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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 17:17
Brasil Brasileiro est le nouveau spectacle du metteur en scène Claudio Segovia, natif de Buenos Aires, dont les précédentes créations, telles que Flamenco Puro, Tango Argentino ou Black and Blue, ont été couronnées de succès et lui ont valu de nombreux prix.

On est donc impatient et déjà presque convaincus avant de voir cette nouvelle performance, et le spectacle est à la hauteur de nos espérances : deux heures de danse et de musique, alimentées par une source intarissable d’énergie, révélant la splendeur du Brésil et la richesse de sa culture, indissociable de la musique et la danse incarnées dans la samba. Ce pays, dont l’image est parfois réduite à des clichés carnavalesques et footbalistiques, voit son gigantisme et sa diversité parfaitement reflétés à travers les prouesses de trente danseurs, quinze musiciens et cinq chanteurs parmi lesquels la mythique diva à la voix rauque Elsa Soares. Elle démontre qu’elle est loin d’être en reste devant ses jeunes camarades en ce qui concerne le déhanché, malgré ses presque 70 ans.

Cette succession d’une trentaine de tableaux réunit samba, capoeira, bossa nova, hip hop, jazz et percussions, des expressions artistiques imprégnées à la fois de traditions et de modernité, et témoins de l’histoire du pays, du métissage des hommes, du syncrétisme des religions et d’une fusion des cultures. C’est un spectacle à la fois époustouflant et divertissant, qui fait vivre le Brésil sur scène. Le premier tableau, Batuque, rassemble tous les danseurs, vêtus de blanc, qui frappent le sol, comme le nom l’indique en portugais, et dansent en ronde. Parmi eux, un enfant , mis en avant plusieurs fois tout au long des chorégraphies de groupe parce qu’il est l’unique bambin, mais considéré à égalité par les autres danseurs : ce n’est ni une mascotte, ni un moyen d’attendrir le public. Il est simplement représentatif du fait que la samba est un fil conducteur de la culture brésilienne, et que les générations se confondent en elle. Chansons et chorégraphies alternent sur scène, souvent teintées d’un couleur de music-hall, jusqu’à ce que l’avant-dernier tableau rassemble tous les artistes sur scène pour une batucada détonante, florilège de percussions et de danses endiablées.

Après avoir été présenté en France au Théâtre du Châtelet en décembre dernier et aux Nuits de Fourvière début Juillet, la troupe de Segovia enflamme Barcelone puis Londres cet été.

Balkis de SOUZA (Barcelone)

Brasil Brasileiro
Du 18 au 23 Juillet au Festival du Grec de Barcelone
Du 27 Juillet au 20 Août au Sadler’s Well Theatre à Londres.
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Published by Balkis de SOUZA - dans Chroniques 2005-06
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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 13:11
LES SUPER HUIT

Lors de l’été 2004, la trouvaille dans la rue d’une caisse remplie de films, pour la plupart des films amateurs en Super 8 datant des années 70, est le point de départ du projet de ce groupe de musiciens. Après avoir réuni toutes sortes d’objets eux aussi, laissés à l’abandon sur les trottoirs barcelonais, naquit la Caixeta (petite caisse, en catalan) de CaboSanRoque.

Les membres de cette formation, au nombre de huit, sont maintenant dotés d’une quarantaine d’instruments dont une grande partie est issue de leur propre fabrication, au moyen de ces objets détournés de leur chemin vers la déchetterie, auxquels s’ajoutent quelques instruments classiques : guitare éléctrique, claviers, éléments de batterie, accordéon, etc. Après s’être cloîtrés les deux dernières années à l’intérieur d’un pièce de 7 m2 pour composer une bande sonore artisanale pour ces films tombés par hasard entre leurs mains, CaboSanRoque nous livrent maintenant le résultat de leurs expérimentations. On arrive donc très enthousiaste et un soupçon impatient sur la Plaça del Rei pour découvrir le résultat de ce travail de laborantins.

