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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 23:27
A Montpellier, se tient la Comédie du livre, salon du livre auquel les Editions Espaces 34 participent sur le stand des éditeurs. Vous pourrez découvrir les nouveautés et le fonds du vendredi 30 mai au dimanche 1er juin - 10h-19h en plein air, sur l’Esplanade.
 
Sébastien Joanniez, invité par la librairie Nemo de Montpellier, fera un choix de lectures de ses textes jeunesse à la Friche, samedi 31 mai à 15h.
http://www.librairienemo.com/index_lectures.htm
 
Né en 1974, Sébastien Joanniez a écrit neuf pièces dont Des Lambeaux noirs dans l’eau du bain et Désarmés, cantique, aux Editions Espaces 34. Il écrit également des romans aux éditions du Rouergue (Marabout d’ficelle (prix " J’aime lire " 2002), Terminus Noël, C’est loin d’aller où et Même les nuages, je ne sais pas d’où ils viennent) ainsi que de la poésie (Je fais ce que je peux, Édition Sarbacane). Il vient de publier un roman pour la jeunesse 13ème Avenir, Édition Sarbacane.
 

Et si vous n’êtes pas à Montpellier, mais à Bruxelles,
vous pouvez découvrir une présentation du travail de Manuel Antonio Pereira sur « Les Invisibles », aboutissement de presque deux ans d'écoute, de récolte de témoignages et d'accompagnement à l'écriture avec des gens vivant ou ayant vécu dans une grande précarité.
 
« Les quatre portraits (et quelques autres) qui s'en dégagent on été écrits, photographiés, racontés, par les témoins eux-mêmes, et si j'ai fait avec eux une sorte de 'co-voiturage' en écriture, il me semble avoir touché avec eux une autre façon d'écrire le monde... De tous les témoignages glanés se sont dégagés peu à peu quelques grands portraits, trois hommes et une femme, et une dizaine d'autres dont j'aimerais vous faire part. Certains de leurs propos, les extraits des textes qu’ils ont eux-mêmes écrits, les photos qu’ils ont prises eux-mêmes de leur quotidien, des lieux et des gens croisés sur leur route, composent aujourd’hui leur portrait éclaté. »
 
Manuel Antonio Pereira : http://www.lestanneurs.be/index.php?page=51 a publié Requiem pour une cascadeuse aux Editions Espaces 34
 
Théâtre Les Tanneurs, info@lestanneurs.be
http://www.lestanneurs.be/index.php?page=111
Samedi 31 mai, 20h30
 
EDITIONS ESPACES 34 – contact@editions-espaces34.fr – www.editions-espaces34.fr – tél 04 67 84 11 23
104 Grand’Rue, 34980 Saint Gély du Fesc – fax 04 67 84 00 74
 
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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 15:11
Les artistes du Jeune Théâtre National lisent leur sélection de textes issus de l’Aide à la création du Centre national du Théâtre.

Avec
Sabrina Baldassarra, Alain Carbonnel, Brice Cousin, Maxime Le Gall, Olivier Martinaud, Solveig Maupu, Adrien Melin, Laure Roldan.
 
En collaboration avec le Pôle auteurs du Centre national du Théâtre
 
Dimanche 25 mai 2008 à 18h
 
Sont sélectionnés :
 
Philippe Malone, L’Entretien, Editions Espaces 34
www.editions-espaces34.fr
 
et
 
Gustave Akakpo, Habbat Alep
Alexis Fichet, Plomb laurier crabe
David Greig (traduction Blandine Pelissier),
Juan Mayorga (texte français Yves Lebeau), Copito
Sandrine Roche, Carne
Frédéric Sonntag, Toby ou le saut du chien
Julien Thèves, Histoires

Tél 01.48.04.86.40. ou jeunetheatrenational@wanadoo.fr
 
Jeune Théâtre National
13, rue des Lions Saint Paul 75004 Paris
M° Saint Paul le marais (ligne 1) ou Sully Morland (ligne 7)
Site : http://www.jeune-theatre-national.com
 
EDITIONS ESPACES 34 – contact@editions-espaces34.fr – www.editions-espaces34.fr – tél 04 67 84 11 23
104 Grand’Rue, 34980 Saint Gély du Fesc – fax 04 67 84 00 74
 
 
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 11:39
Evénements de Didier-Georges GABILY

A l’occasion de la parution chez Actes Sud-Papiers d’Evénements, pièce de théâtre de Didier-Georges Gabily,

une lecture aura lieu au Théâtre de l’Odéon le 19 mai à 21 heures.
Elle sera retransmise sur France Culture le 15 juin à 20 heures.
 
