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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 11:21
Critique publiée le 18/08/2007

A voir au café-théâtre du Bout, 62 bis rue Pigalle, paris 9e au métro Pigalle à partir du 4 février tous les mercredis à 20h30.

JOLY COUP

Un musicien doit composer une chanson d’amour pour sa dulcinée et en profite pour se livrer dans un seul en scène qui fiance ironie et tendresse. À découvrir vite, car Joly est de la graine des stars et devrait exploser en télé d'ici quelques années.


Les gobilles rondes alourdies de fatigue, la rouflaquette bien fournie, le cheveu en bataille, un tee-shirt parme à manches longues au dos duquel figure le mot "love", décidément, du one-man-show, Stephan Joly ne possède pas le physique de l’emploi ; ni le style extraverti et les navrants usages. Stephan Joly ne prend pas l’air ébahi et autosatisfait à chacune de ses saillies ; Stephan Joly n’est jamais vulgaire, jamais agressif et rarement cynique. Stephan Joly ne prend pas à parti le premier rang avec indécence ou familiarité.

Pourtant Stephan Joly fait rire de bon coeur, parfois et sourire largement, souvent. Il badine avec bienveillance, parodie avec légèreté, esquinte avec doigté. Si le public n’est pas à s’esclaffer, c’est que le comédien n’a pas choisi l’esbroufe ; plutôt Droopy, pince-sans-rire lunaire, il prend son temps ; pour apprivoiser son public et le gagner humblement à ses causes, souvent perdues, pour lui faire partager ses interrogations existentielles, souvent vénielles, et ses désillusions, souvent passagères.

stephan-joly--Lionel-Flusin.jpg
Pour ce haut-savoyard qui a commencé sa vie par étudier la pyschologie de l’enfant et la psychanalyse, parler pour libérer importe plus que tout. Peut-être doit-il aussi à ce parcours d'avoir conservé une humeur taquine (il change le plan de table lors d'une réception) et une certaine aménité à l'égard de ses contemporains. Joly n'est pas un cruel. Il observe, dissèque, opine, mais ne donne pas l'impression de juger. Plutôt de jauger.

Tendre désabusé, Stephan Joly entrecoupe le fil de ses confidences cathartiques par des intermèdes musicaux sur son piano (portable) ; sur le terrain musical, il nous bluffe avec une mélodie charmante dans « le blues de la petite cuillère », qui se taille un franc succès en taillant un short à la nouvelle scène française et à la vacuité de ses thématiques ; il électrise les planches en brocardant les chanteurs sirupeux et staracadémisants dans « le soleil de mes nuits » - ça marche si bien qu’on se surprend à en fredonner l’air à la sortie ; et il se paie enfin les chanteurs cafardeux, leur offrant quelques idées drôlatiques pour sortir de leurs tourments avec panache ; tous ces textes simples, sont écrits avec adresse et sans fioritures. Si Joly est si doué à taquiner la muse, c'est qu'il a essaimé durant  cinq ans les pianos-bars dans sa région natale, il en a gardé un art de nouer une relation au public, naturelle, exempte de surjeu.

Stephan Joly, soleil de la rentrée café-théâtrale, réussit avec ce spectacle un joli coup, qui constitue un « appel d’air » maintes fois espéré, et contraste agréablement avec les pelletées d’humoristes stand-up, qui ont plutôt tendance à nous le pomper...

Stephen BUNARD (Paris)

Stephan Joly - Appel d'air
Texte et chansons : Stéphan Joly  
Mise en scène : Etienne de Balasy 
Lumières : Timothée Horvais     

Plus d’infos : www.stephanjoly.com

Retrouvez les chansons interprétées pendant le spectacle :
www.stephanjoly.com/audio.htm

Quelques réjouissances en vidéo qui ne devraient pas manquer de le faire encore davantage remarquer pour un format court télévisuel ; on y retrouve dans certains la tonalité et l'esprit barré d'un Benoît Poolvorde.
www.stephanjoly.com/video.htm

Vu initialement par notre rédacteur :
Jusqu'au 1er septembre 2007 au Point Virgule
7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie Paris 4ème / Tél. : 01 42 78 67 03
Du mercredi au samedi à 20h00.

Photo © Lionel Flusin
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Published by Stephen BUNARD - dans À Paris 2006-07
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 10:40
LA MORT N'EST PAS UNE FIN CONVENABLE

A Vitry-sur-Seine, le théâtre ce n'est pas que pour les adultes. Pendant le festival Nous n'irons pas à Avignon les enfants ne sont pas en reste. Avec Les Trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir, ils ont pu assister à une pièce tendre et poétique qui les a fait rire, sourire et s'émerveiller.