Un univers plutôt déluré

Le spectacle est en plein air, donc sans rideau et le décor est déjà planté : une caisse de 27m3, rassemblant de nombreux objets saugrenus et surprenants, tels un chiot mécanique en peluche équipé de baguettes pour jouer du xylophone, une sorte de poinçonneuse aux allures de caisse-enregistreuse, ou encore une piste de train éléctrique et un écran surplombant le tout. Ils arrivent sous les applaudissements du public, ils sont quatre : trois hommes vêtus tels des soldats de plomb - à cela près que des capsules de bière font office de boutons de manchettes - et une femme, portant l’apparât d’une danseuse classique. Un univers plutôt déluré. Tous représentent ainsi les personnages typiques d’une boîte à musique. Une petite touche catalane pour les costumes, tous portent des espadrilles.

Cependant, par la suite, les choses se gâtent. Les films sélectionnés parmi la vingtaine découverte montrent différentes scènes : plage, jeune garçon jouant au football, voyage à Tokyo, course-poursuite entre lions et zèbres, couplés à des effets visuels et interludes réalisés par le collectif Reykjavick. Le problème, c’est que la musique n’a presque rien à voir avec l’action des vidéos projetées et pire, elle n’est pas synchronisée. Ce qui donne au final des films insignifiants juxtaposés à une musique rébarbative et ennuyeuse, pour ne pas dire agaçante. C’est volontairement que l’usage des instruments est détourné, mais voir une scène de savane accompagnée d’une musique de fanfare à trois notes interminable, c’est dommage pour une bande sonore. Ce qui aurait pu être une performance revisitant le charme des films muets se trouve être une cacophonie dont on ne voit pas la fin. Un spectacle décevant, dû à un potentiel de créativité inexploité. Il ne faut au moins saluer le travail des artistes, qui ont réussi à faire d’objets quelconques des instruments de musique pour le moins originaux.

Balkis de SOUZA (Barcelone)

La Caixeta de CaboSanRoque, 10 Juillet, Plaça del Rei (Festival du Grec de Barcelone)
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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 12:16
Dans les dernières dix années, l’art vivant italien a perdu une grosse partie des subventions de l’Etat. En même temps, le peu de festivals qui pouvaient survivre, grâce à la place qu’ils s’étaient taillés dans la tradition culturelle italienne, ont changé leur programme, en donnant espace à la scène européenne et internationale. Les organisateurs de certains festivals, comme ceux de la province de Turin, Festival delle Colline et Vignale-Danza, se sont imposés des changements pour réussir à garder vivante et hétérogène la culture italienne.


Le festival Vignale-Danza, organisé par le Teatro Nuovo de Turin, accueille chaque année des concours et des master-classes de danse classique pour jeunes danseurs. Il est le lieu de rencontre pour des compagnies italiennes et étrangères. La petite ville de Vignale s’habille avec les danseurs, les pédagogues et les théoriciens. Elle est localisée dans la verte province d’Alessandria. Ce festival a été toujours lieu de présentation et de discussion sur la danse classique. Maintenant, il accueille aussi des compagnies de technique contemporaine. Mais le festival est surtout devenu très important parce qu’il a commencé à inviter des compagnies de danse traditionnelle, espagnoles ou asiatiques.

En outre, Robert North, chorégraphe de la compagnie du Teatro Nuovo, s’inspire pour ses créations de la tradition théâtrale. Cette année, le public pourra assister à Notte Shakespeariana (Nuit Shakespearienne) la dernière création de North, et aux danses de la Compagnie Argentina de Tango Anibal Pannunzio e Magui Banni. Le 7 juillet la XI édition du Festival delle Colline de Turin s’est conclue. Les théâtres de la ville et de sa banlieue ont accueilli des artistes de la scène théâtrale, classique et expérimentale, italienne et internationale. Depuis quelques années, la scène du festival évolue en relation avec les scènes d’Annecy, Lausanne, Chambéry, mais surtout en rapport au Festival d’Avignon.

