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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 10:47
« SORTIR LA PALETTE »

Depuis sa nomination aux Césars pour L’Appât de Bertrand Tavernier en 1994, le comédien Olivier Sitruk est sur tous les fronts : télévision, cinéma, théâtre. Il « est » actuellement  aux Mathurins, Franck Chambers, incarné au cinéma par J. Nicholson.


Parlez-nous de votre travail avec le metteur en scène et directeur de théâtre Daniel Colas ?

Daniel a d’abord une formation de comédien, avant d’être metteur en scène. On a fait, pendant une dizaine de jours, un travail à la table, classique au départ. Pour se mettre d’accord sur les intentions du texte, avant de les appliquer. Sur la direction d’acteurs, Daniel est extrêmement pointu. Je lui ai dit clairement que pour moi, ce n’était pas quelque chose qui me faisait peur qu’on me donne les intentions comme une note. Je suis assez scolaire. Etienne quant à lui, agit complètement différemment : il déstructure totalement le texte. Il ne cherche pas à l’apprendre. Laura Presgurvic est peut-être un peu plus comme moi, mais ici elle avait  besoin de trouver l’intention, le sentiment, etc.

Est-ce qu’ici l’éclairage, le montage des scènes courtes, très cinématographique vous rapprochent du jeu de cinéma ?

Ah non pas du tout ! Tous les cinq sur scène, on a essayé de ramener ça vers la tragédie, comme au théâtre, même si on a plutôt tendance (et ça ne doit pas être désagréable pour les gens) à être moins théâtral, dans le sens caricatural du théâtre.

TROUVER LA BONNE LIGNE, UNE PREOCCUPATION QUOTIDIENNE

Passer du rôle du narrateur au personnage principal et réciproquement est-il difficile à jouer ?

C’est difficile à jouer, en effet, parce qu’il faut essayer de trouver la bonne ligne (parce que sinon on pourrait faire tout et n’importe quoi). Je pourrai très bien m’adresser complètement aux gens, le jouer de façon intérieure et pas du tout le porter. Et sincèrement je ne crois pas encore avoir trouvé la bonne ligne pour le faire. Et ce qui est passionnant, c’est la bascule entre les deux personnages (le brutal Franck Chambers et le narrateur), parce que ça arrive pratiquement dans toutes les scènes : on voit la scène se passer, et derrière, je reprends  le rôle du narrateur. Ça rejoint le rôle du chœur de la tragédie grecque…

De manière générale, comment travaillez-vous votre personnage ?

Je pense que c’est une idée totalement fausse de croire qu’il y a un personnage et que vous entrez dans la peau de celui-ci. En tant qu’acteur, je dois trouver des méthodes ou des situations qui me disent la façon de dire « je t’aime » différemment. Ma base de travail c’est moi. Je deviens ce personnage et ce personnage devient moi. Et sans vouloir dénigrer ce talent incroyable au cinéma qu’est Brando, on a tous, nous les comédiens, du mal à rencontrer, qui plus est cinq ou six fois dans une carrière, le personnage qui va nous permettre de « sortir la palette. » Je crois donc plus au personnage qu’au talent de l’acteur.

Propos recueillis par Laetitia HEURTEAU (Paris)

Le facteur sonne toujours deux fois
D’après le roman de James M. Cain
Et le scénario de Harry Ruskin et Niven Busch
Adaptation de Jean et Alice Curtelin
Mis en scène par Daniel Colas
avec Etienne Chicot, Olivier Sitruk, Laura Presgurvic, Yvan Varco et Xavier Lafitte.

Théâtre des Mathurins
36, rue des Mathurins
75008 Paris

Du mardi au samedi à 20h45, matinée samedi à 16h30 et dimanche 15h, relâche le lundi.
Location 01 42 65 90 00

Photo © D.R

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Published by Laetitia HEURTEAU - dans En bonne compagnie
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 14:34
Françoise Chatot : « Je ne veux pas faire du "théâtre- musée"»

A la tête du Gyptis à Marseille, avec Andonis Vouyoucas, Françoise Chatôt met en scène en son théâtre Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset. Avec la conviction que le romantisme d'hier, celui de ce XIXe siècle post-napoléonien, trouve un large écho dans la désespérance des jeunes d'aujourd'hui. Interview.

Rock et hip hop sont, notamment, annoncés dans vos partis pris de mise en scène de la pièce de Musset. N'est-ce pas osé ?

Françoise Chatôt : Je tiens à dire que je ne tire jamais une pièce, un texte, vers le contemporain uniquement pour faire moderne. Que cela soit clair. Mais pour chacun des projets pour lesquels je m'engage, j'entreprends un travail d'échange avec l'équipe, et de recherche. Ici avec Musset et « Les Caprices… », on repère très vite les rapprochements possibles entre les deux époques, celle d'aujourd'hui et celle d'il y a près de deux siècles. Notamment cette désespérance qui touche surtout la jeunesse. Le grand père d'Alfred de Musset baignait encore dans les idées des Lumières, le père vivait la Révolution et l'Empire. Mais pour le jeune Alfred, c'était une période de censure, de l'emprise du clergé, de la police. L'ennui, donc. Aujourd'hui, l'horizon d'une grande partie de la jeunesse s'appelle le chômage, la mort des idéologies, etc. La mélancolie, la désespérance y trouvent un terrain favorable...

Mais le rock... ?

Le déclic s'est produit quand j'ai revu le film de Gus Van Sant « Last days » qui évoque le suicide de la rock star Kurt Cobain. Le rapprochement avec la trajectoire de Coelin, l'amoureux transi de Marianne dans la pièce, m'est apparu évident. Sa mélancolie va le conduire aussi vers la mort. C'est de là que m'est venue l'idée d'introduire du rock dans le spectacle.

Y a-t-il d'autres marques ou indices de modernité dans cette production des « Caprices de Marianne » ?

Le décor – des panneaux tournants – est plutôt abstrait. Les costumes rappellent les années 1980, ceux des rockers chics, un peu dandy, une jeunesse aisée traversée par les désirs d'alcool, de drogues...Un peu comme ce fut le cas pour le jeune Musset.

Le jeu des acteurs ?

Je ne crois pas et ne veux pas faire du théâtre « musée ». Donc ils jouent ici de façon très contemporaine.

Pourquoi la danse ?

Là encore, il n'est pas question pour moi de rechercher un effet pour l'effet. La pièce se déroule pendant un carnaval. Et il y a des masques. J'ai été aussi impressionnée par l'œuvre de Goya, les « Caprices ». J'ai donc eu l'idée d'une danse et d'une musique urbaine. Des danseurs hip-hop scandent la pièce par leur présence. Ce sont des partis pris très intellectuels et ça fonctionne.

Comment va le Gyptis en ces temps difficiles ?

Notre ascension est fulgurante. Le nombre de spectateurs est en constante augmentation et les textes contemporains sont de plus en plus appréciés. Pas mal en  cette période de crise économique.