Raphaël Calendreau et son accordéon ouvrent la pièce. Le musicien déambule sur scène, s'approche du public, distillant de petites notes douces. Puis, il s'assoit dans une sorte de grand tiroir son fond placé debout et éclairé par une petite ampoule. A quelques pas de lui, trois hommes ronflent. Bientôt ils se réveillent, s'habillent et prennent leur petit déjeuner. Les tranches de pain, les pots de confiture, les tasses sont symbolisés par des photos. Il y a Ernest qui porte une perruque et une robe de chambre bordeaux, Désiré et son bonnet de nuit bordeaux et Stanislas, le chauve à lunettes en écailles qui porte un gilet bordeaux. C'est une journée ordinaire qui commence. Mais le quotidien est bousculé quand les amis s'aperçoivent qu'ils ont reçu une lettre. Point de facteur pour l'apporter, celle-ci arrive par la voie des airs, suspendue au bout d'une canne à pêche. "Votre vie est finie. Toutes les journées ont été utilisées, il n'y a rien à faire. Sincères salutations", annonce-t-elle. Stupeur, que signifie ces propos ? Qui a bien pu les envoyer ? La mort ? Pour les trois compères, pas question de se laisser aller. "Nous allons vivre éternellement", s'exclament-ils chacun leur tour. Ils en profitent alors pour imaginer toutes les aventures qu'ils n'ont pas pu vivre :  faire du chameau au triple galop dans le désert, rencontrer des pirates en pleine mer... "Aujourd'hui, c'est une journée particulière", répètent-ils. 

Bien sûr le thème principal reste grave. "Mourir ce n'est pas partir en vacances" rappelle Ernest à Désiré qui préparait ses bagages. "Ce n'est pas facile de mourir" lui répond-il un peu plus loin. Mais dans Les Trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir tout est pris à la légère. Les trois comédiens, pas vieux du tout, rendent les personnages touchants et attachants. 

La musique tient aussi une place très importante dans la pièce. Au détour d'une histoire, les amis n'hésitent pas à entonner une petite chansonnette. Raphaël Calendreau, omniprésent, accompagne musicalement toute l'histoire grâce à son accordéon, à son petit xylophone et à ses autres instruments. Cette mise en scène originale et poétique plaît particulièrement aux enfants. Rien n'est caché. Par moment, un assistant, visible mais situé hors scène, passe un cadre en bois à un comédien qui l'utilise pour créer une nouvelle fenêtre. Comme s'il s'agissait d'un nouveau cadrage ou d'un plan cinématographique.

Les enfants qui étaient dans la salle sortent conquis. Autour d'un goûter offert par le festival, ils peuvent même rencontrer les comédiens. Et pour la plupart, ils demandent déjà à revenir.
Juliette CELLO (Paris)

Spectacle jeune public
Compagnie Babel 95
Mise en scène Julien Feder
Avec André Antébi (Stanislas), William Prunck (Désiré), Zohar Wexler (Ernest) et Raphaël Calendreau (musicien)
Assitant à la mise en scène : Guillaume Riant
Texte de Suzanne Van Lohuizen
Durée 50 minutes.

Du mercredi 25 au dimache 29 juillet, 15h00, à Vitry-sur-Seine dans le cadre du festival "Nous n'irons pas à Avignon".
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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 23:09
UN GROS, UN PETIT, UN MOYEN SONT DANS UN BATEAU…

Comme toutes les pièces de cette troisième semaine du Festival Nous n’irons pas à Avignon de Vitry-sur-seine, « En pleine mer » est un huis-clos. Mais loin des conventions, il s’agit d’une création complètement folle et passionnante qui reprend l’histoire d’une célèbre comptine.


« Il était un petit navire, il était un petit navire, qui n’avait ja-ja-jamais navigué, qui n’avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé… » C’est sur les paroles de cette célèbre comptine pour enfants chantée et commentée entièrement par la comédienne Ingrid Prézioso que débute la pièce. Grâce à elle, en quelques minutes, tous les éléments du spectacle à venir se mettent en place : ils sont trois dans un bateau, ils n’ont plus rien à manger, il va falloir que l’un d’eux sacrifie son corps pour que les deux autres puissent survivre. « Si cette histoire vous a plue, si cette histoire vous a plue, nous allons la-la-la recommencer, nous allons la-la-la recommencer ». Voilà, le décor est planté. La pièce commence, la télévision placée sur scène affiche 55, le compte à rebours débute lui aussi mais, originalité, les lumières resteront allumées. Le spectateur voit aussi bien qu’il est vu.