Plusieurs metteurs en scène ayant participé aux Festivals In et Off sont invités à Turin. En outre, des compagnies comme Motus, Fanny e Alexander, e celle de Michele di Mauro se font connaître durant ce festival par les programmateurs français et suisses. Cette année, Pippo del Bono a présenté son duo Il tempo degli assassini ( Le temps des assassins). Le metteur en scène raconte, ironique et grotesque, le monde contemporain, avec l’un de ses compagnons de voyage, Pepe Robledo. Romeo Castellucci et Antonio Latella retournent souvent au Festival delle Colline. Latella a présenté sa création Studio di Medea (Etude sur Médée). Castellucci, del Bono et Latella font partie des grands créateurs italiens qui ont été connus d'abord à l’étranger, et seulement ensuite ont réussi à faire entendre leur monde poétique en Italie.

Dans ces deux festivals, classique et contemporain, expérimentation et tradition se trouvent encore à dialoguer, ils n’ont pas leurs festivals et leurs publics respectifs comme en France. En même temps, la grande tradition de festivals français a sûrement aidé à les organiser pluridisciplinaires et à les rendre interactifs avec le public.

Mattia SCARPULLA (Turin)

Vignale Danza - Festival International de danse et des arts intégrés, a lieu cette année du 30 juin au 5 août Informations : www.vignaledanza.com

Le Festival delle Colline s’est déroulé du 7 juin au 7 juillet, Turin Informations : www.festivaldellecolline.com
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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 10:46
Le cirque Romanès, c’est un cirque familial, dirigé par Alexandre Romanès qui est un Bouglione, mais qui a tout simplement pris le nom de son cirque et mentionne qu’il a hérité d’une tradition familiale des arts du cirque se perpétuant depuis son arrière-grand-père. Il travaille donc sous sa propre griffe. Et ça marche, car on se situe aux antipodes des numéros aseptisés et de l’entertainment des cirques à la Monte-Carlo, et ce d’autant plus que c’est un cirque tzigane, donc plein de style. Chemises à motifs, jupes à fleurs, bijoux et dents en or, foulards et autres châles sont là pour nous le rappeler. Il y a aussi ceux qui sont annoncés comme « figurants », à savoir les membres qui ne se produisent pas dans les numéros, mais qui font partie de cette joyeuse tribu et qui assistent au spectacle assis sur le bord de la piste, tels des spectateurs inclus dans l’action.

Ainsi, on se sent vraiment chez soi, comme si on était un Romanès, comme eux. Mais avant tout et surtout, ce qui nous plonge dans la tradition tzigane, c’est cet orchestre qui accompagne les performances du début à la fin par une musique qui nous fait voyager au pays de Kusturica, en concordance avec la voix de Délia, l’épouse d’Alexandre. Un petit chapiteau aux motifs fleuris, quelques caravanes, et un équipement qui se limite au nécessaire, le cirque Romanès joue un spectacle qui se veut simple et sans prétention. C’est peut-être ce qui lui a inspiré le titre de son spectacle, « Rien dans les poches ».

Pourtant, on se rend compte qu’avec pas grand-chose, on peut émerveiller un public. Ici, c’est l’ingéniosité et le jeu de scène qui font tout et la qualité des numéros n’est jamais affectée par ces installations rudimentaires. On se rappellera longtemps un numéro étonnant et attendrissant, exécuté par une trapéziste et son perroquet blanc : il court sur elle et saute de ses pieds à sa tête, pendant que celle-ci effectue ses figures, puis il se permet de lui voler la vedette en lui tournant autour du pied et en hérissant ses plus belles plumes, il vient même l’embrasser. On se souviendra aussi des performances émouvantes de corde lisse et duo d’acrobates suspendus tout en haut du chapiteau, au son des chansons mélancoliques de Délia ; ainsi que de la fildefériste qui danse au rythme de la musique jouée par l’orchestre, le tempo n’étant pas des plus lents, sans perdre l’équilibre. Le tout est effectué sans filet ni aucune sécurité, si ce n’est la vigilance d’Alexandre, ce qui, il faut le dire, titille notre nervosité, mais ne fait que valoriser le professionalisme des acrobates. Le clown est une femme, plutôt déjantée, qui passe du jonglage à la singerie du flamenco pour mettre à contribution nos maxillaires. Les disciplines sont classiques, du jonglage au cerçeau en passant par le contorsionnisme, mais la manière de les éxecuter fait toute leur originalité. Alexandre Romanès déclare qu’il est étonné du succès que rencontre un spectacle aussi simple, mais de notre côté, on sait ce qu’il en est : pas de fioriture, rien de surfait, un spectacle tout simplement inventif et divertissant, c’est ce qu’on aime dans ce cirque.

