RUEDUTHEATRE
MÉNAGE À TROIS
Chassé-croisé amoureux sur fond de changement d’identité et d’arnaques à la carte bancaire : un cocktail plutôt savoureux mis en scène par Anne Roumanoff. On ne s’ennuie pas et même si les ficelles prennent parfois des allures de cordes d’amarrage, le (sou)rire est au rendez-vous. Jovial et récréatif.
Hubert, la quarantaine, physique plutôt ingrat, débarque dans son appartement à son retour sur Paris après de nombreuses années passées en province. Il y découvre Sasha, sa locataire, belle blonde qui, avec son compagnon, Luigi, acteur de seconde zone au physique avantageux, se livre à des arnaques à la carte bleue grâce à une lunette astronomique braquée sur un distributeur de billets dans la rue. Or Hubert, vient tout juste de retirer de l’argent à ce distributeur et donc de se faire rouler par le couple d’escrocs. L’appartement doit être libéré comme le stipule le bail dans les heures qui suivent…
Du pur divertissement
Les ingrédients pour faire monter la mayonnaise sont classiques : changement d’identité, comique de répétition (une poêle à frire sur la tête pour « accueillir » à deux reprises ce pauvre Hubert et la séance Synthol pour panser la bosse pendant que l’assommé se délecte le nez dans le décolleté de son infirmière), allusion à l’actualité (une pub, le couple présidentiel), exagération de certaines situations (la maniaquerie quasi maladive de Luigi pour son look). Même si certaines répliques sont un peu faciles et attendues, même si certaines pistes ne sont pas explorées suffisamment pour pleinement justifier leur présence dans la trame de la pièce (l’homosexualité latente de Luigi), l’ensemble se laisse regarder et écouter. La mise en scène ne se relâche jamais et insuffle un rythme trépidant à ce spectacle finalement drôle et plutôt bien interprété. Certes, les ficelles ont des allures de cordes d’amarrage parfois, mais qu’importe.
C’est du divertissement pur, sans surenchère psychologique ni méchanceté. L’image du provincial, pourtant passablement stupide ici, n’est absolument pas écornée. C’est même de la sympathie pour ne pas dire une forme d’empathie que le spectateur ressent à l’endroit de ce brave Hubert. Quant aux deux Parisiens, même si les auteurs les chargent un peu plus (cupides, voleurs et terriblement mesquins), leur comportement s’empare d’une telle folie qu’on ne songe même pas à les blâmer.
Voilà donc un spectacle vivifiant, sans prétention mais doté d’un énorme capital sympathie. Largement recommandable.
Franck BORTELLE (Paris)
Ma colocataire est encore une garce ! (Paris)
Ecrit par Fabrice Blind, Michel Delgado et Nelly Marre
Mise en scène : Anne Roumanoff
Avec Fabrice Blind, Marie Pape et Sir John en alternance avec Virginie Franck ou Cécile Batailler, Fabrice Schwingrouber et Foudil Kaibou
Musique : Nicolas Benier
Lumière : François Tual
Costumes : Regina Gothe
Du 18 janvier au 29 mars 2008 inclus, du mardi au samedi à 19h30, matinées à 17h00
Palais des glaces, 37 rue du Faubourg-du-Temple, 75010 Paris (M° République ou Goncourt)
Réservations au 01 42 02 27 17, ouvertes du mardi au samedi de 11h00 à 18h30
Chassé-croisé amoureux sur fond de changement d’identité et d’arnaques à la carte bancaire : un cocktail plutôt savoureux mis en scène par Anne Roumanoff. On ne s’ennuie pas et même si les ficelles prennent parfois des allures de cordes d’amarrage, le (sou)rire est au rendez-vous. Jovial et récréatif.
Hubert, la quarantaine, physique plutôt ingrat, débarque dans son appartement à son retour sur Paris après de nombreuses années passées en province. Il y découvre Sasha, sa locataire, belle blonde qui, avec son compagnon, Luigi, acteur de seconde zone au physique avantageux, se livre à des arnaques à la carte bleue grâce à une lunette astronomique braquée sur un distributeur de billets dans la rue. Or Hubert, vient tout juste de retirer de l’argent à ce distributeur et donc de se faire rouler par le couple d’escrocs. L’appartement doit être libéré comme le stipule le bail dans les heures qui suivent…
Du pur divertissement
Les ingrédients pour faire monter la mayonnaise sont classiques : changement d’identité, comique de répétition (une poêle à frire sur la tête pour « accueillir » à deux reprises ce pauvre Hubert et la séance Synthol pour panser la bosse pendant que l’assommé se délecte le nez dans le décolleté de son infirmière), allusion à l’actualité (une pub, le couple présidentiel), exagération de certaines situations (la maniaquerie quasi maladive de Luigi pour son look). Même si certaines répliques sont un peu faciles et attendues, même si certaines pistes ne sont pas explorées suffisamment pour pleinement justifier leur présence dans la trame de la pièce (l’homosexualité latente de Luigi), l’ensemble se laisse regarder et écouter. La mise en scène ne se relâche jamais et insuffle un rythme trépidant à ce spectacle finalement drôle et plutôt bien interprété. Certes, les ficelles ont des allures de cordes d’amarrage parfois, mais qu’importe.
C’est du divertissement pur, sans surenchère psychologique ni méchanceté. L’image du provincial, pourtant passablement stupide ici, n’est absolument pas écornée. C’est même de la sympathie pour ne pas dire une forme d’empathie que le spectateur ressent à l’endroit de ce brave Hubert. Quant aux deux Parisiens, même si les auteurs les chargent un peu plus (cupides, voleurs et terriblement mesquins), leur comportement s’empare d’une telle folie qu’on ne songe même pas à les blâmer.
Voilà donc un spectacle vivifiant, sans prétention mais doté d’un énorme capital sympathie. Largement recommandable.
Franck BORTELLE (Paris)
Ma colocataire est encore une garce ! (Paris)
Ecrit par Fabrice Blind, Michel Delgado et Nelly Marre
Mise en scène : Anne Roumanoff
Avec Fabrice Blind, Marie Pape et Sir John en alternance avec Virginie Franck ou Cécile Batailler, Fabrice Schwingrouber et Foudil Kaibou
Musique : Nicolas Benier
Lumière : François Tual
Costumes : Regina Gothe
Du 18 janvier au 29 mars 2008 inclus, du mardi au samedi à 19h30, matinées à 17h00
Palais des glaces, 37 rue du Faubourg-du-Temple, 75010 Paris (M° République ou Goncourt)
Réservations au 01 42 02 27 17, ouvertes du mardi au samedi de 11h00 à 18h30
Lun 24 mar 2008
Aucun commentaire