Pleine-mer.jpg
Trois hommes entrent sur scène en trombe sous une musique forte et rythmée par de lourdes basses. « On a faim, on a très faim… » vient chanter le premier au micro pendant que le deuxième se tord de douleur et le dernier danse comme un fou. Chacun se présente, il y a « le petit », « le moyen » et « le gros ».On se croirait presque à un concert. C’était l’intro…

Très vite, on entre dans le vif du sujet. Les trois hommes s’assoient autour d’une table. Finalement, malgré l’horreur, comme dans la comptine, la décision est prise par le gros : il faut sacrifier quelqu’un. Mais le problème reste entier : lequel sacrifier ? Tirage au sort, courte paille, référendum avec campagne et discours politiques complètement loufoques suivis de vote du public... C’est très drôle et complètement foufou malgré le dramatique de la situation qui pose crûment l’utilité de chacun dans notre société et l’image qu’on en projette.

La pression monte

Mais plus le compte à rebours approche de zéro et plus la pression monte. Régulièrement, la lumière change et trois personnes débarquent sur scène, tels des démons inconscients qui hantent les esprits des trois marins. Leurs identités et leurs rôles restent mystérieux. Hurlements, crises de délire, danses folles, hallucinations s’enchaînent et… au bout d’un moment, on se rend compte qu’on ne rit plus. L’heure est grave. Quelqu’un doit se dévouer.

En pleine mer est un huis-clos complètement déjantée et ludique pendant lequel on sent de temps en temps quelques pointes d’improvisation bien agréables. Les trois acteurs jouent de manière remarquable du début à la fin. Fin qui, bien qu’on s’y attende, se révèle surprenante
non par le fond mais par la forme. Mais nous n’en dirons pas plus… si ce n’est qu’elle révèle l’audace et une réelle  performance d’acteur de la part de Christophe Carassou qui joue le petit. Pendant, trois quarts d’heure, on pense sortir de la salle d’humeur joyeuse mais il s’agit tout de même d’un drame et on en sort finalement plutôt choqué. 

Juliette CELLO (Paris)

Compagnie Théâtre du désordre
Mise en scène : Pierre Terzian
Avec : David Braun, Christophe Carassou, Raphaël Ponsich, Ingrid Prezioso, Jean-Christophe Sylla, Pierre Terzian, Chichi Vlatko.
Scébographie : Raphaël önsih et Pierre Terzian
Lumière Raphaël Lerigoleur
Musique : Eric Van Hees et Pierre Terzian

Représentations du mercredi 18 au dimanche 22 juillet 2007 à 21h dans le cadre du festival « Nous n’irons pas à Avignon ». Durée 55 minutes.

Gare au théâtre,
13 rue Pierre Sémard
94400 Vitry-sur-Seine

Photo © DR
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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 23:03
DE LA DIFFICULTE DE COMMUNIQUER

Cette courte pièce de Michel Vinaver, présentée au Festival Nous n’irons pas à Avignon, met en scène une mère divorcée  et son fils adolescent dans un décor de salle à manger minimaliste. Mais derrière leurs échanges convenus, le malaise s’installe, leurs mondes ne font que se croiser sans réussir à se comprendre. Le face-à-face fait mouche mais la mise en scène pêche par manque de dynamisme.


Le dissident, c’est lui, Philippe. Un adolescent en jean et baskets, au pas lourd et aux épaules voûtées, qui n’a pas encore trouvé son chemin dans la vie. L’autre, c’est sa mère, Hélène. Une femme divorcée, statisticienne de métier. Une relation particulière les unit. Chacun se soucie constamment de l’autre. De son bien-être. Mais pour un adolescent, l’excès d’attention devient vite pénible. Elle, aimerait tout connaître de sa vie, partager ses joies et ses découvertes. Lui, aimerait qu’elle lâche sa robe démodée et qu’elle trouve un homme, histoire de le laisser, lui, un peu tranquille.

Dissident-2.jpg
Autour d’une table en formica bleu, ils conversent. Ou tout du moins, essaient. Dès le début, on sent que derrière leurs tons légers, ils ne paraissent pas si à l’aise qu’ils voudraient le faire croire. Surtout lui. Tous deux sont continuellement mesurés dans leurs échanges. A la moindre pointe d’agacement, chacun change très vite de sujet.
Au fil des scènes, le malaise s’installe. L’ombre du père absent plane, qui n’a  pas su garder un lien tendre avec son fils,. La prétendue grève dans l’atelier où Philippe travaille chez Citroën l’empêche d’aller travailler. Sa mère rend visite à une malade à l’hôpital qui, le lendemain, a l’air toute fraîche dans la rue. Les amis de Philippe occupent constamment sa chambre, qu’y trafiquent-ils réellement ? La suspicion s’installe. Le malaise grandit. Mais chacun évite délicatement les sujets qui pourraient fâcher. 