Balkis de SOUZA (Barcelone)

Cirque Tzigane Romanès, « Nada en los bolsillos »
Du 26 Juin au 5 Août à Barcelone, au CCCB, dans le cadre du festival du Grec.
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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 09:43
Critique du spectacle d’inauguration du 30e Festival du Grec : Plurals, 25 Juin.

Le spectacle d’inauguration fût musical avec une scène partagée par trois artistes différents, mais placée sous le signe de l’unité, par la magie de la création. Le basque Jabier Muguruza, le catalan Francesc Pi de la Serra et l'andalou Javier Ruibal étaient accompagnés du même ensemble d’excellents musiciens originaires de toutes contrées, sous la direction de Munir Hossn. Pour autant, les performances n’étaient pas toutes du même calibre.

D’abord, Muguruza, obsédé par le fait de justifier toutes ses chansons. Il est vrai qu’étant en basque, presque personne ne peut comprendre le texte, mais aller jusqu’à lire la traduction intégrale d’un texte avant de chanter, c’est un peu rompre le mystère et la magie de l’expression artistique. Cela peut cependant se comprendre dans la mesure où chez Muruguza, tout est dans le texte, les performances vocales ne se trouvant guère au rendez-vous. Pourtant, après avoir annoncé une chanson parlant d’amitiés, on se trouve confronté à un « si tu viens chez moi, tu trouveras toujours un cendrier propre »... que nous préférons passer de commentaires.

Ensuite, Pi de la Serra, qui chante en catalan, donc qui est compréhensible pour le public barcelonais. En termes de mots, tout va bien, en termes de sens, une autre paire de manches, que peu auront pu enfiler... On lui reconnaîtra une originalité pour son instrument, une guitare électrique faite seulement d’un contour à la place de la caisse de résonnance et dont le manche est sectionné à son extrémité. Probablement l'une de ses nombreuses pièces personnelles, puisqu’il est collectionneur de guitares.

Enfin, Javier Ruibal, brillant par des chansons de qualité, une guitare aux accords respirant le soleil et l’arabisme andalou et une voix touchante. Ses chansons parlent d’amour sans niaiserie et débordent d’humanité. Une belle conclusion à cette inauguration, qui nous fait oublier notre perplexité du début.

Balkis de SOUZA (Barcelone)

Le Festival 2006 du Grec élit domicile dans 15 espaces de Barcelone jusqu’au 5 Août. Un rendez-vous à ne pas manquer pour ceux qui font un détour par la capitale catalane.

Le Grec, qu’est-ce donc ? D’abord un lieu, un théâtre antique construit pour l’exposition universelle de 1929 au coeur du parc de Montjuïc, à Barcelone. Ensuite un festival, qui fête ses 30 ans cette année, et qui réunit des spectacles de théâtre, musique et danse.

Infos et programmation (en catalan, castillan et anglais) : (00 34) 93 316 10 00 (lun-sam 10h-20h, dim 10h-15h)
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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 09:32
CIRQUE D'HIVER ET VARIÉ, TRÈS VARIÉ...

On connaissait le Cirque d’Hiver Bouglione, mais on méconaissait celui de Barcelone, qui s’est illustré sous la prestigieuse, magnifique et impressionnante voûte de la Salle Ovale du Musée National d’Art de Catalogne, dotée d’une résonnance impressionnante. Dès la première scène de son spectacle Rodó, on constate que le nom de la compagnie, « cirque d’hiver » constitue également le thème d’une vaste farce : il neige, grâce à l’agitation du parapluie d’un des protagonistes, tous sont vêtus de blanc et tremblent de froid, l’une passe au dessus des autres en télésiège, l’autre se débat avec ses skis en caoutchouc, tout cela constituant un clin d’oeil malicieux au cirque de la saison froide.

