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Festival d'Avignon

6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 09:44
QUAND LE THEATRE FAIT L'HISTOIRE

L'acteur et metteur en scène russe Vsevolod Meyerhold fut exécuté en 1940 en son pays l'URSS comme ennemi du peuple. Paris est devenue quelques années après la guerre de 1939-1945 capitale mondiale du théâtre. Deux aventures qui ont bousculé le monde de la culture et du spectacle vivant.



Meyerhold, l'homme fusillé


Alors que nos théâtres contemporains lorgnent toujours fortement sur les technologies nouvelles et leur usage, il est particulièrement intéressant de retrouver Meyerhold (1874-1940) dans la publication (Tome II) de ses « Ecrits sur le théâtre. 1917-1930 », car l'acteur et metteur en scène russe usait déjà beaucoup des moyens cinématographiques de son époque. Mais au delà de cette remarque, l'intérêt de cette nouvelle édition tient dans la matière fortement enrichie et revue par rapport à l'édition de 1975 déjà conçue par Béatrice Picon-Vallin, chercheuse et directrice de collections, notamment celle des Arts du Spectacle aux éditions du CNRS.


La rencontre 'théorique' de Béatrice Picon-Vallin et de Meyerhold date des années 1960, quand, jeune universitaire, elle  travaillait sur Maïakovski, le poète (suicidé en 1930). Elle partit alors dans ce qui s'appelait l'URSS et fit notamment un stage chez un metteur en scène. Or Maïakovski avait été un ami très proche de Meyerhold. L'intérêt de Picon-Vallin pour cet homme de théâtre grandit au point de faire connaître, en retrouvant et en analysant les écrits de l'artiste, la vie et le travail de celui qui, en 1920, voulait « sortir de l'étroite boite scénique pour aller dans la rue » et prônait le retour du « balagan » russe - un théâtre de foire -, explique Béatrice Picon-Vallin dans sa préface.

Avant de plonger dans la riche documentation qu'elle rapporte (c'est Eisenstein qui sauva les archives de Meyerhold, fusillé en 1940 comme ennemi du peuple), B. Picon-Vallin met clairement en perspective la personnalité de l'artiste et sa posture face aux événements politiques de l'après Révolution d'Octobre 1917. Elle reconnaît qu'il n'a pas eu un programme politique précis mais, « jamais cependant, il ne fut apolitique ». Son adhésion à Octobre 1917, « est [d'abord] d'ordre esthétique », constate-t-elle ajoutant que pour lui, « la Révolution [pouvait] libérer le théâtre de ce public-élitiste et amateur de théâtre-illusion avec lequel il [était] entré en conflit dès ses premiers rôles au Théâtre d'Art ». Il gardera un vrai public populaire jusqu'en 1926-27 dans son théâtre de Moscou.

Ses écrits sont nombreux, surprenant comme ce « J'accuse » (en français) daté de 1920 qui est une réponse à des accusations de confrères et qu'il termine par un « Vive, vive trois fois le 'grand' Octobre théâtral ! A l'attaque, chers camarades ! ... » L'ouvrage est riche de photos comme celle où il est à son pupitre de metteur en scène avec derrière lui, Maïakovski, ou encore les images de « La Grande Lessive ». Fort aussi de correspondances dont cette lettre pneumatique envoyée à Picasso lui demandant humblement mais avec insistance un rendez-vous, alors qu'il est à Paris.

Le Théâtre des Nations, retrouvé

Béatrice Picon-Vallin n'est pas absente de cet autre livre « Paris, capitale mondiale du théâtre », sous-titré « Le Théâtre des Nations ». Très beau et très dense en événements racontés, commentés, fort de nombreux témoignages et truffé d'images, cet ouvrage est le fruit d'un travail remarquable réalisé et signé par une autre « artiste » du CNRS, Odette Aslan. Le Syndicat de la Critique professionnel 'Théâtre, Musique et Danse' vient de lui attribuer le Prix du meilleur livre de la saison 2008/2009. Or, ce livre/document est publié dans la collection des Arts du spectacle que dirige au CNRS Editions ... Béatrice Picon-Vallin, qui signe une postface.


