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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 08:11
IMPROVISATION NATIONALE

Composé d’un slammer fou et de deux acolytes multi-instrumentistes, l’Assemblée se propose, pendant plus d’une heure, d’improviser en paroles et en musique sur des mots livrés par le public lui-même. Un spectacle frais et drôle.

Voilà un spectacle original, né de l’éclosion du slam au grand jour, il y a plus d’un an maintenant, avec son représentant le plus médiatique, Grand Corps Malade. Si le slam a ses codes bien précis (un bar, un slammer, un texte), tout artiste digne de ce nom se doit de transgresser les normes et d’apporter un souffle nouveau à son art. C’est exactement ce que font Arthur Ribo (sic) et ses comparses de l’Assemblée avec leur spectacle qu’ils présentent tous les dimanches soir au théâtre des Blancs Manteaux. Car si la troupe a choisit de s’appeler l’Assemblée, c’est pour une raison bien précise. Composée du slammer Arthur Ribo et des musiciens Raphaël Aucler et Victor Belin, son but est de créer un spectacle interactif, voir participatif, pour reprendre une expression chère à une candidate à l'Élysée.
 Photo © DR

Les spectateurs, lors de leur entrée en salle, sont invités à écrire un mot ou une expression sur un papier que récolte Arthur Ribo dans son chapeau. Le slammer demande alors à un spectateur d’en tirer un au sort, il le lit à haute voix et se propose d’improviser sur le mot en question. Les musiciens, munies d’instruments, tous plus étonnants les uns que les autres, se chargent de traduire l’atmosphère et d’assurer le tempo du slammer dans ses pérégrinations verbales.

L’Assemblée mêle ainsi toutes sortes de spectacle vivant, du théâtre d’improvisation au concert, lequel se veut parfois rock, jazz, hip hop et souvent électro, le tout mené par un slammer fou, jamais avare de bons mots, capable des rimes les plus improbables sur des thèmes auxquels seuls des spectateurs malveillants ont pu penser. Pour Arthur Ribo, le mot « baliverne » devient ainsi l’occasion de raconter un voyage à « Bali, tel Jules Verne dans son tour du monde en 80 jours », et de se souvenir d’une conversation avec un chauffeur de taxi indien. L’improvisation passe alors du français à un anglais très approximatif, « but it’s a true story, it’s not a baliverne my friend ». Cà part dans tous les sens, çà n’a ni queue ni tête, mais il est quand même beaucoup question de la première partie de l’expression. Car si au théâtre, « on est coincé du c… », du "séant" disons, il est grand temps de nous lâcher un peu, semble nous dire l’Assemblée. On rit donc franchement devant autant de fraîcheur et de décontraction, de tournures de phrases alambiquées et d’approximations réussies. Personne, surtout pas eux, n’ont prétendu révolutionner quoi que ce soit, seulement il est temps selon eux de s’amuser de rien, de sentir que c’est encore possible de revendiquer l’amateurisme comme une bouffée d’air frais, qu’on peut encore se permettre de monter sur une scène pour y raconter n’importe quoi. Avec du cœur et du talent, le pari est réussi.

Julien GOURDON (Paris)

L’Assemblée, trio d’impro slam et musique

De et avec Arthur Ribo, Raphael Aucler, Victor Belin

Au Café théâtre des Blancs-Manteaux, 15 rue des Blancs Manteaux (Paris 4ème)
Réservations : 01 48 87 15 84

Tous les dimanches soirs à partir de 19h30 (prolongation en février 2007).
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 01:04
Article publié le 24 mars 2006 à l'occasion de la sortie de son premier album en février.

LOIZEAU RARE


Il faudrait un coeur d'airain pour ne pas être sensible à l'onirisme contagieux, la musicalité transportante, l'inventivité, la variété et la sensibilité bouleversante de cette artiste hors pair qui épouse les superlatifs et ne peut que compter, plutôt tôt que tard, dans le haut du tableau des talents de demain.

