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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

4 février 2005 5 04 /02 /février /2005 00:00

Avant, par BRUNO BAYEN

Il regarde les femmes passer, il regarde ses pas se fermer et les bouts de ses souliers qui se rejoignent quand il marche en dedans. Et ça forme un triangle isocèle comme l’amorce d’un sexe féminin sur la peinture des femmes debout, ou comme la projection géométrique de l’appareil sexuel masculin. Au résultat, entre les chaussures, la différence s’annule. Quand autrefois il bondissait, quand autrefois les pieds se tournaient vers le dehors sans qu’il y pense, le triangle qui se dessinait entre ses chaussures était scalène ou équilatéral. Aussi a-t-il choisi la direction opposée, et de marche en dedans. La triste époque, verroterie, plastique. Du passé restent les femmes, que ça. Et visant à travers la vitre de sa chambre, il rêve et rit de ce passé et se répète les femmes, avec le plaisir qu’il y a d’en parler au pluriel, comme autant de doublons, de boulons qui assènent la chaîne de sa vie.

Son seul dommage fut de venir jusqu’à la capitale.

…

Après, par BRUNO BAYEN

Le personnage se rend le 20 janvier.

Sa déclaration du 21 :

« Messieurs, je fus victime du trouble démographique de l’époque. Depuis que la science a vulgarisé la donnée suivante : sur 100 personnes il y a 48 hommes et 52 femmes, j’ai cru que mon entre guillemets supériorité – je n’entends par là que les avantages légués malgré nous par l’histoire –, réduite à une quantification ne s’accompagnant plus d’aucun privilège qualitatif, consistait tout de même en un libre arbitre du 4 %, la marge de choix qui nous restait. Mais alors m’expliquerez-vous que la donnée massive ne se retrouve pas dans les faits ? M’expliquerez-vous pourquoi si l’on passe de la courbe démographique au système du particulier, je sois un petit actionnaire lésé, toujours à la recherche de son 4 % d’avantage ?»

Ces propos étaient injurieux. Mais, dirent ces messieurs, que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. La majorité estima sa maladie remboursable. De quoi s’agissait-il ? D’une invitation à déménager somme toute, à vivre mieux dans plus grand, plus clair, plus calme.



Extrait

« Que faire dans la nuit dense peuplée d’ombres rassurantes ou dans ce jour éblouissant et hostile pour dépenser son trop plein d’énergie ? Paul est seul. Solitude pathologique et insoutenable qu se remplit d’images fantasmatiques. Il rêve éveillé dans un quotidien fait de milles gestes anodins ; banalité qui s’illumine d’espoirs insensés. Rencontres, croisements, carrefours d’autres solitudes, les femmes passent, flammes fugitives qui réveillent son désir de communiquer et sa soif d’aimer. »

Propos recueillis par

Vincent Cambier


Regarde les femmes passer d’Yves Reynaud

Mise en scène, scénographie : Alain Timar.

Avec : Paul Camus.

Régie son et lumière : Hugues Le Chevrel.

Costumes, maquillage : Anna Chaulet.

Représentations : janvier 2005 et juillet 2005 (Festival d’Avignon).

Théâtre des Halles, 4, rue Noël-Biret

Tél. : 04 32 76 24 51

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