Pourquoi ce livre, donc ? Tout simplement pour rappeler combien la ville de Paris fut pionnière en matière 'd'expositions', de festivals de spectacles vivants venant d'abord de toute l'Europe et très vite d'autres continents, d'Asie et d'Amérique. Juste après la Première guerre mondiale déjà, le comédien Firmin Gémier pousse à la fraternité entre artistes de nationalités différentes. Il envisage alors un festival parisien et rêve de faire construire pour cela trois théâtres en bois.... Il se contentera en 1927 de la Comédie des Champs-Elysées où il organisera un 'Festival international d'art dramatique et lyrique'. L'affiche restera modeste, mais...

C'est après la seconde guerre mondiale qu'une autre utopie va prendre forme. En 1954, le Festival international d'Art Dramatique de la Ville de Paris voit le jour. Des compagnies viennent d'abord d'Europe, d'Irlande ou de Pologne, d'Italie ou des deux Allemagne (Brecht avec son Berliner Ensemble, et Helen Weigel dans « Mère Courage »). Tous au théâtre Sarah Bernhardt (l'actuel Théâtre de la Ville). Par le passé (en 1874 et 1898), le lieu s'était déjà appelé Théâtre des Nations. Après trois saisons du Festival international, le Théâtre des Nations renait et prend le relais, en 1957, avec d'autres moyens et des spectacles qui viennent parfois de plus loin, du Japon, de Chine et son Opéra de Pékin, d'Amérique. Ce sont autant de découvertes, de comédiens, des metteurs en scène, d'auteurs aussi. Odette Aslan nous redonne à vivre toute cette époque. Sa recherche est bourrée de surprises.

Cette aventure s'arrêtera en 1965 « par usure des nouveautés, lassitude du Tout-Paris et des journalistes avides d'exceptionnel, intervention des politiques, dissensions internes, concurrence... », note Odette Aslan. Certes, la concurrence internationale est de plus en plus présente. Ce théâtre des Nations prend d'autres formes à Paris, et d'autres chemins. Du côté de Nancy se pointe un nouveau « rendez-vous des théâtres du monde » initié en 1963 avec un festival de théâtre étudiant propulsé par un jeune homme alors, Jack Lang. Une autre saga, décrite par Béatrice Picon-Vallin en postface. Elle durera une vingtaine d'années.

Ce « beau livre » fourmille d'informations, d'anecdotes, de témoignages, d'analyse aussi. Et fait la preuve que  le théâtre sans frontière rend plus intelligent, plus créatif même si parfois il tousse un peu ou se met à radoter... avant de partir à nouveau sur d'autres chemins.

                                                                       Jean-Pierre BOURCIER (Paris)   


Meyerhold. Ecrits sur le théâtre 1917-1930. Tome 2.
Nouvelle édition réalisée par Béatrice Picon-Vallin
424 pages avec illustrations, 33€
Editions L'Age d'Homme (Lausanne, Suisse)
www.lagedhomme.com

Paris – Capitale Mondiale du Théâtre / Théâtre des Nations
de Odette Aslan
332 pages illustrées, 49€
CNRS Editions. Collection Arts du Spectacle.
www.cnrseditions.fr

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 12:29
LE THEATRE EN PIECES DETACHEES

Il est universitaire, critique, directeur de revues, responsable de collection dans l'édition... Tout cela dans l'univers théâtral sur lequel il pose un œil fondamentalement international. Georges Banu aime regarder et analyser l'envers du décor. Même quand la scène est nue.

Explorateur des scènes internationales insatiable, boulimique. Le désir de théâtre, chez Georges Banu, semble s'inscrire dans une relation systémique où sujet et objet ne cessent de courir après une vérité -ou un mystère- qui, toujours, s'échappe. L'universitaire (Georges Banu est professeur d'Etudes Théâtrales notamment à Paris III-Sorbonne Nouvelle), le responsable de revues (L'Art du Théâtre, Alternatives Théâtrales...), le critique ou encore le codirecteur  de la collection « Le temps du théâtre » (Actes Sud) publie ces derniers temps plusieurs ouvrages, sous sa seule signature ou en collaboration avec d'autres auteurs.