Rire puis pleurer en écoutant Emily Loizeau, c'est possible. La bougresse sait trop bien nous déchirer le coeur et nous embaumer l'âme en un tournemain. Quand je l'ai écoutée la première fois lors d'un concert à Boulogne qui réunissait de jeunes talents, j'ai pensé à ce que m'a toujours dit mon père, médusé la première fois qu'il a entendu Brel à la radio, j'ai compris ce qu'on pouvait ressentir quand on découvre un(e) inconnu(e) que l'on va bientôt s'arracher.

Photo © Lisa Roze

Emily Loizeau est inclassable par sa voix, douce et assurée, ses mots mutins et matures, son style - ses styles -,  mariant nostalgie et joie de vivre,  même si des thèmes graves, la mort, omniprésente, les déceptions amoureuses, sont souvent envisagées dans un registre métaphorique, certaines chansons allant presque vers la comptine pour enfants, tandis que d'autres sont piquantes ou donnent dans l'absurde. Et que dire des mélodies si envoutantes et si pénétrantes que même mise en boucle, la lassitude n'est jamais à craindre ... Le goût de la jeune franco-anglaise pour les mélodies de Bob Dylan est très net... On pourrait avoir plus mauvaise référence. Bref, pour reprendre des mots de Brassens, "tout est bon chez elle, y'a rien à jeter, sur l'île déserte, il faut tout emporter".

Je ne sais pas choisir
entre toutes les mélodies de cette précieuse artiste qui promet un nouvel Âge d'or pour la chanson française. Les bonnes fées du talent et les rois mages, Balthazar en tête, se sont sans doute penchés sur son berçeau. En plus, elle n'est pas bégueule et du genre : je veux réussir car Je suis jalouse du succès des autres. Voila pourquoi elle nous met La folie en tête. On l'écouterait volontiers de l'Angleterre - et ses Boby(-ies) chéri(s) - à l'Autre bout du monde. Cette fille ne peut que réussir, c'est Mon petit doigt qui me le dit. En un mot, Comment dire... Emily est bien Loizeau rare que se cherche la chanson française.

Stephen BUNARD (Paris)

Emily Loizeau, L'Autre bout du monde.
La Cigale, 120 boulevard de Rochechouart, Paris 18e, le 18 décembre 2006
informations : 01 49 25 89 99

Album sorti le 28 février 2006 chez Fargo Records.
En savoir plus sur ses tournées.
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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 18:11
NOCTURNE SOLAIRE

Une affinité musicale sous la baguette de Kazushi Ono réunit Debussy, Stravinsky et notre contemporain Georges Benjamin. Tel est le trio d’amis avec lequel dialogue la dernière création de la Belge Anne Teresa De Keersmaeker et de ses 14 danseurs de Rosas. Musiques fluides et chorégraphie chamarrée.

D’un soir un jour est un voyage intemporel. Un clair-obscur évanescent, propice aux mirages. Debussy ouvre le bal avec son Prélude à l’après-midi d’un faune et le referme avec Jeux. Deux morceaux créés expressément par la radicalité de Nijinski qui en scandalisa plus d’un. Des extraits restaurés dans un prélude silencieux lui rendent ici un bel hommage. Entre les deux, Debussy respire encore, jusqu’aux deux pièces maîtresses signées Georges Benjamin. Son Dances figures est une création spéciale pour la chorégraphe qui y ajoute ce Ringed by the flat horizon (1980). Pour passer de l’un à l’autre, Stravinsky fait de courtes irruptions avec sa Symphonie pour instruments à vent (dédié à son ami Debussy) et son Firewoks (feu d’artifices). Une musique d’orfèvre, délicate et puissante, qui va de la légèreté de la flûte, à la grâce de la harpe en passant par la fougue des cuivres, des percussions et autres cors.