Propos recueillis par Jean-Pierre Bourcier

 

« Les Caprices de Marianne » d'Alfred de Musset, jusqu'au 6 décembre 2008 au Théâtre du Gyptis, 136 rue Loubon. 13003 Marseille.
Réservations : 04 91 11 00 91. www.theatregyptis.com

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:25

« L’acteur doit aussi être son propre metteur en scène »

A vingt-sept ans, Adrien Melin, fraîchement sorti du Conservatoire, campe actuellement au Théâtre Montparnasse, un jeune Louis XIV bouillonnant, aux côtés de Claude Rich et Geneviève Casile dans l’incontournable Diable rouge.


Parlons un peu du Conservatoire… Quelles ont été les rencontres importantes ?
Dominique Valladié en première année. Une très grande pédagogue, très impressionnante,  immense comédienne, très exigeante. De plus, j’adorais observer les autres pendant ses cours.

Après, Cécile Garcia-Fogiel a aussi été une vraie rencontre, sur les textes de Shakespeare. Elle insistait vraiment sur la notion des enjeux, la gravité de chaque mot, situation, la poésie du texte, comment l’acteur doit être aussi son propre metteur en scène. Marcial Di Fonzo  aussi, qui porte la folie en lui et qui part du principe qu’on peut tout faire au théâtre.

L’année dernière, après le Conservatoire, j’ai travaillé aussi avec un grand metteur en scène, Denis Lorca, au Théâtre du Nord-Ouest. Il connaît toute l’œuvre de Shakespeare. Sa culture, son intelligence de la pièce vous nourrissent littéralement.

Comment s’est passée votre rencontre avec Claude Rich ?
C’est un homme exquis, vraiment adorable. Au début des répétitions, on a l’impression qu’il a pour seul souci d’avoir bien le texte en bouche. Il ne laisse rien au hasard. Il imagine à l’avance quelles vont être les réactions du public. Par exemple, il a décidé très vite de faire Mazarin sans accent. J’ai apprécié aussi qu’on ait travaillé avec le texte en main pendant longtemps. Ce qui nous a permis de le faire dans la détente, avec beaucoup de sérieux et d’amusement aussi. Ce qui est formidable avec Claude Rich, c’est qu’on a vraiment l’impression de jouer « comme au cinéma. »

 
C’est-à-dire ?
Le cinéma, j’ai l’impression que c’est quelque chose qui part de soi et dont on n’a pas le contrôle. Et Claude est vraiment épatant à ce niveau-là : quoiqu’il arrive, il fait toujours avec son état du jour, on a l’impression qu’il vit la situation de A à Z. Il y a de très beaux moments où c’est comme si ce n’était plus Mazarin qui parlait à Louis XIV mais bien Claude à Adrien. Peut-être qu’il faut faire attention à cela, mais j’ai l’impression qu’il donne de toute façon une énergie suffisante à son personnage, une tenue dans le corps, avec un phrasé, une diction et cette voix incomparable…

 
Et comment avez-vous finalement abordé le personnage de Louis XIV ?
C’était le parcours à interpréter qui m’excitait, plus que le personnage de Louis XIV. Ce n’est pas un roi qui est en exercice, autoritaire, etc. C’est un jeune homme de 20 ans qui a failli y passer et qui miraculeusement s’en est remis. Il est plein de vie, plein de jeunesse, avec de belles scènes charnelles à jouer avec sa jeune maîtresse, Marie Mancini.

Et c’est ensuite tout l’inverse qui se produit. Dans le deuxième acte, il commence à s’affirmer, à prendre une décision qui va faire de lui le plus grand des monarques, celle de la raison d’état. Il y a aussi le fait que cela se passe surtout dans des lieux privés (antichambre, jardins) où il n’est pas (encore !) un personnage public.

 

Propos recueillis par Laetitia HEURTEAU (Paris)

 

Le Diable rouge
Texte de Antoine Rault
Avec Claude Rich, Geneviève Casile, Denis Berner, Adrien Melin, Alexandra Ansidei et Bernard Malaka
Mise en scène de Christophe Lidon
Décor de Catherine Bluwal
Costumes de Claire Belloc
Lumière de Marie-Hélène Pinon
Son de Michel Winogradoff
Location 01 43 22 77 74
Théâtre Montparnasse
31, rue de la Gaité
75014 Paris
Du mardi au samedi à 20h30- matinée : samedi 17h30.

Photo © DR

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 14:51
Freddy Viau est un discret... mais qui aime se faire entendre. Pour cela - et selon l'adage "tranquillement, mais sûrement" - il construit son projet artistique et écrit, met en scène, joue... Ce petit bonhomme venu de l'Aube a choisi la poésie, le théâtre, le mot, la danse, mais également le partage d'aventures et d'émotions avec la compagnie Parci Parlà, dont il est l'instigateur, et pour laquelle il est à la fois manager, locomotive, muse...

Force tranquille, mais non sans doutes, ni questionnements, Freddy Viau gravit peu à peu son Everest, en marge des modes. Son Nirvana serait cette page si personnelle, sorte de scrapbook mêlant matières étranges, ombres dansantes et mots éphémères. Il met en scène Dard-Dard au Ciné Théâtre 13, après un coup de coeur de Sarah Lelouch - détentrice du lieu - pour cette pièce insecticide qui traite de l'injustice, de pouvoir, d'avidité.*

L'infiniment petit, transposer pour mieux rendre compte ?

Absolument. Parler du monde d’ « en bas » est  bien sûr une manière détournée de parler du monde d’ « en haut », de notre société humaine.  Nous sommes avec Dard Dard dans le domaine de la comédie, et même de la comédie fantaisiste. Je voulais divertir, mais en construisant un univers un peu original, fantaisiste,  décalé. J’ai eu l’idée des « insectes », de ce monde « microscomique».

J’ai toujours été fasciné par les insectes. Je viens de la campagne, j’ai donc toujours eu un rapport étroit et direct à la nature. Puis, j’ai fait des études de biologie (jusqu’en licence) à Reims, et j’ai notamment eu des cours d’entomologie (étude des insectes) qui m’ont fasciné. Je trouvais déjà lors de ces cours que l’univers de l’herbe était très théâtral (ou peut-être était-ce dû au talent des profs qui nous le racontait comme cela). C’est dans ces cours que j’ai appris combien l’étude des insectes a pu donner lieu à beaucoup d’inventions et d’applications scientifiques et  techniques dans notre vie de tous les jours… Bref, l’univers des insectes m’a toujours inspiré. Et en plus il m’a permis de construire une métaphore d’un monde très organisé, très structuré, très hiérarchisé, de pouvoir aborder des thématiques comme celle du pouvoir, des laissés pour compte, de la relativité (monde d’en haut / monde d’en bas ;  l’être humain se prend souvent pour un géant, mais nous ne sommes tellement rien par rapport à l’univers), la foi, la conviction religieuse, l’écologie, etc…

Plus je travaillais sur cet univers des insectes et plus je découvrais la richesse de thématiques et de problématiques de notre existence humaine. Bien sûr, je ne pouvais également que suivre les traces d’auteurs qui l’ont fait bien avant moi, et être nourri par les univers d’Esope, La Fontaine, les auteurs anonymes du « Roman de Renart » (que j’ai d’ailleurs mis en scène, le premier spectacle de la Compagnie Parciparlà, que nous jouons encore), etc… 

Utiliser les insectes, c’est peut-être aussi une façon moins didactique, plus pudique de parler de mes questionnements existentiels, et ce qui, en tout cas, collait bien à un univers de comédie.

