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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 15:58
DEUX DRAMES À TOUTE ALLURE

Antoine Bourseiller propose une adaptation croisée de la tragédie shakespearienne Hamlet et de Lorenzaccio, le drame romantique de Musset.  Un spectacle qui va vite, peut-être un peu trop.


Cet Hamlet ne s’embarrasse pas de longueurs. Le spectacle dure une heure et trente minutes. Durant lesquelles ni les comédiens ni les spectateurs n’ont le temps de souffler. Le tout est rythmé par des chants et des percussions africaines, qui confèrent à la tragédie shakespearienne une couleur tribale. Sur scène, le spectateur sent et voit une vraie volonté de revisiter le texte. L’apparition du spectre d’Hamlet père fait penser à un rite vaudou. La folie d’Hamlet se transforme en schizophrénie de chair, puisque le personnage est interprété par deux acteurs. La scène du monologue y trouve un écho formidable et c’est beau de voir les deux acteurs allongés tête contre tête.

Reste que tout va décidément trop vite. Finalement le condensé de texte, au lieu de faire surgir des moments dramatiques plus forts, gomme les aspérités de la pièce. Il devient difficile pour le spectateur de comprendre les enjeux car plus aucune place n’est laissée au flottement, à l’incertitude, au silence. Cette rapidité empêche les acteurs de s’installer et les spectateurs de digérer en direct ce qu’ils reçoivent du plateau. C’est dommage car les idées de mise en scène sont réduites à des tentatives, des ébauches, des esquisses, qui ne donnent aucun souffle au spectacle. Alors que les acteurs n’en manquent pas.

L’adaptation rapide est en quelque sorte la marque de fabrique de ce 61ème festival, à l’instar du Richard III, mis en scène par Ludovic Lagarde, certes dans le In. Mais à vouloir aller un peu trop vite, on laisse quelques spectateurs sur le bord de la route.

Marion GUÉNARD
www.ruedutheatre.info

Hamlet/Lorenzo
Chapelle du Verbe Incarné. Rue des Lices, Avignon.
Du 6 au 28 juillet 2007

En tournée dans le sud de la France
Pour tous renseignements : www.hamletlorenzo.blogspot.com






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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 15:50
DES MOTS ET DES RÊVES

La Compagnie Premier Acte a présenté à Avignon Macondo. Inspiré d’une histoire de Gabriel Garcia Marquez, ce conte offre au spectateur un voyage dans les couleurs de la langue.

Sur scène, deux sorcières, des foulards, des masques, de la poudre de perlinpimpin. Grimées sous le fard, deux bohémiennes prennent la parole. Simplement, spontanément, sans artifice. Assises au bord de l’eau, elles racontent l’histoire d’Estéban, le noyé échoué sur la plage, le corps gorgé d’eau et de sel. Un corps de géant, herculéen et superbe. Estéban est le plus bel homme jamais vu au village de Macondo. Le plus viril aussi, avec un sexe énorme, à faire pâlir de jalousie tous les garçons du coin. Les femmes se querellent, se chiffonnent, se crêpent le chignon pour lui rendre un dernier hommage, qu’il soit beau devant la mort, qu’il entre dans la légende de Macondo.

Macondo.jpg
Les deux bohémiennes revivent les funérailles d’Estéban et le spectateur aussi. Imperceptiblement, il est attiré par ce rivage d’un continent sauvage, où les histoires deviennent des légendes, où le réel devient fantastique, où le normal devient magique. Et dans un déluge d’étoffes colorées et de grains de sable ocre, les deux bohémiennes embarquent. L’histoire du vieil homme aux ailes immenses, le destin de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique… Tout s’envole et les deux conteuses emmènent très loin le spectateur.

C’est cet élan poétique que Sarkis Tcheumlekdjian donne à voir sur scène. L’adaptation du très beau texte de Gabriel Garcia Marquez est très réussie. Sobres, limpides, lumineux, les mots sont autant de vagues régulières qui rythment le spectacle et le colorent. Car tout est rouge, rose, ocre, comme les fleurs exotiques de l’Amérique du Sud. A commencer par les deux bohémiennes, captivantes, enivrantes mais dangereuses et parfois vénéneuses. Le spectateur est ivre de ces lourds parfums. Entre rêve et réalité, les deux bohémiennes racontent une histoire comme elles la raconteraient aux enfants. Macondo, c’est la magie du conte.