Le texte sera lu par onze acteurs, qui pour la plupart ont fait partie de l’atelier du Groupe Tchang dirigé par Gabily : Catherine Baugué, Ulla Baugué, Gilbert Beugnot, Frédérique Duchêne, Elizabeth Doll, Bernard Ferreira, Patrick Fontana, Franck Frappa, Jean-François Sivadier, Xavier Tavera, Nantene Traore.
 
Théâtre de l'Odéon - Grande salle

entrée libre sur réservation : present.compose@theatre-odeon.fr - 01 44 85 40 44
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:03
UN LIVRE COMME CHAMP DE BATAILLE

En partenariat avec Beaumarchais et la SACD, le Ring Théâtre a donné une lecture de  l'oeuvre d'André Sarcq « Nous nous dirons donc vous » en présence de l'auteur et d'un  metteur en scène invité : Alain Timar. 


Oeuvre étrange que celle qui nous donne à voir l'affrontement sans merci de deux êtres – un  homme et une femme – assis sur un banc dans un parc, en ce début du XXIème siècle, au  coeur d'un mois de juillet qu'un froid glaciaire envahit peu à peu.

Mais le plus étrange est  sans doute le fait que le champ de bataille théâtral sur lequel ils se rencontrent est un livre,  un livre réel. C'est un livre – le seul – écrit en 1930 par Marcelle Sauvageot, intitulé  « Laissez-moi ». Marcelle Sauvageot, abandonnée par l'homme qu'elle aimait et qui pourtant  l'aimait aussi, est décédée de la tuberculose le 6 janvier 1934 à la tombée du jour au  sanatorium de Davos, en Suisse. Cette femme et cet homme (les comédiens Coralie Trichard et Jean-Luc Rehel) ne se  connaissent pas. Nous apprendrons assez vite qu'ils ont exactement le même âge : 34 ans,  celui qu'avait Marcelle Sauvageot au moment de son décès ! Qu'ils se prénomment, lui  Vincent, et elle... Marcelle !  Ils semblent ne faire ici que se croiser... Lui est précisément en  train de lire le livre.

C'est cet élément qui va les mettre en contact et leur faire entamer le  combat. Un combat sur le thème de l'abandon, l'abandon amoureux... Peut-on abandonner  quelqu'un qu'on aime, demande Marcelle ?... Oui, c'est possible lorsque cette décision est  dictée par la nécessité... Vincent le sait bien qui vient de quitter son ami devenu séropositif...

L'abandon : premier pas vers la mort ?


Vincent le pragmatique nous semble tout à fait bien installé dans la vie trépidante de ce début de siècle. Né en Normandie, près de Caen, il vit à Munich et est dans les affaires. De Marcelle, nous apprendrons qu'elle est née à Charleville, la patrie de Rimbaud. Elle est  enseignante en lettres, en disponibilité.   Autour d'eux, dans le parc, la ville qui l'entoure, le silence se fait... Plus de bruits de circulation. Et toujours ce froid envahissant. Mais d'où viennent ces toux qui semblent surgir  de nulle part et que Vincent est le seul à entendre ?... C'est à partir de cet instant que tout semble basculer hors du temps et que Marcelle impose  cette « inquiétante étrangeté » que l'on rencontre parfois...

Bien sûr, nous nous étions déjà posés bien des questions sur le statut de ces personnages et le pourquoi de leur rencontre... Si  Vincent nous semble bien vivant, qu'en est-il de Marcelle ? Ne serait-elle pas un fantôme,  celui de la Marcelle du livre ? La pièce nous introduit alors dans « ce temps de tension entre  le mourir et le naître, le lieu de solitude où trois rêves se croisent » évoqué par le Mercredi  des Cendres de T.S.Eliot et cité en exergue du texte d'André Sarcq. 

