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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 00:39

BISCUIT CHINOIS ÉLECTRONIQUE    

                 

Une caissière hypersensible à la solitude des gens de son quartier et son ami inventent une machine à recueillir les confidences ou "Douze personnages en quête d'humanité".


Pour 2 $, on a 2 minutes pour raconter ce qu'on veut au « Psychomaton » qui dispense ensuite des aphorismes parfois justes et parfois loufoques. Alors, on voit défiler une douzaine de personnages, des gens simples dont la vie dans un quartier populaire n'a rien de palpitant et qui ont en commun une trop grande solitude. 


Ce confessionnal automatique est une idée de Josée, caissière de station- service en proie à des questionnements existentialistes qu'elle peine à appréhender. Elle les matérialise par une compassion aussi exacerbée que brouillonne à l'égard des gens du quartier. Josée, qui veut rendre le monde meilleur, a demandé à Polo, un brave garçon un peu dépassé par les interrogations de celle qu'il aime sans qu'elle s'en rende compte, de l'aider à construire le Psychomaton. Celui-ci espère bien que cela va les rapprocher...       

                                   
Au fur et à mesure que le dispositif prend forme, les nombreux personnages, très différents les uns des autres, se confient. Les comédiens, excellents, en incarnent chacun plusieurs avec brio. Sous des dehors parfois drôles, le texte ludique et enlevé d'Anne-Marie Olivier aborde de sérieuses questions sur le monde dont celle, et pas la moindre, de l'atomisation de nos sociétés.

 

Photomaton de l'âme

 

Le spectacle a été créé à Québec en 2007 à l'instigation du Groupe Ad hoc, dont c'est le 2ème projet. La mise en scène de Véronika Makdissi-Warren orchestre avec fluidité les allers-retours entre la construction du Psychomaton et les confidences\monologues des nombreux personnages à leur aise dans un décor au service du propos de la pièce. L'utilisation parcimonieuse de la vidéo permet d'introduire une intensité dramatique « en-cadrant » quelques confessions qui prennent une toute autre importance.

 

Mais voilà. Les inventeurs doivent se rendre à l'évidence, leur 'photomaton' de l'âme, ça ne fonctionne pas. Pour finir, chacun se retrouve seul face à soi-même. Polo lui-même s'est lassé d'espérer que Josée, qui prétend avoir troqué « l'amour personnel pour l'amour universel », s'aperçoive des sentiments qu'il a pour elle. Peut-on vraiment attendre de la technologie qu'elle remonte le moral des êtres humains, qu'elle crée du lien, qu'elle nous entraîne hors de l'incommunicabilité ?

C'est la panne du Psychomaton qui va finalement permettre des rencontres…

 

                                                                           Garance LAZULI (Montréal)

 

Le Psychomaton

Jusqu'au 7 mars au Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal

 

Texte : Anne-Marie Olivier

Mise en scène : Véronika Makdissi-Warren

Interprétation : Paul-Patrick Charbonneau, Hélène Florent, Érika Gagnon, Éric Leblanc, Édith Paquet

Assistance à la mise en scène et régie : Christian Garon

Décor et accessoires : Élise Dubé

Costumes : Julie Morel

éclairages : Christian Fontaine

Environnement sonore : Jean-Sébastien Côté

Conception vidéo : Mario Villeneuve

Assistance aux costumes : Vanessa Cadrin

 

Photos © Mario Villeneuve
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Published by Garance LAZULI - dans Hors d'Europe 2008-09
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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 18:20
L'EFFET SLAPSTICK TRAVERSE LE SIÈCLE

L'univers de Buster Keaton choyé par une jeune compagnie de Québec qui nous convie à un spectacle plein de surprise et de poésie.


Depuis tout petit, Francis l'adore. Lui, c'est Buster Keaton, un acteur burlesque star du cinéma muet, le maître incontesté du slapstick, un des trois grands aux côtés de Charlie Chaplin et de Harold Lloyd. Francis est comédien. Aujourd'hui, enfin, c'est la première de son spectacle sur son idole...


Mais le poids dans la poitrine que ressent Francis n'est pas du trac : il va se réveiller à l'hôpital, où les médecins réservent leur diagnostic. Très malade, il s'abîme entre réel et imaginaire, entre les blouses blanches, les examens, l'angoisse, et ce personnage qui l'habite, entêté, optimiste, toujours en mouvement et inséparable de son chapeau porkpie : Buster.

Cette création inventive est servie par le jeu tout en finesse des trois comédiens qui naviguent d'un univers à l'autre à un rythme digne des meilleurs burlesques. Dès l'introduction, Raphaël Posadas campe « l'homme qui ne rit jamais » avec un flegme tout  à fait de circonstance, et est tout aussi à son aise avec le personnage fort différent de Francis.
Olivier Lépine est aussi convaincant en docteur qu'en Monsieur Loyal, quant à Alexandrine Warren, elle est une infirmière loufoque mais pleine de sollicitude. 