C’est ainsi que tout au long du spectacle, le blanc, constituant uniforme du décor, et le froid sont prétextes à d’innombrables pitreries et acrobaties, réglées très pointilleusement pour qu’on ne s’ennuie pas une seconde. C’est un point de rencontre entre le cirque et la danse contemporaine, le spectacle étant continu et choregraphié par Claire Ducreux. Le spectacle ne se limite pas à des acrobaties, c’est un voyage au sein d’un univers à la fois poétique et extravagant. Une multitude d’actions sont combinées, et à chaque fois qu’on fixe un personnage, on est attiré par un autre qui nous semble encore plus loufoque, les personnages étant divers et variés. En effet, on rencontre des skieurs, un lapin albinos, un ours polaire pleurnichant aux dents particulièrement proéminentes – et malgré l’exagération, véridiques puisqu’elles appartiennent à la comédienne et en temps normal font tout son charme, une femme-théière qui reviendra sous forme de femme-couvre-assiette, des fleurs, divers acrobates, ainsi que des individus étranges, dont un qui possède une sévère inclination pour les chutes violentes ; on se demande comment il ne se blesse pas. Une demi-sphère de plastique blanc est utilisée à plusieurs reprises, permettant à certains de disparaître, tapis au fond, et à d’autres de se déplacer en la faisant rouler sur sa tranche , une trouvaille particulièrement ludique. Autre originalité, des boules fixées au bout de tiges de métal flexible, semblables ainsi à des antennes en mouvement sont tenues par plusieurs des personnages, et un autre simule alors une jonglerie, l’effet est garanti.

Mais la plus grande surprise nous est réservée pour la fin, lorsque la scène se révèle être une grande plateforme ronde qui est alors dressée tel un mur incliné, et sur laquelle chacun marche, court, saute, tombe, rebondit pour nous faire rire encore plus, ce qui nous fait également reconsidérer la loi de la pesanteur et la force centrifuge. Un belle performance, à la fois drôle et impressionnante, qui a reçu un bien mérité Prix National de Cirque 2005 en Catalogne.

Balkis de SOUZA (Barcelone)

« Rodó, 10è Circ d’Hivern », 29 et 30 Juin au MNAC (Barcelone), dans le cadre du 30ème festival du Grec.
Prochaines représentations : 7 et 8 Septembre, Fira de Teatre de Tarrega (Catalogne) 3 Décembre, Teatre Auditori de Sant Cugat (Catalogne)
Rodo (le site Web) 
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Published by Balkis de SOUZA - dans Chroniques 2005-06
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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 21:39
PÉRICLÈS, PRINCE DES NUITS DE FOURVIÈRE

Tout commence comme un conte de fée: les Nuits de Fourvière, le petit amphithéâtre de l’odéon à nouveau prêt à accueillir des spectacles et Shakespeare en plein air avec Périclès, Prince de Tyr. Puis dès les premières minutes le spectateur comprend que le conte de fée se réalise et qu’il a la chance d’assister à l’une des représentations d’un chef d’œuvre. Immédiatement la mise en scène nous immerge dans l’univers shakespearien, un cortège funèbre traverse l’amphithéâtre et la chaleur de la troupe envahit les spectateurs. Les comédiens sont accompagnés des musiciens et, dès cette entrée, le metteur en scène introduit avec élégance le foisonnement du théâtre de Shakespeare.


Du cercueil posé sur scène surgit la troublante et grandiose comédienne Marief Guittier qui interprète le rôle du poète, conteur des aventures de Périclès. Le comédien Grégoire Monsaingeon incarne Périclès de manière fascinante en réussissant à faire du prince un être fragile, dépassé par les évènements, mais incroyablement touchant par son humanité. La direction des comédiens est parfaite, tous sont brillants et justes. Le décor est simple, presque modeste, une scène en plancher, en arrière-plan un échafaudage divisé en trois parties avec de grands rideaux blancs permettant de représenter les différentes villes dans lesquelles le Prince séjourne. Cette scénographie oscille entre le théâtre Elisabéthain et chinois, ce qui permet d’alléger les changements de lieu permanents tout en conservant l’exotisme nouveau de chaque scène. Les éléments du décor permettent de conférer au propos une dimension intemporelle, le metteur en scène abolit le réel à travers l’objet.