Il faut d'abord s'arrêter sur son livre très personnel, « Miniatures Théoriques ». Dans son prologue, où il ajoute au titre initial « ... ou les pelures du théâtre », il prend l'exemple de « Peer Gynt » (Ibsen) « qui effleure », note-t-il, « la vie comme un oignon.... ». Et d'ajouter : « Le tas de pelures qui désigne sa vie le confirme. Il a vécu, sans sens ultime peut-être, mais avec l'exaltation des instants assumés simplement, les uns après les autres ». Ces pelures renvoient, chacune, « à une porte ouverte, à une question formulée, à un doute éprouvé sans pour autant parvenir à un sens ultime ».

Bibliothèque intérieure

Les pelures de Banu sont ici nommées « Miniatures Théoriques ». Elles portent des titres : « La vidéo, Mephisto de la scène », « Le nu, les avatars d'une révolte », « L'enfant, rôle et matériau », « Le public en scène », etc.  Elles sont nées de sa bibliothèque intérieure, celle qu'il s'est construite à partir des spectacles vus « ici ou ailleurs ». Certaines révèlent des « mythologies » de la scène contemporaine [qui] « reviennent d'un metteur en scène à un autre, se détachent comme des symptômes d'une époque ».

A priori, ce propos pourrait paraître 'intello'. Ce n'est pas le cas, la lecture du livre est passionnante parce qu'elle provoque, elle questionne sur certaines tendances qui se glissent dans des pratiques théâtrales contemporaines. On peut ne pas être d'accord parfois avec l'auteur, mais comment ne pas s'interroger avec lui, par exemple, sur l'importance que prend « le laid » au théâtre, allant selon Banu jusqu'à un certain « académisme du laid ». Ou encore sur l'évolution de la place de l'enfant, longtemps évoqué et non représenté, devenu ces dernières années « matériau », récupérant même un vrai rôle (souvent de victime) comme chez le metteur en scène italien Romeo Castellucci.

La bibliothèque de Georges Banu est riche de ses expériences allant jusqu'à ces « Saluts ou le protocole de la fin » dans lesquels il décèle « une variation des postures, lisible par le spectateur attentif ». Il faut, précise-t-il « toujours épier les saluts [...]. Ils fournissent des indices autrement imperceptibles ».

Le théâtre dans le théâtre

On retrouve Georges Banu pour les commentaires derrière cet autre livre passionnant, « Shakespeare, Le monde est une scène », qui se présente comme une anthologie des métaphores et pratiques ayant trait au théâtre dans l'œuvre de Shakespeare. Un travail réalisé avec Jean-Michel Déprats, grand traducteur des œuvres du poète anglais, qui signe ici aussi une introduction où il rappelle, notamment, les propos du critique Northrop Frye précisant que « dans chaque pièce de Shakespeare, le héros ou le personnage central est le théâtre lui-même ».


Les citations/exemples abondent et agissent souvent comme des révélations. Ainsi cette réplique de Juliette (« Roméo et Juliette) : « cette scène lugubre, je dois la jouer seule », ou celle de Prospéro : « Cette figure de harpie, tu l'as interprétée/A la perfection, mon Ariel... » (dans « La Tempête ». Dans ce « Monde est une scène », Banu et Déprats creusent plus particulièrement « Le Songe d'une nuit d'été » et « Hamlet » où la parole du grand William va jusqu'à interroger ... le public. Du bel art.

                                                                           Jean-Pierre BOURCIER (Paris)



« Miniatures Théoriques » de Georges Banu
Chez Actes Sud. Collection 'Le temps du Théâtre'
150 pages, 22 €.
www.actes-sud.fr

« Shakespeare, Le monde est une scène »
Anthologie proposée et commentée par Georges Banu. Traduction et introduction par Jean-Michel Déprats.
Editions Gallimard. Collection 'Pratique du Théâtre'
270 pages, 21€.