Une scénographie à la Dogville

L’originalité de cette pièce, c’est sa scénographie. Un peu à la  Dogville, film réalisé par Lars von Trier. Un rectangle blanc, tracé au sol, délimite la scène et le périmètre dans lequel jouent les comédiens. Deux uniques pans de mur amovibles, recouverts d’un papier peint vert à fleurs vertes typique des sixties, laissent au spectateur le soin d’imaginer la salle à manger. Sur la gauche, à l’extérieur du trait, les accessoires sont alignés : assiette de salade, robe, canadienne, chaussures, rouge à lèvres, couverture…
Entre les scènes, les comédiens, ne disparaissent pas dans les coulisses. Ils sortent simplement du périmètre blanc. Une musique d’ambiance animée emplit la salle, les comédiens boivent alors quelques gorgées d’eau, se changent, prennent en main des accessoires sous les yeux du spectateur qui épient, voyeurs, avec plaisir tous leurs faits et gestes.

Au chapitre ce qui fâche,, le ton de l’ensemble reste trop sage et le texte, écrit en 1976 par Michel Vinaver, aurait mérité une mise en scène plus moderne, un souffle plus incisif et des variations de rythmes. Jusqu’au dénouement final, paroxysme de la crise d’adolescence, on ne relève pas de mot plus haut qu’un autre et cette linéarité dessert la pièce.

Juliette CELLO (Paris)

Texte de Michel Vinaver
Compagnie Lavomatic
Mise en scène : Adrien Béal
Avec Claire Barbotin, David Farjon
Collaboration artistique : Lucie Désert
Scénographie : Muriel Bétrancourt
Création lumière : Anne Muller
Espace sonore : Jérémie Poirier-Quinot


Représentations du mercredi 18 au dimanche 22 juillet 2007 à 21h dans le cadre du festival « Nous n’irons pas à Avignon ». Durée 55 minutes.

Gare au théâtre,
13 rue Pierre Sémard
94400 Vitry-sur-Seine

Photo © DR
 

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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:22
DIRE OU NE PAS DIRE, TELLE EST LA QUESTION

Dans le cadre du festival Nous n’irons pas à Avignon de Vitry-sur-Seine, Maylis Bouffartigue présente sa dernière création artistique. Un spectacle surprenant qui interpelle le spectateur par sa forme insolite et par son fond interpellant.

Au début, on est déjà surpris. A peine entrée dans la salle, Maylis Bouffartigue, comédienne, créatrice et metteur en scène, se trouve sous la lumière d’un petit spot sur pied ; le spectateur est accueilli et invité à prendre place. Puis, le show commence. Elles sont trois. L’une d’entre elles ne cessera tout au long de la pièce de pousser une brouette pleine d’horloges. « Dimanche, c’est fête », s’écrie-t-elle soudain avant d’entrer dans une transe hypnotique, suivie aussitôt par les deux autres. Le ton est donné.


Il ne s’agit pas d’une pièce comme les autres et le spectateur va devoir chercher lui-même les réponses à ses questions. Aucun dialogue ne l’y aidera. Quelques minutes plus tard, assises sur un fauteuil à bascule et sur un petit banc, les deux femmes énoncent, en canon comme dans les chorales, les synonymes du verbe dire. Très vite se superposent une première bande-son, extraite d’une émission de radio, puis une deuxième et sans doute une troisième, tout s’accélère, s’amplifie, on ne distingue plus rien, le brouhaha l’emporte… et d’un coup, alors que le spectateur se sent ivre, emporté par le tourbillon, tout s’arrête. Silence. S’ensuit une variation sur le rire, qui commence par un petit « ha » et s’achève par l’expression « mourir de rire » mise en image.

Le puzzle se met en place Au début on ne comprend rien. Il n’y a pas vraiment d’histoire. Les petites scènes s’enchaînent pendant une heure, sans rupture avec des oscillations continuelles de rythmes, d’intensités, appuyées par des bandes-sons d’extraits de radio et des images vidéo projetées sur de grands écrans. Tout semble décousu. Puis, peu à peu, les éléments du puzzle se mettent en place. On comprend que tout tourne autour de la parole dans ce qu’elle a de plus absurde.

Miroir de l’espoir

En réalité, toute la pièce est centrée sur un même thème : l’homme ne pense plus par lui-même, il est étouffé par la masse médiatique qui lui dicte ses besoins et l’empêche de réfléchir. La langage a perdu sa valeur et il ne sait plus s’en servir. Au commencement était le verbe. Mais aujourd’hui, où en sommes-nous ? Voilà la question que pose Maylis à travers son spectacle. Et pour y parvenir, elle ne craint pas de toucher aux symboles. Elle compare ce phénomène de pensée unique à la religion qu’elle n’a pas peur d’attaquer. Vin éclaboussé, pain jeté à terre et un poisson rouge, enfermé dans un verre d’eau, symbole de l’homme qui étouffe, privé de sa liberté de penser qu’il ne sait plus utiliser. « Les Diseurs » s’élève contre la dictature de la pensée.