La plus belle trouvaille de Michel Raskine est sans aucun doute d’avoir fait de la pièce un spectacle total, où la musique se mêle aux mots, où l’espace temps est indéterminé et donc ouvert à l’infini. Le choix de faire de Périclès un homme blessé par la vie est très judicieux. Le metteur en scène fait de la fille de Périclès le personnage le plus « royal », elle acquiert une puissance infinie à travers les mots, elle sauve sa vie grâce au langage alors que c’est justement les mots qui ont manqué à son père le Prince et qui l’ont conduit à sa perte. La pièce apparaît comme un mélange subtil de poésie, de tragédie, de comédie où l’humour et la dérision sont omniprésents. L’âme du théâtre shakespearien est transcendée par la mise en scène audacieuse et la vivacité des comédiens, certaines scènes méritent même l'anthologie. Sous l’orage lyonnais, le spectateur patient a attendu que le spectacle commence, il a espéré et, lorsque tout a commencé, il a cru rêver…

Audrey HADORN (Lyon)

Périclès, Prince de Tyr, de William Shakespeare
Mise en scène Michel Raskine
Avec Guillaume Bailliart, Anna Benito, Grégoire Monsaingeon, Marief Guittier, Cécile Bournay...

Vu dans le cadre des Nuits de Fourvière.

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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 21:14
UN MARI DANS LE PLACARD ?

Pinter n’est pas un auteur comme les autres… Avec lui, on ne sait pas où l’on va jusqu’à la dernière seconde… C’est la même chose avec Henry-Anne Eustache, qui met en scène l’auteur Britannique à l’Aktéon. Jeune metteuse en scène, Mademoiselle Eustache s’est attelée à un drôle de travail : comment guider le couple et l’amant présents sur scène dans leurs relations passionnelles et forcément houleuses ?

L'ancienne de l’école Florent nous livre ici une magnifique mise en scène de la confusion des sentiments où l’on ne sait plus si le mari n’est pas l’amant de sa femme et où la femme pourrait très bien être la putain de son mari… On démarre tout en finesse avec un dialogue posé et calme, presque banal, jusqu’à cette question : “Ton amant vient aujourd’hui ?” émise comme un “Passe-moi le sel”… L’articulation de chaque mot est poussée, comme pour mieux faire résonner la puissance des mots prononcés. En avançant pas à pas avec les deux personnages, on comprend que tout ne tourne peut-être pas très rond, qu’ils se sont peut-être laissés entraînés dans une situation qu’ils ne contrôlent plus… Pour souligner cette sensation, Henry-Anne Eustache a intégré entre chaque scène une petite musique rappelant étonnamment le son d’une horloge qui marque le temps qui passe et s’installe entre eux. Enfin nous voilà à quinze heures, heure de l’arrivée de l’Amant… Et là, la metteuse en scène a foisonné d’idées. Par un jeu d’ombres chinoises, nous découvrons la relation mouvementée qui lie l’Amant à Sarah, nous observons de l’extérieur tout ce que libère chez elle cette relation adultérine et nous remarquons également que Max le libertin ressemble étrangement à Richard le légitime…

En quoi consiste cette relation à trois qu’on nous laisse entrapercevoir ? Que se passe-t-il réellement derrière les stores de cette villa de Windsor ? Qui est l’Amant ? La pièce ne nous le dit pas. Elle nous laisse juste apprécier ce moment de voyeurisme et laisse libre cours à notre imagination. La mise en scène joue le jeu. Pas de réponse trop facilement donnée, la seule que l’on voit sortir des paravents pour se montrer en chair et en os, c’est la magnifique Marion Flament. Grégoire Baujat et Marion Flament-Mérigot, tous deux anciens élèves de Florent jonglent talentueusement sur un fragile équilibre qui fait toute la force des personnages… Saluons le passage éclair mais non moins important de Sander Cohen, également sorti de l’école Florent. Cette pièce de 1962 reste hors norme, traitant d’un sujet généralement ancré dans le vaudeville et tourné ici en une réflexion sur le couple et la vie à deux. La compagnie Théâtre Etincelle la traite avec brio, mariant originalité, sensualité, humour et gravité avec une joie communicative. Attention ! Artistes à suivre de très près…