A lire aussi « J'y arriverai un jour », un portrait « kaléidoscope » de Patrice Chéreau, publié en mai dernier, conçu par Georges Banu et Clément Hervieu-Léger, à l'occasion de la réunion du Prix 'Europe pour le Théâtre' en 2008 à Thessalonique (Grèce) où des artistes, critiques et journalistes se sont retrouvés autour de l'œuvre de Patrice Chéreau.
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:15
MENU POUR ÉCRIRE SUR PLATEAU

Auteur dramatique, le Belge Eric Durnez anime aussi depuis des années des ateliers d'écriture. Il se propose de partager son expérience dans un livre qui analyse le mécanisme créatif, rapporte le vécu de l'animateur et des ses stagiaires, énonce ses principes méthodologiques, suggère des pistes de travail.


À l’intention des enseignants ou des animateurs en quête de recettes, l’auteur précise d’emblée cet avertissement qui, bien qu’allant de soi, a besoin d’être répété : « Je doute qu’on puisse s’improviser animateur d’atelier en reproduisant, sans les avoir soi-même éprouvés, des procédés pêchés dans des livres ». Il stipule, avec raison, qu’un atelier « ne fixe pas un ‘’socle de compétence’’ à acquérir, qu’il invite chacun à apprendre par lui-même, grâce au fruit de sa propre recherche et sa propre réflexion ».


Il rappelle, autre affirmation élémentaire mais indispensable à remettre en mémoire des écrivains potentiels, que l’écriture dramatique consiste d’abord à composer des textes destinés à être dits et joués par des acteurs. Il insiste donc sur la rythmique des phrases, leurs qualités sonores. Il souligne le fait qu’il ne s’agit pas de singer la langue quotidienne dans la bouche des protagonistes mais bien de se forger une langue qui les définisse.

Il suggère un certain nombre d’approches. Comment créer un personnage, à partir de répliques, de photos, de dialogues en duo ou en groupe… De quelles manières rédiger les didascalies. Ce qui agit sur une situation pour la faire évoluer. Ce que permet la pratique du chœur et ce qu’apporte le fait de ne jamais tout dire.

Il s’agit, à partir de jeux, « faire naître des textes », de forger « une matière qui servira de rampe de lancement au travail ». Chacun est agrémenté d’un bref commentaire. D’autres les complètent afin de retravailler, affiner les premiers jets bruts.

L’ouvrage se complète par des entretiens avec d’autres stimulateurs d’écriture qui se laissent aller à quelques confidences concernant leur propre expérience : Akakpo, Deronzier, Lansman, Pavlovic, Piemme, Zambon. Tous apportent un éclairage particulier quant à la question de savoir s’il est possible d’apprendre à quelqu’un comment écrire.

Michel VOITURIER


Eric Durnez, Écritures dramatiques : pratiques d'atelier, Carnières, Lansman, 104 p. (9 €)

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:10
PRATIQUER LA PRATIQUE

On a beau être praticien chevronné des ateliers-théâtre, il y a toujours un moment où faire le point de sa pratique est bénéfique. C’est ce que démontre Bernard Grosjean.


Trop souvent l’animateur d’atelier est confronté à des situations imprévues, à des motivations floues ou inadéquates, à des blocages catastrophiques. Il lui faut remettre de l’ordre sur le plateau. C’est ce à quoi l’aide Grosjean. Et s’il redit des choses élémentaires, voilà une excellente façon de retourner aux sources, de rétablir des procédures claires, d’éclairer des doutes, de retrouver les fonctions essentielles de la créativité par l’art dramatique. Car, « à projet bancal, intervention bancale, quelle  que soit la qualité de l’animateur » notamment avec des ados.


L’auteur remet en place les stéréotypes. Il n’y a pas de recette miracle mais des adaptations nécessaires à chaque situation, exemples à l’appui, en sachant que l’animateur se doit d’être simultanément éducateur et dramaturge. D’où le recentrement de toute action autour de la notion de fiction, celle qui « semble propulser les individus hors d’eux-mêmes et venir en aide à celles et ceux pour qui la question de la liberté et de la page blanche est terrifiante ».

La fiction est en effet, réservoir de jeu, équilibre entre fantaisie et maîtrise, action dynamique, élément de progression, fondement de plaisir, production de sensible. À condition de se produire dans un cadre de règles nettement définies avec le groupe participant puisqu’elles « instaurent l’espace protégé dont le jeu a besoin pour se développer ». De quoi réussir, entre autres, à marquer la différence fondamentale existant entre le joueur et le personnage qu’il incarne.

Grosjean décrit les éléments constituants du théâtre. À savoir qu’on existe sous le regard de l’autre, qu’on réagit avec des partenaires, qu’on donne à voir, qu’on fabrique des illusions crédibles, qu’on se sert de l’espace, qu’on évolue dans des rythmes, qu’on s’adresse à autrui, qu’on exploite des situations. Il suggère des pistes concrètes de jeux et de canevas qui permettent d’inventer, d’improviser, de structurer. Il fournit des propositions d’inductions susceptibles de pénétrer dans les codes théâtraux.

Il envisage aussi les hypothèses quant à la finalité ou non d’un spectacle, avec ses avantages et ses désagréments.  L’ensemble constitue une formidable synthèse où se côtoient pragmatisme, sens de la psychologie, connaissance du théâtre, questionnement permanent et enthousiasme prêt à être partagé.


Michel VOITURIER



Bernard Grosjean, « Dramaturgies de l’atelier-théâtre », éd. Lansman, Carnières, 142 p. (10 €)






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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 20:29
LES 20 ANS DE LA C.I.T.F.

La Commission internationale du Théâtre francophone a 20 ans. Une brochure fait le point sur une action qui a engendré échanges internationaux, interculturels, interactifs.

 La CITF est peu connue du grand public. Il est vrai qu’elle est atypique. Elle n’a ni siège, ni secrétariat, ni bureau, ni conseil d’administration, ni direction, ni personnel. Pourtant, née de la volonté des gouvernements français, belge, canadien et québécois, depuis 20 ans, elle finance et encourage des projets de créations théâtrales en vue de « de développer l’interaction culturelle dans l’esprit de bâtir des passerelles entre les peuples».


Entre 1987 et aujourd’hui,145 dossiers ont été sélectionnés et soutenus par cette commission. Atypique, elle se réunit deux fois par an, sans avoir ni siège social, ni secrétariat, ni bureau, ni conseil d’administration, ni direction, ni personnel. Née de la volonté des gouvernements français, belge, canadien et québécois, depuis 20 ans, elle finance et encourage des projets de créations théâtrales qui favorisent les échanges entre pays francophones, afin de « de développer l’interaction culturelle dans l’esprit de bâtir des passerelles entre les peuples ». Les sommes allouées se sont élevées, jusqu’en 2006 à pratiquement 2.900.000 €.

Les témoignages de metteurs en scène, de comédiens, d’auteurs dramatiques, de musiciens  montrent la richesse des expériences réalisées. Elles attestent, entre autres, de l’apport consécutif aux confrontations des mentalités, des pratiques, des habitudes culturelles qu’il a fallu aménager pour que les spectacles aboutissent au prix d’adaptation parfois difficiles, toujours fructueuses. Ce qui se résume par cette constatation de René Cormier, ex-président : « Il faut accepter de perdre ce à quoi on tenait pour gagner ce qu’on ne connaissait pas ».

L’actuel président, le Belge Émile Lansman, résume bien l’esprit général de cette aventure qui se poursuit même si les enjeux de départ ont changé : « Il s’agissait non seulement de développer un métissage positif de la création francophone, mais aussi de désenclaver les créateurs de leur propre giron pour les amener à se remettre en question, à comparer leurs certitudes avec d’autres réalités, à ouvrir leur espace mental à d’autres univers, d’autres pratiques, d’autres conceptions du rôle du théâtre ».

Reste aujourd’hui à améliorer le fonctionnement en dotant, par exemple, la commission d’une personnalité juridique afin de faciliter les démarches administratives des compagnies. De créer aussi un poste de coordonnateur qui puisse assurer un meilleur suivi aux projets en cours autant qu’une aide à la préparation des dossiers.