Le Trio du faune © Photo : Heman Sorgeloos

L’ensemble du programme dégage l’harmonie de la «boucle bouclée». Réussite en demi-teintes. Difficile de passer à la loupe la densité chorégraphique globale. Sachez que le voyage démarre un après-midi indolent et se termine lors d’un crépuscule ludique et coquin. Le tout dans une scénographie minimaliste (parois lourde) de Jan Joris Lamers (un plafond mouvant de néons). D’évidence, la lumière tient son rôle de maîtresse du temps. Il emmène, du mordoré à l’azur, nos quatorze danseurs en les focalisant dans des pérégrinations, réelles et imaginaires. Les meilleurs moments : le trio d’un faune pris dans le mirage de deux nymphes, le quasi solo d’une femme inassouvie (combative) qui cherche le ciel - danse sur une table - et ne trouve que la terre… L’ensemble (uni) qui s’éclate comme un premier tir de billard pour se retrouver dans une danse «tempétueuse»… Malheureusement, la chorégraphie disparate de Rosas nous a parut parfois laborieuse dans ses enchaînements et dénuée - pour ne pas pas dénudée - d'intérêt dans ses costumes. L’ensemble du voyage est haché, la sensualité rame dans Jeux et le divertissement, est gratuit dans le feu d’artifices… Reste la direction d’orchestre sensible de Kazushi Ono qui nous abonne au bonheur…

Nurten AKA (Bruxelles)

D’un soir un jour, d’Anne Teresa De Keersmaeker, créé au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles le 17 mai 2006.

En tournée française. Jusqu’au 10 juin à Paris, au Théâtre de la Ville, le 1er juillet à Montpellier Dance, du 29 septembre au 30 octobre à l’Opéra de Lille, du 28 au 30 novembre au CDC Toulouse. Infos: www.rosas.be
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14 avril 2006 5 14 /04 /avril /2006 16:54
VIBRANT HOMMAGE

Magnifique hommage à Dimitri Chostakovitch 2006, l’année du centenaire de Dimitri Chostakovitch, grand compositeur de musique classique mort en 1975. A cette occasion le Théâtre de la Croix- Rousse propose le spectacle sur lequel Philippe Delaigue est à pied d'oeuvre depuis 2001.

Le Quatuor Debussy est à l’origine de cet événement, c’est sur la péniche Opéra à Paris que le quatuor décide de mêler de la correspondance de Chostakovitch à son concert. Cette petite anecdote est évoquée lors de « l’apéro Chostakovitch en lettres et en notes », qui fait partie des rendez vous originaux que propose le théâtre avant la plupart de ses pièces. A la veille de la première, le quatuor Debussy et le comédien sont réunis afin de présenter le spectacle devant quelques personnes. Dans le hall du théâtre, le quatuor prend place et commence à jouer une œuvre de Chostakovitch, après cet époustouflant moment musical, le comédien commence à lire une lettre du compositeur. Le Quatuor Debussy répond avec simplicité et modestie aux différentes questions que le public se pose, puis il rejoue plusieurs morceaux de Chostakovitch dont beaucoup ne font même pas partie du montage.

Crédit photo © David Anemian

Puis vient le soir de la représentation, après le formidable moment d’intimité qu’avait été la présentation du spectacle, le spectateur est plein d’attentes auxquelles le montage et la mise en scène de Philippe Delaigue, le comédien Yves Barbaut et les membres du quatuor répondent entièrement. Les décors et les costumes de Cécile Léna sont assez représentatifs de la vie en URSS, tout en évitant la caricature par leur simplicité. Puis l’ingénieux procédé du mur qui s’avère être une toile peinte, au travers de laquelle le jeu des lumières de Thierry Opigez fait apparaître le quatuor en transparence, sublime le concept du spectacle.

