RUEDUTHEATRE


UN COEUR-A-COEUR INTIMISTE

Un spectacle mi-musical, mi-poétique, qui s’inscrit dans l’air du temps, au croisement de diverses formes d’expression artistique, mais auquel il manque pourtant un soupçon d’âme.

Le casting est évidemment excellent : Verlaine dans le rôle principal, avec Fauré, Debussy et Reynaldo Hahn pour lui donner la réplique, on ne pouvait rêver mieux. Néanmoins ce spectacle, sympathique et bien conçu, présente les - quelques - défauts de ses qualités.
La multiplicité du propos restitue bien la complexité du personnage Verlaine ; les projections vidéo surannées lui donnent en outre de la profondeur, dans l’espace et dans le temps ; on s’émeut d’entendre Il pleut sur mon cœur dialoguant avec des compositeurs de même tonalité, interprétés aux piano et violoncelle. Les lumières proposent également leur partition à jeu égal, et les comédiens-musiciens sont habités par leurs personnages.



Polyphonies ou unisson ?

Toutefois, pendant un premier tiers du spectacle, on attend un peu le déclic. Ce n’est en effet que peu à peu ce « Colloque », « sentimental » dès le début, construit son unité. Paradoxalement peut-être - mais n’est-ce pas le propre d’un colloque ? -, c’est au moment où des interlocuteurs entrent en jeu, où le monologue devient dialogue, où d’autres voix se font entendre, que le poème prend sa pleine mesure et trouve sa cohérence interne. La pianiste comme partenaire du jeu amoureux, le violoncelliste comme contradicteur, les projections vidéo décalées (la Grand-Place de Bruxelles inversée..) offrent alors un arrière-plan crédible à une vie qui, d’un coup, prend épaisseur et sens dans l’historicité et dans laquelle nous nous sentons alors invités.
Ce bon spectacle n’a finalement besoin que d’un tout petit je-ne-sais-quoi... pour être un très bon spectacle.

Geneviève DEWULF


Colloque sentimental  au Théâtre du Chêne Noir (04 90 82 40 57) du 5 au 27 juillet, à 11h.
Interprètes : Erwan Daouphars, Vincent Malgrange, Mara Drobresco.
Metteur en scène : Quentin Baillot.
Créateur lumières : Idalio Guerreiro.
Compagnie Querelle, Paris.


Photo @ Gilles Philippot.



Ven 18 jui 2008 Aucun commentaire