ans (en fait 2 groupes jouant en alternance) sont les promoteurs non seulement du discours de Bond mais de leur propre parole grâce à la part belle laissée à l’improvisation travaillée en amont.

Travail, sans démonstration superflue tout à la fois artistique et pédagogique. A ce jour, au fil des différentes créations, 75 adolescents ont participé à une aventure dont ils sont le cœur et qui porte leur marque. Le texte de Bond, qui parle la langue de tout le monde permet ces respirations qui dynamisent la représentation soutenue par un dispositif scénique signifiant. Constitué d’un mur palissade au début, la séparation des panneaux mobiles exprime l’éclatement et la dispersion de l’unité perdue. Sans cesse confrontés aux quatre éléments naturels (effets visuels et sonores prégnants), le voyage grégaire des enfants, fuyant la scène du crime commis par l’un d’eux, leur errance affamée à travers le désert de l’amour est un appel à l’humain à chercher partout sans relâche. Procéder autrement revient à « écrire l’épitaphe de ceux qui ne sont pas nés ».

Liliane BOURICHE-LÉPINE
www.ruedutheatre.info

Les Enfants, d’Edward Bond à La Manufacture, salle ESAT, 2 rue Buffon, du 10 au 20 juillet 2007 à 18h45, relâche le 16.

Photo © DR

Partager cet article

Repost 0
Published by Liliane Bouriche-Lépine - dans Festival Off 2007
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche