RUEDUTHEATRE
MUSSET MAGNIFIE
La pièce jugée injouable par les metteurs en scène du XIXème siècle fait l’objet d’une adaptation moderne sans que soit pour autant touché un mot du texte. Francis Lalanne livre une composition renversante. Ses partenaires lui emboîtent le pas pour un spectacle intense.
Lorenzo, personnage lâche et débauché, projette d’assassiner son cousin, le duc régnant Alexandre de Médicis dans l'espoir de voir naître la république. Pour ce faire, il renonce à son honneur et à sa réputation : il s'insinue dans les bonnes grâces du tyran et se met au service de ses caprices. Le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles-Quint et ceux du pontife romain soutient le duc dans l'espoir de devenir un jour souverain pontife. Lorenzo imagine qu'en abattant Alexandre, il fournira au parti national et républicain de Toscane l'occasion de libérer la cité.
La lecture du texte de Musset fait davantage penser à un scénario de film qu’à une pièce de théâtre. Et pour cause. Pas moins de 38 décors différents (certains films ne les ont pas) et presque autant de personnages impossibles de ne pas voir paraître sur la scène sans risquer de tronquer le texte. Plus les foules de Florentins…
Pièce injouable, « Lorenzaccio » ? Pour qui se prête au jeu du respect le plus total de la construction originale, il semble bien que le défi soit de taille. Stéphane Gildas a résolu le problème en optant pour un procédé désormais très répandu : le décor modulable et le découpage en saynètes. Les interludes sont très courts et réussissent donc à éviter l’impression de ruptures itératives, même si certaines scènes n’ont que la durée d’un mini-duel à l’épée. Une musique, assez gothique, composée spécialement pour le spectacle permet de consolider le lien entre les scènes qu’offre en premier lieu l’homogénéité de l’interprétation.
Une interprétation de haut vol
Ils sont jusqu’à 19 sur scène pour 35 rôles. Des pointures du théâtre aux parcours qui en imposent. Tous les classiques leur sont passés entre les mains et leur carrière, mise en commun, devient un dictionnaire du théâtre de Molière à nos jours. Au milieu d’eux et pour le rôle titre, Francis Lalanne, dont on connaît mieux le parcours musical que théâtral, pourtant jalonné de Cervantès et Molière. Sa prestation est tout simplement bluffante. Se mouvant sur la scène avec l’aisance du comédien qui maîtrise parfaitement son jeu, il offre aux multiples facettes du personnage toutes celles de son talent. Pusillanime jusqu’à la viscosité, pétri de douleur jusqu’à la folie ou empreint d’une chevaleresque témérité, chevelure léonine au vent et regard ténébreux, Lalanne EST Lorenzaccio. Sachant faire oublier l’homme public que l’on connaît tous et dont le romantisme à fleur de peau et de chansons ne pouvait pourtant que rencontrer un jour le personnage de Musset, il fait corps avec ses partenaires dont on sent sourdre la rage et la passion pour leur métier conjuguées au bonheur de défendre un tel texte.
Trois heures durant et à l’issue desquelles le public acclame debout les comédiens de ce spectacle très moderne sur un texte classique, le Trianon devient tout simplement royal…
Franck BORTELLE (Paris)
Lorenzaccio
D’Alfred de Musset
Mise en scène : Stéphane Gildas
Avec Francis Lalanne, Jean-Philippe Ancelle, Giancarlo Ciarapica, Stéphane Gildas, Manuel Ollinger, Lucien Jérôme, Jean-Pierre Rochette, Dominique Hulin, Yan de Sousa, Eebra Tooré, Maurice Zaoui, Frédéric Thiriez, Cyril Denier, Katia Fonberg, Valérie Fruaut, Sylvie Leriche, Julie Bertin, Julie Dumaine, Elsa Laudau.
Décors : Sébastien Soux
Costumes : Julia Bourlier
Lumières : Bruno Golfetto
Musique : Jean-Louis Giudice
Théâtre Le Trianon, 80 Boulevard Rochechouart, 75018 Paris (Métro : Anvers)
Jusqu’au 9 novembre, du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15 heures
Durée : 3h00 avec entracte
Photo DR
La pièce jugée injouable par les metteurs en scène du XIXème siècle fait l’objet d’une adaptation moderne sans que soit pour autant touché un mot du texte. Francis Lalanne livre une composition renversante. Ses partenaires lui emboîtent le pas pour un spectacle intense.
Lorenzo, personnage lâche et débauché, projette d’assassiner son cousin, le duc régnant Alexandre de Médicis dans l'espoir de voir naître la république. Pour ce faire, il renonce à son honneur et à sa réputation : il s'insinue dans les bonnes grâces du tyran et se met au service de ses caprices. Le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles-Quint et ceux du pontife romain soutient le duc dans l'espoir de devenir un jour souverain pontife. Lorenzo imagine qu'en abattant Alexandre, il fournira au parti national et républicain de Toscane l'occasion de libérer la cité.
La lecture du texte de Musset fait davantage penser à un scénario de film qu’à une pièce de théâtre. Et pour cause. Pas moins de 38 décors différents (certains films ne les ont pas) et presque autant de personnages impossibles de ne pas voir paraître sur la scène sans risquer de tronquer le texte. Plus les foules de Florentins…
Pièce injouable, « Lorenzaccio » ? Pour qui se prête au jeu du respect le plus total de la construction originale, il semble bien que le défi soit de taille. Stéphane Gildas a résolu le problème en optant pour un procédé désormais très répandu : le décor modulable et le découpage en saynètes. Les interludes sont très courts et réussissent donc à éviter l’impression de ruptures itératives, même si certaines scènes n’ont que la durée d’un mini-duel à l’épée. Une musique, assez gothique, composée spécialement pour le spectacle permet de consolider le lien entre les scènes qu’offre en premier lieu l’homogénéité de l’interprétation.