Henri LÉPINE (Avignon)

« Nous nous dirons donc vous » de André Sarcq.
Lecture par Jean-Luc Rehel et  Coralie Trichard en présence de l'auteur.
Metteur en scène invité : Alain Timar.
Le  Ring, jeudi 17 janvier 2008 à 20h30.
Le livre de Marcelle Sauvageot « Laissez-moi » a  été réédité en février 2004 par les Editions Phébus.
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 15:52
MISE À MORT À TRAVERS UN MIROIR

De Garcia Lorca à Hemingway, en passant par Michel Leiris, la corrida – course de taureaux avec mise à mort – et le rituel immuable qui l'entoure a souvent captivé, fasciné les écrivains et artistes. Le texte très fortement évocateur de Christian Petr a l'originalité de nous donner à voir et à entendre toutes les facettes de ce rituel.

Ce rituel est appréhendé en même temps par la voix du taureau et celle du torero – d'où le titre ambivalent de la pièce qui fait plus que suggérer une osmose des deux protagonistes - à travers une démarche de va-et-vient mimétique des deux acteurs (Serge Barbuscia et Henry Moati) qui donnent alternativement la parole à l'un et à l'autre...
 
Paroles métaphoriques issues du dialogue improbable de l'homme et de la bête, celle-ci quittant « cette bouche d'ombre, surgissant de la nuit comme d'un cauchemar monstre nocturne, pour se jeter, s'enfermer dans ce rond de lumière, dans cette lune pleine ». Des aires de repos, repos relatif, étaient ménagées à l'auditeur grâce aux interventions d'un musicien, Farshad Soltani, qui sut donner à ce texte dense, riche en images fortes, une nécessaire aération. Au centre de l'arène, la rencontre de l'homme et de la bête retrouve tous les caractères de la tragédie antique. Dans cette rencontre essentielle, l'homme va vers sa part de ténèbres, « la part noire de lui-même », comme à travers un miroir, pour en conjurer les maléfices dans une forme particulière de catharsis. Le rituel de la corrida semble si proche de celui de la tragédie qu'on se demande comment le théâtre ne s'en est que si rarement, comme ici, emparé.

Le thème du débat qui suivit cette lecture d'une oeuvre que l'on espère bien voir montée un jour comme un vrai spectacle était précisément la nature de l'inspiration que les artistes contemporains vont chercher dans la corrida. Mais, entre les aficionados et les opposants inconditionnels à cette forme de spectacle, il est plus que manifeste que tout dialogue est impossible. En de nombreux moments, le théâtre sembla quelque peu avoir du mal à retrouver sa propre raison d'être. Au bout de ces soirées de lecture « Acte e(s)t Paroles », organisées depuis trois ans par l'Association Beaumarchais et le Théâtre du Balcon, les aspects positifs transparaissent nettement : expérience, tant pour les acteurs que pour le public, de la découverte d'un texte inédit d'un auteur vivant, présent dans la salle, suivie d'un débat public et de rencontres et discussions en aparté. La formule mérite sans nul doute d'être suivie, peut-être même développée, et trouver sa pérennité.

Henri LÉPINE (Avignon)

Acte e(s)t Parole- Théâtre du Balcon, Avignon, le mardi 22 mai 2007.
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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 23:41
L'ARTISTE ET LE PRINCE

Du 6 novembre au 2 décembre 1717, Jean-Sébastien Bach fut emprisonné sur ordre du Duc de Weimar à qui il avait demandé son congé pour rejoindre la Cour de Köthen, où il pensait trouver de meilleures conditions de travail pour composer de la musique de concert plutôt que des oeuvres religieuses, la cour de Köthen étant d'obédience calviniste.

Le Duc de Weimar lui avait passé commande d'une cantate pour la période de l'Avent. Enfermé entre les murs d'un cachot, Bach refusa de travailler dans des conditions qu'il jugeait inacceptables pour lui. A la fin, feignant de céder, il livra subrepticement une oeuvre qu'il estimait injouable sur les instruments détenus à la cour de Weimar. Disgrâcié et condamné à l'exil, il put dès lors rejoindre la cour de Köthen avec sa famille.