Le comédien interprète un Chostakovitch bouleversant, il parvient à faire ressentir la difficulté d’être un artiste sous un régime où la reconnaissance passe par la seule production d’une œuvre réaliste socialiste ; l’angoisse de Chostakovitch est omniprésente dans les mots, mais aussi dans ses mélodies. Le metteur en scène a d’ailleurs choisi d’entremêler les lettres aux notes, comme si les mots, que Chostakovitch a pu écrire, ne faisaient sens qu’en parallèle avec son œuvre musicale. Un étrange sentiment gagne le spectateur, il plonge au cœur de l’âme tourmentée de Chostakovitch. La scénographie amplifie cette sensation puisque la toile peinte qui sépare le comédien, au devant de la scène, et le quatuor, derrière ce mur qui semble opaque à première vue et qui par les éclairages devient un voile transparent derrière lequel les musiciens apparaissent, ressemble à une vue de l’esprit de Chostakovitch. Le quatuor ne rejoindra d’ailleurs le comédien qu’à la mort du personnage qui se fait elle aussi en musique.

Au final, le concept original du spectacle est exploité avec justesse et rend un hommage vibrant au compositeur, dont les lettres et l'esprit nous semblent désormais familiers. Dommage que les notes s'arrêtent...

Audrey HADORN (Lyon)

Chostakovitch en lettres et en notes
Montage et mise en scène : Philippe Delaigue / Quatuor Debussy
Comédien : Yves Barbaut
Théâtre de la Croix- Rousse du 11 au 15 Avril
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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 23:37
MÉMOIRE DE LA DICTATURE STALINIENNE

Des panneaux de plexiglas, rectangulaires, glissent de haut en bas et de droite à gauche. En se croisant, ils créent des parcours de fuite, des cachettes. Les personnages se cherchent, disparaissent et réapparaissent. Quelquefois, ils crient de derrière les panneaux, défigurés par leur semi-transparence. L’Américain John cherche le spectre de son père Erwin, mort alcoolique, et de sa mère, dont il sait seulement qu’elle s’appelle Sonia. Durant ses dernières années de vie, son père cherche à se souvenir de cet unique amour, et à raconter à leur fils l’histoire de son assassinat en Russie. Le temps du spectacle, Erwin redevient jeune. Il parcourt toute la Russie pour trouver Sonia, se perdant dans le mouvement des panneaux pour enfin la retrouver, et l’aimer avant qu’elle ne meure, tuée par le communisme. Le colonel Kolochine, représentation symbolique de Staline, cherche lui aussi Sonia, la trouve, la viole, et doit la tuer lorsqu’elle crie contre le communisme. Une quarantaine de comédiens, accompagnés d’un petit orchestre, chantent, grotesques, la dictature communiste. Et ils se perdent et se retrouvent au rythme de la bande sonore du film In the mood for love de Wong Kar-Wai (2000).

La Putain américaine ou Le voyage à travers la Russie en compagnie de papa-alcoolique est à l’origine un texte d’Irakli Kvirikadze, scénariste et réalisateur russe. Bien que Kvirikadze soit connu en Europe et aux USA pour d’autres travaux cinématographiques, et que son scénario La Putain américaine ait reçu des prix, le film n’a jamais vu le jour. En effet, la critique de la dictature stalinienne y est très présente, rappelant ainsi les fautes des dictatures passées ou actuelles. Les personnages sont décadents, drogués par la propagande. Ils crient, rient, pleurent, emprisonnés dans une fête-mensonge en laquelle ils croient, où la guerre est d'une autre dimension, trop lointaine. Seul Erwin Parker, qui rappelle l’Idiot dostoïevskien, perçoit la toute-puissance de la dictature, mais seulement lorsqu’elle devient un obstacle à son amour pour Sonia.