La mise en scène offre au spectateur, avec beaucoup d'intelligence et un bon sens du rythme, une promenade pleine de poésie entre l'univers des films de Keaton et celui de la maladie de Francis. Elle est appuyée par une création sonore judicieuse qui ne tente jamais d'exister pour elle-même ainsi que par un éclairage qui sait aussi bien évoquer le monde noir et blanc du cinéma muet que la froideur de l'hôpital.


Pour nous conter l'histoire du comédien de théâtre qui admirait tant l'acteur de cinéma muet, la toute jeune compagnie 7981 Théâtre a choisi des procédés scéniques divers allant d'u nthéâtre d'objet inventif (des malles multi-usages, des dessins à la craie, de drôles de caméras ...) à l'écran (plat, sur lequel on verra quelques extraits des films de Keaton ainsi que des images d'ambiance) en passant par les marionnettes. Celles-ci sont manipulées avec brio par les comédiens eux-même, et nous entraînent de façon émouvante au cœur de la lutte de Francis contre sa maladie. Loin de nuire à la cohésion du spectacle, ce choix renforce la structure qui promène le spectateur, sans le perdre, de la vie de Buster Keaton à celle de Francis, tout en soulignant la dualité du personnage.

Cette pièce rappelle que la poésie naît parfois de quelques idées judicieuses et quelques objets ... Et puis voilà, nous aussi, nous rêvons. Que nous avons croisé Buster Keaton. Ou peut-être était-ce l'un de ses admirateurs...

Garance LAZULI (Montréal)

mise en scène : Olivier Lépine et Raphaël Posadas
interprétation : Alexandrine Warren, Olivier Lépine et Raphaël Posadas
scénographie, décors et costumes : Julie Levesque
conception sonore et musicale: Josué Beaucage
régie : Éliot Laprise
production : 7981 Théâtre en collaboration avec Premier Acte

présenté du 7 au 25 octobre 2008 au centre culturel Frédérick Back à Québec

photo © DR

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 22:52
LOVES IN THE AIR

Lors de ma dernière sortie pour Ruedutheatre au chapiteau Zinzanni de San Francisco, j’ai fait par hasard la rencontre d’un critique de théâtre américain auquel je me suis empressée de demander quelles étaient les salles à ne pas manquer dans la région de San Francisco. Sur son conseil j’ai découvert « Theatre Works » une scène de la Baie ayant acquis une réputation nationale pour son innovation en matière artistique et son intégrité et présentant souvent des premières « régionales » avec des acteurs et directeurs de premier plan venant de tout le pays. Au programme de sa 38ème année, le captivant spectacle « Southern comforts ».

S’il est un thème délicat à aborder et peu aisé à rendre captivant, c’est pourtant bien celui-ci qu’a choisi Kathleen Clark dont la pièce relate la rencontre et le début de romance entre deux seniors, veufs de surcroît. D’un premier abord cela n’est pas glamour il faut l’avouer, pourtant une fois les lumières éteintes on se trouve ravis (au propre comme au figuré) par une histoire toute simple et pleine d’humanité où l’humour l’emporte sur le cynisme et le pathos.

southern-comforts.jpg
Amanda et Gus, nos deux tourtereaux n’ont au départ rien en commun si ce n’est leur solitude au quotidien. Elle est drôle à souhait, il est un peu bourru. Elle est pétillante et pleine de répartie, il est plutôt taciturne. Elle aime voyager, il a vécu toute sa vie dans la même maison. Pourtant entre ces deux là, le courant passe et au gré des mois que l’on voit défiler grâce à quelques éléments du décor, un vrai lien se crée. Il n’est très vite plus question seulement de combler un vide mais surtout question d’une deuxième chance dans la vie.

Sans pudeur ni tabou, mais avec finesse, la pièce retrace quelques morceaux choisis de la relation, mettant en relief les moments clés de sa construction. Il n’est jamais facile de laisser entrer l’autre dans sa vie avec le poids de son passé, comme le montre bien la métaphore des meubles d’Amanda qui viennent envahir l’espace de Gus. Entre rires et engueulades, ces passages à l’équilibre fragile où le nouveau couple se forme nous sont donnés à voir au rythme de dialogues vifs et piquants. Un dernier dialogue très touchant nous laisse face à deux êtres à l‘aube d’une nouvelle vie.