Mais tout espoir n’est pas envolé pour autant. Les miroirs dans lesquels se regardent les deux femmes l’affirment. Clés du passage entre deux mondes selon Cocteau, l’illusion qu’ils renvoient nous ramène aussi au doute cartésien. Grâce à eux, on peut prendre conscience de son état, de nouveau se réapproprier le langage et redéfinir la notion de besoin. Ce spectacle hors norme questionne le spectateur, le dérange, le pousse dans ses retranchements.
Les trois comédiennes investissent complètement leurs rôles, au point de paraître parfois possédées. Maylis réussit son pari, avec cette création extra-ordinaire, elle réussit à provoquer une réflexion qui sort elle aussi de l’ordinaire.

Juliette CELLO (Paris)

Les Diseurs ou déroute de dires et d’opinions d’un esprit perturbé
Compagnie Monsieur Madame
Conception, texte, mise en scène : Maylis Bouffartigue
Avec : Cécile Signoret, Laurence Diolez, Maylis Bouffartigue
Composition sonore et musicale : Mathius Shadow-sky
Lumière et décor : Christophe Deflorenne Images vidéo : Myriam Botto

Représentations du mercredi 11 au dimanche 15 juillet 2007 à 21h dans le cadre du festival « Nous n’irons pas à Avignon ».
Gare au théâtre, 13 rue Pierre Sémard 94400 Vitry-sur-Seine 

Photo © DR
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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:14
JOUR DE LESSIVE

Une fois par mois, Fatma se rend sur la terrasse en haut de son immeuble pour faire sa lessive. L’occasion, pour elle, de se ressourcer et de faire le point sur sa vie, loin de son emploi de femme de ménage. Une pièce drôle et enlevée qui passe à vitesse grand V.

Enfin, le jour tant attendu par Fatma est arrivé, aujourd’hui c’est le jour de la lessive mensuelle. L’occasion d’accéder à la terrasse située en haut de l’immeuble. « Ce jour-là, je me sens la reine du soleil ! », se régale Fatma. Comme si elle reprenait vie après un mois d’hibernation : elle chante, nettoie ses vêtements, se repose au soleil et surtout fait le point sur sa vie autour de trois bassines d’eau et d’une ligne à linge.


Mais attention, rien de pathétique ! Non, si elle passe pour réservée aux yeux de certains, en réalité Fatma est une battante incroyable, qui a élevé ses frères et sœurs sans jamais se plaindre grâce à un emploi de femme de ménage à la mairie et au ministère. « Où est le problème d’être femme de ménage ? » demande-t-elle, bravache, face au mépris de certains. Tous les jours, invisible aux yeux des autres, elle nettoie en silence. « Avec ma serpillière, c’est presque une histoire d’amour mais tout le contraire d’un conte de fée », affirme-t-elle.

Alors forcément, lorsqu’elle se retrouve sur la terrasse, à l’abri des regards et des médisances, elle se lâche, se moque de ses voisins en les imitant : celui surpris en train de battre sa femme, l’autre dont la moitié a des crises de folie passagères, le policier qui a répudié la sienne... Puis, elle s’attaque aussi aux hommes du ministère qu’elle côtoie de loin. Tour à tour, elle interprète une quinzaine de personnages différents avec autant de certitudes qu’une femme rapportant une scène incroyable à une amie en imitant tour à tour les intervenants.

Enjeux de l'Afrique noire

Les scènes s’enchaînent rapidement avec un rythme tantôt rapide, tantôt plus lent, bien maîtrisé. Le ton est vif, joyeux et on rit très souvent. Pour cette mama africaine en tunique jaune et pantalon bariolé, ce jour de lessive est essentiel, car il permet de faire retomber la pression accumulée pendant un mois. La terrasse est le seul endroit où elle se sent libre d’être elle-même. Mais sous la légèreté du ton, au détour de certaines phrases jaillissent de réelles problématiques sociologiques qui touchent l’Afrique noire : le mirage de la démocratie jamais atteinte, l’instabilité politique, les traîtres qui changent d’étiquette à chaque gouvernement, le mariage forcé, la répudiation. Des questions qui restent sans réponses.

