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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 19:03
« MAUX-DIRE »

On connait Manuel Pratt cynique et indépendant. Incisif et caustique. On le découvre ici infiniment humain. Fragile, cinglant, brisé… mais en cours de reconstruction. Thérapie par le rire et par le dire.

Comment envisager une vie d’adulte sereine lorsqu’on doit se construire sur une enfance brisée ? Lorsqu’on a grandi entre les rancunes entretenues, les haines tenaces, les racismes de tout poil ? Lorsqu’on a hérité, comme une tare génétique, des traumatismes, quoiqu’indirects, de la Shoah ? Comment se projeter dans l’avenir lorsque celui-ci a été, à jamais, marqué par la haine, par la violence et par le sang ?


Sans doute n’y aura-t-il jamais de véritables réponses à ces questionnements. Sans doute, l’oubli ne pourra jamais étendre son voile sur ces souvenirs. Mais dire la souffrance est sans nul doute la première étape pour approcher de l’apaisement. Et c’est dans cette logique que Manuel Pratt nous invite à un étrange parcours initiatique. Entre naïveté de l’enfance et douleurs assassines. Entre rires et larmes. Car du drôle, il y en a. L’humoriste transcende une partie de son passé par le rire. Mais pas le rire caustique auquel il nous a habitué jusqu’à présent. Un rire plus doux. Plus douloureux aussi. Un rire qui s’abîme dans les tourments de cette enfance brisée trop tôt et que le comédien exorcise un peu chaque jour.

Dire pour oublier. Dire pour se convaincre que tous les hommes ne sont pas des hyènes. Et peut-être finir par croire en l’humanité des gens. Peut-être seulement. Mais l’espérance elle-même est déjà beaucoup. Et la promesse d’amour qui brille dans les yeux d’une petite fille est sans nul doute le moteur essentiel de la reconstruction. Et, peut-être, du pardon. Un spectacle hors norme, dont on ne peut sortir indemne. Et dont on sort, sans doute, un peu plus humain.

Karine PROST
www.ruedutheatre.info

La Valse des Hyènes
De et par Manuel Pratt

Les jours impairs, à 11 heures, à la Tache d’Encre

Photo © M. Santini

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Published by Karine Prost - dans Festival Off 2007
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commentaires

une passante 16/07/2007 22:24

La valse des hyènes... tu assistes au spectacle d'un humoriste. Il est tôt, il fait beau, c'est le mois de juillet. Tu es plutôt détendu. Ton ptit cul est bien calé sur le coussin rouge en forme de cœur : la forme en cœur c'est pour lui faire oublier qu'il va souffrir pendant plus d'une heure, le cul... pas le comédien.Le spectacle commence... c'est plutôt drôle. A l'accueil j'ai trouvé que Manu Pratt avait le regard très humain et c'est un humain que je regarde jouer sur la scène du théâtre de la tâche d'encre.Quelque chose me dit très vite que l'on va jouer au jeu des 7 familles : on commence par la grand-mère (je ne pourrais plus voir un tas de charbon sans penser à Manu Pratt). Et nous totalisons donc un traumatisme, un… On peut penser que les enfants du futur seront épargnés avec l’arrivée en force de l’énergie solaire. On apprend donc que les discussions dans cette famille tournaient essentiellement autour d’Adolf et de ses potes. Bon là tu te dis : ah oui, mais c’est bien sûr, c’est pour ça qu’il écrit si souvent sur la shoah ! Première étape du jeu franchit, même si l’on n’est pas dans Pretium Doloris.Voici que débarque le père, à l’esprit pas très sain visiblement. Il a laissé son sac dans l’entrée, entrouvert : c’est vrai que l’entrée, c’est la place des sacs de voyage ! Non mais il nous prend pour des neuneus là car en plus il est para le padré et raciste (c’est un pléonasme ?). Bon là tu te dis : un gamin qui a côtoyé un tel personnage, même si ce n’était pas souvent, ne doit pas avoir une image très brillante de la relation parents enfants et puis bon merde, il a le droit parfois de traiter un pote arabe de sale bougnoule, c’est excusable.L’école catho, le curé aux mains baladeuses… oui bon quoi, il n’y a rien de bien extraordinaire là, hélas…Noir… une lumière blafarde à la verticale, Manu est assis de profil sur une chaise au milieu de la scène. Il faut switcher, passer de la légèreté à la boue, mais là on ne s’y attend pas, en tous cas pas moi. Je suis témoin du viol d’un enfant et je ne peux rien faire. Je repense à ma propre enfance et à toute cette liberté dont je disposais et moi, j’ai réussi à échapper au traumatisme d’un tel acte barbare. Une larme glisse, elle m’a échappé, à l’image de ce spectacle qui m’a mené là où je ne voulais pas aller.Manu tente de nous dire que bon maintenant c’est du passé, on s’en fout n’est-ce pas… que la vie l’appelle… mais n’ai-je pas décelé dans ses dernières paroles qu’il est conscient qu’il reproduira peut-être certaines choses car que voulez-vous la psycho-généalogie a de bons jours devant elle…Une petite phrase que je voudrais laisser dans son béret Kangol sur la scène du théatre de la tâche d’encre :« Quand il vous arrive quelque chose, vous avez le choix de faire de cet événement quelque chose qui va vous élever ou quelque chose qui va vous arrêter… »Bien à vous et merci ne nous faire rire encore et encore.

Céline 15/07/2007 15:52

J'ai été bouleversée, Pratt balance souvent mais sur sa famille, l'exercice pour tout cathartique qu'il est n'est pas si facile ; et puis, il va très loin dans la confidence et dans l'expression de sa souffrance ; non, on n'en sort pas indemne, c'aurait été bien d el'interviewer un peu après pour essayer d'approfondir comment il ressent de s'exposer quotidiennement sur ces sujets si intimes. Merci en tout cas.

Chronique Fraîche