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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

17 octobre 2005 1 17 /10 /octobre /2005 00:00

COMMUNIQUÉ DU LUNDI 17 OCTOBRE 2005

Festival off d’Avignon : remise des prix.

L’Adami a fêté ses 50 ans en créant, pour la première fois au Festival off d’Avignon, 3 prix exceptionnels pour soutenir les compagnies jouant dans le off : le prix Adami du Public, le prix Adami-Jeanne Laurent et le prix Adami-Découverte off. Une dotation totale de 130 000 euros en faveur de la création théâtrale d’aujourd’hui.

Les prix seront remis à 21 h à l’issue de la représentation du spectacle lauréat du prix Adami du Public.

Les lauréats…

• PRIX ADAMI DU PUBLIC : Saudade-Terres d’eau de la compagnie Dos à deux, choisi par les festivaliers du Off, reçoit 10 000 euros.
Compagnie Dos à deux : www.dosadeux.com
dosadeux@free.fr

Pour la première fois, les festivaliers étaient invités à partager leur amour du théâtre avec les artistes en élisant leur spectacle préféré parmi 39 créations soutenues par l’Adami.
Guidés dans un véritable parcours de découverte du théâtre au conte, en passant par la comédie musicale, la danse et la musique, les spectateurs du Off ayant participé au prix ont assisté à plus de 900 représentations.

• PRIX ADAMI-JEANNE LAURENT : Dura lex, mis en scène par Marianne Groves (production D.G. Conseil) reçoit 60 000 euros décernés par un jury de professionnels.
Compagnie Marianne Groves : m.groves@wanadoo.fr



Parmi les 39 compagnies qui ont reçu l’aide de l’Adami pour se produire au Festival off d’Avignon 2005, 7 compagnies à dominante théâtrale et ayant au moins 3 artistes sur scène ont été retenues en fonction de leur projet artistique et de leur travail pour participer au prix Adami-Jeanne Laurent.

Le jury des professionnels était constitué de programmateurs, de journalistes et de personnes qualifiées : Pierre Ascaride, Gilles Costaz, Arianne Dollfus, Marc Jeancourt, Marc Lesage, Edy Saiovici et Claude Wolf.

Les 7 spectacles nommés pour le prix Adami-Jeanne Laurent (ordre alphabétique) :
– Attention aux vieilles dames rongées par la solitude-Cie Saliéri-Pagès ;
– Battements de cœur pour duo de cordes-Cie Théâtre Nuit ;
– Cairn-Cie Mises en scène ;
– Dura lex-D.G. Conseil ;
– La Cagnotte-Théâtre régional des Pays de Loire ;
– Les Règles du savoir-vivre-Cie La Nuit venue ;
– Un théâtre pour la vie-Cie L’Attrape-Théâtre.

• PRIX ADAMI-DÉCOUVERTE OFF : La Mort au coin du bar, mis en scène par Thierry Lavat, compagnie Delthina, reçoit 60 000 euros décernés par un jury professionnel « Adami ».
Compagnie Delthina : delthina@wanadoo.fr

Dans le cadre du Festival off d’Avignon, 6 spectacles parmi tous ceux qui n’ont pas été soutenus par l’Adami ont été sélectionnés. Ces spectacles devaient avoir été créés par des compagnies professionnelles durant la saison 2004-2005 et présenter au moins 4 artistes sur scène. Ils devaient également être à dominante théâtrale, de cirque ou destinés au jeune public (les one-man-show, les projets de danse, de variétés… ne sont pas retenus).

Le jury se composait d’artistes membres du conseil d’administration et de la commission dramatique de l’Adami : Jean Barney, Jacques Chauvin, Jean-Paul Tribout, Marianne Épin, Benoîst Brione, Bernard Menez, Jean-Pierre Moulin, Michèle Simonnet, Claire Richard, Jean-Claude Sachot, et de deux représentant de la direction de l’action artistique de l’Adami : Odile Renaud et Nadine Trochet.