Pendant une heure, le Sénégalaise Diarétou Keita donne vie à une Fatma attendrissante, énergique et pleine de vie totalement réaliste. Ce rôle, qui semble écrit pour elle, lui va si bien, qu’on a du mal à l’imaginer différente dans la réalité.

Juliette CELLO (Paris)

Auteur : M’Hamed Benguettaf, directeur actuel du Théaâtre National Algérien.
Mise en scène : Christophe Merle
Avec Diariétou Keïta
Technique : Fernando Lopès-Fadigas

Représentations du mercredi 11 au dimanche 15 juillet à 20h au festival « Nous n’irons pas à Avignon » de Vitry-sur-seine.

Photo ©aula Zamora
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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 18:01
CINQ FEMMES ET UN MARIAGE

Toutes cinq ont été choisies par la mariée pour vêtir la robe saumon mal coupée de demoiselle d’honneur. Un rôle qui ne leur plaît pas, étant donné leur mauvaise relation avec la reine du jour. Médisance, cynisme, potins en tout genre, se succèdent pendant une heure.

Une mère de famille au désespoir, une lesbienne maladroite portée sur les petits-fours, une ado en crise, une catholique obsessionnelle et une célibataire qui ne croit pas au mariage mais au respect mutuel et au sexe, voilà les cinq personnages principaux de la pièce.


Toutes ont été désignées demoiselles d’honneur par une mariée qu’elles détestent ou qu’elle ont perdu de vue et qui leur a imposé de porter une robe saumon ceinturée d’un bandeau qui ne met aucune d’elles en valeur. Très peu à l’aise au milieu des invités, elles s’échappent dès qu’elles le peuvent pour rejoindre un appartement situé dans le même immeuble. Potins, coups de gueule, révélations, tout le monde y passe et surtout les hommes.

Initialement, prévue pour durer deux fois quarante-cinq minutes, la pièce a subi quelques arrangements pour coller au format imposé du Festival "Nous n’irons pas à Avignon". L’impératif, à Vitry-sur-seine, est de faire tenir en une heure et demi, montage, spectacle et démontage. Du coup, il a fallu procéder à quelques arrangements qui ont sans doute modifié le charme de la pièce.

Américanitude

Les dialogues signés Alan Bell, scénariste d’American Beauty et de la série Seex feet under, sont plutôt réussis. Mais peut-être la volonté de faire rire est-elle trop affichée et, du coup, on se contente souvent de sourire.
Les comédiennes s’investissent dans leur rôle bien qu’elles soient souvent à deux pas du gouffre facile de la caricature.
Margaret, l’adolescente mal dans sa peau jouée par Alexandra Miller, est beaucoup surjouée. Malgré l’application que Lynn Clarke y met, son personnage de bigote, qui se signe à chaque pensée déplacée, sonne peu juste.
En revanche, Nathalie Barolle, avec son accent du midi épouvantable, joue à la perfection son rôle de célibataire désabusée.

L’ensemble forme, finalement, une pièce qui tient la route. Pour se détendre. Pour se détendre seulement. Car la bouffée d’air frais après une journée de dur labeur ne restera pas à jamais gravée dans les mémoires.

Juliette CELLO (Paris)

Compagnie Lever du Jour
Dialogues : Alan Bell
Mise en scène : Eric Vanelle
Avec : Delphine Alvado, Nathalie Barolle, Sébastien Bourdet, Anne Bourgès, Mary-Lynn Clarke et Alexandra Malfi.
Création lumière : Célia Tournay
Costumes : « Drôles de bobines »

Représentations du 11 au 15 juillet 2007, à 19h, au festival « Nous n’irons pas à Avignon » de Vitry-sur-seine.  Du 1er au 19 avril 2007, théâtre du Grand Rond à Toulouse.

Photo © DR
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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 17:11
Odile Darbelley et Michel Jaquelin se sont une fois de plus unis pour offrir à leur public un « dispositif pour une télévision d’art et essai ». On se souvient de ce couple pour la réalisation de l’affiche du Festival d’Avignon 2003 ou pour la performance « Go Between » en 2005. Ils reviennent pour tenter une expérience unique dans un théâtre contemporain transformé en scène télévisée où le public est divisé en deux…

Côté cour, un studio télé où un artiste anonyme, masqué d’un sac en plastique, s’évertue à réaliser une émission comme une œuvre d’art. Côté jardin, son spectateur « pilote » en la personne de Marcel, un artiste tout aussi déjanté qui peint tour à tour avec de l’Email Diamant, des spaghettis ou du calamar fumé…

Le public peut ainsi observer à tour de rôle la fabrication de l’émission et sa diffusion, ne pouvant jouir que séparément de ces deux contrastes. Aux côtés des artistes, un ethnologue filmant et observant les réactions de Marcel, une universitaire participant activement à la création de l’émission, et une critique d’art passionnée par l’art tangent, sans oublier le boxeur et le technicien, seul personnage visible de tous.