Marion GUÉNARD
www.ruedutheatre.info

Macondo,
d’après "l’Incroyable et Triste Histoire de la Candide Erendira et de sa Grand-Mère Diabolique" de Gabriel Garcia Marquez.
Compagnie Premier Acte, Lyon.

Avignon Off 2007
Théâtre du Chien qui fume / Avignon : du 6 au 28 juillet 2007

En tournée :
Neutrino / Genas : 25 janvier 2008
Centre Culturel Charlie Chaplin / Vaulx en Velin : 31 janvier et 1er février 2008
Théâtre Europe / Seyne sur Mer : 11 mars 2008







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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 10:30
PAS DE REPOS POUR LES GUERRIERS

Les adaptations de cette pièce d’Aristophane sont plutôt rares, c’est chose faite ici grâce à la compagnie Zéphiro Théâtre. Ce Lysistrata là est insolent, un peu lubrique, et surtout très drôle.     
 

Lysistrata est une jeune Athénienne au caractère bien trempé. Elle convoque un soir une amie de sa cité ainsi qu’une femme de la cité opposée, Sparte. Son plan pour faire cesser la guerre qui règne entre les deux grandes villes est simple : faire la grève du sexe. Elle espère que les hommes, ayant le choix entre arrêter la guerre et abandonner toute activité sexuelle avec leurs femmes, choisiront la première solution.

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Si le mouvement hippie préconisait l’amour comme alternative à la guerre, Aristophane, avec son Lysistrata allait plus loin en son temps en proposant de faire du coït une véritable arme de paix. Car c’est par la force et par le chantage que les femmes vont imposer leur nouvelle méthode de règlement des conflits. Sous le vernis de la farce, Aristophane, que l’on considère comme l’un des précurseurs de la comédie, sert un texte grivois dont l’écho se fait aujourd’hui féministe et pacifiste.

La traduction d’Isabel Garma-Berman qui a aussi raccourci le texte original, est dynamique et licencieuse. La mise en scène de Rafael Bianciotto en épouse parfaitement les contours avec l’insertion du mime, du théâtre d’ombres chinoises, de masque et de marionnettes, pour un résultat haut en couleurs et sans temps mort. Les masques et les marionnettes créées pour l’occasion par Etienne Champion et Ombline de Benque sont magnifiques et d’une fantaisie bien à propos.

Les six comédiens qui jouent la multitude des rôles de la pièce sont pour beaucoup dans sa réussite. Adoptant les postures et les gestuelles exagérées propres au théâtre de masque, ils s’amusent beaucoup et jouent souvent avec le public qui rit franchement. Un rire salutaire et bon enfant pour une pièce joyeuse et sans tabous.
Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

Lysistrata, ou la grève du sexe
, d’Aristophane
Texte français d’Isabelle Garma-Berman
Mise en scène de Rafael Bianciotto
Masques de Etienne Champion

Avec : Frédérique Charpentier, Ombline de Benque, Laetitia Hipp, Sylvain Juret ou Nicolas Biaud Mauduit, Harald Leander et Valérie Pangallo.

Costumes de Marion Laurans
Musique de Vincent Bouchot
Marionnettes d’Ombline de Benque, Stratégies du Poisson
Lumières de Jean Grison
Chorégraphie de Nathalie Van Parys

Du 5 au 28 juillet à 18h30 au Théâtre de la Luna-Buffon, 18, rue Buffon, Avignon.

Photo © Héléna Akesson
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 10:21
DOUZE JOURS POUR UNE LÉGENDE

La scène se joue dans la Chapelle des Templiers d’Avignon, avec pour seul décor un fauteuil et une casquette rouge, juste de quoi illustrer le monologue d’Eric-Emmanuel Schmitt, fidèlement interprété par la comédienne Jacqueline Bir. Oscar, leucémique, écrit à Dieu et traverse les âges dans l’univers hospitalier qui est devenu le sien.


En douze jours, le cheminement d’Oscar qui atteindra l’âge de 120 ans se fait aussi rapidement que la chute d’une météorite. A chaque âge, Oscar parle de sa vie, de ses compagnons de jeu, de ses amours : de Peggy Blue, une petite fille toute bleue qui deviendra sa femme, de Pop Corn, dont cette dernière est la chasse gardée. A défaut d’avoir choisi son existence, Oscar choisit ses amis. Mamie Rose, ex-catcheuse surnommée l’étrangleuse du Languedoc, vient le voir quotidiennement et le spectateur découvre peu à peu les personnages d’une histoire appréhendée comme un conte.