Kathleen Clark est une écrivain américaine déjà auteur de plusieurs pièces de théâtre. Elle s’est inspirée pour la pièce de l’histoire vraie de sa grand-mère qui quitta son Tennessee natal pour visiter sa fille au New Jersey, où elle s’établit finalement après y avoir trouvé l’amour.
L’héroïne de la pièce est incarnée par Karen Grassle, dont le nom sonnera familièrement à l’oreille des amateurs de La Petite Maison dans la prairie, série mythique dans laquelle elle incarna le rôle de Caroline Ingalls. Touchante et pleine de vie, elle se glisse dans la peau d’Amanda qu’elle rend délicieuse.
Quant à Edward Sarafian; il campe un Gus convaincant dont l’irascible tempérament finit par fondre sous les assauts de sa partenaire.

La mise en scène signée Joy Carlin, reste au plus près du texte avec un soin particulier au décor qui joue un rôle de premier plan. Il permet aux spectateurs de pénétrer dans l’intimité des personnages, comme si l’on observait en catimini tout le spectacle à travers une fenêtre.

Anne CLAUSSE (San Francisco)

Southern Comforts
De Kathleen Clark
Avec : Karen Grassle, Edward Sarafian
Mise en scène: Joy Carlin

Du 5 au 30 mars 2008
www.theatreworks.org
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Published by Anne CLAUSSE - dans Hors d'Europe 2008-09
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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 11:51
LA FRENCH TOUCH DÉFERLE SUR LA CÔTE OUEST

Il semble qu’aux Etats-Unis, la "French touch" soit très en vogue. Après le succès de Marion Cotillard aux Oscars, en témoigne aussi celui de Liliane Montevecchi qui fait salle comble à San Francisco sous le chapiteau du Teatro ZinZanni, lieu dédié au « cabaret européen » et au cirque.


Montevecchi, tout d’abord, est un personnage. Après ses débuts au music hall au Casino de Paris, sa rencontre avec Roland Petit au début des années 50 marque une étape décisive dans sa carrière. Quand il l’entend chanter dans les coulisses, Petit décide de lui offrir le rôle principal du ballet chanté « La Croqueuse de diamants ». Promue danseuse étoile en quelques mois, ce sera le premier triomphe d’une longue série. Le spectacle qui part en tournée internationale fait sensation au Broadway Theater de New York. Repérée à cette occasion par un agent de la MGM, Liliane Montevecchi y signe un contrat de sept ans. Commence alors son époque Hollywoodienne pendant laquelle elle côtoiera les grands acteurs américain de l’époque : Marlon Brando, Montgomery Cliff, Fred Astaire pour n’en citer que quelques uns.

Montevecchi--c--ken-howard.jpg

De 1972 à 1978, elle fait un grand retour à Paris en tant que meneuse de revue aux Folies Bergères. Après cet épisode, elle retourne à New York, et décroche un rôle dans « Nine », grand succès qu’elle jouera plus de 700 fois et qui lui vaudra un Tony Award. Adoptée par la communauté de Broadway, elle enchaînera les music halls, galas et autres one woman shows.  En 2001 elle interprétait Mistinguett dans le spectacle éponyme de Jérôme Savary sur la scène de l’Opéra Comique.

Pour en revenir à notre spectacle, le principe de la soirée est celui d’un repas « chaotique » pendant lequel les spectateurs dégustent une cuisine aux accents européens au rythme des numéros de chant et de cirque. L’ensemble est mené avec beaucoup de charisme par une Liliane Montevecchi mi-hotesse mi-chanteuse dont les apparitions ponctuent la représentation. Elle se joue avec délectation du public tout acquis à ses charmes enchaînant des tenues de plus en plus époustouflantes non sans rappeler les Folies Bergères. Montevecchi prête aussi sa voix rauque aux accents parisiens à quelques grands succès français : Trénet, Brel, Piaf…

Quant aux numéros de cirque, il faut avouer qu’ils sont époustouflants de maîtrise, de virtuosité, de drôlerie et même de sensualité. Des claquettes, à l’équilibriste sur un lustre en passant par du jonglage avec les pieds ou encore le magnifique « tango vertigo » une danse en équilibre sur une barre verticale.
Un élégant dosage entre cabaret et cirque, émotion, féerie et amusement qui met en scène une France un peu désuète mais pleine de charme. Une carte postale des années cinquante dont les Américains raffolent.

Anne CLAUSSE (San Francisco)

« A La Folie ! »
Avec :
Liliane Montevecchi, Mickael Davis & Les Castors, Wayne Doba, Andrea Conway, Oleg Izossimov, Vertical Tango, and the Teatro ZinZanni Band.

Teatro ZinZanni, Pier 29, The Embarcadero, San Francisco. Du 21 Février au 18 Mai 2008. Du mercredi au samedi à 18h, dimanche à 17h.




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Published by Anne CLAUSSE - dans Hors d'Europe 2008-09
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