Jean Gillibert dit qu’un des rôles primordiaux du théâtre est de "déshabituer notre oeil du crime" afin que ce dernier paraisse moins "facile"... Est-ce la raison de l'écriture de Dard-Dard ?

Je pense que ce n’était pas directement l’intention première de l’écriture de Dard Dard, même si je suis entièrement d’accord avec cette idée. Il y a beaucoup de crimes dans Dard Dard. C’est la thématique du pouvoir qui m’a fait glisser naturellement vers le traitement d’un certain nombre de meurtres, dans tous les sens du terme, symbolique ou littéral.
Enveia, le personnage principal, jeune abeille qui s’octroie plus ou moins la couronne du peuple des Aileux, et que nous voyons évoluer dans Dard Dard, est ambitieuse. Elle semble vouloir le pouvoir pour changer en mieux selon elle, cette société qu’elle-même semble subir. Elle trouve anormal que les insectes soient prédestinés, avant même d’être nés, à être toute leur vie, ouvriers, esclaves, ou à l’inverse dominateurs, profiteurs, esclavagistes… Elle semble vouloir défendre une certaine notion de mérite, ou en tout cas de plus grande équité.  Mais une fois le pouvoir entre ses mains, elle a bien des difficultés à  rester fidèle à ses principes. Ou en tout cas, elle les fait évoluer avec elle, en égoïste qu’elle est, comme nous tous. La pièce aborde le pouvoir sous toutes ses formes, et le crime en est une des nombreuses facettes. Prendre le droit de mort sur quelqu’un est bien l’ultime abus de pouvoir.

Tout cela évidemment, je tiens à le rappeler, en restant dans le domaine de la comédie, du dérisoire, je pose des questions mais qui restent sous-jacentes à l’intrigue. L’idée est de surtout prendre un peu de distance. Et par exemple la mise en scène des meurtres de Dard Dard va dans ce sens. Je voulais des meurtres, mais ne pas être encombré par le réalisme des cadavres. Donc, les personnages assassinés, une fois morts, se relèvent, et sortent sur leurs deux pieds. C’est au bout du compte, encore plus fort, encore plus questionnant…

Vous utilisez la danse contemporaine pour évoquer l'horreur de la guerre - moment très émouvant -, cela vous arrive-t-il souvent de mélanger les genres ?

Oui, alors cela, j’adore.  Et je pense que c’est l’avenir du théâtre.  Il faut que les arts se nourrissent les uns des autres. Et c’était une envie dès le début de l’écriture de Dard Dard de pouvoir me permettre des ruptures de ton, des ruptures de forme dans la pièce. De trouver une grande liberté là-dedans en même temps qu’une grande cohérence.
La structure de Dard Dard est assez épique, avec des références au théâtre brechtien, il y a beaucoup de péripéties. La Reine à un moment, décide de partir en guerre. Et comme pour le reste, je voulais m’éloigner d’un réalisme documentaire, donc j’ai pensé à le coder, en m’inspirant de la danse contemporaine (je suis très sensible à cet art). C’est un moment singulier, en suspens dans Dard Dard. Nous avons travaillé avec Eric Choquet, un chorégraphe champenois de danse contemporaine.  Et comme nous sommes des comédiens et non des danseurs, l’objectif n’était pas de faire des performances, mais de raconter autrement ce passage de l’histoire. De chercher un code, de faire naître l’émotion, l’effroi de la guerre, avec nos corps, nos visages. La bande-son, composée par Régis Delbroucq est évidemment importante et a guidé notre travail sur divers moments du spectacle, et notamment celui-là.

Il y a d’autres moments dans Dard Dard qui partent aussi dans des directions variées. Il y a par exemple des chansons qui racontent certains passages de l’histoire. Il y a aussi un autre moment de danse, chorégraphié par Alexandra Antoine, plus music-hall, plus festif. Tout cela contribue à faire de Dard Dard un objet théâtral assez singulier.

Jean Guidoni qui s'intéresse aux plantes vertes, c'est un heureux hasard, non ?

Je suis un grand admirateur de Jean Guidoni, dont j’ai découvert l’univers il y a une dizaine d’années. C’est un très grand artiste. Très original.  Qui construit vaillamment d’album en album une œuvre riche, variée, surprenante. Il est intègre, cherche sans cesse à se renouveler. J’ai eu la chance de le rencontrer. Je lui ai proposé de venir faire une voix off dans Dard Dard. Il a accepté d’incarner Frelonus, le roi des Aileux, qui sauve son peuple d’une mort inéluctable par insecticide dans la prairie, en le guidant vers la pelouse d’un square parisien. Terre préservée.  L’histoire de la pièce démarre aux funérailles de ce roi Frelonus, mais il est présent vocalement tout au long de la pièce, comme un fantôme qui surveille son peuple de loin.
Jean Guidoni est ainsi notre Roi.  Jean Guidoni a un côté comédien évident, il est un chanteur qui interprète beaucoup ses chansons sur scène. Je m’étonne qu’on ne lui ait pas proposé plus de choses dans le domaine de la comédie. Je suis sûr qu’il adorerait cela. Et d’ailleurs, j’adorerais pouvoir le mettre en scène un jour ou l’autre… Son prochain album autour de textes de Prévert (dont je crois certains, inédits) sort en octobre prochain, suivi d’un spectacle. J’incite tout le monde à le découvrir. Le dernier « La Pointe Rouge » est également un petit bijou…

Les femmes ont une place maîtresse dans la pièce et dans tous les sens du terme...

Bon jeu de mots. En effet, Enveia, le personnage principal, incarné « royalement » par Marie-Béatrice Dardenne,  est la maîtresse du Roi défunt. Le personnage central  de Dard Dard est féminin… peut-être inconsciemment ai-je trouvé cela plus intéressant pour le cheminement dramaturgique. Car le rapport d’une femme au pouvoir a peut-être été un peu moins traité. Il est aussi peut-être plus ambigu, plus complexe, plus humain, plus questionnant, et malheureusement encore moins habituel… Il y a d’autres personnages féminins aussi dans Dard Dard …
La jeune abeille boîteuse, Patte Folle ; la mante religieuse, Lapiosa;  Grâce la libellule, MariAnnick le Moustique, Gervaise la Punaise… Elles ont des caractères variés, elles sont vraiment différentes… J’ai de toute façon globalement essayé, que ce soit pour les comédiens ou  pour les comédiennes, que tous les personnages même secondaires aient une certaine densité, que tout le monde ait quelqu’un chose à jouer. Ca a été un peu casse-tête pour la construction de l’intrigue, car il y a 7 comédiens sur le spectacle, mais je crois que c’est assez réussi, c’est assez équilibré…

Dans vos projets se côtoient l'esprit bon enfant - que les critiques ont associé à celui du Splendid - mais également celui plus mystérieux et un peu noir de Shakespeare... Farfadets, esprits malins et magiques sont-ils de mise dans la région de l'Aube dont vous venez ?

