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Festival d'Avignon

13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 18:07
COUP DE COEUR RUEDUTHEATRE

ODE A LA GÉNÉROSITÉ


L’acte théâtral devrait toujours être compris comme un acte de générosité et de simplicité. C’est sur cette voie que s’est engagé depuis plusieurs années le Théâtre de la Passerelle. Et cette année encore, c’est un immense moment de Vie qu’il nous offre. Sans ostentation. Avec un texte qui retentit dans la bouche de Marie Thomas comme un cri. Entre désespoir et volonté de vivre. Sobre et éblouissant.

Marie est seule. Marie est pauvre. Mais Marie est belle. Pas de ces beautés siliconées que l’on admire (ou pas) dans les magazines. Pas même de ces beautés naturelles que l’on croise dans les rues. Marie a la beauté de l’âme. Sous un visage dont les traits importent peu, un corps que l’on devine malingre sous ses vêtements empilés, Marie est belle. Fragile, mais puissante. Droite dans son arène de lumière, sa vie entassée dans une voiture d’enfant, Marie défie le monde. L’air de rien. Du bout de ses mots maladroits. De sa noblesse roturière. Creusant des sillons dans le cours d’une vie que d’autres ont voulu tracer pour elle.
 
Seule sur scène, avec pour seul complice les jeux de lumières qui sculptent l’espace et le temps, Marie Thomas quitte son patronyme pour renaître Marie Malarmé. Elle prête son corps, sa voix, son geste à son personnage. Et Marie s’incarne, « pour de vrai », comme disent les enfants. Femme sans âge, qui traverse les temps, elle nous interpelle. Elle nous dit sa naissance, la dureté de la vie apprise trop tôt. Elle nous dit le labeur, la méchanceté, la jalousie. Elle crie ses injustices, ses colères, sa solitude. Elle voile ses regrets. Et sa candeur nous fait violence, nous renvoie à des certitudes bancales, des choix politiques contestables, des acquis injustes. Elle réveille en nous la part d’enfant qui y subsiste encore et pour peu que l’on accepte d’être dérangé, on se laisse entraîner dans le flot des émotions. Aidés en cela par l’esthétique des tableaux qui se dessinent. Une esthétique qui ne cède pas à la vanité de la beauté pour elle-même.

Car ici, le spectateur oublie la mise en scène, la direction d’acteur, les créations lumières. Tous se sont mis, avec humilité et talent, au service du texte, comme pour lui donner plus de puissance encore. Et le texte de Brassaï, quoiqu’écrit il y a près de soixante-dix ans, est plus que jamais d’actualité. Marie, c’est la Marianne de tous les laissés pour compte. L’égérie involontaire des SDF, des précaires, des « working poors », des sans voix. Ces gens de peu qui devraient pourtant être nos essentiels.

Karine PROST
www.ruedutheatre.info

Histoire de Marie, de Brassaï
Mise en Scène : Michel Bruzat
Avec : Marie Thomas
Lumières : Franck Roncière – Costumes : Dolorès Alvez à 16h00 au Théâtre du Balcon Réservations au 04.90.85.00.80

Photo © DR

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Published by Karine Prost - dans Festival Off 2007
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