Les 6 spectacles nommés pour le prix Adami-Découverte off (ordre alphabétique) :
– Dissident, il va sans dire ;
– Nina, c’est autre chose-Cie Jacques Kraemer ;
– 1914, le grand cabaret-Cie Les Baladins du miroir ;
– Adèle a ses raisons-Cie des Camerluches ;
– Je t’avais dit, tu m’avais dit-Cie Le Septentrion ;
– La Mort au coin du bar-Cie Delthina ;
– La Mouette-Cie Panache-Théâtre du monde.

Ces prix constituent une aide à la diffusion ultérieure des spectacles lauréats.

Recueilli par
Vincent Cambier

Adami 14, 16 rue Ballu • 75311 Paris Cedex 09
Tél. : 01 44 63 10 84
www.adami.fr
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Published by Vincent Cambier - dans Festival d'Avignon 2005
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31 juillet 2005 7 31 /07 /juillet /2005 00:00
DEROUTANT, ESTHETIQUE ET PUISSANT

 

Fidèle à son habitude de qualité, d’esthétisme, de parole et de surprenante créativité, la Compagnie Ches Panses Vertes vient une fois encore mettre son grain de sable dans la machine du spectacle. Avec une création plus déroutante que jamais.

On y trouve pêle-mêle (ou presque) des comédiens, de la vidéo, des photos, des poupées, des marionnettes, de superbes chorégraphies, des sons, des silences, des échos. Et pas d’histoire. Non, les Ches Panses Vertes ne nous racontent rien. Ce qui ne signifie pas qu’elles ne viennent rien dire. Bien au contraire.

Ecartelé entre l’esthétique épurée de la scénographie et des lumières, la douceur suave mais trompeuse du texte et l’envie d’entendre les mots, le spectateur se retrouve sans cesse sollicité. Tenté par la douceur des répétitions et la beauté du geste, on se laisse glisser dans la musicalité du spectacle. Pour soudain se reprendre et chercher, en filigrane, à saisir le sens de l’ensemble. Les clés de lectures, semées çà et là. Pas toujours faciles d’accès. Mais d’autant plus belles à saisir.

Et le message se dessine. Petit à petit. Mais avec puissance : qu’est-ce qu’être un Homme aujourd’hui. Véritable plaidoyer sur l’identité masculine, ce spectacle ne donne pas de réponse. Mais ouvre des voies de réflexion sur cette identité en mal de repère dans notre monde moderne. Une identité elle-même écartelée, entre histoire et avenir. Entre socialisation, déterminisme, idéologie et réalité quotidienne. Entre distribution sociale des rôles masculins et féminins et crise économique. Un spectacle qui ne se livre que si on accepte d’être dans le ressenti. Sans forcément tout saisir, ni tout comprendre. Et qui ouvre les portes du questionnement sur la place sociale que l’homme doit aujourd’hui se faire. Des questions qui surgissent et raisonnent encore longtemps après la fin du spectacle….

 


Féminins masculins
Mise en scène : Sylvie Baillon
Avec : Eric Goulouzelle, Sophie Matel et Marie-Dolorès Corbillon
Chorégraphie de Léone Cats Baril
Texte : Alain Cofino Gomez
Lieu : Présence Pasteur
Horaire : 13h00
durée1h
Mise en scène : Sylvie Baillon Avec : Eric Goulouzelle, Sophie Matel et Marie-Dolorès Corbillon Chorégraphie de Léone Cats Baril Texte : Alain Cofino Gomez Lieu : Présence Pasteur Horaire : 13h00durée1h
 
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31 juillet 2005 7 31 /07 /juillet /2005 00:00

Y’A RIEN À JETER

Le spectacle donné par le groupe Évasion au Théâtre du Chien-qui-fume reste un de mes meilleurs souvenirs de ce Festival off 2005.