Michel VOITURIER


Robert Claing, Francophonie théâtrale : trajets vivants, Ottawa, CITF, 100 p. (Pour obtenir la brochure, renseignements auprès de Promotion Théâtre asbl, 19 Place de La Hestre, B 7170 Manage [Belgique] ou www.calq.gouv.qc.ca/citf/accueil.htm )
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 20:33
Sans mentir, les rois de l'impro, ce sont eux ; même des ligues professionnelles de premier plan l'admettent. Le concept est innovant, plus inventif et moins dirigé sur la compétition que le match, la recherche de l'effet n'est pas toujours centré sur le rire, faire jaillir d'autres émotions, un peu de poésie par exemple, permet de ne pas laisser penser que l'impro c'est toujours faire rire en dessous de la ceinture, le soin apporté à l'improvisation musicale comme un personnage à part entière séduit, la capacité à se renouveler dans les impros étonne, la sympathie, l'humilité et le talent subtil - comme les fruits de cette alchimie - de chacun(e) épate, et cerise sur le cerisier, chaque saynète mériterait plus que son caractère éphémère... Heureusement, un DVD vient immortaliser un peu de ce talent à l'état brut pour le plus grand bénéfice de nos zygomatiques ; et bien plus, car l'improvisation est un outil en soi de développement personnel pour celui qui veut exercer son imaginaire, travailler la cohésion d'équipe, raconter des histoires etc etc On en redemande et on espère bien que ce coup d'essai ne sera pas le dernier...

Stephen BUNARD (Paris)

Le Cercle des Menteurs par eux-mêmes :


POURQUOI ?

J'ai créé le Cercle des Menteurs avec des comédiennes et des comédiens  que je connais, pour la plupart, depuis plus de vingt ans. En participant à la naissance en France des Matchs d'Improvisations sous les couleurs de  la L.I.F. (Ligue d'Improvisation Française), nous avons contribué à populariser cet exercice périlleux qu'est l'improvisation en public.

Le Match d'Impro, comme son nom l'indique, est  basé sur les lois du sport et de la compétition. Deux équipes s'affrontent en improvisant sur des thèmes tirés au hasard par un arbitre et les points sont donnés par le public qui vote apès chaque improvisation. Un concept génial (inventé par  Robert Gravel et Yvon Leduc, deux québécois dont je salue ici la folie contagieuse) qui s'est répandu dans toute la francophonie et  connaît  même aujourd'hui une ampleur internationale.


Pourtant, au fil des années, en participant à de nombreuses rencontres,  je me suis souvent surpris à regretter que l'esprit sportif l'emporte sur celui du théâtre.

C'est en partant de ce regret que je me suis mis à cogiter sur un concept où toute forme de compétition serait exclue. Un concept où notre expérience et notre complicité seraient au seul service des histoires que nous inventons, mais où chaque acteur aurait la liberté d'agir et d'intervenir selon ses idées et l'inspiration du moment. Un concept structuré, au  rituel immuable, où le public aurait aussi, bien sûr, son mot à dire.

C'est donc en cogitant sur ces envies et en tentant de les appliquer  qu'est né Le Cercle des Menteurs.

Que soient remerciés ici tous ceux qui m'ont suivi dans cette aventure et qui s'adonnent  encore aujourd'hui au seul vrai plaisir qui nous anime : celui de partager sans avoir à compter, de faire rêver sans avoir à gagner.

Christian SINNIGER
"Chaque mot est la portion visible
 de tout un univers caché"

C'est en découvrant cette phrase dans le magnifique ouvrage d'Henri Castin-Girsin, "Mes clés du centre réel", qu'un soir tout à commencé.

Pour je ne sais quelle raison, ce court énoncé enfièvra mon esprit déjà bougrement surchauffé. Une puissance mystérieuse, doublée d'une énigmatique invitation à la songerie,  semblait en émaner.

Si comme l'auteur le prétendait, des univers entiers se cachaient derrière les mots, par quel moyen secret pouvait-on partir les explorer ?
  