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Sous la direction de Danièla Bisconti, la comédienne investit le rôle d’Oscar avec la candeur de l’enfance, et les questionnements suscités par la maladie, s’ils ne perdent rien de leurs gravités, sont abordés avec humour. L’humour d’un gosse qui investit tour à tour la réalité et l’imaginaire comme pour mieux pénétrer les mystères de la vie. Dans ce rôle, Jacqueline Bir est divinement versatile, fragile et drôle à la fois. Elle nous apparaît à travers les yeux d’Oscar.

Un conte philosophique pétri d’espoir

Puis Oscar fait sa rencontre avec Dieu, découvre la foi, entre dans une réflexion plus spirituelle. La métamorphose de la comédienne dans l’un ou l’autre des personnages ne fait qu’accentuer une complicité qui touche en plein cœur. Et plus l’histoire suit son cours, plus elle se rapproche d’une épopée constituée « de douze jours de plénitude qui valent toujours mieux qu’une existence formatée ». Malgré la tendresse du propos, l’émotion gagne peu à peu le public, qui sous les rires, dissimule ses sentiments. La légèreté des mots cache la lourdeur d’un sujet, pourtant abordé dans toute sa douloureuse et insurmontable dimension. L’espace temporel dans lequel se déroule l’action évoque la jeunesse et la vieillesse comme deux richesses sources d’enseignement et consacre spontanément cette différence d’âge qui met au service des uns l’expérience des autres.

La lecture de la dernière lettre d’Oscar scellera son destin. Une lueur d’espoir dédie encore cette rencontre magique à tous les Oscar qui auront la chance de rencontrer une Dame Rose dans leur vie. Le public reçoit la nouvelle en plein coeur. Le mot fin prend tout son sens.

Christelle ZAMORA
www.ruedutheatre.info

Du 6 au 28 juillet 2007 - Le Petit Louvre - Chapelle des Templiers
Horaire : 12h30

Récit de Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène de Danièla Bisconti
Interprété par Jacqueline Bir
Scénographie de Vincent Lemaire
Lumières de Nathalie Borlée
Costumes de Alain Wathiau


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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 10:03
CÉCILEM CHANTE SES QUATRE VÉRITÉS À LA LUNE

Dans la petite salle du théâtre de La Tache d’Encre d’Avignon, elle est au centre d’un joli trio. Elle est au-dessus de flaques, au-dessus des lacs, au dessus des mots, elle flotte comme un ange chargé de phrases tendres à divulguer dans nos pensées. Elle cherche le prince charmant, a l’âge de ses chansons, sais faire le poisson, battre de l’aile et parle d’elle avec esprit.


Auteur, compositeur interprète et pianiste, Cecilem aimerait être la plus belle pour aller au bal mais se retrouve toujours dans son lit. Elle sait s’engager pour de grandes causes et s’enflammer aussi pour quatre vérités. Et quant à se tourner des films, elle opte pour partir loin. Voilà qui laisse rêveur. Elle aspire à la révolution des cœurs et des esprits dans un swing, où elle pétille comme un poisson dans l’eau.

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Cecilem joue avec les notes et les mots. Romantique, douce et sentimentale, elle fait du bien où ça fait mal et avec son piano, elle nous livre ses amours même subsidiaires. Elle s’avoue croqueuse d’hommes à ses heures. Ses arguments, elle les affûte. Et si les discussions de comptoir la saoulent, elle fait face devant la glace. Et même, elle prend soin de son épiderme. Drôle, séduisante, elle a la voix claire et emporte avec elle tous les frissons abandonnés. Un brin nonchalante, un rien femme-enfant. Elle peut aussi vous crier ses luttes inconduites, ses cauchemars encombrés. Au mois d’août, elle pense aux loup garous et trace les sillons du temps qui est le sien. Elle avoue de sa voix limpide avoir l’âge de ses chansons. Mutine, elle jette ses paroles en l’air et sa voix dans les cœurs. Et que sont ses jours sans lui ? « Des fils à plomb tendus immobiles et si longs… comme des réglisse en bâton ». Juste une gourmandise.