Et le public dans tout ça ? Il observe à la fois en tant que spectateur de théâtre, de télévision, et d’œuvre d’art. La télévision devient un personnage à part entière, un acteur qu’on écoute, un instrument et un partenaire pour le comédien seul sur scène… Plus qu’un simple objet, les acteurs manient subtilement les caméras, oubliant presque le public dans les gradins.

Une place sur scène pour la télé ?

Des documentaires, émissions culinaires, effets spéciaux et autres niaiseries, on retrouve tout ce qui fait la télévision, mais sur des planches de théâtre. Comme le dit lui-même Michel Jaquelin, « la télévion sert à donner matière à discussion ». L’objectif est atteint, le public une fois réuni à la fin de la pièce peut partager sa perception du spectacle, en fonction de l’endroit où il était placé. Côté studio, on peut apprécier les différents mécanismes, les astuces dont se servent les acteurs pour donner le résultat final visible côté grand public. On ne peut passer à côté du sentiment frustrant d’avoir loupé une partie importante du spectacle lorsque surgissent des éclats de rires de l’autre côté du mur. Qu’à cela ne tienne, l’expérience à laquelle se sont livrés les acteurs est une originalité qui mérite d’être observée. L’ambiance sonore étant partagée par toute la salle, on peut tenter de deviner ce qui se passe dans la partie invisible de la scène.

La télévision devient alors plus qu’une fenêtre sur le monde : un œil indiscret scrutant ce qu’il y a au-delà de la frontière de notre champ de vision.

Jennifer MAYEUR (Paris)

Tout le Bonheur est à l’intérieur – Dispositif pour une télévision d’art et essai
Réalisation : Odile Darbelley, Michel Jaquelin
Interprétation : Pierre Clarard, Odile Darbelley, Chicco Gramaglia, Michel Jaquelin, Delphine Jonas, Dany Kanashiro
Musique : Cyril Hernandez
Régie Lumière : Jacques-Benoît Dardan

Au Théâtre de la Cité Internationale jusqu’au 30 juin 2007

Crédit photo : DR
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Published by Jennifer Mayeur - dans À Paris 2006-07
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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 00:10
COMMENT SAUVER SA PEAU

La Peau d’Elisa est reprise au théâtre du Petit Gymnase dans une mise en scène originale qui laisse la part belle à la poésie du texte de Carole Fréchette.

Le visage peint en blanc surmonté d’un galurin, une salopette qui peine à contenir tous ses mouvements amples et exagérés, Elisa a tout d’un mime, sauf qu’elle parle. Et elle parle beaucoup, Elisa, elle parle d’elle, mais surtout de ses amours, des histoires qu’elle a vécues et d’autres qu’elle a pêchées ici et là au gré de ses rencontres. Sigfried le fou, Jan l’empressé, Ginette la boulotte et d’autres encore : comme pour les sept nains, c’est un détail de leur caractère qui caractérise le mieux les amants d’Elisa, car ce sont les détails qui font les bonnes histoires.
 Photo © DR

L’inquiétude palpable chez Elisa se révèle peu à peu et trouve son explication dans un phénomène étrange : la peau de la jeune femme pousse inexorablement, comme une tumeur généralisée, comme une carapace qui emprisonne Elisa dans son propre corps. Un jeune homme rencontré sur la terrasse d’un café et atteint de la même maladie lui a donné son remède : il faut raconter des histoires d’amour, les siennes ou celles d’un autre avec des détails qui font frissonner, des détails qui donnent vie à ces histoires.

La transmission orale tient souvent une place importante dans le théâtre de Carole Fréchette. Dans La Peau d’Elisa, elle est même au cœur de la pièce, car c’est en racontant des histoires qu’Elisa peut guérir de son étrange maladie. La pièce est méta-théâtrale dans le sens où elle illustre avec légèreté et beaucoup de poésie la catharsis chère à Aristote : dans sa Politique, ce dernier parle de l’âme des tragédiens qui se transporte hors d’elle-même et se trouve ainsi remise d’aplomb. C’est de cela même dont il s’agit ici. Elisa transporte son âme hors d’elle-même et la présente à ses auditeurs afin de la préserver de cette peau envahissante qui l’étouffe.