Bientôt cette question m'occupa tout entier et ne m'apparut plus que comme un défi lancé au monde l'imaginaire. La nuit durant, je la retournais en tous sens (ce qui est ridicule, car une question n'a de sens que si elle est correctement formulée). Au petit matin, épuisé, je me décidais finalement à m'en poser une autre : un mot, un simple mot, pouvait-il par la seule force de son évocation, faire jaillir une histoire et donner vie à des personnages ?
Oui, bien sûr, me répondis-je immédiatement.
Mais si oui, pourquoi partir explorer des mondes que l'on peut tout aussi bien inventer sur place. Ce constat, somme toute satisfaisant, m'amena illico à me poser une nouvelle question : l'invention, dés lors qu'on l'emploie pour conter une histoire, n'est-elle point considérée comme un mensonge ? Cette fois je tenais ma réponse. Je revins au livre d'Henri-Castin Girsin et cherchai le paragraphe que je subodorai pertinent. C'est celui-ci que je reproduis ci-après, in extenso :

Le théâtre n'est que mensonge, mais un mensonge joyeux ou les deux parties  sont de connivence. Art du faux par excellence, il demande  au décor de représenter, au temps de jouer à couler, au spectateur de jouer à croire et à l'acteur de jouer à être. Un jeu où tout est feint et où tout le monde fait comme si.

C'est ainsi que l'idée me vint de créer une confrérie vouée à l'invention, ou, plus exactement, à la mensongerie divertissante.
Enthousiasmé et malgré la fatigue, j'alertai aussitôt quelques fieffés complices et leur fit part de mon projet. Je vis, dans la pénombre de mon alcôve, leurs yeux battre des mains, et je sus dans la ferveur enflammée du moment qu'ils venaient à leur tour de sucomber à la folie naissante d'une nouvelle aventure.

Mentir pour le plaisir, mentir pour divertir, tel allait être désormais notre credo.
J'inscrivis sur mon grimoire la date historique de notre assemblée et nous partimes illico propager sur le monde nos imprévisibles activités.

Le Cercle des Menteurs était bel et bien né.

Frère Désiré Moimême
en l'an 1992 du véritable calendrier.
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 10:52

Le bon mot, au bon moment

"Zut ! J'aurais dû dire cela !" Combien de fois regrettons nous a posteriori de ne pas avoir eu la bonne repartie au bon moment, d'avoir été pris de court par un mot, une attitude... ?

Or, avoir de la repartie, cela s'apprend ! Les techniques d'improvisation utilisées au théâtre, et autour desquelles s'articule la méthode proposée dans cet ouvrage, sont d'excellents outils permettant de ne plus se laisser déstabiliser par certaines situations ou certains interlocuteurs.

En comprenant les mécanismes de l'improvisation, et en pratiquant régulièrement les exercices proposés par l'auteure, vous apprendrez à adopter les bons réflexes au bon moment et à développer votre confiance en vous. Non pour en tirer une force, mais pour construire une relation gagnant-gagnant.


  • Sommaire
  • Prologue - Un peu d'histoire
  • Vous improvisez tous les jours sans le savoir !
  • Les points clés
  • Apprendre en s'amusant !
  • Les 10 étapes intérieures de la balade en Terre de repartie et d'Improvisation
  • Quelques improvisations entre amis : les thèmes et les règles du jeu
  • Epilogue - En quoi les techniques d'improvisation peuvent-elles changer la vie ?

Télécharger le premier chapitre de cet ouvrage sur l'improvisation.

Avoir de la répartie
Séverine Denis
Eyrolles - 15 euros
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 19:22
Théâtre, café-concert, music-hall hier, cinéma, télévision, internet aujourd'hui : le spectacle est le propre des sociétés ouvertes à l'âge démocratique.