Laurène PIOTEYRY (Paris)

L’Amant, de Harold Pinter
Mise en scène : Henry-Anne Eustache Avec : Marion Flament-Mérigot Grégoire Baujat Sander Cohen.
A l’Aktéon théâtre 11 rue du Général Blaise Paris 11ème
Jusqu'au 29 Juillet, du mercredi au samedi à 20h. Reprise du 23 Août au 16 Septembre, du mercredi au samedi à 20h.
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Published by RUEDUTHEATRE - dans Chroniques 2005-06
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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 00:00
Article publié le 18 juillet 2005 lors du Festival Off d'Avignon

TO BE OR NOT TO BE… « HAS-BEEN »

La retraite à trente ans, ça vous tente ? Julien Brillant, un danseur étoile, fait son dernier tour de piste sur Le Lac des cygnes avant de lever le pied - si l’on peut dire – atteint par la limite d’âge. Mais la star, un peu précieuse, qui manie le franglais aussi bien que le pas chassé, a du mal à se résoudre à quitter ce à quoi elle a voué nuit et jour, corps et âme. D’autant que des événements curieux et inattendus viennent semer le trouble dans la der des der. Heureusement, sa maquilleuse et son habilleuse lui vouent une dévotion sans limites, sera-t-elle suffisante pour lui éviter de broyer de la mélancolie et du ressentiment et pour le cuirasser pour l’avenir ?

Cette comédie, emplie de moments grinçants et plaisants, nous parle de la solitude de l’artiste, de tous ceux qu’une passion dévorante anime et aussi des renoncements qui lui sont consubstantiels. Et maintenant, que vont-ils faire, ces retraités prématurés, qu’ils soient artistes, sportifs ou pilotes de chasse, quelle sera leur vie ? Le cocon qui enrobe le quotidien privilégié des puissants et des stars leur fait souvent oublier une réalité : ils ne vivent que par le regard du public qu’ils craignent de perdre. La crainte de l’ombre est pire que l’ombre elle-même : « Peux-tu me flatter le plus simplement du monde ?», adressé par Brillant à son habilleuse ingénue, nous rappellera le splendide « Flattez-moi, mon bon Blaise !»  lancé par de Funès à Montand dans La Folie des grandeurs. Nul n’est irremplaçable comme le redoute Brillant, lunatique et hypocondriaque, forme encore bénigne de sa paranoïa galopante.

L’originalité de la pièce, c’est de donner à voir le spectacle des coulisses, qui pour une fois s’animent ; la maquilleuse et l’habilleuse sortent de leur anonymat, comme un hommage aux « petites mains » sans lesquelles ceux qui vivent dans la lumière seraient si peu, voire… Posant aussi la question des entourages laborieux et comment leur petit monde est frappé et déstabilisé, à leur échelle. Marie-Do Ferré, en maquilleuse frivole et en coach énergique, et Laetitia Tomassi, en habilleuse perfectionniste confite d’idôlatrie, offrent à la comédie un intéressant tempo et une complémentarité de caractères impeccable. Arnaud Allain incarne avec fragilité et panache cette star décillée, qui découvre ce qu’est la vie, accepte ses fêlures, ses angoisses et bientôt ses envies. Les intrusions énergiques d’Aymeric Pol, en fan un brin nigaud et totalement illuminé, scintillent. En somme, un divertissement léger sans être superficiel, sérieux sans être grave, servi par une compagnie qui a l’intelligence du texte et du jeu et dont la complicité sur scène procure au spectateur des plaisirs qui ne se boudent pas.