Le metteur en scène Alexandre Slavoutski, invité depuis six ans au Festival Russe organisé par le Théâtre Toursky de Marseille, souligne la violence de la dictature stalinienne. Son collectif, né il y a treize ans au sein du théâtre dramatique russe Katchalov de Kazan, a travaillé sur la manière d'en rendre compte à travers une satire aigre-douce. Slavoutski représente en avant-scène la farce publicitaire de la dictature, pendant que derrière les panneaux se poursuivent les méfaits du régime, la vérité est nue et crue. La dictature est ainsi soulignée par son absence ; on ne peut la toucher concrètement.
Ainsi, l’amour de Sonia et Erwin devient une excuse pour retracer l’histoire de la Russie, de la Deuxième Guerre Mondiale à la Perestroïka. Dans la dernière scène, la fête-publicité en l’honneur du communisme, déjà évoquée dans plusieurs scènes, devient une manifestation de la liberté sous l’égide de Gorbatchev. Le spectacle présente la dictature stalinienne comme le Mal absolu, occultant tout de même les problèmes sociaux actuels de la Russie.

Mattia SCARPULLA (Marseille)

La Putain américaine, texte d’Irakli Kvirikadze, mise en scène d’Alexandre Slavoutski, Grand Théâtre Dramatique Russe Katchalov de Kazan, a été représentée au Théâtre Toursky, du 31 mars au 2 avril, Marseille Informations : 0 820 300 033 – 04 91 64 15 17
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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 13:40

DES GARS DU NORD ENTHOUSIASMANTS !

Un plaisir évident de la scène. Un ensemble vif, rythmé, dansant et dôle… Le petit monde des Blaireaux gagne à être connu. Et reconnu… …

 Des textes ciselés comme des petits bijoux. Une voix chaude, profonde et belle qui met en vie des mélodies entraînantes et riches… Un concert des Blaireaux, ce n’est pas qu’un concert. C’est tout un univers. Fait de musique, d’ironie, de drôlerie, de subtilité, de poésie, de tendresse et de comédie. Un équilibre parfait entre sons, mots, mise en espace, rythme et humour…



D’une histoire d’amour à une histoire de presse, de la tendresse nostalgique et douloureuse de « Pakraz » à la drôlerie provocatrice d’une « auberge du chat qui pète », les Blaireaux construisent pour leur public un monde suspendu entre terre et ciel. Dans lequel les mots, le rêve, les rimes, les éclats de rire et les airs entraînants sont rois. Ajoutez à cela un dynamisme et une bonne humeur qui débordent de la scène à la salle… Et tous les ingrédients sont là pour que le concert s’inscrive dans les petites annales des grands moments du Bateau Ivre.

D’autant que ces Blaireaux là troquent parfois leur talent de musicien pour endosser avec grâce celui de comédiens, de danseurs-sans-prétention voire de conteur. Brodant leurs airs d’histoires, liant deux chansons d’anecdotes amènes, pédagogiques ou géographiques, de telle façon que l’ensemble file de manière fluide et remarquablement construite. Le tout habillé de lumières bien pensées, soulignant de couleurs oranges, bleutées ou blanches les ombres et les mots. Et contribuant à créer la magie ambiante.

On friserait presque la perfection… seul petit bémol, et parce que la perfection n’est pas de ce monde, notons que les tenues de scène mériteraient un peu plus d’attention… cela n’ajouterait pas grand-chose au talent, mais l’esthétique de l’ensemble y gagnerait en panache… En panache seulement. Pour le reste, non seulement les Blaireaux ont tout ce qu’il faut mais ils savent en plus communiquer leur plaisir de la scène… impossible de sortir d’un tel spectacle sans avoir… la frite !

Karine PROST (à Tours)

Les Blaireaux en tournée les 20 et 21 février à Paris 17ème (L'Européen) Résas : 01 43 87 97 13 + Fnac et Ticket Net - le 23 février à Bayeux(14) La Halle aux Grains Résas : 06 26 38 23 02 – le 28 février à Montaigu (85) Cinéma-Caméra 5 Résas : 02 51 46 45 45 – le 4 mars à Bersée(59) Rencontres Culturelles en Pévèle Résas : 03 20 05 97 63 – le 9 mars à Lille(59) Maison Folie de Wazemmes – le 24 mars à Pouzauges (85) Centre Culturel L'Echiquier Résas : 02 51 61 46 10 – le 7 avril à Agneaux (50) Centre Culturel
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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 21:52