Une interprétation de haut vol
Ils sont jusqu’à 19 sur scène pour 35 rôles. Des pointures du théâtre aux parcours qui en imposent. Tous les classiques leur sont passés entre les mains et leur carrière, mise en commun, devient un dictionnaire du théâtre de Molière à nos jours. Au milieu d’eux et pour le rôle titre, Francis Lalanne, dont on connaît mieux le parcours musical que théâtral, pourtant jalonné de Cervantès et Molière. Sa prestation est tout simplement bluffante. Se mouvant sur la scène avec l’aisance du comédien qui maîtrise parfaitement son jeu, il offre aux multiples facettes du personnage toutes celles de son talent. Pusillanime jusqu’à la viscosité, pétri de douleur jusqu’à la folie ou empreint d’une chevaleresque témérité, chevelure léonine au vent et regard ténébreux, Lalanne EST Lorenzaccio. Sachant faire oublier l’homme public que l’on connaît tous et dont le romantisme à fleur de peau et de chansons ne pouvait pourtant que rencontrer un jour le personnage de Musset, il fait corps avec ses partenaires dont on sent sourdre la rage et la passion pour leur métier conjuguées au bonheur de défendre un tel texte.
Trois heures durant et à l’issue desquelles le public acclame debout les comédiens de ce spectacle très moderne sur un texte classique, le Trianon devient tout simplement royal…
Franck BORTELLE (Paris)
Lorenzaccio
D’Alfred de Musset
Mise en scène : Stéphane Gildas
Avec Francis Lalanne, Jean-Philippe Ancelle, Giancarlo Ciarapica, Stéphane Gildas, Manuel Ollinger, Lucien Jérôme, Jean-Pierre Rochette, Dominique Hulin, Yan de Sousa, Eebra Tooré, Maurice Zaoui, Frédéric Thiriez, Cyril Denier, Katia Fonberg, Valérie Fruaut, Sylvie Leriche, Julie Bertin, Julie Dumaine, Elsa Laudau.
Décors : Sébastien Soux
Costumes : Julia Bourlier
Lumières : Bruno Golfetto
Musique : Jean-Louis Giudice
Théâtre Le Trianon, 80 Boulevard Rochechouart, 75018 Paris (Métro : Anvers)
Jusqu’au 9 novembre, du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15 heures
Durée : 3h00 avec entracte
Photo DR
Mer 24 sep 2008
3 commentaires
Merci pour vos conseils que je me ferais un plaisir de ne point suivre. Que ma critique vous déplaise vous regarde. Ignorant comment vous mettez en scène et dirigez des comédiens et m'étant contenté de lire vos propos fumeux sur internet, je pense que nous n'avons pas la même approche. Je garde la mienne, ne vous en déplaise.
franck BORTELLE - le 29/10/2008 à 23h37
Bonsoir
avec un certain retard ma remarque ne sera pas sur le spectacle (que j'ai par ailleurs apprécié) mais sur le message de Mr Brunel, il est vrai Monsieur que je ne suis à vos yeux qu'un élément du public inculte et sans références qui me suis levé pour applaudir, je ne sais qui vous êtes pas plus que vous ne me connaissez cependant il me parait dramatique d'avoir un tel mépris, une telle suffisance et un tel égo vis à vis de ce public qui aujourd'hui encore malgres sa totale ignorance de l'art du théatre prend le temps d'aller chercher cette culture, qui si je ne m'abuse est avant tout un art populaire à l'origine et non un art élitiste.
Vous faites état de cette minorité dans ces milieux artistiques qui n'ont d'égard que pour leur propre savoir... mysanthrope sans nul doute, grace à vous le théatre se meurt Monsieur car ce public inculte comme vous l'écrivez est en effet dédaigné par votre genre.
D. Anton Membre du public inculte.
avec un certain retard ma remarque ne sera pas sur le spectacle (que j'ai par ailleurs apprécié) mais sur le message de Mr Brunel, il est vrai Monsieur que je ne suis à vos yeux qu'un élément du public inculte et sans références qui me suis levé pour applaudir, je ne sais qui vous êtes pas plus que vous ne me connaissez cependant il me parait dramatique d'avoir un tel mépris, une telle suffisance et un tel égo vis à vis de ce public qui aujourd'hui encore malgres sa totale ignorance de l'art du théatre prend le temps d'aller chercher cette culture, qui si je ne m'abuse est avant tout un art populaire à l'origine et non un art élitiste.
Vous faites état de cette minorité dans ces milieux artistiques qui n'ont d'égard que pour leur propre savoir... mysanthrope sans nul doute, grace à vous le théatre se meurt Monsieur car ce public inculte comme vous l'écrivez est en effet dédaigné par votre genre.
D. Anton Membre du public inculte.
Anton - le 01/11/2008 à 01h30
Vous êtes payé cher pour une telle critique? Les comédin surjouent, enfile le texte comme des perles , la mise en scène confond débauche et vulgarité, il n'y a pas d'écoute, pas d'enjeu juste de l'exhibition. Cela confirme l'idée que j'avais de vous depuis longemps: faites autre chose que de la critique de théâtre, parce que vous faites vraiment pitié tant vous êtes incompétent.
R. Brunel Metteur en scène.