Les relations souvent difficiles de l'artiste avec le pouvoir, qu'il soit politique ou financier, constituent un sujet de réflexion courant pour les véritables artistes. De nos jours, hormis dans les dictatures, les rapports de la création et du pouvoir se heurtent plutôt aux objectifs financiers à court terme d'hommes d'affaires pas toujours scrupuleux quant à l'indépendance des créateurs. L'artiste comme substitut de Dieu ? Dans sa prison, J.S Bach reçoit les visites de Borman, l'Intendant du prince de Weimar qui vient le voir régulièrement - mais vainement - pour lui recommander d'obtempérer aux désirs du potentat. Il est surtout en relation permanente avec un jeune geôlier, Lucas, avec qui il instaure un certain climat de complicité mesurée, non sans danger pour le garçon. Il est aussi, ce geôlier, bâtard de naissance, le porte-parole de la vie extérieure et le représentant de l'homme de la rue, du « monsieur tout-le-monde » de l'époque.

Indépendance

La situation claustrale du musicien et ses relations avec l'intendant et le geôlier sont l'occasion de divers échanges sur la nature de la création artistique, sa nécessaire parce que vitale indépendance par rapport aux puissants, le statut de l'artiste enfin. Si le monarque l'est de droit divin, l'artiste n'est-il pas lui-même un substitut du créateur face à sa propre oeuvre ? Les conflits de pouvoirs de cette nature sont à l'origine de débats philosophiques dans lesquels on se dispute cette « monnaie de l'absolu » dont parlait Malraux.

Sophie Deschamps, actrice et scénariste, a co-adapté pour le théâtre le roman de JeanFrançois Robin, peut-être plus connu en tant que directeur de la photographie (il a travaillé avec Claude Sautet, Coline Serreau, Philippe de Broca, Jean-Jacques Beinex, Alain Cavalier) que comme auteur de romans. Cette « Disgrâce de JS Bach » qui a obtenu le Prix de l'Académie Française, ainsi transposée sur le plateau d'un théâtre, fût-ce pour une seule lecture, est riche de signification. Serge Barbuscia restitue un JS Bach truculent, voire rabelaisien et sans concession quant à son statut de grand musicien.
Fabrice Lebert est excellent dans le personnage de Lucas, Alain Cesco-Resia est un Borman à la fois docte et inquiétant.
Une jeune soprano, Estelle Payan, qui interprète Maria Barbara, l'épouse de Bach, apporte à bon escient la nécessaire touche musicale à cette lecture.

Henri LÉPINE (Avignon)

La Disgrâce, de Jean Sébastien Bach
De Sophie Deschamps et Jean-François Robin, Théâtre du Balcon, (Avignon) le 27 mars 2007.
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 12:57
Histoire du théâtre contemporain japonais les 10 et 11 avril          

L’auteur dramatique et metteur en scène Yôji Sakate est l’une des figures majeures du renouveau théâtral au Japon.

Dans sa conférence du 10 avril, Sakate présente les grandes lignes de l’histoire du théâtre contemporain japonais : l’apparition à la fin de l’ère Meiji du shingeki, «nouveau théâtre » influencé par le théâtre occidental, en réaction contre le théâtre traditionnel ; la révolte de l’Angura, théâtre underground politisé apparu à la fin des années 1960 ; l’essor du théâtre sho-gekijô dès les années 1980 : on voit alors proliférer les compagnies possédant leur propre petite salle de spectacle…

Pour sa seconde conférence, le 11 avril, Yôji Sakate  expose sa vision du théâtre. Il parlera également de sa fascination pour la rencontre du rêve et de la réalité dans le théâtre nô et de la manière dont il a réinterprété cette caractéristique du théâtre traditionnel.

Né en 1962, Yôji Sakate crée en 1983 sa compagnie, Rinko-Gun. Il explore les problèmes sociaux d’un point de vue journalistique à partir de thèmes révélant les conflits entre le groupe et l’individu : Okinawa, les forces d’auto-défense au Japon, la religion, le phénomène des hikikomori (problème des adolescents vivant reclus chez eux traité dans sa pièce Le Grenier)… Il a reçu plusieurs fois le prestigieux prix du meilleur metteur en scène du Yomiuri Shimbun.

Informations :
Maison de la culture du Japon à Paris 101bis, quai Branly 75015 Paris
Métro Bir-Hakeim / RER Champ de Mars
Renseignements : 01 44 37 95 01 
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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 23:43
GUIGNOL SANGLANT

Dans la cour d'une improbable prison, deux femmes, Léonine (Marie Pagès) et La-Si-Belle (Sophie Rossano), viennent tous les matins nettoyer le mur taché de sang situé derrière le poteau d'exécution des condamnés à mort.