Je ne ferai pas la description détaillée des chansons d’Évasion, titre par titre. D’abord, comme j’étais constamment sous le charme lors du récital, je n’ai pas pris de notes sur mon calepin. Ensuite, à quoi ça servirait puisque, comme dirait Georges Brassens, « tout est bon […], y’a rien à jeter ».

Évasion est composé de six jolies filles à la générosité cousue sur les lèvres, aux sourires craquants comme le pain qui sort du four, aux regards complices, à la musicalité irréprochable.



Ce qui, pour autant, ne veut pas dire qu’elles arborent un angélisme béat. Car ces citoyennes du monde poussent aussi des coups de gueule contre toutes les injustices et toutes les intolérances, quelles qu’elles soient, « même si, pour cela, on [leur] arrache au couteau tous [leurs] grains de beauté ».

Quand je les entends, je mets ma fatigue au rencard, j’ai le cœur empli de paroles douces et tièdes, âpres et brûlantes. Je reçois aussi des bouquets d’images multicolores, venus de tous les horizons. Je suis emmailloté au chaud dans leur tapis de notes et, en même temps, bousculé dans mes certitudes (« Et s’il y a tant de misère sur terre, c’est grâce à toi, mon frère. »).

Grâce à Évasion, je sais maintenant que la voix est à la fois le plus bel instrument du monde et une arme de combat efficace. •


Évasion création 2005
Vocal 26 • 46, avenue Sadi-Carnot • 26000 Valence
Tél. : 04 75 42 78 33 – Télécopie : 04 75 56 53 87
Courriel : vocal26@wanadoo.fr
Site : Vocal 26
Mise en scène : Jean-Louis Hourdin
Avec : Gwénaëlle Baudin, Soraya Esseid, Anne-Marie Ferreira, Nathalie Ferreira, Laurence Giorgi et Habla Troudi
Piano : Serge Besset ou Norbert Paul (en alternance)
Accordéon : Jean-Marc Michel ou Pier-Yves Tétu (en alternance)
Arrangements : Serge Besset/Évasion
Direction musicale : Serge Besset
Lumières : Joël Bailliart
Costumes : Nathalie Matriciani
Conseils chorégraphiques : Murielle Datola
Coach vocal : Cécile Fournier
Photo : Serge Di Loretto
Théâtre du Chien-qui-fume 75, rue des Teinturiers • Avignon
Tél. : 04 90 85 25 87
Du 8 au 30 juillet 2005 à 19 h 15, relâche les 18 et 25 juillet
Durée : 1 h 20
Tarifs : 13 € et 11 €
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Published by Vincent Cambier - dans Festival d'Avignon 2005
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30 juillet 2005 6 30 /07 /juillet /2005 00:00

NOTRE MONDE VULGAIRE POSTILLONNE LA FÉROCITÉ À GROSSES GOUTTES

« Zoo Story » m’a permis de terminer ce Festival d’Avignon 2005 en beauté. Avec un excellent comédien : Éric Cugnot.

Peter, costume et pochette élégants, a l’habitude de venir se reposer, rêver et lire dans un coin précis de Central Park. C’est un homme policé, bien élevé, cultivé, propre sur lui. Mais il déteste être dérangé, qu’on entre par effraction dans son monde quiet. Ça tombe mal, car arrive Jerry, fringues de prolo chiffonnées, qui lui demande à brûle-pourpoint : « Ça vous ennuierait qu’on cause un peu ? »



Dès cette réplique, somme toute banale, il est trop tard. Parce que, à cet instant, Edward Albee vient d’huiler les rouages rouillés de la tragédie, tapie dans le noir. Comme si cette salope n’attendait que ça pour se jeter sur les deux hommes et les bouffer tout crus. Morceau par morceau.