Amour, souvenirs et fétichisme


La mise en scène habile de Céline Texier-Chollet montre sa compréhension sensible du texte de Carole Fréchette. En jouant sur cet oxymore du mime loquace, elle insiste sur l’importance de la parole dans le processus de guérison du mal-être qui habite Elisa. D’autre part, le choix de représenter chaque amant par un objet, une chemise, un récipient rempli d’une substance colorée, illustre parfaitement la réflexion de l’auteure québécoise sur le souvenir, et l’importance des objets comme catalyseurs de ces souvenirs, tout en respectant la poésie propre au texte. A chaque histoire son rituel fétichiste qui rappelle que l’amour vit aussi bien dans l’être aimé que dans le souvenir, la pensée de l’être aimé.

L’ensemble est d’une convivialité troublante : chaque parole d’Elisa résonne chez le spectateur comme si elle lui avait été soufflée au creux de l’oreille. La performance d’Emilie Trasente en Elisa et de Yan Richard en planche de salut renforce cette impression que la pièce se joue avec nous. A la fois juvéniles et inquiets, drôles et émouvants, acteurs et victimes, les comédiens réalisent une performance remarquable en tous points et renforcent s'il en était besoin l’intensité d’une pièce puissamment bâtie et inspirée.

Morgan LE MOULLAC (Paris)

La Peau d’Elisa
Pièce de Carole Fréchette
Mise en scène, scénographie et costumes de Céline Texier-Chollet
Interprétation : Emilie Trasente et Yan Richard

Au Petit Théâtre du Gymnase, 38 bd Bonne Nouvelle 75010 Paris
Les 2, 9, 16, 23 et 30 Juillet 2007 à 20h30
Au Studio Marie Bell le 6 Août à 20h30 et du 23 septembre au 25 novembre 2007 le dimanche à 19h.
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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 23:37
SOAP-OPÉRETTE

Deux trentenaires qui s’aiment mais refusent de se l’avouer, une poupée Barbie nommée Cheryl, un collectionneur de poissons, quelques chansons, Revoir Amélie est une comédie légère mais qui peine à renouveler le genre.

L’amour rend aveugle, dit-on, mais l’aveuglement de deux êtres peut aussi faire obstacle à leur amour. Voilà en somme le propos de Revoir Amélie, la pièce d’Audrey Dana et Alex Nguyen. Martin est pilote, jeune trentenaire aisé et célibataire, bref, un garçon plein d’avenir. Mais cet avenir risque de s’assombrir quelque peu car il doit se faire opérer des yeux : Martin sera pleinement guéri ou aveugle. Avant cette opération, il décide de revoir Amélie, une amie de lycée dont il était secrètement amoureux.
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Tout le monde a croisé au moins une fois dans sa vie une Amélie. Bouillonnante de vie, impulsive, incapable de se fixer, drôle et fragile, la tête pleine de rêves, cette Amélie-là a en plus l’avantage d’être jeune et jolie. Amélie et Martin sont faits l’un pour l’autre pense-t-on dans un réflexe naïf d’habitués des soap-opéras. Mais c’était sans compter sur le sadisme des auteurs. Amélie et Martin se croisent, voyagent à Florence, habitent ensemble même, mais rien n’y fait : leur destin est d’être les Paul et Virginie de la génération Bridget Jones.

Deux acteurs attachants

Revoir Amélie est une fable romanticomique avec sursauts tragiques qui explore les affres de l’amour partagé mais inassouvi. Autant le dire tout de suite, le texte n’est pas le point fort de la pièce. Sur un thème impérissable, l’amour, les auteurs rendent une copie qui sera vite oubliée : les dialogues sont menés à bon train mais jalonnés de clichés sur les blondes, sur le football entre autres sujets, ce qui nuit à l’ensemble. Par ailleurs, le retournement final semble répondre à la mode du et-si-on-pouvait-tout-recommencer et laisse légèrement perplexe.

La mise en scène d’Elise Mc Leod donne une cohérence comique à la pièce. Les rares moments où la comédie laisse une petite place au drame sont vite écartés afin de donner à la pièce une dynamique constante. Le langage gestuel est parfois proche du burlesque – voir la scène où le couple est saoul – et donne lieu à quelques passages vraiment réjouissants.
L’alchimie entre les deux acteurs, Valérie Decobert et Jérôme Maroni, est parfaite et donne de l’envergure au texte. Leur charme et leur aisance dans des registres comiques différents – Valérie Decobert est une pille électrique et Jérôme Maroni un grincheux séduisant - insufflent à la pièce une légèreté agréable et l’on se surprend, malgré tout, à passer un bon moment.

Morgan Le MOULLAC (Paris)

Revoir Amélie
Une pièce de Audrey Dana et Alex Nguyen
Mise en scène : Elise Mc Leod
Interprètes : Valérie Decobert et Jérôme Maroni.

Du 19 au 22 Juin 2007 au Théâtre du Petit Gymnase, 38 Bd Bonne Nouvelle, Paris 10e.
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Chronique Fraîche