Je ne sais pas si les forêts auboises et notamment chaourçoises (puisque je viens de la région de Chaource) sont habitées par les lutins… mais en tout cas, la ruralité fait partie de moi. Mes premières pièces ont pour cadre la campagne. Il y a forcément dans mon univers des liens avec l’Aube. Ma nature pudique, un peu secrète. Peut-être un côté plus instinctif aussi. Plus concret. En caricaturant, à la campagne, on ne parle que lorsque l’on a quelque chose à dire. Je suis un peu comme ça dans l’écriture. Je dois ressentir le besoin d’avoir quelque chose à dire pour me mettre à écrire. Je ne peux pas coucher des mots sur le papier sans me soucier du sens à leur donner. Du pourquoi. J’ai besoin d’avoir envie de porter une parole, même discrètement.
Quand aux références que vous citez, Shakespeare, et le Splendid, oui, ce sont des univers qui peuvent sembler très éloignés, mais l’un comme l’autre, ils me nourrissent, se complètent, m’ont construit en tant qu’artiste. J’aime le sens de la comédie, la générosité, l’esprit de troupe de l’équipe du Splendid. J’aime la richesse, la complexité, la densité, la beauté du langage de Shakespeare, et l’audace des intrigues, de la construction de ses pièces.  C’est important, je trouve, d’aller explorer des univers très variés, pour l’écriture dramatique.


Quels sont vos projets avec la Compagnie Parciparlà, et en dehors de cette équipe ?

Avec les Parciparlà, nous avons quelques dates de Dard Dard en tournée sur le premier trimestre 2009, peut-être une reprise dans un autre lieu et Avignon 2009. Nous allons également reprendre à Paris, au Théâtre de l’Essaïon, à partir du 8 octobre l’un de nos 2 spectacles Jeune Public, le Roman de Renart (dont nous avons déjà fait près de 900 représentations). Nous réfléchirons ensuite à une nouvelle création, peut-être pour le printemps prochain.
J’aimerais beaucoup prendre le temps également de plancher sur une adaptation audiovisuelle de Dard Dard. Je pense que l’univers est riche et pourrait se décliner sur un format court. La Compagnie a  un site internet www.compagnieparciparla.com, avec toutes les infos sur notre actualité.

En parallèle de la Compagnie, je mets en scène « 24h de la vie d’une femme » de Stefan Zweig avec deux comédiennes pour le Théâtre de l’Essaïon du 26 août au 6 novembre 2008 les mardis, mercredis, jeudis à 20 h. Une atmosphère différente de Dard Dard, plus dramatique, mais qui m’intéresse beaucoup. Un spectacle plus intimiste, qui je pense, va réserver de beaux moments d’émotion comme je les aime….

Propos recueillis par Marie-Pierre FERRÉ

* Voir la critique de Franck Bortelle du 09/04/2008

Dard Dard, mis en scène par Freddy Viau
Avec Marie-Béatrice Dardenne, Angélique Fridblatt, Laetitia Richard, Regis Chaussard, David Dos Santos, Regis Romele, Freddy Viau.
Avec la voix de Jean Guidoni.

Jusqu'au 23 août 2008
Du mardi au vendredi à 20 h - Le samedi à 17 h et 20 h
Durée : 85 minutes
Tarif : 14 € au lieu de 22 € ( placement libre assis )

CINE-THEATRE 13
Le Cinéma du Moulin de la Galette
1, avenue Junot – 75018 Paris
Tél :  01 42 54 15 12
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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 19:48
UN FLAUBERT PLUS INTIME ET ELECTRIQUE

« Ce qui est certain, c’est qu’il est beaucoup moins confortable pour moi d’être metteur en scène qu’acteur. Et en même temps, c’est beaucoup plus important, intimement. » A trente deux ans, Loïc Corbery, pensionnaire de la Comédie Française depuis 2005, propose au théâtre de la Gaîté- Montparnasse, une mise en scène électrique et passionnante de Flaubert avec sur scène un Jacques Weber inédit.

En quoi cette pièce a-t-elle évolué par rapport à sa première mise en scène ?
Physiquement et affectivement, Jacques aborde la pièce avec douze ans de plus,  et entre temps, il y a eu ma rencontre avec lui, mon chemin d’acteur, mes premiers pas d’homme de théâtre (un bien grand mot !). Arnaud Bédouet donne tout d’un coup à Flaubert un  partenaire, un miroir, une écoute qui est le personnage de Marie. Avec Magali Rosenzweig, que j’aime énormément, j’avais envie que cette gouvernante puisse prendre, tout au long de cette nuit, tous les visages possibles : de la gouvernante, de l’amie, de la fille, de la sœur, de la mère, de l’amante fantasmée par Flaubert. Et le silence qu’Arnaud lui a imposé dans la pièce permettait cela.


La dramatisation de la nuit d’orage est réalisée ici à partir d’éléments anachroniques (électricité, bouteilles d’eau en plastique, etc.), pouvez-vous nous en parler un peu plus ?

C’est terrible qu’aujourd’hui les gens aient à ce point envie d’être rassurés, de vouloir reconnaître les choses quand ils vont au théâtre ! Ce qui est merveilleux, c’est que j’ai travaillé sur des mots, les mots qu’un homme a vraiment écrits. Ce qui est important c’est qu’un acteur dise ces mots-là sur un plateau de théâtre à des spectateurs et que ces gens l’entendent. Que ce soit Flaubert ou pas, peu importe pour moi. Il se trouve que là on est à Paris au XXI° siècle dans un théâtre avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig et ces mots-là.

Comment avez-vous travaillé avec Jacques Weber qui a sur scène cette façon incroyable de dire le texte, quasi électrique ?
Le travail du texte en amont, c’était vraiment important pour moi. Grüber, qui est mort la semaine dernière (et c’est terrible pour le théâtre), quand il travaillait sur le tragique avec des acteurs, il leur disait : « Pensez la réplique avant et dites-la simplement et franchement. Mais ne pensez pas pendant la réplique. » Aller au bout d’une respiration mentale, ne pas enchaîner ces pensées, ne pas les mélanger, mais les additionner clairement précisément.

Quels sont les traits de personnalité qui vous fascinent chez « votre Gustave » ?
Dans le spectacle, ce qu’on découvre de Flaubert, c’est cette partie intime de Gustave et non l’œuvre publique de Flaubert. Celui, qui, le soir, fermait son cahier et écrivait du courrier où il se lâchait, se répandait, hurlait. Mais de la même manière que les gens vont au théâtre et s’attendent à voir chez Weber le personnage public, bonhomme, sympathique qu’ils imaginent, je pense qu’ils ressortent en ayant vu quelqu’un d’autre, qui à mon avis ressemble plus à Jacques.


Propos recueillis par Laetitia HEURTEAU (Paris)

Lire la critique de Sacré nom de Dieu par Franck Bortelle.

Sacré nom de Dieu
Une pièce d’Arnaud Bédouet
D’après la correspondance de Gustave Flaubert
Mise en scène : Loïc Corbery
Avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig
Théâtre de la Gaîté Montparnasse, 26 rue de la Gaîté, 75014 Paris
Du mardi au samedi à 21h30, le dimanche à 18 heures
Réservations : 01 43 22 16 18
Durée : 1h30

A noter que Loïc Corbery joue actuellement à la Comédie Française  en alternance dans Cyrano de Bergerac, La Mégère apprivoisée et Figaro divorce.