L’auditoire tombe assurément sous le charme de cette Lyonnaise aux chansons subtilement ciselées et à la voix lumineuse qui se raconte à travers ses textes dans une embarcation digne d’un refuge. Elle séduit littéralement son public. Et si le blues parfois la convoque aux matins des idées noires, c’est juste le temps de raconter une histoire. Des albums, elle en a signé trois : Double ou quitte en 2000, Chansons de ma chambre à air en 2003 et L’Âge de mes raisons en 2007. Elle a vendu plus de 7.000 disques et reçu de nombreux prix. Pas étonnant.

Christelle ZAMORA
www.ruedutheatre.info

Avignon OFF - La Tache d’Encre à 17h05 - Tel : 04 90 85 97 13

Cecilem : voix, clavier
Auteurs : V.Cros, M.Simon, Cecilem
Batterie swing Luis Da Fonseca
Contrebasse : Vincent Carre
Lumière :  François Muguet-Notter

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 09:54
UN QUINTET EN FOLIE

La troupe vocale Catimini présente au Théâtre du Monte Charge son nouveau spectacle tout public, réjouissant du début à la fin.


Une jeune femme entre sur scène et entonne une mélodie. Une autre arrive ensuite pour l’accompagner puis un homme et une femme se mettent sous les projecteurs à leur tour. La troupe vocale Catimini commence alors son spectacle, un enchaînement de chansons le plus souvent interprétées a cappella et toujours avec un talent et une aisance surprenants.

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Pour ceux qui ne connaissent pas cette troupe vocale, imaginez Pow Wow en vêtements bariolés interprétant autre chose qu’une histoire de lion dans une jungle. Car ce qui surprend d’abord avec cette troupe, c’est la variété de son répertoire. Rock, chanson française, Bossa Nova, rap, chanson traditionnelle finlandaise, fanfare, tout y passe.
Quelle que soit la chanson, le plaisir est toujours le même d’entendre ces quatre femmes furieuses et cet homme à la voix caverneuse chanter avec une justesse sans faille. Tous ont une personnalité physique et vocale bien distincte, mais tous sont aussi habités de folie que leurs habits sont fluo. Si l’impression de folie règne sur le spectacle, il ne faut pas s’y tromper car le travail en coulisses nous apparaît immense. Chaque geste ou déplacement est parfaitement exécuté et les chorégraphies, simples mais efficaces, semblent avoir été effectuées des milliers de fois tellement le tout glisse sans accroc.

L’humour est au rendez-vous dans le spectacle, la poésie aussi. A chaque passage rythmé répond un autre plus paisible, Henry Salvador répond aux Rolling Stones, Michel Jonasz aux Beach Boys, ce qui laisse penser au final que malgré sa jeunesse relative – le premier spectacle de Catimini date de 1997 – la troupe est arrivée, déjà, à maturité.

A l’Accordage !!!!! est un spectacle à voir et écouter à tout prix pour sa fantaisie, sa maîtrise, ses prises de risques et ses comédiens chanteurs, si drôles et si diablement attachants.

Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

A l’Accordage !!!!! de la troupe vocale Catimini et Lory Leshin
Arrangements vocaux : Isabelle Morelli
Son : Tania Volke
Ombres et lumières : François Hubert
Costumes : Loïc Loeiz Hamon
Avec : Cokie Demaia, Stephanie Liesenfeld, Jean-François Maenner, Isabelle Morelli, Janneke Muller.

Au Théâtre du Monte Charge, 22, place de l’Horloge, Avignon.
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 09:48
SERMONS LABORIEUX

Michel Boy interprète les Sermons Joyeux de Jean-Pierre Siméon, un texte écrit après les manifestations d’intermittents de l’été 2003. Une mise en scène laborieuse, pour un spectacle prétentieux et ennuyeux.


On attendait beaucoup des Sermons Joyeux mis en scène par Christine Berg, et interprétés par Michel Boy. Un texte de Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes, voilà qui laissait supposer de la poésie, du rire, une véritable fête du langage.

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L’acteur entre, seul à une table de banquet désertée, au milieu des restes d’un festin manifestement bien arrosé. Commence alors un soliloque ininterrompu, débité à vitesse TGV. Six harangues, balancées à la face du public, dans une mécanique sans surprises et parfaitement huilée... tellement huilée que l’on s’ennuie rapidement. L’élocution rapide et monotone de l’acteur, dont on sent pourtant le potentiel d’énergie et de puissance, ne met pas en valeur un texte qui tourne en rond, verbeux et prétentieux, une langue où périphrases et paraphrases sont reines. Très rapidement, le spectateur perd le fil de ces harangues, qui n’ont de plus aucun lien logique entre elles.

