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Festival d'Avignon

14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 17:21
LA CON-FUSION DES TALENTS

Pierrette Dupoyet s’est dégotée, avec les confidences de l’illustre diva Sarah Bernhardt, sous forme testamentaire, un rôle à sa mesure et à sa démesure. La grandiloquence et le pathos qui lui sont parfois un peu facilement reprochés sont ici assurément convertis en atouts.

« Ils sont venus pour moi, mes personnages ne les intéressent pas. » « Tout ce qu’on dit sur moi est faux. » « Je devais parfois jouer trois fois dans la journée. » « J’ai tout joué, les femmes, les hommes… Seuls les hommes ont des rôles intéressants. »… C’est Sarah Dupoyet qui joue Pierrette Bernhardt. Toujours Sarah et Pierrette vont se répondre, se fondre et se confondre. Avec lucidité et autodérision, Dupoyet, qui fête ses 25 ans de festival, nous confirme qu’elle est l’assurance d’un moment agréable et efficace, fouillant ses rôles comme une documentariste. On se souvient notamment de la palpitante et poignante vie scénarisée qu’elle offrit en 2003 d’Alexandra David-Neel, de nombreux spectateurs lâchèrent la bonde à leurs larmes.

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Sarah Bernhardt n’est ni contée, ni racontée, elle est là sous nos yeux de chair flétrie, d’incandescence rouquine, et de costumes bariolés, se fondant dans le magnifique camaïeu rouille, rouge, orangé du décor. La Sarah qui claudique fièrement avec sa jambe de bois, celle qui remonte le moral des troupes sur le front : « c’est le rôle du théâtre d’oublier sa propre misère et se fondre avec ce qu’on a devant soi. » ; celle qui plastronne de se voir reproposée Phèdre sur le tard par la Comédie Française, celle qui s’étonne de s’entendre sur un cylindre inventé par Monsieur Edison, celle qui doute d’elle lors de ses premiers trous de mémoire et qui offre son emphase au jeune cinéma muet : « j’exagérais déjà beaucoup, mais cela ne suffisait pas. » ; celle qui écrit une méthode - comment bien articuler, se préparer mentalement à aller sur scène, gérer la peur du trou – meurtrie du manque de solidarité entre comédiens : « chacun laisse l’autre glisser. » ; celle enfin qui fend l’armure, car la vieille gloire aspire aussi à s’oublier, comme ployée sous le poids de son écrasant égo, et trouve refuge dans les plaisirs simples, telle la pêche à la crevette à Belle-Île.

Le jeu de Pierrette Dupoyet a le souci du détail et de la vérité, son charisme de sacrée bonne femme, son envie palpable que le spectateur parte avec un souvenir, son souci de l’autre et sa capacité à s’introjecter dans les personnages forcent l’admiration. Comme Sarah Bernhardt, « la » Pierrette excelle dans l’art joliment résumé de la comédie : « se glisser dans le personnage et se sentir magique à son tour ».

Stephen BUNARD
www.ruedutheatre.info

Lire également le portrait de Pierrette Dupoyet réalisé pendant Avignon Off 2006 par notre journaliste Agnès Grossmann.

Texte, interprétation et mise en scène : Pierrette Dupoyet
Costume : Annick Lebedyk Bande-son : Jean-Marie Bourdat
La Luna, tous les jours, à 18h – Prudent de réserver 48h à l’avance : 04 90 86 96 28

Photo © compagnie Pierrette Dupoyet

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Published by Stephen Bunard - dans Festival Off 2007
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