Zoo Story, comme toute grande œuvre, porte dans son ventre une tripotée d’interrogations sur notre monde vulgaire, qui postillonne la férocité à grosses gouttes. L’histoire du zoo qui nous est contée, c’est celle d’un zoo humain et de sa loi de la jungle, qui n’a rien à envier aux animaux. Souvenons-nous que Plaute l’avait reconnu il y a très longtemps (in Asinaria, II, 4, 88) : Homo homini lupus, « l’homme est un loup pour l’homme ».

Dans un lieu – Le Vieux Balancier – qui oblige à rogner les décors et à étriquer les gestes et les déplacements, les deux comédiens s’en sortent largement avec les honneurs. Bruno Dairou, parfois parfaitement dans les chaussures de Peter, parfois marchant à côté, crédibilise néanmoins globalement son rôle ingrat. Éric Cugnot, lui, constamment d’une justesse au rasoir, peint Jerry avec une palette de couleurs extrêmement large. Son visage, sa bouche et son regard sont comme un paysage qui passerait par toutes les variations possibles de soleil, de nuages, de pluie et d’orages. C’est l’un des plus beaux travaux d’acteur que j’ai pu admirer en ce Festival 2005.


Zoo Story, d’Edward Albee
Traduction : Élisabeth Janvier
Théâtre Lisière 113, avenue de la Chesnaie • 95220 Herblay
Tél. : 01 42 51 44 81 – Portable : 06 16 48 41 07
Courriel : cugnot.eric@wanadoo.fr
Mise en scène : Éric Cugnot
Avec : Bruno Dairou (Peter) et Éric Cugnot (Jerry)
Création lumière : Alexandre Ursini
Photo : Emmanuel Sandorfi
Le Vieux Balancier 2, rue d’Amphoux • Avignon
Tél. : 04 90 82 41 91
Du 8 au 30 juillet 2005 à 16 h 30
Durée : 1 h 15
Tarifs : 11,50 € et 8 €
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29 juillet 2005 5 29 /07 /juillet /2005 00:00
LES DOUX-DINGUES DE LA BALADE

Solidement amarrés sur un drôle de radeau, croisement improbable entre une île déserte et un orchestre de chambre, les Baladingues invitent leur public à un voyage musical détonnant. Un périple qu’ils conjuguent sur des rythmes tantôt vivifiants, tantôt plus langoureux. Et dans lequel le spectateur se laisse entraîner avec bonheur. De leur entrée en scène jusqu’à la dernière note, la magie opère dans la salle. Qu’ils chantent les louanges d’un héros malchanceux, l’épopée d’un Mongol ou la sauvegarde de la planète, c’est à chaque fois un univers tout entier qu’ils mettent en espace. Et ils le font avec maestria.

Car non contents de jouer de la guitare, de la contrebasse, du cajon (percussions) ou autre Tap-guitare (nom générique du « Stick » - qui est une marque - instrument américain ressemblant à une guitare électrique dont on aurait supprimé le corps et élargit le manche), les bougres maîtrisent aussi bien l’art de la comédie que celui du jeu de mot (grâce à la complicité de leur parolier, Bruno Morelli). Sans parler de leurs musiques, mélodieuses à souhait. Et l’ensemble forme une alchimie étonnante.

Des rives d’une plage africaine et ses rythmes envoûtants jusqu’aux accords passionnés d’une musique slave, en passant par des sonorités plus « classiques », ces doux dingues de baladins embarquent le spectateur dès les premières minutes du spectacle. Leur décor, petit bijou d’imagination et de poésie, et les jeux de lumières (particulièrement soignés) ajoutant encore à la magie.

Un spectacle dont on ressort les yeux pleins d’étoiles. Et dont on ne sait, des petits ou des grands, qui l’a le plus apprécié.


Les Baladingues
Mise en Scène de David Teysseyre
avec : Serge Hatem et Olivier Chabasse
Paroles de Bruno Morelli
Musique : Olivier Chabasse
Lieu : Théâtre de la Luna.
Horaire :14h15
Durée : 1h
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29 juillet 2005 5 29 /07 /juillet /2005 00:00
DELIRIUM TRÈS MINCE

Vingt-deux heures trente. Serrés comme des sardines sur les bancs du Ballon Rouge, nous voilà conviés aux obsèques de Lucien Leboeuf, dernier ténor de notre monde désormais « microcravatisé ». Lucien Leboeuf, dont le plus grand fan et légataire universel (interprété par Hubert Humereau), nous dresse un panégyrique tragico-opéra-comique.