"Nous avons voulu revenir à l’essence-même du théâtre, c’est-à-dire un homme, face à un texte"
, explique Michel Boy. "Aujourd’hui, on essaie d’amener au théâtre beaucoup de choses qui n’en relèvent pas". Remettre le texte au centre de la représentation, une belle ambition, mais qui a manifestement manqué son objectif. La scénographie, chargée, perturbe l’attention mais reste sous-exploitée par une mise en scène assez statique. "Nous aimerions qu’un maximum de gens puisse entendre ce texte, qui est assez engagé" affirme Michel Boy. Derrière cette belle volonté d’ouverture se cache un spectacle tout sauf populaire, qui joue l’ouverture pour mieux se refermer dans son carcan intello-bobo.

Le Festival Off prouve chaque année qu’il existe mille et une façons de faire vivre un texte, qu’il soit poétique, théâtral ou romanesque, mais parmi eux, ces Sermons Joyeux laissent de marbre.

Michèle COLOMBEL
www.ruedutheatre.info

Texte: Jean-Pierre Siméon
Mise en scène: Christine Breg
interprétation: Michel Boy
Lumière: Pablo Roy
Musique: Nicolas Peigney

Une création Compagnie théâtre 7. (Contact : 06 18 84 66 75)

Ce spectacle a été joué du au 28 juillet au théâtre du Ring (Avignon) tous les jours à 11h.
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 09:38
PRÉCEPTES PAS TRÈS SAIN-T-S DU TOUZANISME

Irrévérencieux, licencieux, mais malicieux, Sam Touzani présente un spectacle à faire rougir les dieux. Au Gilgamesh théâtre d’Avignon jusqu’au 27 juillet.


S’il était plus médiatique, Sam Touzani risquerait de « marcher dans une fatwa », comme il dit en référence à l’écrivain Salman Rushdie qu’il cite dans son spectacle. L’humoriste belge d’origine berbère marocaine livre en effet avec Liberté, Egalité, Sexualité un one-man-show plein de mordant dans lequel il n’hésite pas à égratigner la religion, la politique de son pays d’origine ou encore l’éducation qu’il a reçue de son père.

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Qu’est ce qu’un humoriste engagé ? Peut-être est-ce un humoriste qui n’oublie jamais que le rire n’est ni gratuit, ni sans répercussion. Il est facile de percevoir derrière la maturation comique de Sam Touzani un long travail sur lui-même pour transformer sa colère en art. Il parle essentiellement de lui dans son spectacle, mais avec suffisamment d’humilité pour rendre son propos universel. C’est ainsi qu’il en vient à expliquer pourquoi il a changé son nom d’origine en Sam Touzani – « on risquait de me prendre pour la branche comique d’Al Quaïda » – et pourquoi il a préféré suivre les conseils d’un père de substitution, son beau-frère, à ceux de son véritable père. C’est ainsi enfin qu’il en est venu à se créer une religion personnelle, le Touzanisme, dont les trois préceptes, Liberté, Egalité, Sexualité donnent une bonne idée de la personnalité du bonhomme.

Plus proche de la génération mais surtout de l’engagement d’un Fellag que d’un Elmaleh, Sam Touzani est un personnage attachant, courageux, mais surtout talentueux. Son écriture et celle de son acolyte Bernard Breuze est intelligente et souvent très fine. Il n’hésite pas à interpeller le spectateur par ses réflexions sur le respect et les a priori dans un spectacle où le très drôle alterne avec le dérangeant ou l’émouvant. A l’image des Identités meurtrières d’Amin Maalouf, Liberté, Egalité, Sexualité agit comme une piqûre de rappel : mieux vaut rire que guérir.

Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

Lire aussi la critique de Michel VOITURIER.

Liberté, Egalité, Sexualité de Sam Touzani et Bernard Breuze
Avec Sam Touzani
Mise en scène de Ruud Gielens

Au Gilgamesh théâtre, 2 bis, Place des Carmes, Avignon du 6 au 27 juillet à 17h30.
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 09:33
CORPS DANSÉ OFF LIMITS

Si la danse se sert d'éléments de base communs avec le théâtre, elle se situe toutefois  entièrement dans le non-verbal et a donc plus de rapports avec la peinture et la sculpture, parfois la poésie.  C'est peut-être encore davantage le cas ici avec ces Portraits Intérieurs  – pièce  chorégraphique pour deux danseuses et un musicien - donnés par la Cie Les Décisifs de Clara Cornil.

