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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:14
JOUR DE LESSIVE

Une fois par mois, Fatma se rend sur la terrasse en haut de son immeuble pour faire sa lessive. L’occasion, pour elle, de se ressourcer et de faire le point sur sa vie, loin de son emploi de femme de ménage. Une pièce drôle et enlevée qui passe à vitesse grand V.

Enfin, le jour tant attendu par Fatma est arrivé, aujourd’hui c’est le jour de la lessive mensuelle. L’occasion d’accéder à la terrasse située en haut de l’immeuble. « Ce jour-là, je me sens la reine du soleil ! », se régale Fatma. Comme si elle reprenait vie après un mois d’hibernation : elle chante, nettoie ses vêtements, se repose au soleil et surtout fait le point sur sa vie autour de trois bassines d’eau et d’une ligne à linge.


Mais attention, rien de pathétique ! Non, si elle passe pour réservée aux yeux de certains, en réalité Fatma est une battante incroyable, qui a élevé ses frères et sœurs sans jamais se plaindre grâce à un emploi de femme de ménage à la mairie et au ministère. « Où est le problème d’être femme de ménage ? » demande-t-elle, bravache, face au mépris de certains. Tous les jours, invisible aux yeux des autres, elle nettoie en silence. « Avec ma serpillière, c’est presque une histoire d’amour mais tout le contraire d’un conte de fée », affirme-t-elle.

Alors forcément, lorsqu’elle se retrouve sur la terrasse, à l’abri des regards et des médisances, elle se lâche, se moque de ses voisins en les imitant : celui surpris en train de battre sa femme, l’autre dont la moitié a des crises de folie passagères, le policier qui a répudié la sienne... Puis, elle s’attaque aussi aux hommes du ministère qu’elle côtoie de loin. Tour à tour, elle interprète une quinzaine de personnages différents avec autant de certitudes qu’une femme rapportant une scène incroyable à une amie en imitant tour à tour les intervenants.

Enjeux de l'Afrique noire

Les scènes s’enchaînent rapidement avec un rythme tantôt rapide, tantôt plus lent, bien maîtrisé. Le ton est vif, joyeux et on rit très souvent. Pour cette mama africaine en tunique jaune et pantalon bariolé, ce jour de lessive est essentiel, car il permet de faire retomber la pression accumulée pendant un mois. La terrasse est le seul endroit où elle se sent libre d’être elle-même. Mais sous la légèreté du ton, au détour de certaines phrases jaillissent de réelles problématiques sociologiques qui touchent l’Afrique noire : le mirage de la démocratie jamais atteinte, l’instabilité politique, les traîtres qui changent d’étiquette à chaque gouvernement, le mariage forcé, la répudiation. Des questions qui restent sans réponses.

Pendant une heure, le Sénégalaise Diarétou Keita donne vie à une Fatma attendrissante, énergique et pleine de vie totalement réaliste. Ce rôle, qui semble écrit pour elle, lui va si bien, qu’on a du mal à l’imaginer différente dans la réalité.

Juliette CELLO (Paris)

Auteur : M’Hamed Benguettaf, directeur actuel du Théaâtre National Algérien.
Mise en scène : Christophe Merle
Avec Diariétou Keïta
Technique : Fernando Lopès-Fadigas

Représentations du mercredi 11 au dimanche 15 juillet à 20h au festival « Nous n’irons pas à Avignon » de Vitry-sur-seine.

Photo ©aula Zamora

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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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