Photo © Mireille Ampilhac

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 09:58
Entretien avec Daniel Bedos, fondateur et directeur du Printemps des comédiens.

« Le festival s’est construit avec cet esprit melting-pot, ce goût du mélange et d’éclectisme qui m’est propre »

Avec Jean-Claude Carrière pour président, plus de 45 000 spectateurs, le Printemps des comédiens fête cette année ses vingt deux bougies. Son directeur et fondateur nous livre son parcours et ses impressions sur cette édition 2008. La première de Taman Sari, mise en scène par Daniel Bedos, s’est déroulée le cinq juin, c’est donc un homme soulagé et confiant qui s’est prêté au jeu de notre interview.

Rue du Théâtre : Vous êtes le fondateur du Printemps des Comédiens, comment ce dernier a-t-il vu le jour et à quel moment de votre parcours ?

Daniel Bedos : Dans les années 80, j’ai créé "Fêtes de Molière" à Pézenas d’où je suis natif. A l’époque, cet événement avait connu un grand succès puis les circonstances, les relations politiques m’ont amené jusqu’au Printemps des comédiens en 1987. Ce festival s’est construit au départ avec quatre bouts de ficelles. Un jour, le président du Conseil général me téléphone et me dit : « invente moi un projet artistique, je viens d’hériter d’un domaine, le domaine d’O ». Alors, j’ai pris mes quatre bouts de ficelle, j’ai fais venir Michel Galabru… et puis surtout en fonction du lieu, je me suis orienté vers un festival de plein air, de nouveau cirque, de chapiteaux. Et immédiatement, un public captif s’est manifesté.

Quelles ont été les principales évolutions de ce Printemps des Comédiens, a-t-il toujours mêlé déambulation, culture du monde, théâtre et musique dans un style éclectique comme le fait cette édition 2008  : quels ont été les temps forts de ce festival ?

Dans une première phase, il fallait continuer à capter ce public, inventer un festival de théâtre en plein air à côté d’un festival de danse déjà rayonnant à Montpellier. Si dans ce premier temps, le Printemps des comédiens était plutôt classique, nous prenions des risques tout de même dans la programmation. Cela nous a conduit à une deuxième phase, celle de la véritable ouverture au nouveau cirque, celle d’un métissage esthétique. J’ai été l’un des premiers à accueillir le cirque haut et à capter un public différent. Durant six à sept années, une double programmation alliant les textes classiques et le théâtre contemporain s’est instaurée. Et puis la période de l’ouverture au monde correspond à un troisième temps. Dans une période d’essoufflement du théâtre classique, je me suis intéressé au théâtre traditionnel de cultures étrangères dans les années 1995-1997, un peu plus de dix ans déjà. L’idée m’est venue de présenter cela à travers un parcours dans le parc du Château d’O. Et là, c’est 15 000 spectateurs assurés depuis sa création. Puis, nous sommes entrés dans la phase aboutie du festival comblant la recherche des uns, invitant la curiosité et le goût du voyage des bobos, conviant les jeunes à la découverte… Aujourd’hui, une quatrième phase se met en place. Depuis cette année, nous réfléchissons avec le département de l’Hérault à aménager le lieu pour qu’il devienne une sorte de « parc de la villette ». Ce projet est en cours de réflexion.

Cette année, vous faites une place de choix aux jeunes compagnies notamment régionales, je pense à la Compagnie de la Chèvre à Cinq Pattes (CCCP), la Compagnie Bruitquicourt ou à L’Autre Théâtre notamment, cela est-il habituel dans la programmation  ?

Ariel Garcia Valdès dirige l’École Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier depuis une dizaine d’années, c’est un homme que j’adore. Il met vraiment tout en œuvre pour former de jeunes talents qu’il me tient à cœur d’accompagner. Pour la Compagnie de la Chèvre à Cinq Pattes, c’est presque une commande qui a été mise en place. Avec cet esprit melting-pot, ce goût du mélange et d’éclectisme qui m’est propre, je leur ai demandé de travailler avec les Malgaches. Pour d’autres spectacles, l’histoire sera différente. Certaines de mes déambulatoires ont fait le tour du monde mais quoiqu’il en soit c’est l’arrivée de Ariel Garcia Valdès depuis une dizaine d’années qui a été déterminante dans cette orientation.

Vous êtes le metteur en scène de la déambulation intitulée Taman Sari plus communément appelée le 18-20, et au regard du montage, de l’organisation et des choix artistiques, quelles ont été vos priorités ?

Avoir choisi l’Indonésie, cela s’est fait au hasard des rencontres, à cause de l’intérêt que je porte au travail d’Antonin Artaud mais le choix de ce spectacle s’est déroulé sur douze mois. Avant de partir à la découverte d’un chantier de ce type, je travaille sur le projet en amont, je le nourri. Puis dans sa phase de concrétisation, le travail se réalise en collaboration avec des centres culturels des pays concernés. Une fois le repérage terminé, trois semaines d’observations sont alors nécessaires. Il s’agit de voir sans relâche des représentations afin de faire un choix. Je suis un peu comme un vigneron qui fait son vin, je fais une première esquisse avant que le travail s’inscrive dans le domaine d’O comme dans une cuvée, puis une gamme.  Pour 2009, je me documente sur les zoulous…

Sa présence au festival (sous votre direction) permettra-t-elle à Taman Sari de voler de ses propres ailes, le spectacle se vendra-t-il ailleurs, dans d’autres programmations ?

De nombreux spectacles réalisés pour le Printemps des comédiens se sont exportés à travers le monde. Koteba, la déambulation du précédent festival est partie en Italie dans une version plus simplifiée, elle sera encore présentée en Grèce.  Taman Sari sera bientôt proposée à l’Opéra de Marseille dans le cadre de la candidature de « capitale européenne de la culture » de la ville éponyme en 2013. Ensuite, la déambulation partira vers le Brésil et en Corée du Sud à  travers la programmation de festivals internationaux. La déambulation m’appartient quand même un peu et je l’accompagne dans ses perspectives de développement. De toute façon, la déambulation s’amortie entièrement à Montpellier où elle est jouée pas moins de vingt deux fois et le nombre de spectateurs suffit à la rentabiliser.

La préparation de ce festival vous conduit donc à voyager, cela vous pousse-t-il à l’écriture… et la publication de votre livre intitulé « Les bords du monde » était bien prévue en 2008, est-ce là davantage en rapport avec votre profession d’enseignant-chercheur ?

Le livre est paru aux éditions  Domens et il est préfacé par Jean-Claude Carrière, le président du Printemps des comédiens. Il est surtout le récit de mes pérégrinations.

Inévitable question, l’annulation de la représentation de Safran et de la venue des moines tibétains a-t-elle été difficile à prendre pour l’homme engagé que vous êtes ?

Cette décision a été difficile pour deux raisons, d’une part je suis un homme fidèle à mes amitiés et les Chinois m’accueillent depuis des années, ils m’ont accompagné au Tibet en mars notamment. Puis le climat s’est durci et les Chinois ont eu peur des réactions. Je suis au regret de ne pas avoir maintenu cette représentation surtout qu’avec le tremblement de terre dans la province de Sichuan, l’opinion a basculé. Toutefois, précisons que le spectacle est seulement différé, il sera à Montpellier d’ici quelques mois, dans l’hiver.