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Le beau travail chorégraphique de Clara Cornil s'inspire ici des peintures de  Francis Bacon, du poème « Portrait Intérieur » de Rainer Maria Rilke et d'écrits de Gilles  Deleuze. Avec l'attentive complicité d'un musicien, Pierre Fruchard. Un long accord de basse continu introduit les deux danseuses qui semblent en situation figée, debout ou assise, le regard vers le sol. C'est le prélude à une longue recherche  gestuelle sur les limites du corps et du visage.

Limites peut-être aussi entre le sujet et l'objet,  entre soi et l'autre... entre le corps matière et le corps conscient, l'individualité... Le spectacle, à la fois déconcertant et fascinant, très beau, apparaît comme une longue et  lente méditation de l'être sur sa présence au monde, présence à l'autre aussi et, finalement, à  lui-même... Cela se manifeste par de longs mouvements, amples ou minimalistes, qui  s'apparentent parfois aux asanas du yoga, ou encore des gestes courts, inachevés et comme semblant hésiter à faire naître définitivement une totale prise de conscience de soi dans un  espace-temps qui reste à définir.

Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info

Caserne des Pompiers, 116, rue Carreterie, jusqu'au 26 juillet à 18 h (relâche le 22), 
Tél. 0490850378.

Photo © DR
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 09:18
LA QUÊTE DU PLAISIR

Condensé de savoir sur le sexe interprété avec fraîcheur et légèreté par un duo de comédiennes effrontées.


Dans un décor bucolique charmant et sous le gazouillis gracieux des oiseaux, Fanchon, jeune et jolie demoiselle s’occupe à un travail de broderie. Elle ne sait pas encore qu’un grand mystère va lui être révélé, une pratique totalement ignorée d’elle et que c'est Suzanne, sa chère cousine, qui va se charger de le lui enseigner. Il ne s’agit ni du point de croix, ni du macramé, mais bel et bien de la pratique sexuelle, science en laquelle Suzanne est savante, et même experte.

Le titre de la pièce est révélateur car Suzanne va donner en une heure un cours accéléré de la matière, depuis les préliminaires jusqu’à l’orgasme en faisant quelques détours par la morale. Et quelle morale ! Ce texte, redécouvert récemment et attribué, par déduction, au libertin du 17e siècle Scarron, expose les plaisirs de l’accouplement de façon très libre mais sans provocation, dans une langue crue mais dans un style doctoral. Ce texte n’est pas immoral mais plutôt amoral : sa seule philosophie est celle de la discrétion car l’opinion publique est la seule ennemie du plaisir. Et Dieu dans tout ça ? « Dieu qui sait tout ne le viendra pas conter », répond Suzanne : faites donc l’amour, mais faites le cachés, voilà en somme le règlement intérieur de cette réjouissante école des filles. Comme le Déjeuner sur l’herbe de Manet, ce qui pourrait choquer dans ce texte, ce n’est pas son thème ni son langage, mais plutôt son naturel, sa décontraction dans la description minutieuse et exhaustive d’un tabou.

Che Guevara de la sexualité, Suzanne est interprétée par Anne Jarry qui est aussi metteur en scène et costumière. Elle insuffle à son personnage expérience et assurance, énumérant les diverses appellations des organes sexuels avec délice et effronterie mais sans jamais une once de vulgarité. Sa mise en scène est sobre et efficace, jouant habilement avec la tonalité si particulière de ce texte.
Charlotte Petitat est une Fanchon ingénue et avide de connaissances. Eve n’ayant pas encore connu Adam et ignorant même que la pomme put exister, elle apporte toute sa fraîcheur à la pièce et met bien en valeur par contrepoint le savoir de sa maîtresse.

L’Ecole des filles est une pièce à voir pour sa légèreté et sa distinction, surtout en des temps où le sexe fait étalage, sans aucune grâce, un peu partout.

Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

L’École des filles ou la philosophie des dames,
D’après un texte libertin du XVIIe siècle
Mise en scène et costumes de Anne Jarry
Lumières de Elias Attig
Avec Anne Jarry, Charlotte Petitat et la voix de Luc Boulad.

Du 6 au 28 juillet à 15h40 au Théâtre des Ateliers d’Amphoux, 10-12 rue d’Amphoux, Avignon.
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Chronique Fraîche