RUEDUTHEATRE

L'AMOUR COMME THÈME À DÉCLINER

"Ceci n'est pas…" une pièce qui raconte une histoire. Juste une fresque impressionniste, par laquelle il convient de se laisser envahir au gré de sons et d'images.

Des acteurs vont, viennent, sur un plateau dépouillé. Un très grand écran barre entièrement, de jardin à cour, le fond du plateau. Il constitue une barrière aussi : il y a le devant de la scène et puis l'ombre des coulisses que l'on rejoint en passant par-dessous. Des acteurs, surgissent, retournent dans la salle.


Au public d'interpréter comme il l'entend ces va-et-vient permanents. Des chaises et des meubles sont déplacés, un micro est confident, une bande-son est un personnage violent, tandis que défilent sur l'écran des bouts de films, parfois en boucle, montages variés, discontinus, sans rapport apparent avec les actions des acteurs.

Dans son projet qu'elle qualifie d"opéra postpunk", Sofie Kokaj, - qui touche à de nombreuses formes artistiques : jeu, danse, mise en scène, chant, performance - se défend d'être auteur, même si, au départ, elle a écrit un texte en bonne et due forme. Elle a voulu laisser la place la plus large aux propositions des interprètes dont elle s'est entourée pour cette création.

Des connivences et des références


Le risque dans cette démarche est, non seulement - ce qu'elle souhaite - de mettre en valeur "un état émotionnel propre à chacun", mais celui de cabotinage propre à certains, avec, indéniable, ce grand talent de naturel et de décontraction parfaits que l'on connaît chez des comédiens habitués à travailler ensemble.

Le spectacle est bourré de références, tant à la musique (le titre est dû à PIL, groupe post-punk anglais) qu'au cinéma (de Cassavetes à Godard en passant par Garrel). On pourrait aussi, puisque nous sommes à Bruxelles, où l'auteure est née, y voir un clin d'oeil à Magritte. Sa célèbre œuvre légendée "Ceci n'est pas une pipe" aura subi bien des pastiches; dérision et humour en moins ici.

Malgré le démenti du titre, il est bien question d'amour ou plutôt de "l'état amoureux qui est parfois suprêmement violent", de ce qu'il n'est pas, ou est, c'est selon… Sur la scène nue, où n'évoluent des silhouettes plutôt que de réels personnages, seront mises à mal bien des formes de cet état particulier qui ne cessera jamais, semble t-il, d'intriguer car décidément, aimer, "ce n'est pas…" une histoire simple !

Suzane VANINA (Bruxelles)

"This is not a love song"
Texte, mise en scène, intervention scénique : Sofie Kokaj
Scénographie, intervention scénique : Christine Grégoire
Composition musicale, intervention scénique : Karim Barras
Interprétation : Julien Jaillot, Nicolas Luçon, Pierre Mégos, Florence Minder, Vincent Minne, Sophie Sénécaut, Anisia Uzeyman
Costumes : Odile Dubucq
Lumière: Nathalie Borlée
Création d’images : Annick Velut

Coproduction : Théâtre de la Balsamine, Charleroi/Danses, La Raffinerie, Présages d’Innocence.

Au Théâtre de la Balsamine du 9 au 20 décembre 2008  ( +32(0)2.735.64.68 – www.balsamine.be - www.tomassenkoproduction.be )

Photos © MB

Dim 4 jan 2009 Aucun commentaire