La perte d’une tête d’affiche comme Cesària Évora peu avant l’ouverture du printemps peut-elle présager de difficultés dans la gestion future du festival ?

Cesària Évora a été hospitalisée et doit subir une lourde opération. Ce sont les aléas du métier et de la vie conjugués. J’aime beaucoup Jane Birkin même si c’est un tout autre univers. Au final, il est un peu tôt pour se prononcer mais un spectateur sur deux garde le billet, tout peut encore évoluer.

Depuis l’ouverture de cette édition 2008, c’est à dire depuis hier où je vous ai vu attentif au moindre détail, vous vous sentez comment : confiant, soulagé, serein ou tendu ?


Je suis un homme soulagé, j’ai une équipe de sept personnes qui avoisine les cent cinquante au cours du festival et c‘est beaucoup. Tout est prévu au millimètre et puis je suis pas un intello mais un homme stressé, un perfectionniste.

Propos recueillis par Christelle ZAMORA (Montpellier)




 

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 23:59
« A ROME, LES STRUCTURES PUBLIQUES NE FONT PAS LEUR TRAVAIL »

Graziano Graziani vient de publier Hic sunt leones aux éditions Editoria&Spettacolo, il s’occupe de la programmation théâtrale au Rialto Santambrogio à Rome. Voici les premières lignes du livre : « Plus qu’une analyse, le contenu de ce volume est une cartographie. Le territoire qu’elle cherche à représenter est la scène indépendante romaine. La cartographie nous renvoie aux explorateurs de la renaissance, aux navigateurs européens qui partirent vers les terres inconnues du nouveau monde à la recherche de fortune. ».


Tu écris des critiques, tu programmes du théâtre, comment pourrait-on te définir ?

Comme un programmateur, je suis depuis 2004 le directeur artistique du Rialto Santambrogio. Je suis un observateur privilégié de la vie théâtrale italienne. J’ai un double rôle : faire la programmation du Rialto (un des espaces de la scène indépendante romaine) et écrire des critiques pour l’hebdomadaire, Carta.

D’où vient le désir d’écrire ce livre sur la scène indépendante romaine ?
Le livre se veut un témoignage de ce qui bouge à Rome dans ces dernières années.

Rome est un territoire intéressant pour le théâtre indépendant ?
Oui, dans les dernières années, on a vu naître ici des compagnies qui participent désormais aux festivals nationaux, je pense par exemple à Santa Sangre (collectif), à Antonio Tagliarini (danseur) ou à Daniele Timpano (performer, dramturge).

Et dans l’écriture ?
Il y a peu d’écritures nouvelles en Italie de manière générale. La dramaturgie, c’est le grand trou du théâtre italien contemporain.

Tu peux nous parler du Rialto ?
Le Rialto est un centre expérimental de culture contemporaine. Il y a des concerts, des expos, des installations, des performances, du théâtre… On cherche à faire voir nos choix au plus grand nombre. L’espace est complètement indépendant, il se finance notamment avec la musique électronique. Les vendredis et samedis, les concerts peuvent accueillir jusqu’à 1000 personnes qui paient chacune 5 euros.

Et la programmation théâtrale ?
Il y a environ 65 spectacles cette année (4 fois la programmation d’un théâtre classique). Mais le théâtre est à perte… On fait avec de faibles moyens ce qui n’est pas ou peu fait à Rome. Une partie de notre programmation pourrait être celle du Vascello ou de l’India (deux autres théâtres romains), en tout cas d’une institution publique.

D’où vient ce déficit des institutions publiques à Rome ?

C’est l’objectif de mon livre, je veux montrer qu’à Rome, il y a des propositions qui ne trouvent pas de relais. En Emilie Romagne, il y a des structures publiques qui font un travail de mécénat, en Toscane, c’est pareil, parfois dans le nord-est. Ici à Rome, c’est difficile de faire passer l’idée d’un spectacle contemporain. On est dans la propagande politique, je te donne de l’argent pour faire un événement. Les structures publiques ne font pas leur travail. Ce sont des structures liées au pouvoir. Le Vascello ou l’India devraient être soutenus par le ministère, la région et jouer un rôle de relais.

Rome vient de changer de maire, cela peut changer quelque chose pour le Rialto ?

C’est très préoccupant. Mais la gauche n’avait pas stabilisé notre situation. Et puis Allemano, c’est plus Sarkosy que les fascistes des années 70. Mais ils feront peu pour la culture, et encore moins pour l’art contemporain. L’idée politique qu’il y a derrière ce groupe, c’est l’idée d’une ville non ouverte.

Propos recueillis par Matthieu MÉVEL (Rome)

Hic sunt leones
Scena independete romana
A cura di graziano Graziani
Editoria&Spettacolo, 2007



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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 19:42
JOIE DE VIVRE TRANSATLANTIQUE

Liliane Montevecchi est un personnage. Après des débuts de danseuse à l’Opéra de Paris, elle est prise dans un tourbillon : Hollywood, les Folies Bergères puis Broadway. Rencontre avec cette grande dame dont le rire chaleureux n’est pas un mythe.

Ruedutheatre : Pouvez vous nous parler de votre dernier spectacle ? (« A la folie » au Teatro Zinzanni de San Francisco)
Liliane Montevecchi : C’est un spectacle fou, adorable, « exciting », avec des gens qui viennent du monde entier pour faire les choses qu’ils font le mieux.  Il y a des acrobates, des comédiens et tout  ça est plein de champagne, plein de vie ! On est transportés dans une autre vie je trouve comme un Toulouse Lautrec… C’est difficile à retranscrire, je crois qu’il faut en faire expérience.


RDT : Quels sont vos secrets pour avoir une forme aussi resplendissante ?
LM : Tout d’abord une grande discipline. Je fais attention à ce que je mange évidemment, je fais un peu d’exercice. Etant comme une veille ballerine, je m’étire, je me pousse. Mais mon secret  surtout, c’est d’être bien dans sa peau et d’avoir de la joie de vivre. (Rires). Etre positive dans la vie et ne jamais demander ce qu’on ne peut pas avoir comme cela on n’a pas de « headache » !

RDT : Vous avez commencé par la danse, qu’est ce qui vous a fait choisir de vous orienter vers le music hall ?
LM : Ce n’est pas moi, moi je ne choisis jamais ! Tout m’est tombé comme sur un plateau, de la danse à Hollywood où j’ai eu un contrat de 7 ans, Broadway, les théâtres à Paris. Ce n’est jamais moi qui ait décidé, quelqu’un m’a toujours pris la main et dit : « Tiens pourquoi tu ne fais pas ça ? »  et moi je ne dis non à rien ! […]

RDT : Et vous avez été adoptée par les USA?
LM : Absolument, Oui.

RDT : Pensez-vous être plus connue ici qu’en France ?
LM : Non c’est pareil car après de nombreuses années je suis retournée à l’Opéra Comique sous la direction de Jérôme Savary pour le spectacle « Mistinguette ». On me demande toujours de faire des pièces à Paris mais je ne suis  jamais là, je pars toujours à droite et à gauche ! Il faut que je me décide à rester un peu plus en France, ce que je vais d’ailleurs faire.