Dans la droite lignée des comédies fantasques, dont l’une des plus célèbres est sans conteste L’Ultima Récital avec son inoubliable Maria Ulrika Von Glot (alias Marianne James), Opéra Folies ! se présente comme un habile montage d’airs célèbres (d’opéras et d’opérettes) sur des paroles bien plus fantaisistes que dans leurs versions d’origine.

Mais si certains passages ont effectivement la truculence d’une grande comédie, l’ensemble reste finalement un brin décevant. En premier lieu, les trop nombreuses allées venues de la pianiste deviennent vite lassantes et n’ajoutent rien à la pièce. Ensuite, les paroles ne sont pas toujours d’égale qualité. Et les moments de purs délires (on pense surtout à une recette fort savoureuse) se font trop rares.

Reste cependant la voix et le jeu d’Hubert Humeau qui permettent de relever l’ensemble. Et si l'on regrette un spectacle moins délirant qu’on aurait pu le souhaiter, Opéra folies demeure une représentation agréable.


Opéra Folies !
Mise en Scène de Gilles Ramade
Avec : Hubert Humereau et la complicité de Céline Bérenguer au piano
Paroles de H. Humereau et G. Ramade
Lieu : Le Ballon rouge.
Horaire : 22 h 30
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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00

HASSAN S'EN DONNE À BEUR JOIE !

Même si ce spectacle est conçu pour faire rire, « Le Beurjoie Gentilhomme » devrait (presque) être reconnu d’utilité publique. Et à ce titre, être convié dans les lycées au titre des travaux pratiques. T.P. de Sciences Sociales pour une savoureuse illustration de l’acculturation au sein de couples d’origines différentes. T.P. de Français avec une inoubliable version de « Le Loup et l’Agneau » ; de B.L.P (Biologie de Laboratoire et Paramédical) pour le récit d’un incroyable séjour hospitalier ou encore de Chimie et Œnologie (si, si, ce cours existe…) pour une improbable dégustation….

Mais comme il est fort probable que le Ministère de l’Education Nationale ne soit pas encore prêt à inscrire Hassan dans la liste de ses programmes, et, par ailleurs, pour permettre aux non étudiants de profiter des bienfaits de son humour, mieux vaut directement aller le voir sur les planches.

On y découvrira un personnage étonnant, qui maîtrise le jeu de mot avec un talent rare. En joue avec plaisir et sans ostentation. Profite de son quotidien pour dresser un tableau en demi-teinte des Français immigrés (première, deuxième, voire troisième génération, métissages compris). Une touche de tendresse, une touche de vérité, un soupçon d’autodérision. Et une sacrée louche de drôlerie.

Sans complaisance aucune, sans mauvais esprit, avec un brio qui commence à faire de lui l’une des valeurs sures du café-théâtre contemporain, Hassan nous démontre une fois de plus que son talent n’a rien à envier aux plus grands.


Le Beurgeois Gentilhomme
mise en scène : Catherine Sarrazin
avec : Hassan
Lieu : la Tache d’Encre
Horaire : 18h00
durée :1h05
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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00
PRATTIUM REALITORIS

 

« À Pretium Doloris, la chance ne compte pas, seule la force domine. » Ce reality-show télé met en scène un jeune couple, décidé à décrocher le pactole, au prix d’une série d’épreuves de plus en plus humiliantes, mettant en jeu leur force vitale et leurs valeurs. Au risque de se voir réduits à l’état d’ectoplasmes - on achève bien les gogos - de voir s’installer la tricherie et s’éroder la confiance…