 


Du mardi au samedi à 20h & le dimanche à 16h - tout juillet 2006
à  LA COMEDIE DE PARIS 42, rue Fontaine - 75009 Paris - Métro Blanche

Étoile forever
, de Virginy L. Sam
Mise en scène : Frédéric Baptiste
Avec : Arnaud Allain, Marie-Do Ferré, Aymeric Pol, Laetitia Tomassi
Compagnie Sousouli
Théâtre du Bourg Neuf
Horaire : 15h, durée : 1h10
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Published by Stephen BUNARD - dans Chroniques 2005-06
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 23:53
CABARET NERVEUX

Cinq êtres grotesques, des clowns en fuite, se cachent rapidement au regard du public. Nerveux ? Craintifs ? Les costumes sont trop larges, le maquillage excessif. Sont-ils des clochards qui tentent de s’habiller d’une apparence sociale ? Ils regardent les spectateurs et semblent avoir peur. Un dictateur déchu (Gil Bourasseau) essaie cyniquement de donner encore des ordres. Il porte tant de parures qu’il sue et se fatigue. Un être mélancolique (Marc Ernotte) apparaît pour dire quelques phrases, pour ne jamais achever son discours, pour ne jamais achever un acte. Une dame (Cécile Leterme) présente le programme de la gauche progressiste, mais semble une Eva Peron de Copi, au corps et au visage à demi ravagé par ses angoisses, par ses incertitudes à trahir ses idées politique pour gagner en notoriété. Une autre femme (Cécile Tournesol) est une prostitué rose, elle parle et parle, et parle encore, pour ne rien dire, elle essaie de comprendre les dires des autres personnages, pour voir s’ils écouteront ensuite les siens. Enfin, une autre femme (Véronique Poupelin) s’habille en Jeanne d’Arc, joue le monologue d’une sans-papier algérienne, essaie de crier comme une terroriste pacifiste. Elle tente de se faire entendre en arborant toujours un petit sourire ou un geste de négation, cynique jusqu’à la faillite de ses actions.


Ces cinq personnages, mis en scène par Bruno Cochet et la compagnie L’Art Mobile, jouent Soir Bleu, Soir Rose, texte contemporain écrit par Perrine Griselin. De brèves scènes dites par des personnages sans nom et sans visage introduisent un discours de dénonciation de la crise sociale de la France contemporaine. Si le texte reste quelquefois cryptique, s’il reste d’autres fois un abécédaire hystérique des douleurs du monde, Perrine Griselin montre par l’écriture théâtrale maints sujets dont nous sommes informés de manière faussée, et seulement par les médias.

L’Art Mobile nourrit l’écriture par un jeu d’acteur de qualité. En outre, le spectacle est représenté à l’intérieur du Théâtre Portatif : depuis 2005, L’Art Mobile voyage dans les villes de la banlieue parisienne avec son théâtre, un chapiteau de tissu rouge qui accueille une petite scène et des tables où les spectateurs peuvent boire du cidre ou du vin en regardant ces cinq êtres courir, essayer de crier leurs rêves et leurs désillusions. Le Théâtre Portatif permet de porter le théâtre dans des petites villes sans salle équipée. Il est monté à l’intérieur des gymnases ou d’autres espaces publics. L’Art Mobile enveloppe ainsi le public dans une atmosphère de cabaret, mais son spectacle enquête sur la réalité la plus dure avec onirisme et poésie.

Soir Bleu, Soir Rose est un théâtre riche d’imagination et de réflexion, que nous espérons fertile dans la tête du spectateur, d’un spectateur qui n’est pas habitué à aller au théâtre, et qui se trouve ainsi confronté à sa réalité et au questionnement retranscrit dans l’art dramatique. Les cinq êtres s’arrêtent pour écouter les bruits d’une guerre invisible, puis ils recommencent, à bout de souffle, à raconter des aventures quotidiennes, comme des fous en guerre contre eux-même.

Mattia SCARPULLA (Paris)

Soir Bleu, Soir Rose, création de L’Art Mobile – Le Théâtre Portatif, texte de Perrine Griselin, mise en scène Bruno Cochet, a été représenté le 24 juin au Gymnase Saint-Exupéry, Igny Informations : 08 72 47 91 91  lart.mobile@free.fr

Lire aussi l'entretien avec Gil Bourrasseau et Bruno Cochet,
fondateurs de la compagnie L’Art mobile.
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Published by Mattia SCARPULLA - dans Chroniques 2005-06
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