C'est à travers lui que nous mettons en scène nos passions, nos plaisirs, nos humeurs, nos soifs d'ailleurs et d'autrement. Tout commence donc avec le théâtre, dont Paris est la capitale entre 1860 et 1914, à l'époque où la scène est le principal divertissement des milieux urbains, au moment aussi où, dans toute l'Europe, se mettent en place les structures de la libre entreprise culturelle. Paris, Berlin, Londres et Vienne : l'approche comparative du monde des auteurs, des directeurs de théâtre, des actrices, des acteurs, des publics fait ici merveille.

Car si la logique à l'œuvre est partout la même, chaque représentation, dans chacune des quatre capitales, met en mouvement une culture et une société propres - société fictive sur scène, société réelle dans la salle et après le spectacle. Pourquoi le succès, pourquoi le scandale, pourquoi l'indifférence, pourquoi l'oubli ? Telles sont quelques-unes des questions vives qu'éclaire cette étude magistrale, aussi instructive pour comprendre le monde d'hier que celui d'aujourd'hui.

Sommaire :

LES SOCIETES DU SPECTACLE
  • Le siècle des théâtres
  • Les directeurs de théâtre : entre spéculation et vocation
  • Acteurs et actrices en quête de personnages
  • Les auteurs favoris du public
  • A la recherche du succès
SOCIETES EN REPRESENTATION(S)
  • Publics de Londres et de Paris
  • Paris, capitale théâtrale de l'Europe ?
  • La société en représentations
  • Coups de théâtre : Morale et politique sur scène
  • " Il faut absolument être moderne "
L'auteur en quelques mots...
Christophe Charte, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Paris-I, directeur de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine, est l'auteur de près de vingt ouvrages.

Théâtres en capitales - Naissance de la société du spectable à Paris, Berlin, Londres et Vienne (Ed. Albin Michel) - 572 pages - 29 euros
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:59
Voici les 11 dernières pièces de l’opération Traits d’Union, 27 nouvelles pièces d’Europe En coédition avec Culturesfrance

Dans le cadre de la Saison culturelle européenne (1er juillet-31 décembre 2008) :

Chypre : Mon lave-linge bien-aimé de Andonis Georgiou traduction de Michel Volkovitch

Finlande : Le Cheval finlandais de Sirkku Peltola traduction d’Alexandre André

Grèce : Le Point aveugle de Yannis Mavritsakis traduction de Dimitra Kondylaki

Irlande : Terminus Dublin de Mark O’Rowe traduction d’Isabelle Famchon (avec la collaboration de Joseph Long) L

ituanie : Lucie patine de Laura Sintija Cerniauskaité traduction d’Akvilé Melkunaité (avec la collaboration de Laurent Mulheisen)

Malte : L’Interdit sous le lit de Clare Azzopardi traduction de Cecilia Mattalia (avec la collaboration d’Olivier Favier)

Pays-Bas : Le jour, et la nuit, et le jour, après la mort d’Esther Gerritsen traduction de Monique Nagielkopf

Pologne : Le jour, et la nuit, et le jour, après la mort d’Andrzej Stasiuk traduction de Zofia Bobowicz

Roumanie : The Sunshine Play de Peca Stefan traduction de Fanny Chartres

République Tchèque : Catherine de Silvester Lavrik traduction de Anouk Jeannon

Slovénie : Toute une vie de Andreja Zelinka traduction de Liza Japelj Carone

Et aussi le cycle de lectures à l’Odéon 
Retrouvez-les sur http://www.editionstheatrales.fr
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:53
Dans Thérèse Raquin, Thérèse et Mme Raquin ont une petite mercerie, dans une impasse pluvieuse. Tout cela ne respire pas le luxe. Dans La Petite Fille aux allumettes, évidemment celle-ci est obligée de vendre des allumettes à ses clients indifférents pour ne pas se faire battre par son père et gagner quelques sous pour se nourrir.

Émile Zola et Christian Hans Andersen nous disent à leur manière qu’on n'échappe pas à son destin. Dès que Thérèse rencontrera Laurent, son avenir sera inéluctable. Quant à la pauvre petite fille aux allumettes si pauvre, si seule, elle mourra de cette pauvreté et de cette solitude.

Création Philippe Faure, La Croix-Rousse/Scène nationale de Lyon, 2008.

Edition . la passe du vent 2008

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