Entre eux et nous (télé)spectateurs, l’animateur, un beau salopard, comme Manuel Pratt sait si bien les (dés)incarner, toujours prêt à mettre tantôt de l’huile, tantôt du sable, sur le feu de leurs espoirs de médiocres. L’animateur agite les remugles de la bêtise et de l’ego humain et peut tout se permettre, jusqu’à exposer publiquement son mépris amusé : « les gens simples ont une poésie qui ne s’invente pas. » Le couple de ce soir saura-t-il être assez vigoureux et solidaire pour s’en sortir ? Ou pour sortir du système ? Ah, pour ça, ils sont vraiment mignons dans leur jogging rouge ces candidats ingénus, qui viennent exhiber leur vie simplette à un public qui méconnaît la compassion. Deux beaux profils de vainqueurs. Vous riez ? Déjà complices ?

Après Le Ticket, Pratt et ses acolytes explorent les débordements de l’ogre cathodique et notre part de responsabilité dans le succès de ses bassesses. Car si l’on peut rire de tout, doit-on se divertir de tout ?
Cher public, regarder, n’est-ce pas cautionner ? Participer, n’est-ce pas encourager le système à franchir toujours plus la ligne jaune ? Qu’est-ce qui peut nous motiver à nous rendre tous complices ? Qui a le pouvoir de stopper la machine emballée ? Car enfin, quel est ce monde d’artifices où l’on n’éprouve plus, où certains se donnent des sensations à trois euros six sous pour combler leur vide, tandis que d’autres vivent au quotidien dans le danger, la peur et les atrocités scandaleusement banalisés… Songez au Zapping de Canal+ et aux rapprochements saugrenus de certaines séquences alternées : la guerre, l'oisiveté du Loft, les ravages du tsunami, les épreuves crétines de Fort Boyard etc
Parfois, c'est la nécessité de rendre sa vie plus rose, comme pour le couple de Pretium doloris, qui est l'huile qui fait tourner l'absurde mécanique télévisuelle. Pratt nous montre ainsi comment la télé a l’insondable pouvoir d’altérer, d’encrasser, voire de pervertir, même, les honnêtes gens. Au mieux, elle nous abrutit. Qu’une caméra pointe son nez et le premier quidam qui passe perd la boule : il raconte sa vie dont tout le monde se tamponne, décrit ses passions comme à un « dîner de cons », caresse avec fébrilité le rêve d’un quart d’heure de gloire, est « prêt-à-faire-n’importe-quoi » et manque d’amour propre… Du pain béni pour les patrons de chaînes, ces « laveurs de cerveaux » qui broient nos neurones pour les remplacer par des bulles de soda américain.
Alors, jusqu’où la télé peut-elle aller, y a-t-il des limites ? C’était aussi le sujet d’un film dénonciateur d’Yves Boisset (1983), Le Prix du danger. *

Comme souvent dans ses spectacles, Pratt, sans jouer les moralisateurs, nous alerte sur le pire, qui est toujours possible, mais il existe presque toujours aussi une issue : qui osera se rebeller en premier dans une société qui ne sait plus les limites de l’inacceptable ? La fin du spectacle nous offre plusieurs dénouements possibles. Si vous êtes encore capables de réagir, réjouissez-vous. Car une fois de plus, Manuel Pratt dérange dans un monde où le plus grand risque est que personne ne se choque plus de rien.

 

 

* Dans Le Prix du danger, Gérard Lanvin (ne confondez pas avec le producteur Gérard Louvin qui en tirerait plutôt les ficelles) incarne un ouvrier au chômage, mis au cœur d’un « jeu » télévisé, lâché dans une ville, avec cinq tueurs armés jusqu’aux dents à ses basques, il a quatre heures pour rejoindre un endroit précis, connu de lui seul. S'il réussit, il empoche une prime d'un million de dollars. Si les tueurs l'abattent avant, ce sont eux qui touchent la prime. Un pauvre type, victime de la crise économique, a-t-il à y perdre ? Ce film quasi-prophétique sur les excès de la « télé réalité » est l'adaptation d'une nouvelle de l'écrivain américain Robert Sheckley publiée en 1958.


