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Festival d'Avignon

16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 10:52
UN PIED DANS L’HUMOUR, L’AUTRE DANS LE FANTASTIQUE

Deux individus d’une banalité à faire fuir. Voilà que par gestes, par borborygmes, par monosyllabes ou répliques elliptiques, ils se transforment en mécaniques du rire. Aidés de quelques objets imprégnés de la même banalité qu’eux, ils délirent et se laissent emporter au cœur d’un univers qui, comme la Belgique, s’appellerait « Absurdeland ».

Yvo Mentens, le râblé (le Rabelais ?) à la casquette rouge et Philipppe de Martelaere (un peu marteau ?), le filiforme au bonnet de laine blême, se mettent en compétition. C’est à qui renchérira sur son coéquipier. Le principe est celui des numéros de clowns, à ceci près qu’il n’y a pas l’auguste et le blanc. Il y a un duo de nigauds roublards qui ne cessent de se faire des niches, de se mettre la pression, d’infliger à l’autre croque-en-jambes et chiquenaudes.


S’il y a une fleur fanée, une table et deux chaises, un mur au papier peint pour passe-muraille, il y a avant tout et surtout un journal. Partenaire idéal, il se laisse feuilleter, déchirer, morceler, froisser, dévorer, découper. Il devient sujet de discorde. Il porte en lui les événements dont on parle : sports, faits divers, catastrophes naturelles, etc. Il se métamorphose en raquettes pour randonnée dans le Grand Nord, flocon de neige, givre stalactite de narine, cadre pour photo transparente, bouquet floral, fleuret mou, micro radiophonique, papillon voleteur, masque primitif… Un geste, une situation glissent vers la suite, s’enchaînent, mènent du côté du nonsense. Les surprises, façon prestidigitateur, se succèdent.

La séquence des gardiens de musée vire du côté de ce fantastique ancré dans le quotidien qu’affectionnaient des écrivains belges tels que Jean Ray, Thomas Owen ou Jacques Sternberg. La scène de la lévitation est d’un burlesque facétieux irrésistible. Entre chaque sketch, une musique endiablée de corrida entraîne les deux comparses dans une chorégraphie déjantée, ahurissante, échevelée. Le langage du corps remplace celui des mots. Le rire qui en surgit en est d’autant plus universel, fait notable quand on sait à quel point les querelles linguistiques empoisonnent la démocratie belge.

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info

Les Flamiches noirs
Scénario et distribution : Yvo Mentens, Philippe de Martelaere
Mise en scène : Jos Houben
Lumières : Vincent Guibal
Production : Cie Anno Vitale / VZV Maan en Zand / Le Prato de Lille / Théâtre Le Samovar / 21 Heures Production À la Luna, 1 rue Séverine à 11h40 jusqu’au 28 juillet. (0490 86 96 28)

Photo © Franck Petricenko

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Published by Michel Voiturier - dans Festival Off 2007
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commentaires

francoise leroux 23/07/2007 18:02

les flamiches noires quel régal, un vrai et sain rire sortait de moi durant le spectacle, que c'et bon de passer un tel moment MERCI

Chronique Fraîche