RDT : D’après vous qu’est ce qui fait le succès du music hall ?
LM : Alors ça je ne sais pas ! S’il y a une chose que je peux vous dire c’est que dans le temps en France, personne n’allait au music-hall et maintenant c’est extraordinaire on l’a presque adopté. Mais aux Etats-Unis je ne sais pas. Il n’y a plus de music hall ici. Ce que je fais ce n’est pas du music hall, je ne sais pas comment on appelle ça. Le music hall c’était les Folies Bergères, c’était le Casino de Paris. Cela n’existe plus les trucs avec des plumes, c’est passé tout ça !

RDT : Vous avez dû vivre des moments incroyables tout au long de votre carrière, y en a-t-il un auquel vous repensez avec particulièrement d’émotion ?
LM : Certainement quand j’ai eu mon premier Tony Award (récompense suprême du théâtre aux Etats-Unis). C’était assez extraordinaire d’avoir cette récompense pour mon premier Broadway show. Cela m’a beaucoup touché cette générosité de la part des américains. C’est une chose qui m’a fait très plaisir car à Paris où j’avais beaucoup de succès, je n’avais jamais eu de récompense. Pourtant pendant mes 7 ans aux Folies, je n’ai pas manqué un jour et j’ai quand même un peu transformé les Folies. J’ai apporté plus de peps qu’avant. Avant c’était les applaudissements dans les escaliers, les plumes et machins. Moi j’ai apporté autre chose mais on ne m’a jamais dit merci.

RDT : C’était bien d’être reconnue enfin…
LM : Cela dit quand je suis retournée en France pour le spectacle « Mistinguette », j’ai aussi eu une médaille, donnée par le maire de Paris donc j’ai quand même été récompensée.

RDT : Voilà enfin après toutes ces années !
LM :( Rires) Donc il ne faut jamais perdre l’espoir ! (Rires)

RDT : Y a-t-il des projets qui vous tiennent à cœur prochainement ?
LM : Oui. Bien vivre et boire mon champagne tous les soirs ! (allusion au spectacle en cours à San Francisco). Et puis être bien dans ma peau comme toujours et être en bonne santé, ce sont mes projets ! On n’a qu’une vie, il faut en profiter !

Entretien réalisé par Anne CLAUSSE (San Francisco)
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 16:33
CLAIRE MAIRO : UNE FORCE FRAGILE

Entre émotion, révélation, coups de cœur et coups de gueule, l’artiste a retracé son parcours avec sincérité et verve. Un chemin semé d’embûches, de doutes, de rencontres heureuses et de réussite.

Qu’avez-vous fait professionnellement et artistiquement avant votre arrivée en 2003 à Paris ?


J’ai  vécu 15 ans à Montpellier où j’ai fait ma scolarité. Puis, je suis allée vivre à Nîmes pendant trois ans. A 16 ans, j’ai arrêté les études pour faire serveuse. Un métier que j’ai trouvé ingrat. On se fait de l’argent, mais on bosse toute la journée et on n’a plus le temps pour le dépenser. Pourtant, j’ai fait ça longtemps, j’étais rentrée dans un cercle vicieux. Vers 26 ans, j’ai travaillé dans un magasin de musique. Un an après, je vivais une rupture amoureuse très difficile : c’est ce qui m’a fait fuir Nîmes et partir à Paris pour réaliser cette envie de longue date de faire du one-woman show.


Vous y pensiez depuis longtemps, donc...

Oui. Déjà petite, je faisais des imitations, je chantais, je montais sur scène, même si c’était pour faire l’arbre ! Puis, j’ai eu une révélation en 1989. J’avais 14 ans et j’ai découvert Muriel Robin. Cette femme m’a scotché : je trouvais qu’elle avait une puissance comique incroyable. Elle a concrétisé mon idée de faire du one-woman show. Je me souviens que l’un des premiers sketches que j’ai joué au collège, c’était un sketch de Muriel mais en allemand. C’est ma professeur d’allemand qui avait eu cette idée de traduction pour me faire apprendre la langue. J’ai travaillé comme une folle dessus et ça a vraiment marché. Ca m’a permis de prendre confiance en moi sur le plan artistique.

Pourtant, vous avez attendu encore des années pour vous lancer ?

C’est vrai. Je savais depuis le début que j’avais quelque chose à régler avec le métier d’artiste, que ma place n’était pas à Nîmes mais j’avais très peur. Je n’étais pas sûre de moi à ce moment-là et je ne me connaissais pas encore. Puis, je savais que pour faire du one-woman show, il fallait écrire. Or, je n’avais jamais écrit.

Quelles idées aviez-vous en tête quand vous avez décidé de monter à Paris ?


J’avais plein d’ambitions. Notamment celle de révolutionner le one-woman show. Evidemment, j’ai vite déchanté, je ne suis pas un génie ! Je ne pensais pas que ça allait être aussi dure et que le milieu artistique parisien serait si éloigné de l’image enthousiasmante que je m’en faisais.

C’est-à-dire ?

Le problème du milieu artistique est qu’il est dirigé par des commerciaux qui s’intéressent plus à l’argent qu’au talent. Et l’argent pourrit les esprits. La gloire aussi. Combien d’artistes prennent la grosse tête et deviennent suffisants alors qu’ils se prétendent comiques, proches des gens et sympathiques ! J’ai été déçue par l’hypocrisie ambiante. C’est un milieu dont je me méfie et me protège. Un jour, tu es encensée, le lendemain, on ne te connaît plus. Du coup, je préfère évoluer comme je le fais : doucement, à mon rythme. Je gravis les échelons petit à petit mais sûrement.

« Petit à petit »… Vous êtes quand même sur scène pour un spectacle de 5 mois au Petit Gymnase à Paris au bout de 5 ans passés à Paris.


Tout est allé assez vite quand je suis arrivée à Paris. Au bout de 15 jours, je rencontrais déjà la réalisatrice Myriam Donassis. Elle a aimé mes textes : elle y a senti une énergie et une grande envie. Très vite, on a commencé notre collaboration. Ca fait maintenant 5 ans qu’elle est ma metteuse en scène.
Pendant un an et demi, on a travaillé à la réalisation du premier one-woman show « Claire Maïro se donne en spectacle ». On s’est beaucoup marré. Et ce qui est bien avec Myriam, c’est qu’on se complète. Elle me permet de gagner en précision et en concision dans mes textes, moi qui ai tendance à trop en dire.

Vous écrivez donc vos sketches à quatre mains ?


Oui. Et souvent, ils sont pris de mes expériences personnelles. Pour moi, il est nécessaire d’avoir vécu le sketch pour que ça paraisse convaincant. C’est pas toujours facile d’ailleurs : parfois, je suis trop proche de mes textes et c’est dur pour moi de les dire. Ca remue trop de choses en moi. En tout cas, chaque texte a une résonance autobiographique particulière : « La Robinite », par exemple, est un vrai hommage à Muriel Robin.

A propos de Muriel Robin, vous l’avez rencontré à plusieurs reprises. Elle vous soutient et vient à votre spectacle. Comment tout ceci s’est mis en place ?