 

COURIR LES RUES : MANQUE DE SOUFFLE…

En concert au Bateau Ivre (Tours), les 4 compères de « Courir les Rues » promettent de la chanson swing, à grand renfort de cuivres et d’engagement poétique. Promesse un brin prétentieuse…



Il y a là JB, Maxime, Olivier et Louis. Quatre gars pleins de punch. Quatre musiciens polyvalents, du trombone à la caisse claire, du violon à la guitare en passant par l’accordéon… mais (exception faite de JB à la trompette) bien peu de prodiges…

Certes, ils ont l’avantage de ne pas se prendre au sérieux et de flirter plutôt habilement avec l’humour. Ils ont aussi l’indéniable atout du dynamisme et un sens de la scène patenté. Mais cela suffit-il à faire de cette prestation une réussite ? Rien de moins sûr.

Sur des mélodies souvent simplettes, les paroles ne présentent généralement même pas l’intérêt de l’esthétique. Et encore moins celui du message. Une platitude qui n’a d’égale que celle de la pauvreté des rimes. Quant aux rares jeux de lumières, leur agressivité les rend désagréables et n’ajoute pas grande utilité à l’ensemble. Un ensemble qui semble ne pas avoir encore trouvé son juste souffle…

Car des qualités, le groupe en a. Certaines mélodies sortent du lot, swinguent effectivement plus que les autres. Ce n’est jamais de la grande musique, mais on se laisse prendre par la bonne humeur et l’humour de certaines chansons. Et lorsque les compères décident de mêler leurs voix, ils font oublier la flagrante faiblesse de chacune prise isolément… Et la magie opère alors. Il est donc dommage qu’ils ne sachent pas suffisamment sélectionner leurs textes. Qu’ils n’exploitent pas assez le filon de l’humour et qu’ils ne conjuguent pas plus souvent leur voix. Leur talent s’exprimerait sans doute plus pleinement dans ce registre là…

 

Karine PROST (à Tours)

« Courir les Rues » En concert le 23 mars a Lille (le Biplan) – le 24 mars a Séclin (Le Croque Notes) – le 25 mars à Lille (le Kosmos) - le 26 mars à Bruxelles (La Soupape)
Louis (contre basse), Maxime (guitare), Olivier (accordéon) et JB (trompette).
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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 22:40
UN PLAISIR MAJUSCULE

 

 

C’est à une rencontre peu banale que j’ai été convié salle Roquille, en ce mois de novembre. Il est vrai que ce lieu théâtral n’a jamais rien fait comme tout le monde. Cette fois-ci, il accueillait Guigou Chenevier et ses « Musiques minuscules ».

 

Quand on entre dans la salle, on croirait pénétrer dans une exposition consacrée au concours Lépine ou dans une ludothèque. Le plateau est plein d’instruments miniatures, d’objets hétéroclites, de trucs, de machins, de bidules. Il nous paraît improbable que des sons harmonieux sortent de ces engins-là. Et pourtant…

 

Guigou Chenevier, homme-orchestre, inventeur et poète, nous fait partir à la redécouverte de sons oubliés et nous en révèle d’autres, dont nous ne soupçonnions même pas l’existence. Tel un Buster Keaton musicien, sans un mot, il nous emmène tranquillement dans son monde serein et coloré.

 

J’ai ressenti un plaisir majuscule lors de cette soirée rieuse, les yeux et les oreilles émerveillés comme ceux d’un enfant. Que demander de plus ?

 

 


Musiques minuscules

Musicien : Guigou Chenevier

Salle Roquille 3, rue Roquille • Avignon

Tél. : 04 90 85 43 68

salle-roquille@wanadoo.fr

Vendredi 25 novembre 2005 à 20 h 30

Tarifs : 10 € et 7 €

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Chronique Fraîche