Pretium doloris
de Manuel Pratt
Avec : Isa Déon, Bruno Gerbi et Manuel Pratt
Compagnie Manuel Pratt
Théâtre La Luna
Les jours pairs - Horaire : 20 h 30, durée : 1 h 10
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Published by Stephen BUNARD - dans Festival d'Avignon 2005
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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00
SANS PASSION

Une chambre de motel, anonyme et presque vide. Et deux personnages : Eddie et May. May et Eddie… tels deux éphémères, invariablement attirés par la lumière trop vive d’une passion qui les détruit. Deux âmes à vif, qui se désirent, se déchirent, se cherchent et se repoussent. Irrémédiablement poursuivis par un passé douloureux qui compromet toute chance d’avenir.

De toutes les histoires d’amour dévastatrices que nous offre la littérature, « fool for love » est sans conteste un modèle du genre. Cette pièce, que Sam Shepard publia en 1983 et qui fut portée à l’écran deux ans plus tard (avec notamment Sam Shepard lui-même et Kim Basinger), nous entraîne dans les abysses d’une passion interdite. Où tout n’est que fièvre, flamme, refoulement et débordements. Alors…

Alors, pas facile de se laisser convaincre par la prestation que nous propose la toute jeune Balthazar Compagny. Sans doute n’est-il pas évident pour elle de se lancer à l’assaut d’Avignon du haut de ses trois mois d’existence… Et l’épreuve du feu se corse encore par le choix de cette pièce. Car pour faire vivre les mots de Shepard, il faut les faire vibrer, les rendre tangibles, épais, brûlants comme la braise, pour traduire les émois, les contradictions, les pulsions et les déchirements des protagonistes.

Or ici, les comédiens jouent bien. Mais sans flamme avérée. La mise en scène joue le naturel. Mais ne traduit rien des déchirures des personnages. L’ombre du père, qui devrait être obsédante et insidieuse, se fait trop légère. Trop en dehors de l’intrigue. Avec une voix off trop jeune… et trop récitée. Peut-être n’est-ce là qu’erreurs de jeunesses et que cette version de « fool for love » demande encore quelques semaines pour se mettre véritablement en place et que chacun prenne l’ampleur de son personnage. Et peut être qu’alors, le public entrera vraiment dans cette histoire de chair, de sang, de sueur, de désir, de passion et d’alcool. Mais pour le moment, elle manque cruellement de corps…


Fool for Love
Mise en Scène de Claude Berne
avec : Pascal Barbier (Eddie), Sandrine Thomas (May), Pitt Simon (Martin), Claude Berne (le vieux)
Lieu : Théâtre de la Poulie
Horaire : 22h30
durée : 1h15
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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00

FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2005 - BILAN PRÉVISIONNEL

Je vous communique le premier bilan du Festival établi au 28 juillet 2005

• COMPAGNIES
2002 : 602
2003 : 544
2004 : 553
2005 : 628

• SPECTACLES
2002 : 721
2003 : 661
2004 : 678
2005 : 767

• LIEUX
2002 : 132
2003 : 129
2004 : 115
2005 : 113

• SPECTATEURS
2002 : 650 000
2003 : 300 000
2004 : 400 000
2005 : 600 000

• CRÉATIONS À AVIGNON
2002 : 206
2003 : 119
2004 : 116
2005 : 126

• AUTEURS CONTEMPORAINS
2002 : 417
2003 : 399
2004 : 406
2005 : 420

• ARTISTES
2002 : 2 286
2003 : 2 379
2004 : 2 172
2005 : 2 500

Source : Avignon-Public-Off au 28 juillet 2005

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Published by Vincent Cambier - dans Festival d'Avignon 2005
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Chronique Fraîche