Avec Muriel Robin, j’ai toujours entretenu un rapport particulier, même quand je ne la connaissais pas. Je ressens cette femme, je me sens liée à elle. Elle occupe une place dans ma tête, dans mon cœur et dans mes tripes. C’est pour ça que j’ai voulu lui rendre cet hommage : je lui dois quelque chose.
Mais pour jouer « La Robinite », je devais avoir son accord et celui de Pierre Palmade, co-auteur de ses sketches. Au bout de quelques mois, j’ai eu un coup de fil. C’était Muriel Robin qui me disait qu’elle avait aimé le sketch et qu’elle me donnait l’autorisation de le jouer. Elle a d’ailleurs très généreusement accepté d’écrire sur mon dossier de presse un mot me concernant. J’en ai été très touchée.
Peu de temps après, j’allais à son spectacle « Les Fugueuses » et la rencontrais de visu avec Myriam. On est resté 1h30 à discuter, très naturellement. Elle m’a dit qu’elle aimerait voir mon spectacle. Il était prévu qu’elle vienne le 14 février, mais ça ne s’est pas fait pour une raison exceptionnelle. J’étais dépitée parce que j’attendais ce moment avec une grande impatience. En même temps, je savais qu’elle allait venir, c’est quelqu’un de droit, d’honnête et d’engagé. Et elle est venue jeudi dernier : ça m’a fait du bien parce que je me sentais découragée cette semaine-là. Quand elle est passée à ma loge après le spectacle, c’était un moment très fort pour moi.

Peut-être une éventuelle collaboration avec Muriel Robin ?

Pour l’instant, rien n’est défini. Je sais juste qu’on a toutes les deux le même rapport à la musique. Pourquoi pas faire de la chanson ensemble. On verra bien comment les choses évoluent.

En tout cas, ça marche plutôt bien pour vous…


Oui, ça marche plutôt pas mal. Au bout de cinq ans à Paris, j’occupe la scène du Petit Gymnase pendant 5 mois, trois soirs par semaine. Je suis contente, vraiment. C’est un travail de longue haleine qui commence à être récompensé et reconnu même si on n’en vit pas encore. Je continue, à côté, de faire un boulot pour assurer mes arrières.

Qu’est-ce que cette réussite naissante change dans votre vie de tous les jours ?


Déjà, je dors moins ! Ensuite, devenir comédienne m’a permis de me trouver. Aujourd’hui, je me sens en cohérence avec moi-même, je me sens à ma place sur cette scène parisienne. La scène, c’est ma vie, ma bouffée d’oxygène. J’ai besoin de ça pour me sentir bien parce que c’est là où je m’oublie, où je me libère de mes frustrations et de cette réalité qui ne me suffit pas.

Et dans votre rapport à l’art ?

Ca a confirmé ma fibre artistique et surtout ça m’a permis de prendre conscience du travail, des efforts et des sacrifices que cela représente de faire le métier d’artiste.

Jusqu’où comptez-vous aller dans le one-woman show ? Quel est votre but ?

Je compte aller jusqu’à plus soif ! Ma première étape restant d’aller jusqu’au bout du spectacle au Petit Gymnase, qui se termine le 14 juin. Ensuite, je nourris le rêve de faire l’Olympia. Pour moi, ce lieu est un lieu mythique, emprunt de la trace d’Edith Piaf.
Je sais, en tout cas, que j’arrêterais un jour le one-woman show pour faire du cinéma, du théâtre ou de la chanson. Je suis très attirée vers la chanson. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’en introduis dans mon spectacle, c’est un art qui me touche beaucoup parce que la musicalité est pour moi partout. Dans les gestes, les mots et le corps.

Cécile STROUK (Paris)

Claire Maïro « mouille sa chemise »
Auteur : Claire Maïro et Myriam Donasis
Interprétation : Claire Maïro
Mise en scène : Myriam Donasis

Au théâtre du Petit Gymnase à Paris, à partir du 31 janvier, du jeudi au samedi à 19h15

Réservation : 08 92 68 36 22
Plus d’informations : www.clairemairo.com
Photo © Léonard Cohade.
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 13:45
Carine131.jpgElle a commencé à écrire à dix ans quand ses parents ont quitté la capitale pour découvrir pendant une année buissonnière la Méditerranée en camping-car. Pas étonnant que la jeune femme d'aujourd'hui traîne ses souliers de bohème, petite féline écorchée, à travers de multiples territoires : cinéma, théâtre, écriture...  : Le Café des roses, en 2003, joué au Proscenium en 2003-2004, La Nuit des évadés, en 2004, inédit ; des scénarios :   À quoi tu joues, 2000, un roman-poème : À l’ombre et au miel, inédit ; et aussi des chansons... Rencontre acidulée...
 
De grandes envies en anicroches, quel est le point de départ de cette aventure-écriture ?
La curiosité. Une façon de s'approcher du monde, de s'approprier ce que je vivais. Il y a eu les voyages (l’Inde, le Viêt-nam, le Cambodge, la Pologne, la Norvège, le Sénégal, les Caraïbes, l’Egypte) les aventures amoureuses... Je dessinais, je jouais, mais c'est l'écriture qui a retenu mon imagination. Plusieurs idées me viennent, puis cela se précise. J'aime les personnages un peu abîmés, dont la vie n'est pas facile, qui ont une révolte en eux, mais qui n'en sont pas conscients. 

Tes sources d'inspiration ?
La colère m'inspire.  La légèreté - j'aime l'humour et les sourires - le corps, la sensualité, le charnel et la philo... C'est l'adolescence et ses douleurs dans Burn baby burn en effet qui m'ont nourri, mais pas seulement ! Tous les âges de la vie ont leur part de révolte, de quête. Mais l'inspiration n'est pas définie, c'est un bric-à-brac, comme la vie. Parfois, un sujet m'arrête plus qu'un autre.

Burn_baby_burn_HD.jpgBurn Baby Burn : l’histoire ?
Une station essence abandonnée au milieu de nulle part.
Un soleil de plomb.
Hirip, qui semble habiter là, n’attend rien d’autre qu’un peu de compagnie. Violette arrive avec sa mob en panne. Elles ont 20 ans et le sang qui tressaille. L’une a la rage, l’autre la fièvre. Issa lui, n’arrive pas au bon moment.

Où et quand retrouve-t-on Burn Baby Burn ?
Burn baby burn est éditée à l’Avant-scène dans la collection des Quatre vents. Le texte a reçu le soutien de l’Association Beaumarchais et le prix des Journées de Lyon des auteurs de théâtre (décembre 2006). Différents comités de lecture ont retenu le texte et organisé des lectures publiques : Théâtre du Rond Point à Paris (mars 2007), Théâtre de la Tête Noire à Saran (avril 2007), La Cuisine à Paris (avril 2007), France Culture à Nîmes et diffusion radio (juillet 2007), Panta-Théâtre à Caen (octobre 2007). En partenariat avec le rectorat de Caen et le Panta-Théâtre,  Burn baby burn a été sélectionnée pour le prix Godot des collégiens et des lycéens (janvier 2007). Lecture à la Comédie Française en juin 08.

Tes projets ?
L'année dernière, j'étais en résidence et j'ai fini un monologue "L'insomniaque", qui va être lu au Théâtre de la tête noire à Saran !




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Published by Marie-Pierre FERRÉ - dans En bonne compagnie
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Chronique Fraîche