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Festival d'Avignon

19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 08:26
COUP DE COEUR RUEDUTHEATRE

HÉROS DES TEMPS MODERNES

Appréhender une réalité sociale à travers le mythe de Didon et Enée de Virgile : c’est le défi audacieux des Errants, une pièce contemporaine prometteuse. Une histoire d’amour moderne sur fond de réalité sociale incarnée avec finesse par la fort talentueuse compagnie du théâtre du Fracas.

Il y a beaucoup d’exigence dans la mise en scène de Côme de Bellescize. Ca commence par un texte original, dont il est l’auteur. Un texte dur, cruel, bouleversant de vérité qu’il fait entendre avec un sens du sublime. Choisir de traiter théâtralement le problème du camp de réfugiés de Sangatte, c’est prendre des risques : réalité sociale et théâtre forment un couple fragile. Comment traiter d’une question sociale sans sombrer dans le pathos ou dans la vulgarité ? En prenant le parti du mythe, la pièce confère une dimension épique à des figures modernes sans arrière-pensée moralisatrice.


Les immigrés déracinés en quête d’Eldorado ont bien l’étoffe de héros tragiques modernes : la traversée désespérée de la mer du Nord relève de l’épopée, les protagonistes pétris de courage et de désir n’ont rien à perdre.

Symphonie de l'errance d'hier et d'aujourd'hui

Plus passionant encore, la réflexion qui est engagée : le récit de ces véritables « errants contemporains » sans terre ni foyer donne lieu à une subtile interrogation sur l’errance, symptôme moderne déjà récurrent dans la mythologie grecque. Derrière ces véritables « errants » contemporains toujours en fuite, il y a les autres condamnés à la vanité de l’existence : les « intégrés » malheureux malgré leurs privilèges sociaux, les petits délinquants locaux sans foi ni loi, les errants amoureux, en quête désespérée de l’autre. Une véritable symphonie de l’errance entre poésie et tragique peut se développer.

Chaque personnage incarne un errant moderne rattrapé par son destin. Les jeunes comédiens, qui déploient une énergie fabuleuse, sont déroutants de vérité. Sur le plateau, ils s’approprient l’espace de manière à reconstituer l’esthétique des images mythologiques.
L’alto et le violoncelle apportent une intensité au rythme des différents épisodes épiques. Chacun apporte une touche de lumière subtile dans cette fabuleuse fresque existentielle. Les personnages tragiques cotoient les figures comiques qui apportent une légéreté salvatrice au récit. . Une bonne dose d’humour s’insère dans la trame esthétique : on passe de la violence du réel à des sketchs désopilants avec une agilité et une finesse surprenantes.

Entre contemplation et réflexion, passion et drame, « Les Errants » nous invitent transfigurer le mythe dans le réel. Un tableau brillant et passionné de l’épopée de l’homme moderne, cet éternel errant.

Elsa ASSOUN
www.ruedutheatre.info

Texte et mise en scène : Côme de Bellescize
Interprètes : Rebecca Aïchouba, Jonathan Fussi, Agathe Germain, Gilles Harvengt, Vincent Joncquez, Julien Leonelli, Nicolas Fantoli/Olivier Martin Salvan, Teddy Melis, Nathalie Radot, Eleonore Simon, Ombeline de la Teyssonnière, Aurélie Toucas,Myriam Ennemri(Alto), Clémence Matthey(Violoncelle).
Musique : Yannick Paget
Scénographie : Sigolène de Chassy Costumes : Florence Sugen, Anaïs Colin, Nicolas Candas, Laetitia Motte
Régie générale : Leslie Desvignes

Au Théâtre du Petit Louvre, à 21h45
Chapelle des Templiers : 3, rue Fêlix Gras Salle Van Gogh : 23, rue Saint Agricol 84000 Avignon
Téléphone réservation : 04 90 86 04 24

Photo © DR

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Published by Elsa Assoun - dans Festival Off 2007
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