Un travail fatigant qu'elles meublent de leurs conversations (la plus âgée des deux, Léonine, raconte ses amours passées à sa camarade et l'initie aux rapports amoureux) et de leurs rencontres avec un soldat (Benoît Thévenoz) avec qui La-Si-Belle aura une aventure sentimentale et, surtout, le capitaine (Olivier Ranger), prototype du dictateur, sorte de mélange de Père Ubu et Arturo Ui, personnage gueulard, autoritaire et mégalomaniaque au dernier degré...

De jour en jour, la montagne de cadavres grandit aux proportions de la démesure d'un texte puissamment évocateur, bien dans la ligne d'une certaine écriture contemporaine – on peut penser à Céline ou encore à Guyotat - qui donne de l'humanité une image où le sang, le sperme, la merde et toutes autres formes de sécrétions ou excrétions du corps humain occupent une place privilégiée.

Une puissante force poétique et musicale


Ce texte de Marc Delaruelle avait déjà été donné en lecture sur France-Culture en 2002. Et il est vrai qu'il semble davantage destiné à être entendu qu'à donner lieu à un spectacle théâtral. D'ailleurs, en-deçà même de toute représentation, il recèle une telle puissance d'expression, une dimension poétique si forte qu'il se suffit déjà à lui-même.

Tout est alors une question d'interprétation, de jeu des comédiens qu'Alain Timar, metteur en scène invité pour cette lecture, a très bien su développer, insistant sur son aspect musical et sur le travail du corps induit par cette écriture même. Les interventions du metteur en scène ont été ici plus encore précieuses que lors de précédentes lectures. Guignol sanglant, caricature abominable, à la fois sinistre et drôlatique, d'une humanité où les pulsions de mort peuvent paraître victorieuses d'une douceur de vivre à jamais perdue, Les Nettoyeuses laissent le spectateur – ou plutôt ici l'auditeur – sur des impression très fortes et rien moins qu'anodines...

Henri LÉPINE (Avignon)

Les Nettoyeuses, de Marc Delaruelle, jeudi 15 mars 2007, Le Ring Théâtre, 13, rue Louis-Pasteur, 84000 Avignon.

Prochaine « Lecture en scène » : Le Maillot, de Bernard Da Costa, jeudi 5 avril à 20h30.
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 10:00
PAILLETTES VÉNÉNEUSES

Marie-Ange Rossi quitte son île de beauté pour devenir chanteuse dans un cabaret, le Paradis, à Paris. Sous le pseudonyme de Gloria Vénus, elle est la vedette d'un spectacle qui triomphe auprès du public traditionnel de ce genre de produit. Une vie nouvelle a ainsi commencé pour elle, une vie qu'elle nous raconte...

Telle un Icare au féminin, elle se laisse sans retenue éblouir par le luxe, le champagne, le strass, les paillettes... Elle déchantera assez vite. La quête d'un très improbable Prince Charmant est ponctuée par un viol et la révélation brutale de la barbarie machiste du cuisinier de la boîte dont elle était tombée amoureuse. Elle découvre aussi les paradis artificiels de la drogue. De tous les événements qu'elle a vécus, comme du profond désenchantement qui en est résulté, elle nous fait une description sans fioritures, aux allures de roman-photo prenant parfois les traits d'un vrai roman-feuilleton.

Hugo Paviot, l'auteur, présent comme il se devait lors de cette lecture, est aussi parolier, traducteur, metteur en scène et comédien. Son texte a été très bien servi par Sophie Rossano, une jeune apprentie comédienne élève de troisième année du Conservatoire d'Art Dramatique qui a manifestement de l'avenir. Douée d'une forte présence et d'une rare palette d'expression, tant dans le drame que dans la comédie, elle a bénéficié des conseils de Gérard Gelas qui était le metteur en scène invité de cette soirée. Le résultat de cette rencontre semble avoir été pour elle, comme pour les nombreux spectateurs qui emplissaient la salle du Ring Théâtre, éminemment positif.

Au fil des semaines, on se rend compte de plus en plus de l'intérêt de la nouvelle formule de ces Lectures en Scène organisées par le Ring, en partenariat avec Beaumarchais et la SACD. Elles permettent de découvrir des oeuvres inédites d'auteurs vivants, présents le plus souvent lors de ces événements.

Henri LÉPINE (Avignon)

Lecture de Gloria Vénus au Paradis, de Hugo Paviot
Lectures en Scène organisées par le Ring, en partenariat avec Beaumarchais et la SACD.
La prochaine lecture aura lieu le jeudi 15 mars 2007 avec Les Nettoyeuses, de Marc Delaruelle.
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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 17:01
L'IMPOSSIBILITÉ D'UNE ÎLE

Une jeune femme revient sur l'île où elle a passé son enfance, sur la plage où elle jouait avec  ses amis. Elle y rencontre un homme qui d'emblée n'a de cesse de lui faire quitter les lieux... 

Cet endroit est privé, lui dit-il,  et interdit à toute autre personne que lui.  La jeune femme  refuse d'obtempérer. Aux objurgations de l'homme, elle oppose une douce mais ferme  résistance, tout en lui demandant d'exprimer les motifs rationnels de ses si singulières  exigences. Après des échanges verbaux, l'homme la gifle... 

L'espace scénique a été aménagé avec beaucoup d'intelligence poétique par Sébastien  Lebert
: un long pan de tissu blanc au centre duquel on voit un bois sculpté de Gilles de la  Buharaye. Il représente cette plage, ce rivage du monde où évoluent les deux personnages.  Ce rivage du monde, tant théâtral que métaphysique, est aussi celui de ses origines et de  l'enfance perdue que la jeune femme croit pouvoir y retrouver... Or, elle n'y rencontre qu'un  personnage à l'égocentrisme démesuré qui se présente comme l'intégriste de son propre moi  et qui, au fond, dénie à l'autre tout droit à l'existence. N'ira-t-il pas, plus loin dans la pièce,  jusqu'à évoquer l'acte de destruction totale qu'il envisage contre elle, réalisant ainsi verbalement le fantasme sadien le plus radical, celui d'un viol accompli sans le moindre plaisir autre que celui de la plus extrême cruauté dans la destruction de l'autre ?... Mais  l'inacceptable n'aura pas lieu et les événements se retourneront contre  lui. Et la jeune  femme partira, le laissant seul, impuissant mais affamé d'un désir naissant, à jamais  insatisfait, faute d'avoir pu  briser les limites de son propre ego... 

Force poétique et musicale

Le texte de José Pliya est d'une grande force poétique et musicale. Il peut être aisément  interprété selon plusieurs niveaux. Le thème de cette soirée, sur lequel porta le débat qui a suivi cette lecture-mise en espace, était : les communautarismes.  Plus précisément, au-delà  ou en-deçà des différences de couleurs de peaux ou d'ethnies, la thématique de cette pièce m'a semblé être l'impossible accommodement, l'improbable rencontre, entre l'égoïsme  radical d'un moi exacerbé et un altruisme bien compris, indispensable à toute relation saine et équilibrée avec autrui, quelle qu'en soit la couleur ou tout autre critère de différenciation. Dans cette optique, le thème du communautarisme est donc bien l'une des données  secondes, tout à fait pertinente, d'une oeuvre qui, en outre, plaide pour une acceptation  lucide  et  bien pensée  de  tous les  métissages  en train de  s'accomplir désormais  irrésistiblement au sein de l'humanité.

Alice Belaïdi  (la jeune femme) et Franck Libert  (l'homme) ont réalisé un partenariat  théâtralement aussi convaincant que possible. Joëlle Richetta  et Serge Barbuscia, au jeu délibérément exacerbé, voire outrancier, sont les deux amis que venait retrouver la jeune femme. Devenus, adultes, d'horribles petits bourgeois très respectueux du désordre établi existant et caparaçonnés dans leurs préjugés, ils n'auront pas accès, eux, à ce rivage du monde qu'ils ont abandonné par habitude et conformisme et qui semble à jamais perdu pour  eux. 

Henri LÉPINE (Avignon)

3ème édition « Acte e(s)t Parole » (7ème soirée)
Théâtre du Balcon, Avignon, le  mardi 6 février 2007.
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Chronique Fraîche